‹ Éducation sanitaire des enfansChapitre 40 sur 43 · III · texte numérisé non relu

III

Outre que la constitution naturelle propre aux divers âges dispose par elle -même à des affec-

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lions particulières , nous voyons encore que ces affections ont une tendance vers certaines parties du corps, suivant les diverses périodes de la vie. Stahl, Hoffmann, sont les premiers qui aient porté une attention spéciale sur ce point de physiologie pathologique. Chez l’enfant, c’est le plus souvent la tète qui devient le siège des affections morbides, et notamment de toutes celles qui reconnaissent pour cause une surabondance de nutrition.

Le cuir chevelu et la face sont sujets à une foule d’éruptions insolites ou naturelles , pernicieuses ou salutaires , bénignes ou opiniâtres. Les glandes buccales et celles du cou sont susceptibles de devenir fréquemment des centres de fluxions. Tantôt enfin ce sont des sécrétions abondantes, fournies par la muqueuse du nez , des yeux et des oreilles. Ces maladies étant presque toujours critiques débarrassent l’économie d’une foule d’humeurs dont la présence nuirait toujours aux opérations de la nature : aussi dans bien des cas ne serait- il point prudent de les faire disparaître. D autrefois elles sont déterminées ou entretenues par un défaut de propreté; alors on doit chercher à les guérir , de peur qu’elles rie dégénèrent par habitude en mal nécessaire, il importe donc de distinguer les uns des autres pour mieux juger des indications à remplir.

Peu de temps après la naissance il se manifeste des croûtes sur la tète de l’enfant, mais il ne faut point toujours les envisager comme l’effet d une cause

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morbide. Retenue parlescheveuxetlesépaisboimets^ la transpiration se concrète , durcit , forme de petites plaques qui s’agrandissent, et qui finissentpar composer une sorte de cal oie qui recouvre tout le sommet de la tête. Ce qui n’est ici que l’effet de la malpropreté , les nourrices le considèrent comme un phénomène naturel, qu’elles respectent plus encore par préjugé que par connaissance de cause.

Si l’on n’a point la précaution d’empêcher le développement de ces croûtes , il arrive quelquefois qu’elles irritent le cuir chevelu, et occasionnent des éruptions qui deviennent par la suite plus ou moins difficiles à guérir. Non seulement ces amas de crasse sont incommodes à l’enfant, et peuvent causer des éruptions accidentelles, mais ils adhèrent si fortement quelquefois au cuir chevelu qu’ils empêchent la pousse des cheveux et étouffent pour ainsi dire leurs bulbes *, et après qu’ils sont t ombés , il n’est point rare de voir des espaces plus ou moins grands entièrement nus ou peu garnis de cheveux. A toutes les fois que j’ai été consulté pour les nouveau-nés , j’ai recommandé aux nourrices de leur nettoyer habituellement la tête avec une brosse douce , et à l’aide d’une éponge ou d’un

linge imbibé d’eau tiède, pour détacher les croûtes quand il paraissait s’en développer. A l’égard de ceux chez qui ces soins auraient été négligés, j’ai toujours insisté pour qu'on leur nettoyât la tète } et l’on y parvient facilement à l’aide de cataplasmes, quand les croûtes ont trop de consistance pour être

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détachées par de simples lotions. Je n’ai jamais vu le plus léger accident survenir à la suite de cette opération : j’engage donc les parais et les nourrices à la pratiquer quand elle devient necessaire.

Si parmi les éruptions du cuir chevelu il en est de critiques, ce sont principalement toutes celles qui se manifestent spontanément pendant l’allaitement : alors toutes sont identiques sous les points de vue principaux. Â l’exception des éruptions qui ne se continuent point, celles qui se manifestent depuis l’époque du sevrage ne sont plus les memes. Les teignes laveuses, muqueuses, deviennent d’autant plus fréquentes que l’enfant s’éloigne moins de la naissance , tandis que les teignes crustacées , furfuracées, amiantacées, sont plus rares, et ne se montrent guère avant la quatrième ou cinquième année. Il arrive souvent que toutes ces espèces d’éruptions se succèdent dans le même ordre, ce qui dénoterait que chacune, prise en particulier, ne tient point à un principe sui generis , mais bien à une cause générale } et que l’éruption qui suit n’est qu’une modification de la précédente.

Si les teignes étaient soumises à un ordre de faits constans , quant à la cause , au développement, aux caractères, à la marche, à la durée, et à leur terminaison, il serait beaucoup plus facile de résoudre le problème qu’établit leur existence, qui est de savoir si ces éruptions sont à l’avantage ou au détriment des individus qui en sont atteints.

