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ner ces énormes et lourds bonnets à bourrelet. Pour prévenir les coups à la tète , lorsque les enfans commencent à marcher , il est bon de les munir d’un bourre! et, mais léger, et retenu simplement par deux rubans qui se croisent sur le sommet de la tête. Aussitôt que cette précaution devient inutile, il est bon d’accoutumer les enfans à aller tète nue.
Jusqu’à un certain point toutes les coiffures sont plutôt des objets de luxe que de nécessité. Les Égyptiens, selon Hérodote, allaient tête nue; Varon dit que les jeunes Romains n’avaient que leur chevelure frisée , minores natu capite aperto erant , capillo peæo( i) ; tous les monumens anciens représentent les enfans de la même manière. Le Corége et le Titien n’ont donné aucune coiffure au fils de la Vierge. G est donc se conformer davantage aux lois delà nature que d’avoir la tête découverte. Toujours est-il, enfin , que ceux qui dès Page le plus tendre n’ont point été accoutumés à toutes ces précautions indiscrètes de la sollicitude maternelle , ni à ces besoins factices que le luxe recherche , résistent mieux à toutes les injures du temps et aux influences des saisons.
C’est encore aux peuples barbares que nous devons l’usage des vêtemens appelés bas, chausses et chaussettes. Le «nom de chausses est encore le seul
(i) 'Varon, de Vitd pop . rom., 1.1.
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qu’emploient les habitans des campagnes. Les Perses, les Troyens, les Phrygiens, les habitans de la Tauride portent , sur tous les monumens grecs , des chausses longues semblables à nos pantalons. Ovide dit que cet habillement était inconnu aux Grecs , et il reproche a ceux de Pont, qui prétendaient descendre des Grecs , d’avoir adopté les chaussures des Perses. Les Gaulois se distinguèrent depuis par le vêtement que Suétone appelle tïbiaUa. Mais ce n’est que sous Charles IX que furent fabriqués les premiers lias de tricot, tels qu’on les porte aujourd’hui. Ce vêtement, aussi élégant que commode, remplaça aussitôt les chausses d’étoffe de toile et de cuir. On donne des bas aux enfans en même temps que la robe : ils sont de laine, de coton ou de fil. Le premier de ces tissus convien t mieux pour 1 hiver , tandis que les autres ,spmt préférables en été.
Dans les anciens écrivains , nous ne trouvons aucun détail sur les chaussures des peuples appelés barbares par les Grecs et les Romains, c est— a-dire de tous les peuples, eux exceptés. On sait cependant que les Égyptiens faisaient une chaussure avec le papyrus. Dans l’interessant ouvrage du comte de Caylus(i), on trouve des dessins de ligures gauloises , dont la chaussure est faite comme un chausson de cuir \ ce qui prouve encore que les
(i) Recueil dJ Antiquités ,t. I, p. 161.
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peuples de la Gaule n’étaient point sans génie pour la création d’objets que leur climat rendait nécessaires. Les légions romaines placées en station dans les Gaules finirent par adopter plusieurs modes des nations transalpines , quoique les dominateurs du monde les traitassent de barbares.
Aucun vêtement n’a reçu tant de dénominations que celui des pieds : toutes néanmoins indiquent quelques variétés dans leur forme. Le calceus des Latins est le soulier des Français, chaussure généralement adoptée ; îe muleus , la mule , se portait encore naguère; le sandalium , la solea et le soccus reprendront sans doute leur ancienne faveur. Les souliers et les sabots, solea lignea , sontles seules chaussures qui conviennent aux enfans. Les premiers sont uniquement en usage dans les villes et chez les familles aisées , tandis que les pauvres habitans des campagnes n’usent guère que des sabots. Cette dernière chaussure n a d’autre inconvénient que d’apprendre à marcher mal et sans grâce. Je crois même avoir remarqué que les individus qui n’avaient porté que des sabots pendant leur enfance étaient moins sujets à avoir des cors que ceux qui avaient toujours porté des souliers. Queileque soit d’ailleurs la chaussure qu’on donne aux enfans, il faut éviter qu’elle soit étroite et gênante; car il ne faut point croire que la dimension du pied dépende d’une chaussure large ou étroite, ainsi que se l’imaginent les gens du monde.
Il n’est pas jusqu’aux mains qu’on a voulu vêtir :
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nous savons qu’on a porte des gants dans les temps les plus reculés, ainsi que le témoignent Homei e , Xénophon , Athénée et Musonius Rufus-, de même aussi qu’on le voit dans quelques livres sacrés. Les diverses espèces de gants ne sont point toujours des objets de luxe, mais quelquefois des vetemens nécessaires. Dans nos climats , pendant 1 hivei , poui les individus qui ne sont point assujettis journellement aux travaux manuels du dehors, les gants sont presque indispensables. A l’égard des enfans, l’habitude les rend inutiles ou nécessaires, selon la condition dans laquelle ils sont eleves. Ceux qui dès l'âge le plus tendre auront été accoutumés à être peu vêtus, et à avoir les mains découvertes et exposées au froid, sont moins sujets pendant les froids rigoureux au gonflement des mains , et consécutivement aux engelures inflammatoires ou ulcérées, que ceux qui ont toujours vécu au sein de toutes les commodités de la vie.