DU SOMMEIL
de marcher et de courir ? n’offrant encore qu’un ensemble de rudiniens imparfaits et délicats, à combien de dangers n eut-il pas ete expose , si deslors il avait eu la faculté de voir, d'entendre et de sentir? A l’aurore de la vie , le câlme parfait ou le sommeil était pour l’espèce humaine 1 état le plus favorable, sans lequel la digestion, la circulation et la nutrition n’auraient jamais pu s effectuei uniformément-, car toutes ces fonctions eussent été troublées, si l’enfant avait été susceptible d’impressions vives.
Bien que dans toutes les périodes de la vie le sommeil influe sur l’état habituel des individus, néanmoins à aucune époque cette influence n est plus marquée que dans les premiers temps. Les enfans dont le repos n’est contrarié par aucune circonstance ont habituellement l’embonpomt et la fraîcheur pour apanage ; tandis que ceux qui dorment peu ont la peau terne , quoiqu’il ne leur manque rien du reste. Tout ce qui peut éloigner le sommeil doit être évite soigneusement, surtout à l’égard des enfans de 1 âge le plus tendre, ceux qui sont à la mamelle. D’adleurs le premier aliment, le lait, n’est-il pas formé tout exprès pour provoquer et entretenir le repos dont a besoin l’enfant. Par sa nature , ce fluide est sédatif, anodin, et agit comme un léger narcotique; de là il résulte que les enfans nourris à la mamelle dorment, en somme totale , plus long- temps que ceux qui sont nourris différemment. .