EFFETS DE LA DÉCO
mélange de 21 parties d’
décompression,
Fig.
Exp. XXX, — Un lapin est photographié avant d'être introduit dans le grand récipient. Il est soumis à des conditions identiques à celles de l'expérience XXVI. Il est photographié à sa sortie de l'appareil. La figure montre l'animal avant et après l'expérience, d’après les photographies que j'en ai prises.
pe
Exp. XXXI. — Un chardonneret est placé dans l’'éprouvette à 3 heures Injection du mélange gazeux; la pression monte à 8 atmosphères, Loi seau s'endort après avoir battu convulsivement des ailes, avoir vomi et déféqué. À 3 h. 5, les mouvements respiratoires ont beaucoup diminué. La décompression dure 15 minutes. Quand elle est terminée l'animal présente du météorisme. Avant qu’on ait le temps d'ouvrir l'appareil l'oiseau a de fortes convulsions et meurt, é
Exe. XXXIL. — 9 heures. Une grenouille est introduite dans l’éprouvette. Injection du mélange gazeux, Pression 10 atmosphères. Les mou-
Fig. 20. — EFFETS DE LA DÉCOMPRESSION BRUSQUE. — À, grenouille avant et pendant la décompression dans un mélange de 21 parties d'oxygène et 79 parties de protoxyde d'azote, — B, la même grenouille après la décompression.
vements respiratoires se ralentissent et s’arrêtent assez vite. 9 h. 15, anesthésie très manifeste. Décompression brusque. Énorme météorisme se développant très rapidement. A l’autopsie, je constate que les poumons sont rompus. Le cœur bat faiblement.
Exp. XXXIIIL. — Mêmes conditions que précédemment, l'animal expérimenté est encore une grenouille. Pression 40 atmosphères. Convulsions violentes, puis arrêt des mouvements respiratoires quand la pression approche de 5 atmosphères. Durée de la compression 10 minutes, de 9 h. 35 à 9 h. 45. La décompression dure 20 minutes, À la pression
8 atmosphères, faibles mouvements convulsifs des quatre membres. A 10 h. 5, l'appareil est ouvert, très faible météorisme. On ne distingue pas, à travers les parois thoraciques, sile cœur bat ou ne bat pas. L'animal paraît mort. Conservée sous une cloche humide, la grenouille n’est pas ranimée le lendemain. Le cœur ne bat plus.
Exp. XXXIV. — Une grenouille est placée dans l’éprouvette. Pression du mélange 5 atmosphères. Durée de la compression 5 minutes (de 9 h.5 à 9 h. 10). L'animal est immobile, les mouvements respiratoires ont cessé. Décompression en une seconde. Le météorisme se produit. J'injecte de l'air pur par la pompe, aussitôt le météorisme diminue, puis disparait presque complètement; en dévissant l’écrou du manomètre le gaz sort lentement de l’appareil, le météorisme augmente à mesure que la pression diminue. À un nouveau coup de pompe correspond une nouvelle diminution dans le volume de l’animal. Le même effet se produit aussi souvent que je reproduis les mêmes alternances de décompression et de compression. Je maintiens la pression à 5 atmosphères, la grenouille a son volume normal. A 9 h. 30, décompression lente, durant plus de 20 minutes. Le météorisme est nul, la grenouille est vivante, mais très mal portante, elle n’exécute de mouvements que si on l'y force. Mouvements respiratoires très raréfiés. Elle est mise sous une cloche humide, le lendemain le cœur ne bat plus, elle est morte.
Dans cette expérience encore l'animal a dû mourir sous l’influence du gaz anesthésiant. Mais là n’est pas le point qui a le plus fixé mon attention. Quand j'ai employé le protoxyde d’azote en remplacement de l’azote, c'était dans le but de rendre plus évident le dégagement des gaz libres lors de la décompression brusque, et si je ne devais pas laisser néanmoins passer avec indifférence les phénomènes dus à l’action certainement toxique du protoxyde d'azote, sous tension élevée, la production exagérée du météorisme était, lui, la réponse que j'attendais de mes expériences. |
La dernière expérience me paraît singulièrement intéressanté et démonstrative pour montrer à un auditoire comment le gaz, retenu par le sang seulement à l’état de dissolution, se comporte lorsque la pression à laquelle est soumis l'animal augmente ou diminue.
Ce fait une fois bien établi, je ne dois pas, ai-je dit, garder le silence sur les accidents graves résultant de l’inhalation du protoxyde d'azote à haute pression.
Le travail de M. Gréhant, sur les effets de ce gaz à la pression ordinaire, faisait déjà prévoir, qu’administré à dose condensée par les voies respiratoires, il devait produire de graves accidents.
NO À fortiori, si le protoxyde d’azote est respiré sous tension, est-il dangereux. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le résumé des expériences dont je viens de rendre compte, pour se convaincre que le protoxyde
d'azote provoque des accidents rapidement mortels, quand il est respiré à haute pression.
Animaux . Accidents m ls EE ; compression ; Re . ë expérimentés. et'aé la et durée de ces accidents.
: ‘ pression.
décompression
20 min. Mort en moins de 20 minutes sous déc. instant. pression.
20 min. . | Morte en moins de 15 minutes sous Exe. XXVIL. |décomp. inst. pression. 2 minutes d’agitation, suivies de sommeil anesthésique. Arrêts de la respiration après 15 minutes.
Moineau 10 min. 10 atm.| Vives agitations. Sommeil anesthési- ExP. XXVIIT. |déc.en20 min. que au bout de 3 minutes. Arrêts des mouvements respiratoires, 3 minutes après. Décompression lente après 10 min. de compression. Convulsions très fortes pendant 5 min.
Mort.
Chardonneret...| 5 min. + | Battement des ailes. Vomissements. Exr. XXXI. |déc.en15 min. Sommeil après 2 min., diminution
des mouvements respiratoires après 5 min. Mort avec de fortes convul-
sions pendant la décompression.
Grenouille .....| 10 min. . | Violentes convulsions, Arrèt des mou- Exp. XXXII. |déc.en 20 min. vements respiratoires. Anesthésie. Convulsions pendant la décompres-
sion. Mort survenue, pendant la décompression.
$ 9. Conclusions du chapitre. — La conclusion première de ce chapitre, nous en avons énoncé la formule déjà.
C’est qu’à des pressions relativement peu élevées dans le grand récipient, j'ai obtenu des effets plus puissants dus à la décompression brusque presque instantanée. Ces conclusions seront consignées et mieux en place tout à fait à La fin de ce travail.
SET PES Quant à celles qui découlent de la substitution du protoxyde d'azote à l'azote, dans l’air comprimé, elles sont de deux ordres : 1° Celles qui sont relatives à l’action mécanique de ce gaz, dans le phénomène de la décompression brusque, bien courtes à énoncer.
Le protoxyde d'azote étant plus soluble que l'azote, se dissout en plus grande quantité dans le sang pour des pressions égales, et lorsque se produit la décompression brusque \ cause un météorisme bien plus considérable de l'animal qui l'a respiré.
2° Celles des conclusions qui sontrelalives à l’action anesthésique et toxique du gaz protoxyde d'azote sont évidentes dans le tableau de la page précédente.
Le protoxyde d'azote à haute pression est un anesthésique puissant, agissant comme toxique, déterminant des convulsions qui précèdent le sommeil qu'il cause, et rapidement mortel.
Il arrête les mouvements respiratoires, la mort est précédée également de convulsions généralisées.