‹ Effets économiques de la mobilisation Austro-HongroiseChapitre 2 sur 3 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

en particulier, sur le terrain financier. Si le crédit rend de grands services aux Etats modernes en leur permettant de se procurer en une fois les capitaux énormes dont ils ont besoin, il peut leur être mesuré ou chèrement accordé lorsque l'horizon politique se charge de nuages. U Autriche- Hongrie vient d'en faire l'expérience. Elle a dû recourir à des expédients pour se procurer les centaines de millions que la mobilisation lui a coûtés. Elle a contracté une dette flottante énorme, à des taux d'intérêt élevés.

Aujourd'hui, elle a déjà pu consolider une partie des Bons du Trésor créés l'an dernier en émettant des rentes perpétuelles. Un emprunt hongrois a trouvé bon accueil auprès des capitalistes de l'Europe centrale. Des obligations municipales de Budapest ont été souscrites. Ces diverses opérations ont pu se réaliser grâce à la détente générale qui s'est produite sur le marché monétaire et dont les causes ne sont pas toutes également heureuses. S'il faut l'attribuer en partie à la réaction naturelle qui devait suivre la tension excessive des deux dernières années, elle est aussi due au ralentissement de l'industrie qui, en maint endroit, voit les commandes diminuer et qui, par conséquent, réclame moins de capitaux.

Quoi qu'il en soit, la Monarchie des Habsbourg sort de la crise, en ayant malgré tout aidé au maintien de la paix entre les grandes puissances. On lui a, au cours des deux guerres balkaniques, prêté un machiavélisme qui était peut-être loin de la pensée de ses hommes d'Etat. Elle a néanmoins souffert dans ses œuvres vives, et il ne faut pas que la rapidité avec laquelle change la scène fasse oublier ce qui s'est passé. Les banques viennoises ont beau distribuer des dividendes

égaux ou même parfois supérieurs à ceux de 1912 et annoncer de prochaines augmentations de capital : elles nen ont pas moins traversé une crise, au cours de laquelle on a pu concevoir les plus vives inquiétudes. Elles nont pu donner ni au commerce, ni à i industrie, ni aux entreprises de constructions urbaines, tout le crédit dont cette clientèle avait besoin, et il en est résulté pour le pays un dommage dont nous avons essayé d'indiquer l'étendue. Si grand quil ait été, il est naturellement resté bien en dessous de celui qu aurait causé une conflagration générale, dont il serait difficile de mesurer la portée. La leçon nen doit pas moins rester instructive.

Page 1