‹ Effets Produits Sur Les Animaux, Par La Compression Et La DécompressionChapitre 5 sur 36 · Foley, Du travail dans l'air comprimé, Paris · texte numérisé non relu

Foley, Du travail dans l'air comprimé, Paris

4. G. Lange, Millheilungen über die physiologischen Wirkungen und therapeutische Bedeulung der comprimirlen Luft, Viesbaden, 1865.

SN qui n'existait pas auparavant »; tandis que le docteur Francois dit qu'on ressent au début une légère somnolence; enfin G. Lange éprouve un sentiment de calme auquel succède généralement une tendance au sommeil.

$ 3. Explications théoriques. — Tels sont les effets de l’air comprimé d’après les prédécesseurs de Paul Bert; voici maintenant les explications de ces troubles qui ont été proposées également avant lui, ainsi que les critiques opposées par l’auteur de la Pression barométrique.

« Dès qu'on entre dans les tubes, dit M. Foley, on est aplati. » Cette formule exprime l'erreur longtemps commise par un grand nombre d'auteurs qui ont parlé de l’écrasement auquel sont soumis les hommes qui travaillent sous plusieurs atmosphères de pression. De même que l'air raréfé fait ventouse pour attirer le sang vers la périphérie du corps, de même, par une action inverse, dans l'air comprimé, le fluide nourricier serait refoulé dans les régions profondes de l'organisme, ce qui explique la pâleur de la peau et en particulier des muqueuses, pendant la compression (Pravaz ‘, Bucquoy, Vivenot, etc.).

L'incompressibilité des liquides oppose le démenti le plus formel à de pareiiles conceptions (P. Bert), qui ont pu être défendues seulement en en imaginant d’autres, telles que celle de la décroissance de pression, de la peau aux tissus profonds (Bucquoy).

P. Bert consacre une mention spéciale à la théorie de M. Bouchard ?, qui du moins a l'intérêt tout particulier d’être compatible avec les lois de la statique : pendant la compression les gaz intestinaux diminuent de volume, mais, en vertu de son élasticité, la paroi abdominale tendrait à se redresser, exerçant une sorte de succion sur les viscères abdominaux et par conséquent y appelant le sang, d’où congestions internes et anémie externe. A cette théorie P. Bert répond que lélasticité de la paroi abdominale est insuffisante à produire de semblables efforts, que le diaphragme est également porté en dedans et qu'en même temps le diamètre thoracique s'agrandit.

En ce qui concerne la modification des amplitudes respiratoires et du rythme des mouvements thoraciques, le maître réfute l'idée de

4. Pravaz, Mémoire sur l'emploi de la compression au moyen de l'air condensé dans

les hydarthroses, Lyon, 1843.

2, Bouchard, De la Pathogénie des hémorrhagies, 1869.

—— Pravaz que l’air comprimé est favorable à l'expansion pulmonaire en combattant plus énergiquement la réaction élastique des tissus. Il admet davantage, sur ce point, l'intervention des gaz intestinaux, sur lesquels agit directement la pression de l’air. Quand la pression diminue, le volume de ces gaz ne peut augmenter, parce qu’ils trouvent une issue facile par les deux orifices du tube intestinal. Quand la pression augmente, au contraire, le volume de ces gaz diminue indéfiniment en se soumettant à la loi de Mariotte. « Des ouvriers tubistes, que j’ai interrogés, m'ont avoué qu'ils étaient obligés, une fois dans les tubes, de resserrer la boucle de leur pantalon, à cause de la rétraction du ventre » (P. Bert).

Mais ce dernier auteur repousse l'interprétation de Pravaz, à propos de ce dernier fait, « à savoir que l’élasticité augmentée de ces gaz gêne l’action du diaphragme, diminue la dilatation thoracique dans le sens vertical, mais augmente l'expansion de la poitrine dans les deux autres directions ». Vivenot, en effet, par l’auscultation et par la percussion dans l’air comprimé a prouvé que le poumon. descend plus bas qu’à l’état normal.

Je n’insiste pas, dans cet historique, sur les explications d'ordre chimique, n’ayant pas poussé mes recherches dans cette voie. La rutilance exagérée du sang, dans l'air comprimé, prouve bien la suroxydation des tissus. Quant à l’excès d'oxygène qui reste dissous, il ressort de mon travail que je ne l’ai pas retrouvé, à l’état de bulles libres, après une décompression brusque dans l’oxygène pur. Il est vrai que, dans mes expériences sur les animaux de taille moyenne, je n’ai jamais été au delà de 8 atmosphères.

B. $ 4. Décompression. — Les effets de la décompression dépendent de deux facteurs. Ils sont proportionnels au degré de la pression atteinte et à la rapidité de la décompression.

Chez les ouvriers appelés à travailler sous pression, tubistes ou plongeurs, aucun accident consécutif ne se manifeste au-dessous de 2 atmosphères. Au-dessus apparaissent les démangeaisons qu'ils appellent puces, pouvant devenir douloureuses, accompagnées de douleurs articulaires, plus prononcées chez ceux qui ont le plus travaillé (Foley) pendant leur séjour dans l’air comprimé.

Au-dessus de 3 atmosphères les conséquences sont encore plus graves : troubles sensoriels, troubles de la sensibilité et de la locomotion, paralysies intéressant plus souvent les membres inférieurs

QUES que les membres thoraciques, vertiges, perte de connaissance, parfois mort subite.

De ces troubles, les uns, les plus légers, les douleurs cutanées, par exemple, disparaissent assez promptement, les autres, les plus graves, comme la paraplégie, sont persistants et n’ont parfois pas guéri, avec le temps.

La résistance individuelle joue un grand rôle et tel sujet ayant résisté plusieurs années, sans qu'aucune explication bien claire puisse intervenir, est tout à coup victime des suites des décompressions auxquelles il a été successivement soumis.

« Ge qui fait la singularité du cas présent, c'est qu’on a imaginé, pour expliquer ces accidents, et avec raison, nous le démontrerons, une cause purement physique, et que la physique devrait être égale pour tous. » (P. Bert, Pression barométrique, historique, p. 513.)

Les différents observateurs sont d'accord sur un point, c’est que plus la compression dure, plus les accidents dus à la décompression sont redoutables et, bien avant d'appuyer leur opinion sur des faits d'expérience, tous ont recommandé de pratiquer la décompression lente, malgré le froid résultant de la sortie de l'air comprimé.

$ 5. Explications théoriques. — Les congestions et les accidents hémorragiques dont les ouvriers tubistes sont victimes avaient depuis longtemps frappé les médecins.

Pol et Watelle pensaient que les congestions se produisaient pendant la compression, par le fait du refoulement centripète du sang, mais que le sang suroxygéné ne pouvait plus dans ces circonstances exercer d'action fâcheuse. Au moment dela décompression, au contraire, le sang se désoxygénant les conséquences habituelles de la congestion se manifestent. Paul Bert demande à ces auteurs comment leur théorie s'accorde, avec le cas qu'ils ont constaté euxmêmes de la coexistence des accidents les plus graves avec la rutilance du sang veineux.

Je passe sous silence les opinions de M. Foley, Babington et Cuthbert ‘, auxquelles Paul Bert trouve trop de confusion pour s'y arrêter, puisque je rappelle plus particulièrement dans ce paragraphe les critiques de P. Bert lui-même.

M. Bouchard, dont nous avons exposé les opinions sur le rôle des

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