‹ Effets Produits Sur Les Animaux, Par La Compression Et La DécompressionChapitre 34 sur 36 · M AR · texte numérisé non relu

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née. Aussitôt j'injecte de l’oxygène pur et je fais remonter en comprimant ce gazla pression à 6 atmosphères. Je laisse l'oxygène agir pendant

vingt minutes et j'effectue de nouveau la décompression brusque. L'animal est bien portant.

Isolée, cette expérience ne prouverait rien, mais répétée un certain nombre de fois avec succès, on est en droit de ne pas douter de l'effet de l'oxygène dans ces circonstances.

Exp. LXIV. — Une souris est placée dans l’éprouvette. On y fait monter la pression à 10 atmosphères avec de l'air, puis je décomprime brusquement. De l’oxygène est substitué à l’air, de facon à ce que la pression remonte à 10 atmosphères. L'animal, tombé sur le flanc au moment de la décompression, se redresse aussitôt. Après un moment j’effectue de nouveau la décompression. L'animal est bien portant et survit sans accident.

Ces effets vérifiés, j’ai eu l’idée de renverser l'opération, d’effectuer, si je puis m'exprimer ainsi, l'expérience réciproque, en injectant de l’air à haute pression, dans un appareil où un animal avait souffert sous l’action prolongée de l'oxygène comprimé. En opérant ainsi, j'ai mis à jour un fait quelque peu inattendu.

Voici les expériences réalisées, dans ces conditions, et leur résultat.

Exp. LXV. — Sont placés dans le grand récipiant : 4° un lapin; 2° un cobaye; 3° un pinson. (3 h. 55.) Je fais monter d'emblée la pression à 4 atmosphères en employant de l'oxygène pur. J'injecte en suite de l'air jusqu’à ce que la pression monte à 8 atmosphères.

La composition du gaz contenu dans'le récipient est donc la suivante :

La tension de l'oxygène est de 57 x 1 — 399, soit 400 en chiffre rond.

3 h. 46, agitation, convulsions.

4 h. 5, convulsions plus franches.

J'ouvre le robinet, mais en même temps que le gaz s'échappe du récipient j'introduis de l'air, à l’aide de la pompe. À # h, 15, agitation nouvelle. À 4h. 30, la pression est tombée à 5 atmosphères, certainement le gaz du récipient n’est plus que de l'air atmosphérique, la décompression lente continue jusqu'à 4 h. 45. J'ouvre l'appareil et je trouve le cobaye à l’état normal, le lapin est dans un état de malaise très appréciable, l'oiseau parait normal, mais il est pris de convulsions rapidement mortelles à 3 h. 13. Les deux rongeurs survivent.

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Sans être concluants, les résultats de cette première expérience m'encourageaient à pousser mes recherches dans la voie où je

m'engageais. .

Ex?. LXVI. — À 5 heures, un pinson est introduit dans l’éprouvette. 3 h. 5, la pression étant de 6 atmosphères, l'animal s’agite. Il ouvre le bec, dyspnée. 5 h. 15, agitations plus fortes. 5 h. 20, l'animal tombe sur le flanc, grandes convulsions, ralentissement des mouvements respiratoires, qui s'arrêtent. Décompression brusque, injection d’air qui fait remonter la pression à 6 atmosphères. L’animal se redresse sur ses pattes, dès qu’il reçoit le premier jet de gaz atmosphérique. 5 h. 23, décompression lente terminée à 5 h. 30, opisthotonos. Mis sous une cloche en observation, il place sa tête sous l’aile gauche et s'endort. 6 heures, il se réveille et a une crise de convulsions assez forte. 6 h. 5, il est debout de nouveau et se rendort, jusqu’à 6 h. 30. Je le remets dans sa cage et je le pose sur un perchoir, il s'y tient et s'endort dans la même attitude que sous la cloche. Le lendemain, l’opisthotonos est encore assez accentué, mais le surlendemain il a disparu presque complètement et l’oiseau est définitivement revenu dans son état normal.

Exp. LXVIE. — Un canard est placé, à 3 h. 40, dans le grand récipient sous pression d'oxygène pur égale à 7 atm. En réalité la pression reste flottante entre 6 1/2 et 7 atmosphères parce que le récipient fuit légèrement. 4.8, décompression instantanée. J’ouvre l’appareil. L'oiseau est couché sur le flanc, il a de très fortes convulsions, son état est très voisin de la mort. Je referme vivement le récipient et j'y fais remonter la pression à 7 atmosphères avec de l’air. Je laisse les choses en cet état pendant 10 minutes, puis la décompression lente s’accomplit en 20 minutes. 4 h. 45, l'animal est retiré du récipient, opisthotonos marqué, il ne peut encore se tenir sur les pattes; ses ailes sont pendantes tout en en battant, il cherche à se dresser, sans y réussir. Après cet effort, dyspnée très accentuée, l’opisthotonos diminue. 4 h. 50, il tente de nouveaux efforts pour se mettre debout, n’y réussit que pour un très court instant pendant lequel sa tête tombe lourdement d’arrière en avant, le bec vient violemment choquer le sol, c’est ainsi qu’il marche. A chaque pas, nouvelle chute de la tête. Quand il s'arrête, les ailes sont pendantes. 5 heures, il veut marcher de nouveau, mêmes accidents, je remarque qu’il se dirige toujours de droite à gauche. A chaque déplacement d’une patte, la tête retombe en avant, le bec cogne la surface du sol, puis elle se relève en opisthotonos, pour retomber, au pas suivant. Cet état demeurant stationnaire, je le place sur l’eau à 5 h. 30, il nage en tournant toujours sur sa gauche, vainement je cherche à le détourner en sens inverse, les mouvements d’oscillation de la tête sont les mêmes que pendant la marche, seulement comme le bec ne rencontre plus la résistance du sol, la tête plonge complètement dans l’eau. Replacé sur le sol ferme, je l’observe encore jusqu’à 6 heures. À 6 h. 30, l’opisthotonos a diminué encore, il