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Le fait est que la plupart des en La ns , pendant l’existence des éruptions du cuir chevelu, sont peu sujets aux inflammations aigües ou chroniques des voies digestives , a la coqueluche , a la maladie qu’on nomme carreau , aux engorgemens gianauleux et articulaires, ainsi qu’à ces inflammations sourdes du tissu cellulaire qui se terminent pai des abcès froids. D’après mes propres observations, je suis meme porté à croire que les éruptions du cuir chevelu n’ont pas seulement une influence salutaire pendant leur permanence , mais qu’elles préparent encore une meilleure saute pour 1 avenir. Je n’ai point vu que les teigneux fussent sujets à la phtisie pulmonaire. Au contraire, on peut Sonder quelques craintes pour cette maladie , quand on voit les enfans avec une tête propre, un teint clair

et des traits fins et délicats.

JEu égard au grand nombre d individus qui sont atteint d’éruptions du cuir chevelu, il y en a fort peu qui y succombent. A peine M. Alibert, après une longue expérience , en rapporte-t-il quelques exemples dans son important ouvrage sur les maladies de la peau : ce qui prouve évidemment que les teignes ne sont point des affections essentiellement pernicieuses. Aussi , ce sont moins leurs suites que leur aspect repoussant qui les fait considérer du vulgaire comme des maladies redoutables et

inquiétantes.

Toutes les éruptions du cuir chevel u, même quelque pernicieux que soit leur caractère, ont dans

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leur marche, a dit M. Alibert, un but d’utilité réel, qui est de détourner par îa peau les principes qui surabondent dans l’économie animale , et dont la présence ne pourrait que nuire à la plénitude de ses fonctions organiques. D’accord avec ce célèbre médecin, je ne vois dans les éruptions du cuir chevelu qu’un elfort salutaire des puissances vitales, contre lequel il n’est point toujours prudent d’employer un traitement curatif.

Jusqu’à l’accomplissement de la première dentition, et particulièrement chez les enfans encore à la mamelle, tout traitement devient inutile. La plupart des teignes qui existent alors^ quoique bénignes , se montrent presque toujours opiniâtres, puisqu'on lutte contre une disposition inhérente à l’âge des individus.

Éloi gner les causes locales qui pourraient entretenir celles déjà existantes ou en provoquer de nouvelles , sont presque les seules indications à remplir*, et la propreté devient ici le moyen le plus efficace. Sous tous les rapports, des linges propres renouvelés aussi souvent qu’il en est besoin , sont préférables à toutes les autres applications. Il faut blâmer la coutume de recouvrir la tète des enfans avec des feuilles de bette ou de chou enduites de substances grasses. Ces corps imperméabî es ont le double inconvénient d entretenir trop de chaleur, de ne point absorber les matières ichoreuses qui découlent sans cesse, et dont la présence entretient l’irritation et prolonge indéfiniment îa

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duree des éruptions. Les applications pharmaceutiques doivent être employées avec beaucoup de circonspection; autrement, elles peuvent, en. opérant une guérison prompte, être suivies des plus funestes résultats. C’est surtout pendant toute la période qui précède l’accomplissement de la première dentition que les rétropulsions des différentes éruptions sont dangereuses et faciles à déterminer.

Que les teignes appelées crustacées, porrigineuses , amiantacées , soient primitives ou consécutives, toujours est-il que leur durée, quoique illimitée, dépasse rarement l’époque de la puberté , ainsi qu on l'observe chez beaucoup d'individus à l’égard desquels on n’emploie aucun mode de traitement. La preuve que l’âge seul supprime ces infirmités dégoûtantes, c’est qu’un grand nombre, après avoir été réfractaires a tous les modes de traitement, ont fini par disparaître sans laide d’aucun moyen. Chez les habitans pauvres des campagnes , on voit beaucoup d’enfans avec la tête couverte de croûtes; sans prendre d eux aucun soin, et quoique exposés sans cesse â toutes les injures du temps, il est trèsrare qu’ils soient victimes de ces affections. Bien loin de là , on voit au contraire que ceux qui vont tête nue au soleil et à la pluie, en sont plus tôt délivrés que les autres qui sont assujettis à des soins méthodiques et journaliers.

Je pense que, dans tous les cas , pour guérir sûrement les diverses espèces de teignes , il importe

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beaucoup plus de choisir le temps que les remèdes. Ceux-ci , quelque différais qu’ils soient sous le rapport de leur action respective en général , réussissent toujours lorsqu’ils sont employés en temps opportun; tandis que les spécifiques les plus renommés restent sans succès, s’ils ne sont point appliqués dans un moment favorable. Entre autres faits qui appuient cette assertion , je rapporterai le suivant. Une jeune fille fortement constituée , arrivée à sa seizième année , imparfaitement réglée, portait depuis lage de huit ans une teigne crustacée qui recouvrait toute la partie postérieure de la tête. Lorsque je vis cette malheureuse, il y avait déjà trois ans qu’elle était abandonnée à sa hideuse infirmité, après avoir été soumise à toutes les épreuves de l’art. Ayant détaché les croûtes à l’aide de cataplasmes , je fis doucher la tête matin et soir avec Fhydrosulfure de potasse trèsétendu. Ce traitement continué pendant un mois suffit pour opérer une guérison parfaite , qui depuis plusieurs années se maintient. Le véritable médecin n’insistera jamais sur un mode de traitement quelconque , quand il le verra sans effet sur un individu ; il attendra plus ou moins de temps pour en renouveler Fessai , et finira par triompher de îa maladie.

