‹ Education technique et enseignement du dessin industriel dans les écoles publiques [microforme]Chapitre 34 sur 42 · NEUVIÈME ANNÉE · texte numérisé non relu

NEUVIÈME ANNÉE

Une heure et demie par semaine. Deux leçons de trois-quarts d'heure chacune. Les élèves dessinent sur le papier et sur le tableau noir; le maître dessine sur le tableau noir.

Sujets des leçons.—1. Analyse à main-levée de l’ornement et de la forme des plantes. 2. Composition appliquée aux surfaces planes. 3. Modèle et objet dessinés d’après le solide. 4. Perspective parallèle et angulaire,

10. ANALYSE A MAIN-LEVÉE.—Voyez de nouveau et comparez l’ornement historique déjà dessiné: premièrement, celui des trois styles anciens, l'égyptien, le grec et le romain, trois ou quatre exemples sur une page ; secondement, celui des trois styles du moyen-âge, le byzantin, le gothique

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et le mauresque, trois dessins, un exeriple dans chaque style, sur une page. Pour la forme des plantes, faites une analyse botanique d’une plante qui croît, telle que celle d'une fleur d'après nature; montrez la feuille, le bouton et la fleur naturels, et leur traitement conventionnel pour les fins de la composition, [mitez la nature dans l’arrangement des feuilles sur la tige qui tantôt alternent et tantôt sont vis-à-vis les unes des autres. Servez-vous du crayon ou de la plume et de l'encre pour faire ces études, et indiquez, par le moyen de hachures, le relief ou la rondebosse des objets. On peut prendre pour sujets les plantes que l’on rencontre ordinairement dans les classes, ou encore, quand il ne s’en trouve pas dans l'école, on peut emprunter, pour cet exercice, quelques plantes croissant dans des pots. Une partie de la plante, comme une tige ou une branche, assez pour montrer le caractère de la plante et son développement, suffit pour un exercice.

20. DESSIN APPLIQUÉ.—Mettez en pratique les préceptes déjà énoncés touchant la composition et l'arrangement de la forme en décorant quelqu'objet d'utilité, ayant soin de choisir ceux qui n’ont, pour ornement, aucune forme en relief ou en ronde-bosse, tels que tapisserie, couverts de livres, tuiles à l’encaustique, etc. Comme motifs de composition, empruntez à la plante la forme analysée dans le dessin à main-levée. Si, comme motifs, on se sert d'objets tels que vases ou articles de poterie, on peut employer les moulures et les bordures des anciens styles en bandes horizontales, comme dans les vases étrusques. On peut choisir, comme sujets, des patrons de tuiles ou des dessins de dentelles et d’indiennes, et chaque élève devra choisir lui-même ce qui lui ccavient. Faire, au moyen de demi-tons de différents degrés, selon le sujet, ia distinction entre l’ornement et le fond du dessin. Faire le dessin aussi grand que l'objet qu'il doit représenter, ou simplement reproduire le dessin si l'on choisit une tapisserie, une indienne ou d’autres sujets semblables. On peut s'attendre que chaque élève fera, dans chaque semestre, deux bons dessins, mais on doit en exiger au moins un de chacun des élèves durant ce laps de temps.

30, MopèLes ET oBJEeTs.—Les études dans cette branche seront entièrement d’après le solide. Groupes de deux, trois, ou un plus grand nombre de modèles, tels qu'une plinthe (rectangle, hexagone ou circulaire) un vase ou un pot d'ornement, et un cadre ou anneau, (des cadres carrés, triangulaires, pentagones ou hexagones, ou un cercle); ou groupes se composant d’un cube ou d'un bloc oblong, d'un prisme (triangulaire, rectangle ou hexagone) et une forme cylindrique, comme un cylindre ou un cône, ou un objet ressortant de ces formes. Appliquer une demi-teinte pour simuler un solide ou la bosse. N'essayez point d’ombrer d'une manière soignée. On peut adopter, comme sujets, des feuilles naturelles, des fruits, ou d’autres objets qui se trouvent dans la classe, si chaque élève peut les appercevoir distinctement et à une distance convenable de l'œil. Dessinez plus nettement les parties des objets qui sont plus rapprochées de votre