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marche un peu plus facilement, mais l'animal tend le cou, ouvre le bec pour crier, il est aphone. Il se dirige toujours de droite à gauche. Il nage sans oscillation anormale de la tête, mais quand il rencontre la margelle du bassin, c’est toujours sur sa gauche qu’il tourne. Remis dans le poulailier à 6 h. 50. Le lendemain, les ailes sont encore pendantes, la marche est normale, Il nage facilement dans tous les sens. Il est toujours aphone. Le surlendemain, les ailes pendent moins, la voix est faible et sifflante. Le troisième jour, les ailes sont moins pendantes, la voix n’a pas encore son timbre habituel. Le quatrième jour, quoique les ailes pendent légèrement encore, on peut considérer l'oiseau comme bien portant et je cesse de l’observer.

Exp. LXVIT. — Un moineau est soumis aux mêmes condilions d’expériences que le pinson de l'expérience LXVI. A sa sortie de l'appareil, il à à plusieurs reprises des convulsions. L’opisthotonos a diminué au courant de la journée de l’expérience, mais il en a toujours conservé quelque peu, dans la suite, avec une déviation de la tête à gauche.

Exp. LXIX. — Je place une souris dans l’éprouvette à 10 h. 30. Je fais monter la pression à 10 atmosphères avec de l’oxygène. 10 h. 35, après de l’agitation, les mouvements respiratoires augmentent d’amplitude. 10 h. 45, convulsions, mouvements respiratoires de plus en plus espacés. 10 h. 47, décompression brusque, substitution immédiate d'air à la pression 10. L’animal se redresse aussitôt, mais il reste calme. 10 h. 50, décompression jusqu’à 11 h. 5. Sortie de l’appareil, la souris est bien portante et survit sans accidents nouveaux.

Autant de fois j'ai recommencé les expériences ci-dessus décrites, autant de fois, avec des variétés de détails seulement, j'ai obtenu les mêmes résultats favorables.

La substitution de l’air comprimé à l'oxygène pur ranimait les animaux mourants et cela presque instantanément. Toujours ils ont survécu, je n'ai pas eu plus de dix morts sur une soixantaine d'expériences. Souvent, à la sortie du récipient à compression, après l’action de l'air comprimé, j'ai assisté à plusieurs crises de convulsions. Plusieurs fois, des oiseaux, comme ceux de l’expérience LXV, ont conservé de l’opisthotonos et une déviation de la région cervicale, tandis que plus souvent les autres animaux sont revenus à l'état normal ou à l’état presque normal, dès le lendemain de la double épreuve de compression et de décompression.

S 3. Conclusions du chapitre V. — Comment agit l'air dans les conditions expérimentales où nous venons de l'employer ? Peut-on admettre, qu'introduit par les canaux respiratoires dans

l'organisme, il agisse comme Je contrepoison des toxines qu'aurait engendrées l'oxygène à haute tension? Non.

Est-ce que le système périphérique impressionnable à l'air qui est l'excitant physiologique des mouvements respiratoires, ne reçoit plus cette excitabilité de la part de l'oxygène s’il n’est pas mêlé d'azote? L'oxygène pur, dans ce cas, agirait sur le bulbe, à l'inverse de l’air. |

Nous avons constaté, en effet, l'arrêt constant des mouvements respiratoires, après des troubles constants de ces mouvements, chez les animaux respirant dans l’oxygène comprimé.

Mais les convulsions cloniques et toniques qu'ont les animaux soumis à l’action de l'oxygène à haute tension, les convulsions transmises aux grenouilles sous la peau desquelles on injecte des extraits musculaires provenant d'animaux morts dans l'oxygène pur à haute tension, nous ramènent à l'hypothèse de toxiques formés dans les tissus. Produits auxquels je crois difficilement.

En effet, ou bien ces produits toxiques se forment en très petite quantité, ou bien encore ils se détruisent très rapidement, puisque la substitution de l’air à l’oxygène, quand on ménage la transition dans les pressions, suffit à en faire disparaître les funestes effets.

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