Dans tous les cas il convient de proscrire les remèdes violens. Dans le traitement des teignes, a dit M. Alibert, tout se réduit à apaiser l’irritation du cuir chevelu et à ramener cet organe à ses con-

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di lions naturelles, en employant les moyens les plus doux. Quand bien même il faudrait un temps plus long pour l'éussir, les vrais médecins savent que les meilleures méthodes thérapeutiques sont moins celles qui guérissent la maladie avecpromptitude que celles qui la terminent méthodiquement et sans danger pour les individus.

Pour donner plus d’importance à notre art, il semblerait que des médecins aient voulu le rendre parfois cruel. On a proposé l’application de la calote comme un moyen sûr de guérir la teigne ; les avantages de cette méthode barbare, comparés à ceux des autres procédés, sont encore un problème. J'ai bien vu des teignes guéries par la calote , mais j’en ai vu d’autres aussi y résister.

Jusqu’alors on n’a point su dire de quelle manière agissait la calote pour opérer la guérison. Le n est assurément pas comme topique*, et je doute que ce soit par l’avulsion des cheveux , comme le prétendent les partisans de ce moyen *, mais bien par le seul fait de la chaleur qu’on porte sur la tête en appliquant les bandelettes qu’on vient d’enduire de galbanum bouillant. Rien de plus digne de compassion que ce que j ai vu dans quelques hôpitaux ou 1’ on traite la teigne par la calote*, les douleurs cruelles qu’occasionnent son application et son enlèvement ne sont point les seules raisons qui devraient en faire proscrire l’usage.

Si ce moyen thérapeutique était infaillible , il

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faudrait être sourd à la voix de l’humanité; mais bien loin de là, l’irritation^ qu’on renouvelle sans cesse , exaspère souvent la maladie au lieu de la guérir. En outre, de pareilles violences exercées sur un point aussi voisin de l’organe de Inintelligence, pourraient bien ne pas être sans quelque influence pernicieuse. Sans rien en conclure, je dirai seulement en passant, que j’ai vu de malheureux teigneux devenir impassibles après un laps de temps d’épreuves , et même braver avec une sorte de courage stupide les tortures qu’on exerçait sur eux , paraître enfin tout-à-fait insensibles et abrutis. Cette considération morale serait donc plus que suffisante pour faire abolir le traitement par la calote.

Bien que les diverses préparations mercurielles ne soient point sans efficacité , je les signale néanmoins comme dangereuses. Les préparations sulfureuses , beaucoup moins actives , sont des remèdes plus sûrs , de même que les différens composés dont l’iode forme la base.

Mais avant toute espèce de traitement , il faut éloigner les circonstances qui entretiennent le mal ou en éloignent la guérison. La démangeaison continuelle qu’occasionnent les éruptions du cuir chevelu porte sans cesse les enfans à se gratter ; et par cette cause mécanique se perpétue indéfiniment une maladie qui disparaîtrait souvent d’elle-même beaucoup plus tôt. La propreté ensuite et les soins d’une mère ou d’une gouvernante intelligente peu-

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vent, dans beaucoup de cas, faire autant que Fart même. En ramollissant les croûtes pour les détacher, et lotionnantla tête avec des décoctions émollientes, l’on parviendra par ces moyens simples, à force de temps, à guérir un grand nombre de teignes.

Bien que la face participe quelquefois aux éruptions de même nature que le cuir chevelu, cependant elles ne sont là que passagères ou de courte durée. Quant aux éruptions idiopathiques de la face, leur caractère en décèle presque toujours Finnocuité ; elles se montrent sous forme de papules, de pustules, de boutons suppurans ou de croûtes muqueuses, dont le développement, la marche et la terminaison ne sont jamais soumis à un ordre de phénomènes réguliers. Le changement de nourrice, de régime, de saison, peut par le fait déterminer des éruptions à la face *, mais , comme en général ces éruptions insolites n entraînent aucun danger à leur suite, il est toujours prudent de les abandonner à elles-mêmes , ou de ne mettre en usage que des moyens de propreté , ou de n avoir recours qu’à des applications douces pour prévenir ou diminuer l’irritation.

Parmi les éruptions de la face il en est cependant qui sont essentiellement pernicieuses et qu’il importe beaucoup de distinguer de celles qui sont purement idiopathiques’, je veux parler des éruptions de nature syphilitique. Quand il s’agit d'établir le diagnostic des unes et des autres , on ne saurait apporter trop de circonspection , puisque

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les indications à remplir sont bien différentes sous tous les rapports.

