‹ Éducation sanitaire des enfansChapitre 14 sur 43 · APRÈS LE SEVRAGE · texte numérisé non relu

APRÈS LE SEVRAGE

sont non seulement des sources abondantes de santé et de vie , mais les peuples ou les nations qui vivent selon le régime de Pythagore sont d’un caractère doux et débonnaire. Les Indous , qui sont les plus sobres des peuples et qui ne vivent que de fruits , sont les plus doux des humains \ de meme que les Gaures , les habitans de l’ile de Pâques et ceux de la Nouvelle-Espagne , qui ne vivent que de végétaux. Les habitans de nos campagnes mangent très-rarement de la viande, aussi sont-ils naturellement doux quoique vindicatifs.

Bien que des hommes n’aient vécu que de productions végétales , cela ne prouve cependant point que l’espèce humaine soit destinée à ne vivre uniquement que de végétaux. Selon les physiologistes ,

1 homme , d apres son organisation physique , est omnivore ou polyphage, et il doit se nourrir aussi bien de substances animales que de végétaux. Oui sans doute, une nourriture animale devient quelquefois necessaire à une certaine époque de la vie, salutaire dans quelques circonstances, et meme souvent indispensable par 1 habitude ^ mais pour 1 enfant, qu on doit toujours eloigner le moins possible des lois naturelles , une diète animale le disposerait certainement aux maladies qui résultent d’une nourriture trop substantielle.

Le besoin continuel de manger pendant les premières années de la vie indique qu’il faut alors une nourriture plus abondante que substantielle. Le goût décidé que les en fa ns manifestent pour

de la nourriture

toute espèce de fruit , explique suffisamment que les végétaux conviennent mieux que les substances animales , pour lesquelles l’appétit ne se dé veloppe qu’avec la croissance , mais toujours plus par 1 habitude de l’exemple que par le besoin. Comme la tempérance a pour base une nourriture végétale, l’observation prouve que les enfans qu’on accoutume à une nourriture simple jouissent habituellement d’une bonne santé et vivent plus longtemps. L’histoire en donne pour exemples Auguste, Henri IV et Newton. En général , les individus dont l’enfance n’a point été assujettie à des pre cautions mal entendues , ni amollie par ces soins indiscrets que prodigue la tendresse materne e , résistent mieux dans la suite à l’influence des agens destructeurs , aux intempéries et aux privations de tous genres.

Comme le goût est l’expression d’un sentiment naturel, il vaut mieux souvent l’avoir pour gui e que d’assujettir l’enfant à des règles ou à un ordre de régime dont la nature ne saurait toujours s accommoder. Telle nourriture qu’on croit la meilleure n’est pas toujours celle qui convient le mieux à l’enfant. Si nous étudions les appétits qui se ma-

nifestent dans tout le cours de la vie, nous verrons qu’à un âge avancé ils ne sont pas ce qu ils ont ete dans les premières années. Les enfans préfèrent toujours les alimens simples : tous mangent du pain ou les composés de farine, des fruits et (tes légumes, tandis qu’un grand nombre ne s’accou-

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