LA LÉGÈRETÉ
Tout mouvement peut se faire avec grâce et finesse ou bien lourdement et maladroitement. Observez la manière de marcher, de sauter, de gra\dr un escalier, vous verrez
DEMENT
combien diffère dans ces allures la manière de poser le pied à terre lourdement ou sans bruit. I^a légèreté est la pierre de touche de la bonne exécution ; elle n’a aucun rapport avec le poids du corps ; un sujet de poids léger peut se mouvoir très lourdement, un autre très corpulent sera au contraire d’une-allure extrêmement légère.
Cette qualité dépend de la force musculaire, surtout de la bonne manière de l’utiliser ; le vieillard affaibli est plus lourd dans ses allures qu’un homme jeune et vigoureux, il est moins agile.
Les mouvements légers sont silencieux ; tel ébranlera tout son corps en descendant de la hauteur d’tme marche d’escalier ; tel autre, au contraire, ghssera sans bruit comme le chat sans éveiller l’attention. Pour être léger, il faut savoir amortir les chocs en arrêtant progressivement la vitesse du corps au lieu de l’annuler tout d’un coup brutalement. Les mauvais sauteurs et les mauvais coureurs frappent la terre du pied au moment de la chute, ils semblent craindre de ne pas toucher le sol assez vite et allongent vivement les jambes en les maintenant raides et tendues. Ils devraient au contraire sans se presser, attendre le contact avec la terre et à ce moment résister à la flexion des jambes qui se produit naturellement sous l’action de la vitesse descendante du corps. On pourrait montrer dans chaque exercice l’utilité de la légèreté et la considérer comme la manifestation extérieure de la maîtrise parfaite de ses mouvements,