Ordinairement les éruptions vénériennes ne se présentent point sous la forme de pustules phlogosées, ce sont plutôt des rugosités et des croûtes d’un brun sale, dont le siège le plus frequent est au front; la peau est comme ridée et les sourcils froncés, ce qui donne aux enfans un air soucieux. Sur les différentes parties de la face on voit des taches rousses ou d’un blanc nacré ; le bord des lèvres est squameux, rude au toucher, et n’a plus le rouge vermeil qu’on voit chez les enfans bien portans; l'ensemble de la physionomie a un aspect sombre qui lui donne quelque ressemblance avec celle des vieillards. Ce serait une erreur grave de croire que ces éruptions soient toujours concomitantes d’une maladie constitutionnelle ; elles sont, au contraire, bien plus souvent locales, dues à une contagion immédiate et récente , résultat des baisers indiscrets de certains individus qui se croient permis de caresser tout enfant qui leur plaît.

Quelque opiniâtres que puissent être ces éruptions, je n’ai jamais vu aucun accident fâcheux en avoir été le résultat. Des applications locales m’ont paru toujours suffisantes pour les faire disparaître , croyant même tout traitement spécifique général plus dangereux que profitable.

Les écoulemens muqueux des yeux, des oreilles et du nez existent quelquefois simultanément avec

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les éruptions de la face ou du cuir chevelu, ou bien les uns et les autres se remplacent alternativement. Il ne faut point confondre les écoulemens dépuratoires qui dépendent de congestions passagères vers la tête, auxcpielles les enfans sont sujets^ avec ceux qui sont le résultat d’une inflammation déclarée. Une ophtalmie (i), une otite aiguë, réclament des moyens curatifs, tandis que les simples écoulemens

(i) Je ne sache point qu'aucun auteur ait parlé de l’écoulement des yeux que je signale ici, sur lequel j’appelle toute l’attention des praticiens. Cet écoulement, que je nomme leucosite ( ophtalmie blanche ) , ne s’observe que pendant* les premiers mois qui suivent la naissance. Les yeux sont constamment fermés, il en découle une matière abondante qui a la blancheur et la consistance d’un lait épais. Les premiers faits de ce genre m’avaient porté à soupçonner qu’ils dépendaient d’une affection vénérienne, mais aucune circonstance n’est venue à l’appui de cette opinion. Dans cette espèce d’ophtalmie il n’y a ni rougeur ni gonflement; les paupières et le globe de l’œil paraissent dans l’état naturel. Toute la question se réduit donc à savoir de quelle nature est la matière de l’écoulement. D’après l’inspection physique, je ne pense point qu’elle soit produite par les glandes de Meibomius, mais uniquement par la glande lacrymale; et ce ne serait là qu’une modification du fluide qu’elle sécrète habituellement. Cette opinion est fondée i° sur ce que je n’ai jamais observé cet écoulement qu’avant le temps de la sécrétion des larmes ; 2° qu’il y a homogénéité du fluide morbide, laquelle homogénéité n’existe point dans les cas d’ophtalmie ordinaire, où l’on distingue toujours la matière puriforme des glandes de Meibomius du véritable fluide lacrymal.

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muqueux^ n’exigent d’autres soins que ceux de la propreté.

De tous les écoulemens muqueux qui s’établissent par les différentes voies de la face,, le plus constant, et celui qui peut être considéré tout-à-fait comme dépura toire, est l’espèce de coryza habituel auquel beaucoup d’enfans sont sujets. La sécrétion abondante du mucus nasal est un signe de santé trop certain pour qu’on n’y fasse pas attention. Dans toutes les maladies graves , cette évacuation se supprime, et quand il réparait, il est du plus heureux présage. 11 serait beaucoup à souhaiter que la médecine pût trouver des sternutatoires capables de provoquer la sécrétion de la pituitoire quand il en est besoin, ou de l’entretenir habituellement ; je suis persuadé que cette évacuation serait d’une grande ressource dans certaines maladies, et en préviendrait beaucoup d’autres.

Les glandes du cou, chez les enfans, ne sont pas moins susceptibles de fluxion et d’irritation passagère que les systèmes dermoide et muqueux de la face. Eu égard à l’existence, soit simultanée, soit alternative , de ces différentes affections , toutes tiennent plus à une disposition physiologique qu’à des principes respectifs. Si en se succédant elles s’excluent, ce n’est que par la forme et le mode d’altération, mais non par le fait d’un vice particulier.

