‹ Éducation morale populaireChapitre 4 sur 38 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

J'ouvre les yeux, et je regarde le ciel, la terre ; spectacle de merveilles ! le soleil immobile répand autour de lui d'inépuisables torrents de lumière et de chaleur. La lune, au milieu de son cortège d'étoiles, embellit et éclaire les nuits. L'aube rosée, en dorant le sommet des collines , semble appeler les hommes au travail. Le crépuscule tremblotant du soir^ en retirant peu à peu leurs couleurs aux objets, invite doucement au repos. Tantôt un ciel pur et

sans nuage verse la joie dans notre âme, tantôt elle frémit au bruit du tonnerre et à la lueur des éclairs. Sur cette terre vivent mille espèces d'animaux dont chacune a ses formes et ses mœurs distinctes ; et tant de fleurs dont la beauté nous charme ! tant de fruits dont la saveur nous plaît! ici, s'élend une plaine interminable, là, les vallées se resserrent; jusqu'au ciel s'élèvent les monts, qui ensuite s'abaissent en riantes collines^ en fertiles coteaux; sur la cime de ces monts sourdent ou jaillissent les eaux des sources ; elles descendent en ruisseaux, se réunissent en fleuves, s'épanchent en lacs, dorment en marais, jusqu'à ce qu'enfin toutes se confondent dans l'immensité de la mer.

Oh ! qui a fait toutes ces belles choses !

Elles se meuvent entre elles selon les lois d'une constante harmonie ; les astres poursuivent régulièrement leur course autour du soleil. Notre terre

présente tour à tour à cet astre chacune de ses parties, ce qui produit le jour et la nuit , sans que jamais elle dévie, et sans que jamais manquent d'une minute le matin et le soir. Au sourire du printemps les prés reverdissent et s'émaillent de mille belles couleurs, les roses et les violettes s'épanouissent^ les semences confiées à la terre donnent leur germe, le pécher, l'abricotier, se revêtent de fleurs et de feuillage* L'été vient qui développe ces fleurs et mûrit les fruits. Le grain paie les travaux de l'agriculture, comme les bonnes actions d'un fils paient les soins du père qui l'a nourri et élevé. L'automne est réjoui par la vendange et les récoltes qu'on garde pour Thiver, saison où la nature semble se reposer avant que de recommencer sa tâche. C'est ainsi que les animaux naissent, croissent et meurent ; c^est ainsi que les végétaux germent, poussent, donnent leur fruit, et dépé-

rissent ; mais les uns et les autres lais^ sent des enfants qui recommencent la même vie. En somme, tout est mouvement et ordre.

Qui a donné à Punivers ce premiei^ mouvement? qui a réglé tous ces mouvements distincts , tellement variés et pourtant si réguliers?

Cette belle statue que vous voyez dans réglise fut d'abord un bloc grossier et informe; ce magnifique palais fut un amas confus de matériaux : briques, chaux, sable, poutres, pierres, tuiles. La montre était un peu de mé« tal, dont on a fabriqué les rouages, le ressort, le cadran qui mesure le temps.

Si quelqu'un vous disait: <r Ce bloc s'est transformé de lui-même en une statue ; ces matériaux se sont assemblés d'euxmêmes, de manière à former un palais où le comfort se trouve uni à la beauté:

la réunion fortuite de ces morceaux de métal a produit la montre; » ce quel-

qu*un qui vous tiendrait un tel propos, vous supposeriez qu'il a perdu le sens ; combien plus insensé devra-t-il vous sembler celui qui prétendrait que cet univers si beau, si immense, tellement coordonné, où toutes les parties se lient si admirablement entre elles, s'est créé de lui-même ?

Mais qui donc Ta créé? qui l'a coordonné ?

Je suis né de qui? de mon père. Et mon père? de mon grand-père. Et mon grand-père? de son père, et celui-ci d'un autre père; et ainsi de suite jusqu'à ce que nous arrivions au premier homme.

Mais celui-ci de qui a-t-il pu naître?

Ce n'est pas d'un autre homme , car alors il ne serait plus le premier. C'est nécessairement d'un être qui était plus qu'homme, qui n'avait point eu de commencement , et qui a donné le commencement à toutes les choses.

Ce créateur de toutes choses , ce pre-

mîer moteur, cet ordonnateur, cette cause première , ce père de l'univers :

c'est Di£u.

DEYOIRS ENVERS DIEU.