œil et moins clairement celles qui en sont plus éloignées, afin de produire un effet de rondeur et d’éloignement. La croix double et le squelette d’un cube pour les formes géométriques simples. Avec les modèles, dessinez un objet ordinaire quelconque qui formera groupe avec eux et créera de l'intérêt ou de la variété, ou dessinez quelque bel objet que le maître peut avoir sous la main ou qu’il peut se procurer. Le

4. PERSPECTIVE PARALEÈLE ET ANGULAIRE.—(a) Perspective parallèle. Expliquer le phénomène de la perspective en attirant l'attention de l'élève sur les effets frappants de perspective tels qu'apperçus par l’œil, comme dans une rangée de maisons, de réverbères, une vue d’une rue, etc. Manière scientifique de représenter ces effets sur un plan vertical, appelé plan du tableau ou de délinéation. ÆExpliquez ce que veulent dire les expressions ‘terrain ” et ‘ plan du tableau ” ; les lignes dont on fait usage, “ligne d'horizon,” ‘ligne de direction,” “ligne du tableau ”’; les points tels que ‘“ point de vue ” ou “centre de vision,” ‘“ point de fuite,” ‘ point de distance,” “œil du spectateur ”, “ point de mesurage.” Expliquez la différence entre un dessin géométral et une vue en perspective par diférentes esquisses, de forme rectangle, d’abord, comme dans une course d'escalier, et, en second lieu, de forme circulaire, comme dans une tasse et une soucoupe, ou par un cube et un cylindre, Donnez des explications sur les échelles dont on se sert en perspective, celles d’un demi-pouce, d’un tiers de pouce, d’un quart ou d’un huitième de: pouce au pied en grandeur réelle. Enseignez comment trouver le point dit ‘ œil du spectateur ” et le point de distance; et à quoi ce dernier sert pour trouver les points de mesurage dans la perspective parallèle; la manière de mesurer la hauteur en perspective des objets sur la ligne verticale. Faites la comparaison entre ce procédé et ce que l'œil voit réellement dans la diminution régulière apparente en hauteur d’une rangée de réverbères qui s’éloignent de l'œil du spectateur. Faire des diagrammes des figures et solides suivants, savoir: le carré, le cube, un bloc oblong (parallélipipède), une pyramide rectangle, une plinthe, un plancher de tuiles carrées, l’intérieur d’une chambre, un prisme et une pyramide hexagones, un prisme triangulaire, 10. horizontal, 20. vertical; un cylindre, 10. l'axe à angles droits avec le tableau, 20. l’axe parallèle au tableau. Axiomes à démontrer: lo. les lignes parallèles paraissent, en s’éloignant, converger en un point appelé point de fuite; 20. les lignes parallèles au tableau n’ont pas de point de fuite; 30. un cercle vu obliquement à son plan prend la forme d’une ellipse. Usage d’un point de fuite,

(b) Perspective angulaire— Usage de deux points de fuite. Manière de trouver les points de fuite des lignes horizontales à un angle quelconque du tableau. Manière de trouver le point de mesurage d’une ligne fuyante à un point quelconque. Enoncez les règles : expliquez-les par des diagrammes; faites-en l'application dans des problèmes de perspective. Répétez et expliquez-les à chaque nouvel exercise. Expliquez com-

