‹ Éducation morale populaireChapitre 5 sur 38 · JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST

Pour donner le complément de sa

loi , Dieu a envoyé Jésus-Christ sur la

terre. Celui-ci n'est point né dans le

faste et les richesses , mais au milieu

des pauvres; il a vécu dans l'humilité

pour donner une leçon contre l'orgueil;

il a vécu dans la mansuétude pour faire II. 2

contraste avec la toute-puissance ; il a souffert des persécutions pour encourager ceux qui souffrent , et leur apprendre que la récompense de la vertu n'est pas dans ce monde. Il rassembla de pauvres artisans et leur donna la mission de prêcher des doctrines opposées à celles du monde d'alors. Voici ce qu'il leur a dit à eux , ainsi qu'à nous tous :

« Mon premier précepte , c'est que » vous vous aimiez les uns les autres, » comme je vous ai aimés, moi qui ai » donné ma vie pour vous. A cela , le » monde connaîtra que vous êtes mes )) disciples.

» Tout ce que vous voulez que les ») autres vous fassent , faites-le-leur » aussi ; aimez Dieu par-dessus toute » chose et votre prochain comme vous- » mêmes. En ces deux commandements » consistent la loi et les prophètes.

» Ne jugez point, et vous ne serez » point jugés.

» La charité diminue , parce que » r injustice abonde; mais quiconque » frappera de l'épée, périra par Té- 2) pée.

» Donnez à un pauvre un verre d'eau )) pour Tamour de Dieu , et il ne restera » pas sans récompense. Mais votre main » gauche ne doit pas savoir ce que » donne voire main droite.

)) Ëienheureux les humbles et les D simples; bienheureux ceux qui sont » doux ; bienheureux ceux qui sont » miséricordieux , parce qu'ils trouve- » ront miséricorde ; bienheureux ceux » qui pleurent, parce qu'ils seront con- » soles ; bienheureux ceux qui aiment » la paix et qui souffrent persécution » pour la justice, car le royaume du » ciel est à eux.

» Que ceux qui souffrent viennent à » moi, et je les soulagerai.

» tortez les tribulations avec pa- » tience , apprenant de moi que je suis

» doux et humble de cœur , et vous » trouverez la paix.

» Quiconque se met en colère contre » son frère, mérite d'être puni par le » jugement. Ne remarquez pas la paille » qui est dans l'œil de votre prochain , » tandis que vous avez une poutre dans » le vôtre. Si votre frère vous a offensé, » pardonnez -lui non - seulement sept » fois; mais septante fois sept fois. Si , » quand vous vous approchez de l'au- » tel, vous vous souvenez que votre » frère a quelque chose contre vous, » allez d'abord vous réconcilier avec » lui , puis vous viendrez présenter » votre offrande. Aimez vos ennemis , » faites du bien à ceux qui vous haïs- » sent; priez pour ceux qui vous per- » sécutent et vous calomnient, afin que » vous soyez enfants de votre père cé- » leste , qui fait lever son soleil sur les » bons et les méchants et pleuvoir sur » les justes et les injustes. Si vous m'ai-

» raez , gardez mes commandements.

» Cherchez premièrement le royaume » de Dieu et sa justice , et toutes les » autres choses vous seront données » par surcroît. »

Celui qui enseignait de telles vérités fiit traité d'impie et de séditieux. Il fut arrêté , accusé , condamné , et il mourut en priant pour ses bourreaux. Il nous a laissé le modèle parfait du vrai juste.

La religion , prêchée par lui , est d'abord taxée de folie ^ ses sectateurs sont bafoués, persécutés, mais sans renoncer à leur croyance; ils persistent à prêcher le bien et à le faire. Sur l'humanité qui les maudit , ils appellent la bénédiction de Dieu. On les cherche pour les faire mourir, ils errent en exilés de pays en pays. Conduits au martyre, ils meurent, le pardon à la bouche. Fécondée par leur sang, la vérité triomphe, et cette religion divine

s*établit pour la consolation et le salut du monde.

L'homme est la plus parfaite des créatures mortelles. Il est composé d'une âme et d'un corps, et destiné à vivre en société. Sa raison s'y développe, et il tend alors à s'améliorer.

J'existe, je sens que j'ai un corps composé de plusieurs membres, qui éprouve du plaisir ou de la douleur, qui est sain ou malade , qui croit ou qui dépérit; mais en môme temps, je sens aussi en moi quelque chose qui est différent du corps.

Je pense. Ce qui pense , est-ce mon bras? est-ce la tête? est-ce le cœur?

non; je sens que c'est quelque chose distinct de toutes les parties de mon corps.

JTai la sensation du présent, je me rappelle le passé, je prévois Favenir; j'imagine , j'invente , j'aime, je crains , j'espère.

Je veux j mais qu'est-ce que je ou nun? Ce n'est pas le corps ^ puisque le corps obéit , et si je veux me transporter ailleurs, le corps se met en mouvement.

Si je veux baisser la tête ou me mettre debout , la téte^ le corps entier obéit.

Ce moi est l'âme. Elle n'est point formée de matière , ce qui fait que je ne puis ni la voir, ni la toucher , comme je ne vois ni ne touche Dieu et les anges : j'ai la volonté, le désir, et pourtant je ne puis ni toucher, ni voir le désir et la volonté. Cette âme , je la connais par ses effets. Elle est vive , alerte, elle veille à tous les mouvements du corps , elle raisonne , elle accomplit les actes dont la matière serait incapable. Avez-vous jamais vu le caillou, le bois penser ^ vouloir ?

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