Qui m'a donné la vie? qui me la conserve? qui l'a semée pour moi de tant de consolations? Né faible, j'ai trouvé une mère qui m'a recueilli avec amour, m'a nourri , m'a élevé. Aujourd'hui je me vois entouré de frères chéris, de bons camarades, de parents qui me font sentir combien il est doux d'aimer et d'être aimé. Le ciel me rit^ pur et serein, l'atmosphère m'enveloppe, salubre et caressante. Les fleurs, les fruits, me donnent nourriture et plaisir ; les animaux me servent et fournissent à ma subsistance. Tous ces biens qui me les a donnés? Dieu. En quoi les ai-Je mérités? En rien. Donc Dieu est bon. Si

-^10 ^ j'aime quiconque est bon, quiconque me fait du bien , combien davantage je voudrai Taimer^ lui qui est la source de tout bien ! combien je le remercierai chaque jour!

Rien n'était; Dieu a dit un mot, et tout fut; qu'il dise un autre mot, et tout rentrera dans le néant. Il m'a donné l'existence; il peut me l'ôter quand il lui plaira. Il est donc un Dieu grand et puissant; je le craindrai et le vénérerai.

Dieu est partout, à mon côté, en moi , à tout instant. Il sait tout , il voit tout. Je ne puis faire une action sans qu'il la connaisse ; je ne puis avoir une pensée qui lui échappe. Aussi dans chacune de mes actions je me rappellerai que Dieu me voit , et je me conduirai de manière à ne devoir pas lui déplaire, ni mériter les châtiments.

Chacun aime son semblable; et Dieu qui est parfait ne veut que la bonté et la

justice 9 il abhorre le mensonge et le péché. Pour lui plaire, je m'appliquerai à lui ressembler ; je serai bon, miséricordieux , bienveillant comme lui.

Pour le garantir du froid. Dieu a donné la laine à Tagneau. Une paire de passereaux ne se vend qu'un sou , néanmoins Dieu ne les laisse manquer ni de nourriture ni de nid. Se pourrait-il qu'il veuille ne prendre aucun soin de l'homme , la plus noble de ses créatures? Et pourtant au moindre malheur qui m' arrive, je me lamente. Combien je suis injuste!

Un aveugle ne pouvait retrouver sa maison , un homme charitable voulut bien l'y conduire. Le chemin était bordé de précipices des deux côtés, pour empêcher l'aveugle d'y tomber, il le tenait dans le milieu où se trouvaient des trous et des cailloux. Les trous et les cailloux incommodaient Taveugle et Taveugle querellait son bienfaiteur et

le traitait d'injuste et de cruel. Et il ne comprenait pas que le bienfaiteur le sauvait ainsi du danger et le ramenait à la maison sain et sauf. — Cet homme charitable, mes amis, c'est Dieu ; nous sommes tous autant d'aveugles. Les difficultés sur la route, ce sont les maux de ce monde; la maison, c'est la félicité à laquelle Dieu nous conduit. Je le bénirai dans le malheur , je vivrai résigné à sa volonté, plein de confiance dans sa bonté et dans sa providence.

Et dans mes besoins j'aurai recours à lui. Il les voit, ces besoins, avant que moi-même j'en aie le sentiment ; mais il veut que je les lui expose , afin que je m'habitue moi-môme à les connaître , que je lui donne ce témoignage de ma soumission, et que j'accroisse ma reconnaissance, et avec ma reconnaissance mon amour : je ne me contenterai donc pas de Taimer au dedans de moi. Et de même qu'il ne me suffit pas d'aimçr

mes parents et mes supérieurs, mais que je m'empresse encore de le leur dire , de les saluer avec respect , de leur baiser la main , mon culte à Dieu sera marqué par quelques démonstrations , dans mon geste, dans mon attitude pour l'adorer et le prier. Mon exemple portera les autres à l'adorer, et contribuera à ce que son régne s'étende et à ce que son nom soit glorifié.

Mais le plus beau culte queFon puisse rendre à Dieu , c'est d'obéir à ses volontés. ''

LA RÉYÉLATION.

Pour manifester ses volontés à l'homme , Dieu a mis en lui un sentiment en vertu duquel chacun trouve juste de se conduire envers les autres comme il voudrait que les autres se conduisissent envers lui. Cependant, après le péché du premier homme , cette loi demeura

obscurcie tellement , que ses descendants s'écartèrent de la justice, et, au lieu de se faire mutuellement du bien , employèrent la force pour se vaincre et se subjuguer les uns les autres, et cessèrent d'adorer^ ainsi qu'on le doit^ le vrai Dieu , le Dieu d'amour et de justice.

