ARTICLE III
Du sommeil et de la veille.
§ Ier.
Si les philosophes et les physiologistes avaient considéré le sommeil dans les diverses périodes de la vie , ils auraient été forces de reconnaître que chez l’homme cet état n’est point absolu , ni le résultat d’unecause constante et définie. Mais comme la connaissance de ce point de physique animale il appartient point au sujet que nous traitons^ ni sous le rapport de son essence ni sous le rapport de sa cause , nous nous bornerons à dire que chez l’enfant le sommeil paraît être une dépendance immédiate de la nutrition , car digérer et dormir
composent toute la série des phénomènes de son existence.
L enfant du premier âge ne se réveille que lorsque la nutrition manque de matériaux nécessaires a son exercice, et il se rendort aussitôt que ce besoin est satisfait. Le sommeil, alors, est pour ainsi dire un état passif, par l’absence de la vie de relation , précaution admirable de la Providence. En effet , quel eût été le sort de notre espèce, si dès la naissance l’enfant avait eu le désir de loucher,