SECONDE ANNÉE
Leçons, deux heures par semaine. Quatre leçons d'une demie-heure chacune, Les élèves dessinent sur l’ardoise et sur le tableau noir; le maître dessine sur le tableau noir. Cartes-modèles pour chaque élève.
SUJETS DES LECONS.—10. On dessine, d’après le tableau noir, des lignes droites et des lignes courbes combinées. 20. Dessin de dictée. 30. Dessin de mémoire. 40. Composition, ou dessin d'invention. Une leçon par semaine dans chaque division,
10. DEssIN A MAIN-LEVÉE.— Explication des lignes courbes; courbe simple décrite d’un point comme centre et faisant, par conséquent, partie
d'un cercle; courbe composée décrite de plusieurs points comme centres, telle que la doucine ou ligne de beauté, Dessin et explication du cercle, de ses parties et de ses divisions, Explication de l’ellipse et de l'ovale. Polygones réguliers et irréguliers. Combinaisons des lignes courbes et des lignes droites pour former des figures géométriques, comme des demicercles sur les côtés d'un triangle équilatéral ou sur ceux d’un carré. Formes de certains objets tels qu'un cerf-volant, une toupie, un œuf, un coquetier, des moulures, où des bordures représentées au moyen de cour bes simples et de lignes droites, Vases, tasses, cruches, verres, pots, rosaces et répétitions radiées. Courbes simples et composées en disposition symétrique sur les côtés opposés d’une ligne droite ou d'un axe. Objets et patrons ordinaires dessinés d'après le tableau noir. Les mêmes objets dessinés d’après les cartes-modèles. Agrandissement (d’après les cartes) et réduction (d’après le tableau noir) des dimensions expliquées et illustrées. Dessin et répétition des formes de feuilles, boutons et fleurs de convention sur des lignes verticales ou sur des lignes horizontales, ou en forme de rosaces autour d’un centre. Courbes composées dans les contours de cruches, vases, ete. Viser à l’aisance et à la rapidité dans le travail. Expliquer et illustrer par des exemples les tangentes avec les courbes, et les courbes avec les lignes droites.
DessiN DE piorée.—Dessiner, à la dictée, des polygones réguliers, le cercle et ses différentes parties suivant des dimensions données, sans copies et sans l’aide du maître au tableau, excepté pour corriger les erreurs quand la leçon est finie. De temps à autre, tracer, à main-levée, des lignes de longueurs déterminées, et des formes régulières de dimensions données, et vérifier au moyen de la règle et de l'échelle. D'autres fois, faire le même travail en se servant de la règle et de l'échelle. Comparaison et analyse des formes géométriques,-—entre le carré et le rhombe, le parallélogramme et le rhomboïde. Illustration et explication des propositions, en comparant une forme à une autre et les nombres entre eux. Dès les premières leçons, dicter à toute la classe une forme simple, par degrés, et la dessiner sur le tableau, à mesure que la description progresse, du commencement à la fin. Lorsque la leçon est terminée, examiner et corriger le travail des élèves, mais à la fin de la lecon seulement, ou au plus deux fois durant la leçon. Enseigner à économiser le temps en travaillant avec la règle et l'échelle.
30. DESSIN DE MÉMOIRE.—Exercices déjà traités sous le titre de dessin à main-levée, dessin de dictée et dessin de composition. Grouper les définitions géométriques, comme les trois positions d’une ligne droite, trois triangles, quatre figures à quatre côtés, le cercle et ses diverses parties ; ou un patron dans lequel on a introduit le cercle ou une de ses parties, l’ovale, ou l’ellipse (le citron) ; ou encore un autre patron composé entièrement de lignes droites. Des vases simples, dont le dessin a préalablement été fait sur le tableau noir, et des rosaces dans lesquelles la répéti sion est simple, sont de bons exemples pour le dessin de mémoire, attendu
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que l'élément de répétition est facile à retenir et que celle-ci remplit l’espace donné. Afin d'exercer la mémoire de l'élève, faites dessiner plusieurs fois de mémoire les mêmes objets. Rafraîchissez sa mémoire en traçant la leçon sur le tableau, corrigeant les fautes de la leçon précédente, avant de répéter la même leçon. Dessinez sur le tableau le contour de quelanes formes simples, celles d'une feuille, d'un citron, d’une pomme, par exemple, et laissez les élèves lei examiner pendant une semaine avant de les leur faire dessiner de mémoire. Lorsque le temps de la leçon est arrivé, couvrez le dessin, et demandez à toute la classe de faire des croquis afin de voir combien il se trouve d'enfants qui ont pu retenir la forme indiquée au tableau. Ceci fait, découvrez le dessin, et que chaque élève examine et corrige d’après l'original. Variez le mode et le sujet des exercices de mémoire.