Abstraction faite de toute cause essentielle, les engorgemens glanduleux sont, relativement à l’é-

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conomie animale, ce que sont les éruptions du cuir chevelu et de la face : fluxion, inflammation, suppuration, sont les phénomènes qui se succèdent ordinairement. Favoriser, aider la nature dans ses efforts , sont les indications qu’on ne doit point perdre de vue* bannir, dans cette circonstance, tout traitement appelé improprement radical, qui aurait pour but de combattre une diathèse particulière, est la conduite la plus sage et la plus sensée que puisse tenir le médecin } je dirai même que toute application locale est fort inutile quand elle a pour objet de dissoudre , de fondre les engorgemens glanduleux, ou bien d’en hâter la suppuration , qui en est presque toujours le dernier terme.

On amis en question s’il fallait ouvrir les abcès qui sont le résultat des engorgemens glanduleux ; je ne crains point de répondre pour l’affirmative. C est un raisonnement faux, de dire que ce moyen est inutile dès-lors qu’il n’attaque point le mal dans son principe. J’observerai que ce que l’on prend ici pour l’effet d’une maladie constitutionnelle ifest souvent que la maladie même (i). D’ailleurs il y a toujours à craindre la résorption du

( i) Un abcès abandonné à lui-même, quand il ne s’ouvre point spontanément et que la matière morbifique n’est point expulsée entièrement au dehors, il en résulte souvent une diathèse purulente dans toute la force du terme, qui conduit au cachectisme, au dépérissement et à l’émaciation.

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pus, dont on ne peut point calculer les suites ; en outre, les accidens locaux qui résultent d’une ouverture spontanée. Avant que le pus se soit fait jour, il a dénudé quelquefois la peau dans une grande étendue , et la cicatrice qui en résulte est toujours hideuse et large , ce qu’on évite en pratiquant à temps une incision qui ne laisse jamais

Ce n’est point là un paradoxe. Avant de produire les faits , invoquons le raisonnement. Le pus est le produit d’une altération morbide , c’est un corps étranger que la nature tend à pousser au dehors. Or , sa présence est-elle sans action sur l’économie, et sa résorption est-elle innocente ou pernicieuse? C’est comme si l’on demandait si la résorption de quelque produit excrémentiel est sans danger. Nul doute que le pus résorbé, outre ses influences sur l’économie en général, ne devienne cause d’affections locales identiques à celle dont il a été le produit. Je vois encore une jeune femme qui présente un exemple frappant de diathèse purulente. Quoique bien portante auparavant, il y a deux ans, un phlegmon énorme se déclara à la partie interne de l’avant-bras droit, et vint à suppuration : un médecin conseilla à la malade de ne point souffrir qu’on ouvrît l’abcès, espérant que l’ouverture s’établirait naturellement, ce qui n’eut point lieu. Depuis lors cette malheureuse, qui s’est toujours opposée à tout moyen opératoire, a peut-être eu trente abcès sur les différentes parties du corps. Après une fièvre intermittente de longue durée , j’ai ouvert, dans l’espace d’un mois, six abcès sur le même individu. Chez les enfans^ il n’est point rare non plus de voir des abcès se succéder en grand nombre, quand on néglige de donner issue aux premières collections de pus qui se manifestent.

qu’une petite cicatrice linéaire sans changement de couleur à la peau*

Une ouverture spontanée ne laisse échapper que la partie la plus fluide de la matière , tandis que toute la partie albumineuse reste dans le kiste , et entretient sans cesse l’inflammation ; c’est ce qui arrive encore dans le cas de résolution qui est toujours imparfaite. Or, ces considérations sont donc d’une trop grande importance pour ne point donner la préférence au traitement chirurgical sur un traitement d’expectation tout-à-fait systématique. Les faits sont entièrement à l’avantage du premier , tandis que celui-ci n’a d’autres fondemens que des subtilités et un raisonnement dénué de preuves.

Au nombre des maladies de l’enfance dont j’ai à parler ici, je crois devoir en signaler une qui n’a point encore été considérée sous son véritable point de vue, ni parles physiologistes ni parles nosographes : c’est Y cirthritis de croissance , si je puis la nommer ainsi. Assimiler ce phénomène morbide, qu’on peut regarder comme naturel , au rhumatisme articulaire des adultes, serait mal connaître les lois de l’organisation. Dans l’arthritis de croissance il n’y a ni rougeur, ni gonflement, ni chaleur; chez l’adulte, au contraire , ces symptômes locaux sont presque toujours manifestes : c’est ordinairement de huit à douze ans, époque à laquelle les enfans grandissent le plus dans un temps donné, qu’ils sont sujets à cette maladie.

