‹ Education technique et enseignement du dessin industriel dans les écoles publiques [microforme]Chapitre 4 sur 42 · SUR LE · texte numérisé non relu

SUR LE

fusion S prologue, DONNE AUX ELEVES DE L'ECOLE NORMALE-LAVAL, LE ler DE MAI, 1882. ns les force rté et Le conférencier fut présenté aux élèves par le Supérieur de l’école, uyent L'hon. G, Ouimet avait, dans ce but, fait les arrangements nécessaires. hauts M. Stevenson, secrétaire du Conseil des arts et métiers, aceompagnait le vtour, professeur et représentait, dans cette circonstance, le Gouvernement avec et la l'autorisation duquel M. Smith était venu en cette Province. dégé- Le professeur WALTER SurrH, s'adressant à son auditoire, s'exprima en pport ces ‘armes :

Ur où Candiens-Français ! en me présentant devant vous, j'éprouve un double * leur sentiment résultant de l'honneur que l'on m’accorde et de l'embarras duns 26 1er lequel je me trouve. En effet, quoique, dans ma jeunesse, j'aie résidé en France et souvent parlé français, je ne puis, en ce jour, vous adresser la

+ Pro- parole dans la langue française: ayant cessé de la parler pendant une breux longue suite d'années, j'en ai perdu l'habitude. Force m'est donc de me Insti- “abattre sur celle qui, pour moi, est ma langue de naissance, ma langue ilier ; maternelle, ma langue anglaise. Vous m'excuserez donc de ne pouvoir OURe vous entretenir en votre propre langue, mais je parlerai avec une telle ation, lenteur que vous tous, qui avez étudié l'anglais, ne saurez manquer de Jour: me comprendre.

è que Vous vous destinez à l’enseignement, et c'est pour cette raison que vous ande | êtes ici, Former la génération prochaine et plusieurs de celles qui la ter à suivront, façonner leur esprit, voilà une terrible responsabilité! Je rest qui pecte la profession de l’instituteur, et je soutiens que de toutes les occu-

pations auxquelles vous pouvez être appelés, il n’en est pas de vlus élevée. L'instituteur conduit les hommes, il forme l'esprit de plusieurs générations à venir,

Il y a plusieurs sortes d'instituteurs. L'ecclésiastique est le premier, puis vient l’auteur, celui qui écrit des livres ; ce sont eux qui enseignent à tous les hommes, depuis le berceau jusqu'à la tombe. Le maître d'école

qui se dévoue à la jeunesse, est aussi un instituteur, un chef, un guide, un conseiller et un ami, Tels vous pouvez espérer devenir si vous vous attachez fermement et fidèlement au grand modèle qui vous a été donné par le grand instituteur, le Fils de Dieu, qui, dans ce monde, s’est fait l'instituteur du genre humain.

Ayant moi-même voué mon existence à l'enseignement, je désire vous faire comprendre combien est digne et importante la carrière de l’instituteur, non au point de vue du succès tel qu'on le considère généralement, car aucun instituteur n’a jamais été riche, n'a jamais regorgé des biens d'ici-baes, Celui qui embrasse l'état d’instituteur se condamne à une vie de pauvreté, de labeur et d’obscurité ; il est soumis-au caprice des hommes politiques et de ceux qui ambitionnent les luttes du forum ; il s'expose à être mal compris et faussement représenté, à mourir et être enterré dans le silence et l'oubli. Ce tableau n’est certainement pas de nature à encourager ceux qui sont doués de talents de premier ordre; il peut cependant arriver qu'il y ait quelqu'un parmi vous, élèves de cette école, qui sera un jour le premier ministre du Canada.

Compagnons d'études, il y a, dans la carrière de l’enseignement, des récompenses et des compensations que l’église connait; que les hommes d’abnégation, soit du clergé ou de la vie séculière, connaissent, et que vous ignorez, à cause de votre jeunesse; vous les ignorerez jusqu'à ce que le travail dans le champ de l'éducation vous ait ouvert les yeux et vous ait accordé la véritable et glorieuse vision des serviteurs de Dieu.

