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de mes recherches il valait mieux me créer une technique plus simple que je ferai connaître au chapitre suivant.
L'étude préalable des appareils employés par Paul Bert m'ayant été tout d'abord nécessaire, je donnerai la description de ces appareils et de leurs usages après avoir également retracé l'historique des questions auxquelles je me suis spécialement attaché dans mon travail.
Les recherches antérieures à la publication de la Pression barométrique ont été nombreuses, mais en rendre compte longuement ici consisterait à reproduire les chapitres de l’ouvrage où Paul Bert les a magistralement énumérées; je rapporterai surtout à ce sujet les critiques de cet auteur sur les travaux de ses précurseurs.
J'exposerai ensuite les résultats obtenus par Paul Bert et enfin ceux des physiologistes français ou étrangers qui ont été établis après les siens.
Avant Paul Bert.
A. $ 2. Compression. — Pendant la compression la trompe d’Eustache étant obstruée, l'air ne peut pas pénétrer dans la caisse du tympan ‘. La membrane tympanique est distendue, ce qui explique les douleurs d'oreilles, cette membrane peut même se rompre, — accident survenu à M. Cizanne au pont de Schedezin.
La voix est modifiée, elle hausse de ton (Vivenot) ?, devient nasillarde (Triger), l'acte de siffler devient impossible à partir de 3 atmosphères (Triger), l'acte de parler exige un effort notable (Pol et Watelle) *. Ces derniers efforts sont dus à la densité plus grande de l'air.
La capacité respiratoire maxima augmente; en effet, le diaphragme et la base du poumon s'abaissant, la respiration s’accomplit avec une certaine dilatation du thorax. La fréquence des mouvements respiratoires diminue, tandis que leur amplitude augmente, mais il passerait, dans le même temps, à travers le poumon, un
1. Junod, Archives générales de médecine, 2° série, t. IX, p. 157-172, 1835.
2, Résumé des travaux de Vivenot, Zur Kenntniss der physiologischen Wirkungen und der therapeutischen Anwendung der verdichteten Luft, Elrangen, 1868.
3. Mémoire sur les effets de la compression de l'air appliquée au creusement des puits à houille (Ann. d'hygiène publique et de médecine légale, 2° série, t. I, p. 241-279, 1854).
be volume d'air moindre sous pression, que dans l'air ordinaire (Vivenot et Panum) ‘. ,
Le nombre des battements du cœur diminue rapidement dans l'air comprimé (Pol ei Watelle), bien que le contraire ait été affirmé par M. Bucquoy ?, et les tracés du pouls, dans ces circonstances, offrent tous les caractères de la tension artérielle exagérée (Vivenot).
Depuis longtemps les médecins ont signalé, pendant la compression employée comme moyen thérapeutique, la péleur des muqueuses, manifeste surtout quand ces muqueuses sont le siège d’inflammations.
Le sang présente une rutilance extraordinaire, au point que le sang veineux a celle du sang artériel normal. Ce fait a été surtout remarqué chez les ouvriers tubistes, chez lesquels la rutilance sanguine persiste longtemps après leur sortie des tubes (Vivenot).
L’élimination urinaire est fortement exagérée, du moins en ce qui concerne la quantité de liquide excrété.
La compression répétée produit-elle l'augmentation ou la diminution du poids total du corps, l’engraissement ou l’amaigrissement? Les ouvriers tubistes maigrissent, tandis que les malades qui se soumettent régulièrement à l’action d’une faible compression, par mesure thérapeutique, engraissent. Mais ces deux catégories de personnes ne sont pas des termes comparables, les conditions de leur vie ordinaire étant très différentes ; de plus, les ouvriers tubistes supportent de hautes pressions, pendant de longues heures, tandis que, comme médication, l’air est respiré sous pression très faible et à dose modérée.
L'action de l'air comprimé sur le système nerveux général paraît être très diverse suivant les individus.
Pour l'an, elle se traduit par une excitabilité ressemblant à l'ivresse (Colladon). Pour un autre, « les fonctions de l’encéphale sont activées » (Junod). M. Foley ?, à sa sortie des appareils à air comprimé, se surprend « en flagrant délit de bavardage, en dépit de tous ses efforts ». M. G. Lange ‘, collaborateur de Vivenot dont il partage les idées, « éprouve une élasticité et une fraîcheur d’esprit
1. Panum, Untersuchungen über die physiologischen Wirkungen der comprimirlen Luft (Pflüger's Archiv Physiologie, t. 1, p. 125-165, 1868).