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Tantôt essentielle, alors elle se manifeste spontanément. J’ai yu des enfans se coucher bien portans, être réveillés la nuit par des douleurs dans les articulations, jeter les hauts cris, se trouver dans l’impuissance de remuer un ou plusieurs membres. Les genoux sont plus souvent pris les premiers , ensuite les hanches , les coudes et les poignets. Je n’ai jamais vu l’arthritis essentiel durer plus de 7 à 1 1 jours. J’avoue que la première fois que j’ai eu occasion d’observer l’arthritis de croissance , je crus ne voir là qu’une affection identique avec le rhumatisme articulaire des adultes; et dans l’application des moyens que je jugeais propres à la guérison, j’agis avec toute la sécurité que donne la certitude d’un succès. Mais quel fut mon désappointement quand je vis que les bains, les topiques émolliens et narcotiques , loin de calmer la douleur , ne faisaient que l’exaspérer. Ce ne fut qu’à la cessation complète du mal , et après avoir reconnu que l’enfant avait grandi depuis de deux pouces , dans l’espace de dix à douze jours , que j’eus lieu d’être convaincu que je m’étais mépris sur la véritable nature de la maladie.

L’arthritis de croissance est bien plus souvent encore symptomatique et concomitant de quelques fièvres intermittentes, qu’essentiel. Sa durée est alors subordonnée à celle de la maladie principale. Le vulgaire ne se trompe point entièrement quand il parle de fièvre de croissance. Beaucoup d’enfans, après une fièvre intermittente, dont

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le retour de la pyrexie est toujours marqué par des douleurs articulaires, se trouvent avoir grandi plus ou moins. Quelle que soit même la maladie chez l’enfant de sept à douze ans, elle est le plus souvent suivie de croissance. Naguère j’assistais a l’autopsie d’une enfant de neuf ans, qui avait succombé à une pneumonie. Le médecin qui avait suivi la maladie me dit qu’elle avait été compliquée d’un rhumatisme articulaire aigu, contre lequel toutes les applications les plus sédatives avaient échoué. Je voulus savoir quelle différence il pouvait y avoir entre la grandeur de l’enfant au moment de l’invasion de la maladie et la longueur du cadavre : cette différence paraissait être de plus de deux pouces à l’avantage de celle-ci.

Dans quelque circonstance que se trouvent les individus, je regarde l’arthritis de croissance comme tout-à-fait hors de la portée de nos moyens thérapeutiques. Les émissions sanguines, les applications sédatives ou excitantes que je vois mettre en usage quelquefois , sont au moins inutiles : abandonner la maladie tant que locale à son cours naturel, est la conduite la plus rationnelle à tenir.

Prophylacticj ue .

Four mieux assurer les animaux contre les agens destructeurs qui doivent sans cesse les menacer dans le cours de leur vie , la nature semble avoir voulu

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les éprouver d’abord par des maladies propres à chaque espèce. Tous les individus de ces memes espèces sont à une certaine époque sujets à une ou plusieurs maladies qu’on peut regarder comme naturelles. L’homme ferait-il exception à cette loi générale , serait-il privilégié ? Tout ce qui respire paraît devoir payer son tribut pour avoir le droit de vivre. Cette idée philosophique peut bien être discordante avec la partie spéculative de la science, mais elle n’en reste pas moins une vérité démontrée ; en la constituant en principe il en découle tout naturellement cette question , les différens préservatifs ou les précautions considérées comme tels^, qui éloignent pour toujours ou pour un temps certaines maladies , tournent-elles à l’avantage de l’espèce et à celui de 1 individu ? C’est ce qu’il importerait d examiner.

De toutes les maladies la variole est la seule à laquelle on n ait pu encore opposer un préservatif certain (i). Il est incontestable que depuis la dé-

(i) Quant aux phénomènes locaux , la vaccine et la variole ont des caractères qui les rapprochent tellement , que je serais autorisé à croire que la première n’est qu’une modification de celle-ci, une métamorphose qui s’est opérée parla transplantation. J’ai cherché à insérer le virus varioleux sur une vache , mais sans succès; néanmoins je n’en conclus rien, puisque ces expériences n’ont point été faites dans des circonstances favorables au résultat que je devais en attendre.

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couverte de la vaccine , on ne voit plus ces épidémies désastreuses enlever dans Fespaee de quelques mois la moitié d’une génération , en laissant une grande par tie de l’autre avec de hideuses infirmités. Depuis la vaccine, l’amour n’est plus aussi souvent alarmé ni trompé dans ses espérances ; et la conservation de la beauté , ici , a peut-être contribué autant à l’augmentation de la population que la conservation des individus. D après cela , les effets de la vaccine peuvent donc se réduire à deux objets principaux : l’un qui appartient à la médecine spéculative , qui comprend la conservation de la population et celle de la beauté des individus; et l’autre qui appartient à la médecine physiologique.