Instituteur moi-même, je m'adresse à vous qui devez le devenir : soyez les bienvenus dans cette carrière, et rappelez-vous que vocation veut dire appel, quelque chose à quoi vous êtes appelés. Les petites âmes de notre siècle n’ont pas rehaussé l’état de l’instituteur en lui donnant le titre de profession comme on le fait pour l'avocat, le médecin, le militaire ; elles l'ont simplement désigné sous l'appellation de vocation, où métier. Consolons-nous entre nous de ce que profession, de nos jours, veut dire une carrière où l’on promet de grandes choses et où on ne fait pas autant qu'on désirerait; tandis qu'une vocation est un état où ceux qui sont attentifs à la voix qui les appelle, ne cessent d’y répondre, en dépit de l'obscurité, de l'indigence et de l'oubli qu'elle entraîne avec elle.

J'ai du respect pour l’état de l’instituteur, et je l'ai moi-même embrassé de préférence à d’autres où j'aurais pu acquérir des richesses de ce monde et les distinctions qui en résultent, si j'eusse placé les gloires d’un jour audessus de cette autre récompense à laquelle j'ai déjà fait allusion, et que vous ne pourrez jamais connaître ni obtenir à moins de l'avoir gagnée,

Je vais, maintenant, entrer dans mon sujet, celui de l’enseignement des éléments de l’art dans nos écoles publiques. Je dirai, à ce propos, quelques mots sur la manière dont il faut s’y prendre pour obtenir les meilleurs résultats possibles. Vos études terminées dans cette institution, vous aurez à enseigner le dessin, bien ou mal, dans les écoles qui vous seront confiées : ce sera une partie de votre tâche, Remarquez bien que j'emploie le mot

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étude, non celui d'éducation, car l'éducation commence au berceau et finit à la tombe, sans hésitation, sans arrêt; tandis qu'au contraire, vos études professionnelles ou celles qui sont propres à l'état que vous devez embrasser, commencent, pour vous, dans cette école, et se terminent, au point vue technique, lorsque vous sortez d'ici pour devenir vos maîtres,

Le dessin est le reflet de ce que les se1s ressentent et peuvent exprimer. C’est une critique faite par nous-mêmes de nos propres perceptions, la preuve des aptitudes de l’homme à concevoir. C- n'est point à de l’art, pas plus que la lecture et l'écriture ne sont de la littérature. Lire et écrire, en effet, constituent un langage qui vous permet de dire quelque chose, si vous avez quelque chose à dire.

De même que vous pouvez apprendre à lire et à écrire sans devenir auteurs, vous pouvez aussi apprendre à dessiner sans devenir artistes. Cependant, les connaissances que vous aurez acquises du langage et de l’art pourront vous être précieuses: on va même jusqu'à croire que l'éducation, en matière de langage et d'art, tend à rendre l’homme heureux et prospère. L'éducation ne se compose pas seulement des connaissances que l’instruction procure, mais encore du développement que le travail ajoute aux dons de notre nature; c'est ainsi que l'œil qui voit, l'oreille qui entend, et la main qui touche servent à développer l'éducation de l'homme : il est vrai, si l’on en croit une grande autorité, qu’il y a des yeux qui ne voient pas, des oreilles qui n'entendent pas et des mains dont le toucher n'éprouve aucune sensation.

Les sens reçoivent les impressions chez l'enfant: ce sont eux qui portent à l’âme les renseignements extérieurs; ce sont les intermédiaires par lesquels les connaissances du monde extérieur se transmettent, du monde matériel situé au dehors, au monde spirituel existant au dedans de nousmêmes,

Chez aucune créature humaine, les sens ne sont aussi sensibles que chez l'enfant ; ils sont, à cet âge, les serviteurs fidèles de l'âme ; ils existent alors à l’état de développement sain avant que la raison n'ait assumé le contrôle de notre existence et remplacent la raison qui n’a pas encore établi son empire.

