DU BERCE AO
est une des raisons les plus probantes de ces commotions. Cette partie , faiblement retenue par les muscles du cou, ne suit pas seulement le mouvement général qui est imprimé au berceau , mais obéissant à son propre poids elle roule sur son axe. Le mouvement qui lui est imprime n est point a sa dernière période, quand tout à coup une impulsion nouvelle et en sens inverse lui est imprimée. Nécessairement de ces deux impulsions opposées doit résulter une violente secousse de l’organe encéphalique , et d’autant plus intense que les mouvemens sont plus brusques et que le plan sur lequel repose la tète s’approche davantage de l’horizontal.
D’après ces réflexions, il est donc facile de se convaincre combien peut être dangereuse une pratique qui n’est confiée le plus souvent qu a des personnes rudes et ignorantes , qui , pour faire cesser les cris de l’enfant, quand même ils sont l’expression des souffrances, vont jusqu’à les étourdir a force de les bercer. 11 serait tout-à-faitadesixei que cet usage barbare, que les barbares ne connaissaient point, fut abandonné. Sans doute qu’après cette réforme nous verrions moinsde stupides et d’idiots. Qu’est- il besoin de ce moyen pour endormir les enfans , quand naturellement ils ont tant de propension au sommeil ?
Toutefois, pour ceux qui tiennent aux vieilles habitudes , il n’est point inutile d observer ici que
le beiceau doit etre construit de telle manière que le mouvement en soit doux et uniforme. On y parvient en faisant porter les extrémités sur deux petites planches semi -elliptiques , la convexité tournée en bas et reposant sur un plan uni. En outre plus l’enfant sera éloigné du centre de rotation' moins il sera incommode par le mouvement. La plupart des berceaux que vendent les marchands de meubles, à Paris, ne remplissent point ce but; 1 enfant, se trouvant au centre du mouvement, est roulé sur lui-même. Les Russes , mieux avisés que nous , pendent le lit des enfans à une corde attachée à un morceau de bois flexible et fixé au plancher. Par ce moyen ils font parcourir à cette espèce d escarpolette , dont le mouvement est doux , un espace plus ou moins grand.
Dans aucun moment il n’est plus nuisible de bercer les enfans qu’immédiatement après le repas. Quand l’estomac est plein , les moindres secousses peuvent troubler la digestion et provoquer des vomissemens ; ou bien cette fonction est lente et difficile : le lait et les alimens passent à la fermentation acide , s ils ne sont point vomis; leur passage par les intestins donne lieu à des coliques , à des diarrhées, et même à des inflammations de basventre. Au nombre desinconvéniens qui résultent de bercer les enfans, ajoutons encore, qu’en les forçant au sommeil en les étourdissant, on ne peut point savoir si leur insomnie n’est pas occasionnée par des souffrances réelles , résultat de quelque