Alors le Seigneur miséricordieux, pour rappeler les hommes dans le bon sentier , parla et leur donna la loi la plus propre à les rendre heureux. Ma religion m'apprend que celte loi est écrite dans la Bible. Là, mon jeune ami, tu trouveras l'histoire de la société la plus ancienne, les vies de saints personnages, les prophéties et des chants de poètes, les psaumes, qui dans tes jours de prospérité te serviront à célébrer le Seigneur , et où dans tes jours de deuil tu trouveras des consolations et du courage. Les livres de la Sagesse , des Proverbes, de l'Ecclésiaste et de rEcclcsias-^

tique, sont remplis d^enseignements ad« mirables pour qui veut devenir et se conserver honnête homme. Veux- tu que nous en lisions quelques-uns ensemble ?

c( La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. —Ne te crois pas sage de toi-même.

» La sagesse n'entrera pas dans une àme maligne , car l'esprit de sagesse est plein de bonté.

» Celui qui écoute l'homme sage devient plus sage.

» Si vous voyez un homme sensé, allez le trouver dés le point du jour, et que votre pied presse souvent le seuil de sa porte.

» La voie de l'insensé est droite à ses yeux , mais celui qui est sage écoute les conseils.

D Ne parlez , jeune homme , qu'avec peine de ce qui vous regarde : condui- 3ez-vous en beaucoup de choses comme

si vous les ignoriez, et écoutez en silence ou questionnez.

Écoute avec calme et douceur si tu veux bien entendre.

» Quand tu as compris réponds sans tarder^ autrement garde le silence pour ne pas dire des choses qui n'auraient pas de sens et qu'il t'en arrive de l'humiliation.

» Un peu de vin et l'allégresse ravivent le cœur de l'homme , mais plus encore l'amour de la sagesse.

)> Le son des harpes et des cimbales est doux , mais plus encore le son d'une langue qui parle bien.

» La langue double s'attire une trèsgrande condamnation et le semeur de rapports la haine, l'inimitié et l'infamie.

» Il y a six choses que le Seigneur hait et son âme déteste la septième :

Les yeux altiers, la langue menteuse , les mains qui répandent le sang inno-

cent 9 le cœur qui forme de noirs desseins , les pieds légers pour courir au mal, celui qui porte un faux témoignage ou qui sème des divisions entre les frères.

» Beaucouppériront par l'épée; mais il en périra beaucoup plus encore par leur propre langue.

» Une réponse pleine de douceur éteint la haine , une réponse amère Tattise.

» Si vous entendez médire de votre prochain , ne le redites à personne.

^) Ne louez point un homme avant qu'il parle ; car c'est à la parole qu'on connaît un homme.

» Les insensés ont le cœur dans la bouche, l'homme prudent a la bouche dans le cœur.

» Comment trouverez - vous dans votre vieillesse ce que vous n'aurez point amassé dans votre jeunesse?

» Si vous dormez trop ^ la pauvreté

tombera sur tous comme un yolenr }

armé. j

» Pensez à la pauvreté dans le temps de rabondance.

» Le paresseux est consumé de désirs ; il ne fait que désiser pendant tout le jour.

» J'ai passé par le champ du paresseux et par la vigne de l'homme insensé et j'ai trouvé que tout était plein d'orties , que les épines en couvraient la surface , et que la muraille de pierre était abattue.

» L'homme laborieux s'asseoira parmi les principaux de la nation.

» Ne soyez point prompt en paroles et lent en actions.

» A qui les chagrins? Au père de qui les chagrins? A qui les rixes, à qui les blessures^ à qui les mortifications? A celui qui vide trop de fois sa coupe.

» A l'intempérant arrivent l'insom-

ûiô, les souffrances, la ttialadie] à rhomme scbre^ le sommeil de la santé et de la joie. »

)} L'homme sobre allonge sa vie.

» Le vin et les femmes ont fait tré* bûcher les plus sages.

» Ne vous liez pas avec celui qui se vante ni avec celui qui révèle ses secrets.

» Ne causez pas de vos affaires devant celui qui ne doit pas les connaître.

» Ne visitez pas trop votre voisin de peur de l'ennuyer.

» Il vaut mieux être deux ensemble que d'être seul j si l'un tombe, l'autre le soutient.

» Il vaut mieux habiter dans une terre déserte qu'avec une personne querelleuse et colère.

» Ne refusez pas les consolations à celui qui pleure, et visitezles affligés.

y> Celui qui a pitié du pauvre prête au Seigneur à intérêts.

)) Donne avec un visage ami ; ne fait point de reproche après que tu auras donné.

» Tirez de péril ceux qu'on mène à la mort, et ne cessez point de délivrer ceux qu'on entraîne pour les faire mourir.

