‹ Éducation sanitaire des enfansChapitre 36 sur 43 · DES CÉRÉMONIES · texte numérisé non relu

DES CÉRÉMONIES

que l’homme porte une main homicide sur son semblable! Comme précepte d hygiène les avantages de cette pratique sont tout-à-fait illusoires ; car nous ne voyons point que les circoncis soient plus exempts, de maladies que ceux qui ne le sont pas.

Ce ne serait donc que quelques raisons de propreté qui pourraient donner une apparence de nécessité à cette pratique. Chez les enfans , le gland est habituellement recouvert par le prépuce, et il se ramasse entre ces parties une espèce de segma âcre et irritant qui quelquefois occasionne un prurit incommode qui peut donner lieu à un écoulement muqueux abondant. Mais ces légers accidens peuvent être facilement prévenus par les plus simples précautions et quelques soins, qui ne sont pas moins indispensables aux circoncis qu’aux autres. On peut donc en conclure que la circoncision, comme précepte d’hygiène ou moyen de propreté, n’offre pas assez d avantages pour penser qu’elle puisse être une pratique utile et salutaire.

Mon respect pour les choses sacrées m’interdit toute espèce de réflexion touchant les influences de la cérémonie du baptême sur la santé des enfans ; mais quant aux circonstances qui la précèdent ou la suivent quelquefois , il n’est point inutile de les faire connaître. Ce ne sont point des avis que je donne, mais seulement des observations que je présente, et dans l’intérêt de cette partie de la société qui vit disséminée dans les campagnes.

RELIGIEUSES

Tous les enfaus qui naissent loin de Tégiise où ils doivent recevoir le baptême , y sont portés dans les premiers jours qui suivent leur naissance , et souvent avec une si grande négligence de précautions que leur santé en est compromise. Le déplacement de l’enfant qui vient de naître, les secousses qu’il éprouve, l’impression du froid dont on 11e peut point toujours le garantir , et le temps qu’il reste quelquefois sans prendre de nourriture, sont autant de circonstances qui peuvent déranger l’harmonie de ses fonctions. Ne serait-il pas possible de concilier ce devoir religieux avec les précautions que réclame la fragilité du nouveau-né ? Oui sans doute , avec des ministres dont le zèle serait tempéré par la charité chrétienne : mais l’ardeur de l’un fait souvent oublier Tautre.

J’ai connu des curés de village qui exigeaient que l’enfant fût présenté aux fonts baptismaux dans les vingt-quatre heures, sous peine de n’ètre point admis au rang des heureux en cas de mort. Dèslors il n’y a plus d’obstacles qui puissent dispenser d’un devoir qu’impose une pareille exigence. Ce n’est point là, ce nous semble , le véritable esprit de la religion : et les pères de l’Église, ayant prévu que l’homme pouvait naître loin du véritable sanctuaire , ont décidé que tout chrétien pouvait , au besoin, administrer le baptême. Dans certaines circonstances on pourrait donc en agir de même à l’égard des enfans^ sauf ensuite à avoir recours à la cérémonie sacramentelle. 11 serait à désirer

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