40. COMPOSITION, OÙ DESSIN D'INVENTION.—Formes géométriques dans lesquelles les lignes courbes: paraissent seules, comme dans le cercle, ou mêlées à des lignes droites, comme dans les quatre-feuilles ou les trèfles sur les côtés d’un carré ou d’un triangle dont le contour détermine la forme dans lequel le dessin est circonscrit ; ou encore l'hexagone ou l'octogone sans détails curvilignes, Employez, comme motifs, des feuilles de plantes, ou des feuilles et des fleurs épanouies répétées, autour du centre de la forme choisie, un nombre de fois pair. Prendre toutes les dimensions à l'échelle, et tracer toutes les lignes droites à la règle. Donner comme motifs de dessin les feuilles les plus simples, telle que ceile du trèfle en forme de cœur, des feuilles, des boutons, ou des fleurs, et indiquer comment les placer dans la forme choisie. Il faut que le maître aide beaucoup l'élève, et il doit le faire avec l'espérance qu'il l’intéressera, gagnera sa confiance et fera naître l'amour de la composition. A certains temps convenables de l'année, le maître se procurera des feuilles et des fleurs naturelles, les placera dans des figures géométriques de manière à les remplir, ces figures ayant préalablement été tracées sur le tableau noir. ÆEpingler les feuilles et les fleurs sur le tableau, ou les y faire adhérer au moyen de mucilage.
REMARQUES GÉNÉRALES A PROPOS DU DESSIN SUR L'ARDOISE DE LA PRE- MIÈRE ET DE LA SECONDE ANNÉES DU COURS PRIMAIRE.
L'enseignement du dessin dans les basses classes des écoles primaires a pour but de réveiller la pensée, de faire naître les idées de la forme; d'apprendre à connaître les noms dont on se sert pour décrire et désigner les lignes et les figures; d’initier à l'alphabet et au vocabulaire du langage de la forme; et, je ne saurais trop le répéter, il ne faut pas, en général, s'attendre à une grande habileté d'exécution et à des connaissances bien exactes de la part de l'élève. Il n'est point bon de forcer trop les élèves à tracer des lignes d’une grande pureté ou des figures très-parfaites seulement par le moyen du dessin à main-levée. Il faut, cependant, dans
les leçons de dictée et de mémoire, leur apprendre à tracer avec la règle une bonne ligne droite ; et on s'apercevra que l'éducation de l'œil et celle de la main obtenues de cette manière serviront beaucoup au dessin à mainlevée, Faites tracer des lignes régulières, peu importe qu'elles soient faibles où fortes, On juge de la qualité d'un dessin plutôt par la manière dont il fait ressortir la vérité d’une définition ou celle d'une forme que par le fini et l'élégance de la représentation qui, à ce point, est d’une importance secondaire. A cette période, on enseigne le dessin pour donner des connaissances aux enfants.
On doit enseigrer les définitions géométriques en les représentant par le dessin et non en s'efforçant de confier à la mémoire les mots qui servent à les décrire. T/idée exacte d'une ligne ou celle d’une forme (comme, par exemple, d'une ligne oblique ou d’un carré) doit venir, dans l’enseignement, aussi bien de ce qu'elle n’est pas que de ce qu'elle est, le dessin se servant de l'œil pour arriver à l'intelligence, comme dans le dessin d’après l’objet. Vient, ensuite, le dessin de la forme, puis les mots qui l’expriment. Une définition traduite en mots est le reflet de l’image qui existe dans l'esprit de l'enfant, mais les paroles ne sauront jamais remplacer cette image. Le savoir se prouve pa: 1e dessin.
