EE CS
La figure 7 représente cette préparation d’après la photographie que j'ai communiquée à l’Académie des Sciences.
Si le dégagement libre des gaz dans les vaisseaux après la décompression dans l’air n’est pas un fait nouveau, je n’en connais pas de préparation qui ait été reproduite.
Quant à l'expérience elle-même dans laquelle le lapin est mort certainement sous le coup de la décompression brusque, elle fait déjà prévoir, qu'à l’aide de mon appareil, pour peu que le temps de compression préalable soit suffisant, on tuera l'animal à coup sûr, quand on aura déterminé la valeur de la pression représentant son degré de résistance et qu'il sera resté soumis à cette dernière pression le temps nécessaire et suffisant.
Dans ces circonstances, l'oxygène peut n'avoir pas le temps d'agir comme toxique, et c'est seulement de lu décompression brusque que meurt l'animal expérimenté.
Ces faits vont du reste apparaître plus clairement, dans la suite, et dès les deux expériences qui suivent.
Exp. VI. — Un lapin est placé dans le grand récipient à 10 h, 45. Je renouvelle l’air dans l'appareil, puis je fais monter d'emblée à 4 atmosphères. Pour cela, je mets le récipient en communication avec un cylindre de provision, dans lequel j'ai fait à l’avance comprimer de l'air. A l’aide de la pompe Golaz je fais monter la pression jusqu’à 7 atmosphères. A 10 h. 20, décompression brusque. On ouvre l'appareil, l'animal est à l’état normal.
La compression a duré, dans cette expérience, cinq minutes au plus et, bien qu’elle soit supérieure à celle à laquelle un animal de même espèce a été soumis, dans l’expérience précédente, le sujet a survécu.
Exp. VII. — Le lapin précédent est placé dans les mêmes conditions que dans l'expérience VI, mais il reste sous pression, pendant près d’une heure, de 10 h. 30 à 11 h. 25. Il n’y a pas eu d’agitation.
A 11 h. 25, je commence la décompression, la décompression lente ; pour la réaliser, au lieu d'ouvrir la soupape, j'ouvre faiblement un robinet dont je règle le débit. Pendant la décompresssion à 11 h. 37, le lapin crie. À 11 h. 40, la décompression est terminée.
A l'ouverture de l’appareil, le lapin est trouvé vivant. A terre il demeure sur place, je le pousse pour le solliciter à marcher, il fait très péniblement un pas, puis s'arrête. Je le pousse de nouveau, même résultat. À 11 h. 45, il est à l’état normal et survit.
Re JE
Ici la décompression lente a sauvé l'animal. Peut-être même n’aurais-je constaté aucun accident consécutif à la décompression, fait que j'ai observé souvent, si la décompression avait été plus lente. Sans doute aussi, les cris poussés par l'animal à 11 h. 37 étaient un signe de malaises dus à la décompression trop rapide.
Exe. VIII. — Une souris blanche est placée dans l’éprouvette dans laquelle on fait monter la pression à 5 atmosphères. Trois coups de pompe sufffisent. L'animal reste à cette pression de 9 heures à 9 h.20. Il a montré un peu d'inquiétude au début de l’expérience, puis il se calme. A 9 h. 20, décompression en une minute. Aucun résultat.
L'expérience double (IX et X) à laquelle a été soumise une même souris, d’abord dans l'éprouvette, ensuite dans le récipient, est des plus concluantes.
Exp. IX. — Une souris blanche est placée dans l’éprouvette à 10 heures; j'y fais monter la pression jusqu’à 12 atmosphères avec de l’air. L'animal est inquiet, il grimpe le long du caoutchouc qui amène l'air au fond de l’'éprouvette; je le force à tomber au bas de l'appareil où il demeure parfaitement tranquille jusqu’à 11 heures. J'ouvre alors largement le robinet, après avoir enlevé le tube de la pompe. La décompression se produit aussi brusque que possible, c’est-à-dire en plus d’une seconde. L'animal s'agite, il se gratte le museau vivement avec les pattes antérieures, il monte alertement le long du tube de caoutchouc. Sorti de l’appareil et placé sous une cloche de verre, il ne tarde pas à manger.