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ment mesurer la hauteur perspective d’un solide et sur de simples lignes verticales élevées sur un plan hori-ontal. Tracez une ligne placée sur le plan horizontal dans la perspective et formant un angle avec le tableau; trouvez son point de fuite et son point principal, l'angle qu’elle décrit avec le tableau, et mesurez-en la longueur, Répétez cet exercise sur des lignes à différents angles. Sujets de diagrammes, — les mêmes que ceux dont on a parlé pour la perspective parallèle, avec variantes propres à illustrer les principes énoncés, et usage de deux points de fuite. Appliquez à certains objets la méthode employée pour obtenir des vues perspectives de solides géométriques réguliers, comme à des tables ou à des chaises de forme simple, à des boîtes ou à des livres, et dessinez-les d’après les dimensions des diagrammes faits à l'échelle, Esquissez à main-levée, sur le tableau noir, tous les objets à dessiner en perspective, et exigez des élèves qu'ils fassent le même travail sur l’ardoise ou sur le papier, aussi à main-levée, avant de jeter le solide ou l’objet en perspective. Faites comprendre clairement et exactement le travail qu’il faut faire avant d'entreprendre de l’exécuter au moyen des règles, Expliquez le caractère des lignes dont on se sert en perspective, et la diftérence entre les lignes qui servent à faire le travail et celles qui en sont le résultat, entre les lignes d’un dessin mis au net et celles qui doivent disparaître. Usage de la ligne de tableau élevée; ligne des hauteurs. Appliquez une demi-teinte en lignes parallèles sur l’un des côtés des solides, On placera toujours les solides devant la classe pour les dessiner en perspective; on verra ainsi quels côtés sont visibles et quels sont cachés,'et le dessin traduira ce que l'œil voit et indiquera ce qu'il n’apperçoit pas. Indiquer clairement, par des lettres, les noms des points et des lignes, tels que les points de fuite et les points de mesurage, les lignes d'horizon et celles du tableau, comme on les aura trouvés. Expliquez clairement la distinction entre l'usage des points de fuite et des points de mesurage en en faisant de nouveau l'application sur des problèmes à titres d'exercices. Faire, de temps à autre, des dessins de mémoire pour rendre cette distinction plus frappante. Expliquez souvent la signification du travail à l'échelle. Faites la comparaison entre le dessin géométrique et de perspective, et la grammaire dans l’enseignement du langage, —une grammaire du langage universel et invariable de la forme, qui n’est affectée ni par les lieux, ni par la nationalité, ni par la mutabilité. Il faut avoir des idées générales et exactes avant de pouvoir les exprimer par des lignes. (Celui qui pense juste, comme conséquence, dessine bien, et un dessin correct peut induire ceux qui l’examinent à se former des idées justes. En contrôlant la cause, on est sûr du résultat. Dans le domaine de l’art créateur ou de représentation, le phénomène de l'accident n'existe pas.

EMARQUES (TÉNÉRALES,

Dans les notes et les avis relatifs à chaque matière, et pour différentes années de ce cours, j'ai essayé d’être complet lorsque le sujet à traiter a d'abord été soumis où lorsqu'il devenait à propos de donner des renseignements détaillés. Aïnsi, pour le cours primaire et celui de haute éducation, les avis sont plus développés que pour les travaux à faire dans les écoles de grammaire, excepté peut-être pour ceux de la dernière année pendant laquelle on se livre à des études nouvelles qui exigent des expli- ‘ations complètes. Les instituteurs qui auront à suivre ce plan d’enseignement, feraient bien de se rendre familiers avec ses développements, en le voyant opérer dans tous ses degrés depuis le commencement jusqu'à la fin, tels que détaillés dans ce rapport. Il n’est pas nécessaire de répéter, à chaque degré et à chaque classe, ce qui a déjà été dit à propos des classes antérieures et que le maître peut retrouver lui-même pour sa propre classe ; car, quoiqu'il soit difficile d'éviter les redites, comme, par exemple, en faisant la description des examens, etc., je sens bien que plus la répétition se renouvelle, plus l'intérêt diminue,

Dans les basses classes, le dessin a généralement été enseigné d’une manière admirable quand les instituteurs eux-mêmes avaient été formés ; et, dans toutes les branches, excepté peut-être dans celle du dessin d’après l’objet, la plus grande difficulté vient toujours de ce que les maîtres sont trop avancés par rapport à l'élève dont les facultés d'exécution manuelle ne sont pas assez mûries. Le maître ne pardonne pas assez les erreurs d'exécution chez les élèves encore novices; il ne sait pas assez reconnaître les progrès et les véritables capacités des élèves, ni ce qu’un travail pénible peut avoir fait disparaître de leur esprit ou ce dont il l’aura enrichi. Il ne tient pas non plus assez compte des idées nouvelles que l'étude a fait naître, des horizons nouveaux qu’elle a ouverts, des observations imparfaites et défectueuses qu’elle a corrigées. Au sujet de l’enseignement du dessin élémentaire et de l'emploi convenable des moyens mécaniques, de la vérification et du mesurage dans le dessin à main-levée, il y a tant d'opinions différentes, et il y à un tel besoin de direction, que nous allons nous occrper de ces deux points. On demande fréquemment :—Comment doit-on donner les leçons de dessin ? Voici la réponse à cette question.

