En
d'élite, la paix et le triomphe de l'Eglise firent plus de solitaires que la persécution, car « les chrétiens, si simples etsiennemis detoute mollesse,craignaient plus une paix flatteuse pour les sens qu'ils n'avaient craint la cruauté des tyrans. Les déserts se peuplèrent d’anges innombrables qui vivaient dans des corps mortels sans tenir à la terre (1). »
Le nombre de ces anachorètes augmentant toujours, Saint Antoine (2) eut l’idée de prendre sous sa direction plusieurs de ceux qui étaient venus bâtir leur cellule non loin de la sienne. Vers la même époque, en 340, dans l’île de Tébenna, au milieu du Nil, Saint Pacôme réunissait autour de lui un grand nombre de ces solitaires, et fondait le premier couvent, en les faisant vivre en commun, sous une règle qu'il leur donna. Trente ans plustard, c'était par centaines que l’on comptait les couvents dans les déserts d’'Egypte, de Lybie et de Palestine, et le nombre de leurs moines était de près de cent mille. Presquetous embrassèrent la Règle que Saint Basile (3) écrivit alors, règle qui imposait aux moines le vœu formel
1. Discours sur les devoirs et avantages de la vie religieuse, cité par Montalembert, tome I, p. 58. — Les déserts où se réfugiaient les solitaires étaient surtout les déserts d'Egypte et de Lybie.