Pour ce qui est de la médecine physiologique , voyons de quelle manière agissent la variole et la vaccine considérées abstractivement sur l’individu pris isolément. Ce qu’il y a de bien remarquable , c'est que la plupart des maladies appelées éruptives se rachètent les unes par les autres, mais aucune ne fait plus de frais que la variole. Quand cette maladie a l’initiative^ elle semble retremper le corps de l’individu et le mettre en garde contre une foule d’autres maladies. Ceux qui ont eu la petite vérole sont souvent exempts de la rougeole , moins sujets aux fièvres miliaires et même à toutes les affections herpétiques ; celles-ci, sous le rapport de l’intensité, sont généralement inverses à la première : ces maladies paraissent au contraire plus fréquentes et plus opiniâtres sur un corps

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vierge que sur celui qui porte les stigmates de la variole. Je ne sache point qu’on ait observé que les individus fortement marqués de la petite-vérole, sont en générai d’une santé plus éprouvée que les autres *, il faut donc que cette maladie porte dans toute l’économie des individus qui y échappent , une puissante et salutaire modification.

Ce n’est point après un quart de siècle seulement que l’on peut apprécier à leur juste valeur les effets de la vaccine , considérée sur chaque individu pris isolément, ^affranchissement d’une maladie grave n’est point la seule considération importante pour le médecin, mais il faudrait savoir si tôt ou tard les vaccinés ne paient pas par d’autres maladies, sous le rapport du nombre et de l’intensité , l’exemption de la variole (i). Avant de rien conclure , il conviendrait donc mettre en parallèle un meme nombre de variolés et de vaccinés, suivre leur état de santé habituel , noter exactement les

(i) Dans son intéressant Mémoire sur le ramollissement gélatineux des intestins, M. Cruvelhier demande , en parlant des boutons trouvés par lui sur le colon, dans la même maladie, si c’est par une telle compensation que l’on affranchit les enfans de la variole naturelle. Le ramollissement gélatineux , demande ce savant médecin , que l’on a observé depuis quelque temps , qui n’existe peut-être que depuis que la vaccine est en usage, viendrait-il, avec ou sans complication d’éruption varioleuse intérieure, moissonner le tribut de victimes que la petite-vérole préservait autrefois Sur chaque génération ?

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uns et les autres , et peut-être qu’après vingt ans d’observations, on aurait à fournir des résultats de

la plus haute importance.

La gravité de la variole spontanée , comparée a la bénignité de la variole inoculée, doit faiie icgarder l’inoculation comme une sorte de préservatif; c’est un moyen dont la médecine prophylactique peut tirer quelques avantages, chez les enfans dont les parens sont fortement prévenus contre l’efficacité de la vaccine. Pendant l’épidémie de 1825 qui a régné a Paris, c^est ainsi que j en ai agi dans quelques familles. Je pratique l’inoculation de la même manière que la vaccination, en recueillant le fluide varioleux du cinquième au septième jour de l’éruption; après cette époque comme ce fluide se change en pus , il ne produit souvent qu’une éruption locale de pustules qui ne sont nullement varioleuses.

Aucune découverte utile n’a trouvé autant d’opposans que la vaccine, tant il est vrai que l’empire de l’habitude aveugle souvent les hommes sur leurs plus chers intérêts ; ce qu’il y a de plus étonnant , c’est que des médecins mêmes se soient prononcés contre ce préservatif, moins encore d’après des raisons spécieuses que d apres cette pi evention routinière qui condamne tout ce qui s eloigne du domaine des connaissances vulgaires. Il faut convenir cependant qu’on n’a point envisage la vaccine sous tous les differens points de vue qu’elle présente; le philanthrope ne voit dans cette

maladie qu’un moyen précieux qui exempte des chances périlleuses de la variole ; mais il n’est poin t permis encore au médecin physiologiste de déterminer les modifications que la vaccine opère dans l’idiocrasie des individus qui y sont soumis.

Ayant égard uniquement aux effets immédiats du vaccin, tout porte à croire que son action est doutant plus intense et son efficacité plus certaine que les sujets sont plus jeunes ; si c’est là une opi*nion , elle est du moins déduite de l’observation. Sur vingt sujets de trois mois à trois ans, toutes choses égales d’ailleurs, il y en aura tout au plus deux sur lesquels la vaccine ne prendra pas la première fois} sur le même nombre, de trois à sept ans , il y en aura trois } et de sept à quatorze ans , quatre ou cinq : ce nombre augmente progressivement avec celui des années. La quantité des boutons varioleux semble aussi diminuer avec l’àge des individus, ce qui prouve évidemment qu’il vaut toujours mieux vacciner de la première à la troisième année que plus tard.

La saison a aussi quelque influence sur les effets immédiats de la vaccine , le printemps et l’été sont plus favorables à son insertion que l’automne et l’hiver*, pendant les temps froids l’éruption est plus lente et les boutons plus rares. Ces considérations ne sont donc point sans importance sous le rapport de l’efficatité de la vaccine, qui paraît d’autant plus certaine que les phénomènes patho-

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logiques qui la caractérisent sont plus marques. 11 me suffit d’émettre ici cette opinion, me proposant de la développer autre part.

