DES CÉRÉMONIES
que ies curés de campagne n’obligeassent point leurs paroissiens qui sont à quelques lieues de distance , à déplacer les nouveau-nés pendant des temps froids et rigoureux.
Qu’il me soit permis encore de présenter quelques réflexions sur l’influence de certaines coutumes religieuses observées à l’égard des enfans. Ce n’est point des actions votives en elle- mêmes que je veux parler, mais de toutes les pratiques qui y sont attachées et des circonstances qu’elles font naître.
Il est bien peu de provinces , de contrées même, qui n’aient quelque saint en vénération, et qu’on intercède pour le salut de l’enfant malade ou non malade. L’enfant qui est l’objet de ces vœux est toujours conduit à la chapelle votive , ou dans le sanctuaire des miracles. Des pareils dont la piété et le zèle sont sans cesse allumés par la tendresse paternelle, franchissent de longues distances pour présenter l’objet de leur sollicitude au saint qui a été choisi.
C’est quelque chose d’admirable à voir que ces caravanes de paysans qu’on rencontre à certains jours de l’année , dans quelques contrées de la France. Là , c’est saint Eu trope , dont la fontaine fournit une eau glaciale qu’on fait boire aux enfans exténués de chaleur*, ici c’est saint Reini , ou I on vient les baigner dans une eau bourbeuse et très-froide quand leur corps est tout en sueur ; ailleurs c’est saint Étienne , l’Esculape de la hiérar-
RELIGIEUSES
chie sacrée; on y apporte des enfans de vingt lieues, et le plus grand nombre, pour y arriver, sont obli* üés de traverser des contrées marécageuses et malsaines, sous les rayons brùlans du soleil de îa canicule. Ainsi les malheureux enfans reviennent souvent sous le toit paternel avec les préludes d’une maladie mortelle, résultat des imprudences des parens et des fatigues du voyage. Je sais une chapelle placée au milieu d’un étang, mais qui au mois d’aout , après le retrait des eaux , ne se trouve plus que sur une vaste plage marécageuse : les voyages qu’on y fait alors coûtent peut-être la vie à la moitié des enfans qu’on y conduit de toute part. Tel est cependant l’empire de l’habitude, qu’il aveugle les hommes sur leurs plus chers intérêts. Et quand bien même l’on aurait reconnu les funestes effets de ces coutumes, qu’aucun motif de dévotion ne saurait faire regarder comme nécessaires, on se garderait bien de les signaler, et encore moins de les faire cesser. Trop d’intérêts seraient compromis; les marchands et les mendians n’y trouveraient plus leur compte, aussi-bien que les curés, qui ont toujours le talent de convertir en sinécure l’église ou la chapelle dont le patron est en grande renommée. Voilà la cause et le mal, mais il ne m’appartient point de proposer le remède.
Jusqu’à quel âge peut- on dispenser les enfans
d’observer le commandement de 1 Eglise : Quatre temps, vigiles jeûneras , et le carême entièrement? Je
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