Le maître donne à chaque élève un morceau de papier sur lequel ce dernier trace une esquisse du sujet de la leçon, et il doit dicter une figure de géométrie dans laquelle le dessin sera contenu. Il faut, ensuite, dessiner, sur une grande échelle, au tableau noir, le sujet du dessin, consistant en feuilles, ou en feuilles et fleurs. Le maître doit tout expliquer au long, et les élèves doivent copier les formes sur leurs morceaux de papier. Il faut leur permettre d’emporter avec eux ces mémoires, leur demander de faire une composition pendant la semaine suivante et de l’appurter à l'école le jour de la 1eçon de dessin. Le maître doit examiner ces produc-

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tions avec soin, et laisser les élèves qui ont fait de bons morceaux, les coucher sur leurs cahiers, Les travaux mal réussis et qui sont susceptibles de beaucoup d'amélioration en y apportant des changements, doivent être soumis à la critique, et l'élève, scus la direction du maître, doit en faire disparaître les défectuosités, Aussitôt que ces copies corrigées seront aussi parfaites qu'on puisse raisonnabiement l'exiger d'un enfant, il faut les reporter dans les cahiers,

Tout instituteur saisira aisément la raison pour laquelle on doit accorder à l'élève une semaine pour réfléchir sur le dessin qu'il doit créer, On n'improvise pas un beau dessin à des heures données : ce travail exige du temps et de la réflexion atin de combiner des idées et faire des expériences, de bâtir un tout complet au moyen d'efforts réitérés et d'observations nouvelles. Tout cela est possible dans le laps d'une semaine, et un travail de ce genre n'est plus une tâche pénible pour l'enfant; c'est, au contraire, une manière agréable d'employer son temps. .

Au risque de tomber dans les redites que j'ai déjà eu l'occasion de déplorer mais, dans l'espérance de mettre finalement au jour quelques idées précises sur un sujet qui n'est pas tout-à-fait nouveau, je vais dire encore quelque chose touchant l’usage de la règle et à propos du mesurage.

Dans le dessin à main-levée, il faut habituer l'élève à tracer des lignes droites sans le secours de la règle, et à décrire des circonférences sans compas ; mais lorsque la main a fait de son mieux sous l'inspiration de l'œil, il faut toujours soumettre son travail à une vérification mécanique, la seule à laquelle on puisse réellement se fier.

Si vous voulez habituer les élèves à travailler avec exactitude, faitesleur toujours corriger leur ouvrage par degrés: ne laissez jamais passer un faux mesurage. Ils apprendront ainsi qu'il ne leur sert de rien de livrer un travail qui devra leur revenir pour le corriger de nouveau. En résultat, les élèves sauront bien vite qu'il leur importe de travailler correctement dès le commencement.

Sous ce rapport, nous devons nous guider beaucoup sur ce que les artistes, les mécaniciens et les dessinateurs de profession font eux-mêmes. Quelqu'exercés que soient leurs yeux, ils ne comptent jamais exclusivement sur eux quand il s’agit d'exprimer une vérité géométrique. Je ne permettrais jamais à un enfant qui pourrait tracer convenablement une ligne droite, de l'indiquer au moyen de la règle avant de la tracer à mainlevée; cependant, j'exigerais toujours que cette ligne fût véritiée et corrigée afin, qu’en dernier résultat, on eût une ligne réellement droite. Ceci s'applique encore au dessin d'après l'objet. Un bon dessinateur n'a pas besoin de la règle: c'est même pour lui une incommodité ; cela vient de ce qu'il a l’œil assez exercé pour pouvoir s'en rapporter à cet organe dans tous les ouvrages à main-levée. Mais lorsqu'il s'agit d'exactitude parfaite, il est obligé d’y recourir, et de corriger l’imperfection de son travail par une preuve infaillible. Je prétends donc qu'on ne doit pas enlever aux

jeunes enfants ce moyen de vérifier leur ouvrage, puisque les dessinateurs de profession et instruits y ont eux-mêmes recours pour rendre leur propre travail utile à l'industrie.

Les noms des couleurs, leurs caractères premiers et leurs composés formeront le sujet d’un chapitre spécial; mais on peut à propos en dire quelque chose au sujet des leçons sur la forme,

Les termes couleurs primitives, secondaires et tertiaires, le résultat du mélange des couleurs primitives et secondaires, les noms ordinaires et artistiques donnés aux nuances, aux teintes et aux ombres des trois différents degrés de couleurs, les couleurs et les teintes complémentaires et d'harmonie, ainsi que les renseignements touchant les proportions à observer dans la distribution de la surface pour former un tout agréable à

l’œil, sont toutes des choses qu'il faut expliquer, dans toutes les classes, à l’aide de diagrammes,

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