Le temps auquel il convient de recueillir le vaccin varie du septième au neuvième jour de son insertion. Je préfère la dernière époque : alors les boutons étant plus développes , on recueille le virus plus facilement et en plus grande quantité. Il ne faut point croire, avec quelques praticiens, que le vaccin après le huitième jour ne soit plus bon , ni susceptible de déterminer les effets qu’on en attend ; j’ai vu des individus sur lesquels le vaccin 11’était pas plus avancé au douzième jour qu’il ne l’est ordinairement au huitième, mais ces exceptions ne se voient que durant les saisons froides ; toutefois il ne faut jamais recueillir le vaccin avant que le cercle argente soit bien mar— qué , et que l’areole inflammatoire qui 1 entouie commence à se dessiner.

Pour donner issue au fluide vaccique , je préféré diviser la pellicule argentine par incision que par piqûre 1 l’incision est préférable, en ce que 1 instrument n’attaque point la partie vive du bouton subjacente à la couche dermoïde désorganisée oii réside le germe de la maladie. De cette maniéré on évite de faire saigner le bouton et d occasionner de la douleur. En ne lésant que la partie du deime désorganisée , on ne dérange aucunement 1 ordre des phénomènes morbides qui doivent encore se

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succéder , et dont le complément est peut-être nécessaire pour que l’efficacité de la vaccine soit certaine (i).

Quant à l’insertion du vaccin , je préfère l'incision à la piqûre ; par incision , le fluide en quittant la lancette s’insinue dans la petite plaie et il est plus sûrement absorbé , tandis que par piqûre le fluide est repoussé par les lèvres de la plaie, et les goutelettes de sang qui viennent en même temps délaient le fluide contagieux et empêchent physiquement son introduction , et son absorption ne peut conséquemment s’effectuer.

Voici de quelle manière je procède à l’opération : après avoir chargé îa lancette de vaccin, je divise avec le tranchant de la pointe de l’instrument l’épiderme seulement dans l’étendue d’une ou deux lignes \ je fais une seconde incision perpendiculaire

(i) A quelle époque là vaccine a-t-elle opéré clans l'économie toutes les modifications dont elle est susceptible ? Sans rien en conclure ? voilà ce que j’ai expérimenté : au cinquième jour de l’insertion, j’ai laissé a un enfant la liberté de se gratter, et il a déchiré les boutons de vaccine , les cicatrices cpii en ont été le résultat ne différaient en l ien de celles qui succèdent au bouton d’irritation. L’enfant ayant été vacciné une seconde fois P la vaccine s’est parfaitement développée. J’ai répété la même expérience sur deux autres individus, mais sans succès. Néanmoins je suis autorisé à croire que l’efficacité du vaccin n’est complète que lorsque l’inflammation est arrivée à son summum d’intensité.

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à la première, et ainsi trois petites plaies cruciales à chaque bras , il est bien rare que la vaccination pratiquée de cette manière , reste sans effet } et toujours, sur un même nombre d’individus vaccinés par piqûre ou par incision , l’avantage sera pour celle-ci.

La vaccination de bras à bras ou immédiate est toujours plus sûre que la vaccination médiate ou celle qu’on pratique avec le virus qui a été recueilli plus ou moins de temps avant son insertion. Malgré les plus grandes précautions que l’on prend pour la conservation du vaccin, il paraît que du troisième au quatrième jour il a perdu toutes ses qualités contagieuses, du moins d'après les nombreux essais qui me sont propres. J’aipeine à concevoir que des praticiens aient pu affirmer que les croûtes Cjui résultent du bouton de vaccine conservent quoique desséchées le principe contagieux, et que par leur application immédiate elles peuvent donner lieu aune véritable éruption de boutons vacciques. L’expérience m’a prouvé la fausseté de cette assertion , et même le simple raisonnement suffit pour la faire rejeter , puisque les boutons même à l’état suppurant ne sont plus susceptibles de fournir le véritable principe contagieux.

Est-il besoin de faire précéder ou suivre de quelque régime la vaccination ? Je pense que le plus grand nombre des précautions que prennent quelques praticiens est sans nécessité réelle , et qu’il n’y a que le charlatanisme qui a pu leur donner quel-

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que importance aux yeux du vulgaire. Avant ou pendant l’inoculation du vaccin j’ai toujours laissé les enfans parcourir le cercle de leurs habitudes. Je ne pense point non plus qu’aucune circonstance doive contre-indiquer la vaccination *, beaucoup de médecins cependant ne veulent point ou défendent de vacciner pendant le travail de la dentition , dans les rhumes , les diarrhées, etc. J avoue n avoir jamais eu égard à ces cas maladifs dans 1 état ordinaire ; et dans toutes les conditions de santé j’ai vacciné des enfans sans jamais avoir vu qu il en soit rien résulté à leur détriment.

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