C’est par le sens de la vue et du toucher que le dessin s'adresse à l'intelligence. Le dessin attire notre attention sur les phénomènes et les beautés du monde physique, et sur la grande et mystérieuse cause première qui se dérobe derrière leurs traits caractéristiques. Ce qui développe notre perception du vrai et du beau doit être bon et sacré, et l’art est la mesure de notre perception du vrai et de notre compréhension du beau, tant dans le domaine de la nature et de la forme que dans cet autre vaste royaume où nous devons tous nous agiter, celui de la société et de la ponsée.

Nous apprencns par le moyen des sens. L'enfant exerce constamment les siens et il acquiert, par là, des connaissances sur lesquelles il établit

solidement les bases de l'expérience qui sert à guider sa raison, L'heureux

exercice des inappréciables sens de la vue et du toucher, par l'observation de la forme et de la couleur des objets, ainsi que du détail de leurs traits physiques, par le dessin, est le moyen employé par la nature elle-même pour nous instruire et devrait faire partie de tous les systèmes d'éducation.

Dans l'étude du dessin, afin de rendre notre travail exact et fidèle, nous apprenons à nous servir des instruments de précision, parce que des intérêts matériels sont liés au probléme de l'exactitude et de la vérité dans la combinaison des projets et la manière de les traduire. Songez un moment à la sécurité que doit offrir un pont dont le plan est indiqué par des dessins, et aux dangers qui peuvent naître du défaut d'exactitude et de soin; songez aussi à ces machines faites pour économiser le temps et le travail de l’homme et prolonger par là son existence: leur mérite réside dans la plus grande somme possible d’exactitude qui a présidé à leur construction, dans leur perfection mathématique.

Considérant la science comme le serviteur fidèle de nos nécessités physiques, le guide constant et sûr qui nous précède dans le monde des faits nous enseignons l'usage des instruments tels que la règle, l'échelle et le compas, afin de donner aux élèves, dans la recherche de cet élément du vrai, la véritable cief de l'art industriel. C’est pour cette ‘aison aussi que nous étudions et mettons en pratique le dessin géométrique, celui des surfaces et des solides, de même que celui de la perspective qui, pour l'œil, en est interprète. Nous donnons, en outre, des ‘eçons de dessin à main-Jlevée, sans le secours de moyens mécaniques ou scientifiques, afin que l’oil s'habitue à voir par la faculté de vision aussi bien que par le sens de la vue, et que la main s’habitue à tracer, avec toute la facilité que l’exercice peut lui faire acquérir; afin, aussi, que les deux sens travaillant de concert puissent, s’il est possible, devenir les messagers du Grand Artisan dont l'œil voit et dont la main dirige ce monde où nous respirons.

Etudiez l’art du dessin pour le plaisir de votre propre existence, et afin de devenir vous-mèmes de bons professeurs, Tracez sur le tableau noir chaque leçon que vous donnerez, car le tableau noir est au dessin ce que la machine à vapeur est à l'industrie.

En enseignant le dessin, certains instituteurs négligent l'usage du tableau sous prétexte qu'ils ne peuvent point dessiner assez correctement. C'est là une manière éminemment illogique et sotte d'envisager la question. Autant vaudrait dire que vous re mettrez pas les pieds dans l’eau avant d’avoir appris à nager, Quel raisonnement insensé! De même qu'il faut se mettre à l’eau pour apprendre à nager, de même aussi faut-il, soit comme élève ou comme instituteur, dessiner au tableau pour apprendre le dessin et pouvoir l’enseigner.

Les Français disent que: “ pour devenir forgeron, il faut forger ;”” ce proverbe s'applique à toutes les branches de l’activité humaine. Pour apprendre à bien dessiner, il faut dessiner; pour apprendre à bien enseigner, il faut enseigner. Il faut dessiner longtemps et beaucoup sur le tableau noir avant de pouvoir enseigner d’une manière vraiment efficace, ou

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même de pouvoir se faire bien comprendre, par le langage de la forme, dans le domaine de la pensée et de l'esprit humain. Mais l'enseignement rationnel exige que l’on aille de l'objet à la pensée, que ia véritable idée soit le résultat de l'observation et de l'analyse de la chose elle-même L'idée doit toujours précéder l’œuvre : la conception doit venir avant l'exécution, être l’avant-coureur du fait.