Dans la composition et le dessin d'invention, il faut donner à l'élève une certaine somme de jouissance et une complète latitude ; il faut stimuler son courage et l'aider d’une manière généreuse, ne jamais le blâmer. Si vous corrigez Son ouvrage, que ce soit par exception et non trop souvent. N'oubliez pas que l'étude a pour but de préparer ses facultés et de les faire naître sans effort, et non de les soumettre à un exercice pénible, ce qui aura lieu plus tard,
Il faut faire attention à la manière dont les élèves se tiennent lorsqu'ils dessinent, à celle dont ils saisissent leur crayon, quoiqu'il n’y ait cependant aucune position prescrite d’une façon absolue ou qui convienne à tous. Qu'on les laisse libres de tourner l’ardoise comme ils l’entendent ; qu'on les engage même à le faire, afin qu’ils prennent la position la plus facile pour dessiner chaque partie d’une leçon. Il ne faut noint que le crayon soit plus court que la paume et les doigts de la main de l'élève : la pointe doit toujours en être très-fine afin que l'œil puisse en suivre la trace pendant le travail. Afin que la tête soit plus libre et que l’œil puisse tout embrasser d'un regard, il doit y avoir un pied de distance entre l’ardoise et la tête de l'élève.
Si la figure que l'on se propose de dessiner est symétrique, il faut d’abord tracer la ligne verticale du centre, et, règle générale, tracer ensuite les lignes les plus longues et les plus importantes au point de vue de la construction, et, finalement, celles qui déterminent la forme. Tout dessin doit avoir au moins quatre ou six pouces de hauteur ou de largeur, et doit être aussi grand que l’ardoise le permettra. Ilne faut pas oublier que la moyenne de l’âge et de l'intelligence des classes varie suivant les individus dans chaque classe, selon les occasions et les circonstances. Il faut
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donc que le maître arrête un programme qui convienne aux classes aussi bien qu'aux individus qui les composent, qu'il s'efforce d'atteindre le but proposé, dût-il n'y pas réussir, [ne faut pas oublier que l’on enseigne le dessin aux enfants en si bas âge dins le but de les instruire en faisant
appel à leurs sens qui sont chez eux: aussi bien développés que chez les
personnes plus âgées, et non dans celui d'obtenir d'eux cette adresse et cette exactitude qui sont du ressort des facultés élevées de la perception et du raisonnement. Pour que le desxin soit profitable, il faut le mettre, dans les cours primaires, sur le même pied, quant à l'exécution, que la lecture et l'écriture, Quant au temps à consacrer à cette matière, il devrait être le même que pour la numération et les premières leçons d’arithmétique, On apprend les noms des lettres de l’alphabet et ceux des nombres, et on les distingue en en reproduisant la forme, quelque part. I doit en être de même de la lecture et de l'écriture, et c'est à l’école primaire que ce travail se fait ordinairement. La même chose a lieu à propos des éléments ou de l'alphabet du dessin, de la ligne droite et de la ligne courbe et des noms qu'on leur donne, soit lorsqu'elles sont seules, soit lorsqu'elles sont combinées. [Il ne faut jamais démoraliser l'élève : au contraire, on doit l’encourager, l'aider, le mettre à l'aise, et faire naître chez lui le désir de connaître davantage et de jouir à un plus haut degré du fruit de ses études. Il doit en être comme des enfants auxquels on ‘aconterait une histoire remplie d'intérêt et qui, à mesure qu'elle se déroule, seraient de plus en plus anxieux de la voir se continuer atin d'en
connaître le dénoument, plutôt que de la voir arrêtée au milieu ou interrompue au moment le plus intéressant,