Exp. X. — La souris expérimentée précédemment est placée dans le grand récipient avec un cobaye et un moineau à 1 h. 30. Je fais monter d'emblée la pression à # atmosphères, puis j'injecte de l’air à la pompe, jusqu’à ce que la pression s'élève à 5 atmosphères; cette dernière pression est maintenue une heure, mais pendant ce temps l'air du récipient est renouvelé plusieurs fois, sans que la pression varie. À 2 h. 30, décompression instantanée. On ouvre l'appareil immédiatement. La souris et le cobaye sont morts, le moineau a résisté, son état est normal, il n’a eu aucun accident consécutif.
Ainsi la souris à supporté sans aucun malaise une pression de T atmotsphères pendant une heure, suivie d'une décompression ayant duré plus d’une seconde, tandis qu’elle a péri des suites d’une compression égalant 5 atmosphères, entretenue également une heure mais suivie d’une décompression instantanée.
Le cochon d’Inde était d’ailleurs dans un cas très analogue. J'avais expérimenté déjà sur des cochons d'Inde, ayant résisté à des épreuves tout à fait équivalentes, comme conditions, à celles de l'expérience X.
Je fais remarquer encore ici que, dans aucun cas, les animaux expérimentés dans l'air comprimé n’ont eu d'accidents convulsifs, ni dans l’appareil ni après leur sortie de l'appareil. Nous verrons au chapitre suivant combien ces accidents, au contraire, sont prompts à survenir dans l'oxygène à haute pression. Il en est de même des accidents de paralysie consécutive à la compression. Quand, après une longue expérience dans l'air comprimé, des animaux sortaient paraplégiques de l'appareil, ils guérissaient toujours; je n'ai certainement pas enregistré plus de deux ou trois morts sur cent à la suite de compression dans l'air, accompagnées d'accidents convulsifs ou de paralysies.
Voici maintenant une série d'expériences pratiquées, sur les chiens, très analogues aux précédentes aussi bien comme conditions que comme résultats.
Exp. XI. — Chien placé dans le récipient à 2 h. 30. On fait monter la pression à 8 atmosphères avec de l’air. Quand cette pression est atteinte, il est 3 heures. La pression 8 atmosphères est assez difficile à maintenir. A 3 h. 35, décompression lente, pendant dix minutes. L'animal ne s’est pas agité au cours de l’expérience. A sa sortie de l’appareil il essaye de marcher, il traîne ses pattes de derrière, il est fortement paraplégique. Ecume à la bouche, Le lendemain, il paraît encore un peu gêné dans les mouvements de l’arrière-train, mais il vient facilement à moi quand je l'appelle. Revenu, par la suite, complètement à l’état normal.
Exp. XII. — Un chien pesant 5 kil. 5 est placé dans le grand récipient à 4h, 15 minutes. On comprime de l’air à l’aide de la pompe Golaz. 4 heures 25, la pression est de 6 atmosphères, elle est maintenue entre 5 atmosphères 1/2 et 6. En effet, l'appareil fuit légèrement, l’air s’y renouvelle donc constamment. 5 heures, l’animal s'agite légèrement. 5 h. 20, décompression instantanée. De al crie, agitation faible. 5 h. 21, le récipient est ouvert. L'animal est mourant. Les membres ne sont pas raïdis, il meurt sans convulsions à 5 h. 23.
Autopsie. — Abdomen météorisé. Estomac fortement distendu par des gaz, les intestins contiennent également beaucoup de gaz. Vaisseaux mésentériques remplis de bulles gazeuses, sang du cœur spumeux. Je recueille une certaine quantité du gaz stomacal.