‹ Éducation sanitaire des enfansChapitre 35 sur 43 · ARTICLE IX · texte numérisé non relu

ARTICLE IX

De quelques Cérémonies et Coutumes religieuses ,

dans leurs rapports avec V hygiène des en fans.

Ce ne serait point une inutile recherche que d’examiner quelles sont les religions les plus propres à perfectionner l’homme , puisque toutes n’ont été établies que pour la civilisation et l’intérêt de l’humanité. Mais telle est la destinée de toutes les institutions morales, d’être modifiées , changées par les révolutions des peuples, et travesties par les fausses interprétations et les passions des hommes.

Toutes les religions ont subi leurs révolutions comme tout ce qui est de création humaine, et aucune même de celles professées par les peuples civilisés n’est plus entièrement conforme à son code primitif. L’intérêt privé, qui tend sans cesse à se substituer à l’intérêt générai, a toujours su éluder les lois et les dogmes qui contrariaient l’esprit de domination, en donnant en même temps plus d’extension à tous ceux qui favorisaient ses projets d’envahissement. Aussi, il n’est point jusqu’à la religion révélée qui ne commande de sacrifier tous les avantages de ce monde pour mieux s’assurer la vie future, comme etantla seule véritable. En y réfléchissant, tous les dogmes qui dé-

RELIGIEUSES

coulent de ce principe ne sauraient être d’accord avec le bonheur physique ou celui de ce monde. A peine l’homme est-il ne , qu’il cesse d’être l’être de la nature, on pense déjà à lui ouvrir la voie du salut \ et pour qu’il vive sous l’empire de la religion de ses pères, on le fait juif, chrétien ou musulman.

La cérémonie religieuse la plus ancienne à laquelle sont soumis les nouveau-nés , est la circoncision. Tout porte à croire cependant qu’elle fut plutôt instituée comme un précepte d’hygiène que comme un acte religieux : du moins chez les Égyptiens, auxquels elle est attribuée. Selon Hérodote et Diodore de Sicile , c’était une affaire d’usage de propreté et de santé. Ce qui semble être en faveur de cette opinion , c’est que chez les anciens Hébreux la loi n’avait rien de particulier ni sur 1g ministre ni sur l’instrument de la circoncision. Le père de l’enfant, un autre parent ou un chirurgien pouvait faire cette cérémonie. Séphora , femme de Moïse ^ circoncit elle-même son fils Éliézer. Mais il nen est plus ainsi chez les Juifs modernes, les Turcs les Persans et les Arabes , qui , ayant fait de la circoncision un acte religieux, la pratiquent à un âge fixe et avec tout l’appareil d’une cérémonie pieuse. c

De quelque manière que l’on considère la circoncision , elle n’en est pas moins un acte cruel , et une violation de la plus sainte des lois de la nature. Quoi ! c’est au nom d’un Dieu de paix et de miséricorde qu’on ose mutiler un innocent , et

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