» Ne tournez point à tout vent , et n'allez pas par toutes sortes de routes.

3) L'homme sage est constant comme le soleil ; l'insensé varie comme la lune.

)) Si vous désespérez dans la misère, votre ruine est assurée.

j> Ne méprisez point un homme juste quoiqu'il soit pauvre, et ne glorifiez point un pécheur quoiqu'il soit riche.

)) N'entrez point en société avec les puissants. Si un grand vous appelle, éloignez- vous 5 car il en sera plus porté à vous appeler.

» Celui qui élève trop sa maison risque de tomber.

D La sagesse est plus estimable que la

force , et l'homme prudent vaut mieux que le courage.

D II vaux mieux être invité avec affection à manger des herbes, qu'à manger le veau gras lorsqu'on est haï.

D Regarde devant toi en marchant.

L'homme sage se sert de ses yeux , l'ignorant va en aveugle. Celui qui marche avec un cœur simple , marche avec confiance.

» Là où il y a plusieurs mains, tenez tout fermé. N'oubliez pas de compter et de peser ce que vous donnez en dépôt y et tenez note de ce que vous donnez et de ce que vous recevez.

» Travaillez à vous faire une bonne réputation. La bonne réputation vaut mieux que les parfums précieux.

7, L'homme sage étudiera la sagesse des anciens. Il conservera dans sa mémoire les récits des personnes célèbres; il cherchera le sens des proverbes ; il voyagera sur la terre étrangère, et il

observera le biçn et le mal parmi les hommes.

8 Ne dites pas : j'sti péché, et quel mal m'en est-il arrivé? parce que Dieu est lent à faire justice.

j) L'ami fidèle est une forte protection ; celui qui l'a trouvé , a trouvé un trésor.

D Les blessures que fait celui (|iii aime, valent mieux que les baisers trompeurs de celui qui hait.

)) Ne dites point à un ami dans le besoin : Reviens demain , je te donnerai , si vous pouvez lui donner aujourd'hui.

D Ecoutez, enfants, les avis de votre père. Honorez-le par vos actions, par vos paroles et par toute sorte de patience.

]) Celui qui dérobe son père et sa mère et qui dit que ce n'est pas un péché, a pris part au crime des homicides.

D II y a trois sortes de personnes que mon &me hait : un pauvre ^uper^ç ,

an riche menteur , un vieillard insensé.

D Trois choses plaisent à mon esprit :

Tunion des frères, l'amour des proches, un mari et une femme qui s'accordent bien ensemble.

D Le mari d'une bonne femme est heureux, car le nombre de ses années se multipliera au double.

]) La femme vertueuse est le partage de ceux qui craignent Dieu.

3) Qui trouvera une femme forte? Elle est plus précieuse que ce qui s'apporte de l'extrémité du monde. Le cœur de son mari met sa confiance en elle. Elle lui rendra le bien, et non le mal pendant tous les jours de sa vie. Elle a cherché la laine et le lin , et elle a travaillé avec des mains sages et ingénieuses. Elle est comme le vaisseau d'un marchand qui apporte de loin son pain. Elle se lève lorsqu'il est encore nuit: elle a partagé la nourriture à ses servantes. Elle a

considéré un champ et Ta acheté ; elle a planté une vigne du fruit de ses mains.

Elle a ceint ses reins de force , et elle a affermi son hras. Elle a goûté et elle a vu que son trafic est bon ; sa lampe ne s'éteindra pas pendant la nuit. Elle a porté sa main à des choses fortes, et ses doigts ont pris le fuseau. Elle a ouvert sa main à T indigent ; elle a étendu ses bras vers le pauvre. Elle ne craindra point pour sa maison le froid ni la neige , parce que tous ses domestiques ont un double vêtement. Elle a ouvert sa bouche à la sagesse , et la loi de la clémence est sur sa langue. La grâce est trompeuse et la beauté est vaine :

la femme qui craint le Seigneur est celle qui sera louée.

Lorsque j'étais encore jeune, avant de m' écarter bien loin, j'ai recherché la sagesse dans ma prière avec une grande instance, et je la chercherai jusqu'à la fînde la vie. J'y ai fait un grand progrès. J'en

donnerai la gloire à celui qui me Ta donnée.

3) Voyez de vos yeux qu'avec un peu de travail je me suis acquis un grand repos. Recevez l'instruction comme une grande quantité d'argent, et acquérez-la pour trouver en elle une grande abondance d'or.

D Faites votre œuvre avant que le temps se passe , et vous aurez une grande récompense lorsque le temps

sera venu. »

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