Quand vous dessinez d’après l'objet, si c:la est possible, ayez-le toujours devant vous et devant vos élèves, et, dans les commencements, choisissez les choses avec lesquelles ils sont faroilidis.

Voici quelques échantillons d'une véritable utilité et dont vous pourrez faire usage lorsque vous commencerez à étudier le dessin d'après l’objet, Ils nous montrent la base géométrique du travail de la nature, le mode simple qu'elle suit dans toutes ses opérations. La sphère, forme qui ne change jamais, qu'on l’examine comme on voudra, est le modèle de cette orange : c’est la forme à laquelle cette dernière ressemble le plus, autant qu'une forme irrégulière peut ressembler à ce qui est régulier; de tous les solides géométriques, cette pomme est aussi ce qui approche le plus de l'apparence de la sphère. Toutes deux pourront différer de la sphère par certains caractères propres que vous découvrirez en les comparant avec elle.

Voici encore deux objets ordinaires, un fruit et un légume, un citron et une patate : remarquez-vous que leur forme générale ressemble à celle de l’ellipse? Il nous faut donc étudier les propriétés de celle-ci, sa forme régulière, et tout ce que nous pouvons en savoir 8e rapporte aux proportions de ses deux axes, dont l’un est plus long et l’autre plus court. Nous étudierons aussi et ferons le dessin de cette forme exacte, afin de pouvoir analyser ct découvrir les véritables caractères des objets dont elle est le type et qui, dans la nature, et jugés d’après nos connaissances, nous semblent irréguliers et incorrects. Regardez, maintenaat, cet œuf, cet ovale, comme on l'appelle ; c’est réellement un œuf bien conformé : nous y reconnaissons encore une forme régulière et exacte d’où découlent plusieurs formes que l'on retrouve dans la nature et dans les arts, quoiqu'elles s’en éloignent quelquefois, grâce à certains caractères individuels. La figure humaine a, pour base, la forme de cet ovale, et un portrait est le résultat de la dissemblance avec la forme géométrique primitive.

La spirale si fine, si mystérieuse et si belle est une ligne géométrique régulière et la source d’une foule de beaux motifs en art et en ornement. Nous l’apercevons ici dans la nature, dans ce coquillage, spirale parfaite ; on la retrouve encore dans les feuilles des fougères avant leur épanouissement, et dans beaucoup d’autres créations naturelles.

La nature est très-scientifique, et ses œuvres sont toujours conformes à un plan; ce qui paraît inexact à nos faibles yeux n’est qu'un degré de régularité plus élevé, une loi appliquée avec une adresse qui dépasse la conception de l’homme,

Cependant, si l’on veut bien rechercher, avec patience et humilité, le

procédé dont la nature se sert pour produire ses œuvres, nous trouverons toujours un type simple, régulier et exact, facile à reconnaître et aisé à définir. Si, quelquefois, elle semble s'écarier de ses modèles, c’est pour se livrer à son caprice et déployer, avec affection, la richesse de ses ressources. Ainsi, lorsque nous examinons la sphère, le sphéroïde, l’ovale et la spirale, nous découvrons l'origine d’une foule de choses que l’on rencontre dans le domaine de la forme, et nous saisissons le moyen de les analyser pour trouver le caractère et l’individualité de différents types.

Dans les écoles publiques, on enseigne le dessin ou composition afin de développer l'originalité de pensée et d'exécution, chez les enfants, non avec l'espoir d'en faire des artistes, ce qui est le lot d’un petit nombre, mais afin d'exercer une faculté qui se rencontre chez tous les hommes, quoique développée chez un bien petit nombre,—la faculté de combiner et de prévoir,

J'ai remarqué que les enfants se complaisent à cet exercice de la composition. Ce n'est pas l'originalité qui leur manque, bien au contraire, car leurs travaux font preuve, sous ce rapport, d’une fécondité exubérante et presque terrible. Prenant des formes naturelles de feuilles ou de fleurs, comme sujets, la régularité géométrique comme base, et la répétition, en série rhytmique, comme guide, il est non seulement possible à la moyenne des enfants ou des adultes, de faire un dessin passable, mais il lui est impossible de faire un mauvais dessin, pourvu qu'on s'attache aux formes de la nature, avec l'exactitude scientifique, et avec la grâce obéissante de l'art.

