LE LIBRE ARBITRE
Quand le caillou tombe, c'est son poids qui l'attire en bas; la fumée monte , par la raison qu'elle est plus légère que l'air; mais quand je me prépare à une action y je sens qu'il dépend de moi de la faire ou d'y renoncer. Je discute en moi si elle est bien ou mal^ si elle est convenable ou non ; j'hésite et je me décide. L'àme , qui régit mon corps , jouit donc du libre arbitre , c'està-dire qu'il dépend d'elle de faire ou de ne pas faire le bien , de commettre le mal ou de s'en abstenir. Donc, chacune de mes actions m'est un mérite ou une faute ; donc, il est juste que j'en reçoive la récompense ou le châtiment.
La raison et la religion m'enseignent que cette récompense et ce châtiment me viendront peut-être dans cette vie même, mais que certainement je les
recevrai dans une autre vie qui n'aura point de fin. La récompense consistera à connaître la vérité suprême, c'est-àdire Dieu 5 à l'aimer du parfait amour, à vouloir ce qu'il veut , et en compagnie de tous les justes unis par la charité parfaite^ à le posséder pour l'éternité.
Oh ! je veux obtenir par mes mérites une si précieuse récompense !
Mais comment l'obtenir ? en me conduisant en honnête homme.
vni.