Dans cet exercice, l'originalité, bonne ou mauvaise, devrait avoir champ libre; les talents ou l'incapacité des enfants devraient se manifester, afin que le professeur puisse découvrir et connaître la manière de penser et la nature de l'esprit de chaque élève.

En effet, n'oublions pas que le dessin est une preuve par témoins; il est, mentalement, une représentation de nous-mêmes, la copie de ce que nous voyons, de ce que nous connaissons, et finalement de ce que nous pouvons exprimer, Aucune créature humaine ne fait jamais un mauvais dessin par accident. Le dessin est toujours l’expression de la pensée et la véritable mesure de nos facultés sous le rapport du savoir et de l’exécution. Ainsi, quand un élève fait un dessin informe et manquant de vérité, on doit s’apitoyer sur l'ignorance dont il fait preuve, et non le blâmer; il faut le secourir dans sa faiblesse, aon le quereller pour son infériorité, et l'instituteur qui a le sentiment divin de son état et de sa responsabilité, regardera toujours l’insuccès de son élève comme un appel à son affection et à son aide, jamais comme un acte de négligence qu'il faut corriger et châtier avec impatience et colère. Le véritable instituteur ne se fâche jamais, n’est jamais impatient.

Le temps que vous avez bien voulu consacrer à m'écouter est trop court aujourd'hui pour me permettre de m'étendre plus au long sur l’aspect et l’avenir de l'éducation artistique, sur ses ressources et les moyens

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de secours qu'elle offre à cette nation et à vous-mêmes, qui en êtes les instituteurs. Permettez-moi, cependant, de vous adresser quelques paroles qui s’'appliqueront plus particulièrement à vous-mêmes,.

Canadiens-Français ! vous êtes les descendants de la nation la plus artistique du monde, car la belle France marche au premier rang dans le domaine du goût, Si le sang vaut mieu que l’eau, si les fils ressemblenv à leurs pères, si, d'après les lois de la nature, les races se reproduisent, vous devez pouvoir, en vous livrant à l'étude et à la pratique des arts, faire du Canada, par rapport au continent américain, ce que la France fait à l'égard de l'Europe. Ce rêve est digne de votre ambition comme peuple et vous pouvez y atteindre.

Je vous engage à tendre toujours vers un but, et qu'il soit digne de vous-mêmes ainsi que de la nation dont vous êtes issus. J'ai un respect et une sympathie infinis pour le pays de vos ancêtres, ainsi que pour celui où vous vivez, pour la race à laquelle vous appartenez et pour le sol où vous êtes aujourd'hui. A raison de vos talents, comme descendants des Français, il est de votre devoir, comme instituteurs, et, comme citoyens, vous jouissez du privilége de travailler à répandre l'amour de l'éducation, de faire aimer les arts sur cette vaste terre du Canada, et de contribuer ainsi au développement des merveilleuses ressources naturelles qui enrichissent votre pays natal.

Je souhaite de tout cœur que Dieu vous aide dans votre carrière, soit comme instituteurs où comme citoyens. La responsabilité de conduire et guider les générations prochaines pèse sur votre tête; soyez fidèles à la mission qui vous est dévolue, en faisant preuve de diligence, de foi, de sympathie et d'habileté. Vous connaîtrez alors le prix de la récompense des travaux de l’instituteur; vous n'aurez ni richesse, ni distinctions, ni

renommée, mais, au sortir de la vie, une voix vous fera entendre ces douces paroles de bienvenue: “ Vous avez bien mérité, bon et fidèle ser- ‘ viteur.”

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