‹ Église de Notre-Dame de JosaphatChapitre 37 sur 42 · PLAN DU PILIER C · texte numérisé non relu

PLAN DU PILIER C

droits des portes et des fenêtres. les angles, les colonnes etles murs partout où la solidité l’exige, sont tout en pierre dure, provenant de préférence de Villiers le Morhier, d’où il était facile de l’amener sur le chantier, grâce à la navigation de l'Eure. Les parties intermédiaires sont en maconnerie grossière, en gros silex ramassés

| dans les champs ou extrait des car- GHAPITEAU EN PIERRE TENDRE Lières de marne, où ils se trouvent par couches superposées épaisses de près d’un pied.

Les parois intérieures étaient revêtues d’un crépissage assez fin sur lequel des lignes rouges simulaient la coupe de pierre.

Au moins dans ses parties plus solennelles; l'église avait été peinte au XII° siècle, de couleurs très vives où le rouge domine. Nous avons trouvé des bandeaux en dents de scie, des croix sur les colonnes, des rinceaux en enroulements sur la face antérieure de l’autel de la Vierge, etc.

Après la restauration de 1640, l’église fut blanchie à la chaux, encore adhérente pendant nos travaux; si bien que les bases des piliers et la partie inférieure des parois, ayant conservé leur teinte primitive plus noire, permettent de constater encore le niveau du remblai qui d'autre part a si heureusement préservé les moulures et les griffes des soubassements des colonnes, et les restes si admirables du tombeau de Jean de Salisbury.

30°. — Aspect intérieur de l’église.

Dans son ensemble, l’églisé devait avoir à l’intérieur un aspect grandiose. La nef, élevée mais plus sombre, plus étroite, éclairée par 10 petites fenêtres romanes, ménageait toute l'attention admirative du spectateur sur le chœur et le sanctuaire, vastes, élevés. mieux ajourés par les fenêtres supérieures et par celles des transepts et des cinq chapelles rayonnantes, captivant surtout par la hardiesse des multiples colonnettes des 4 gros piliers du chœur, se déployant en nervures entrecroisées pour soutenir le dôme central, et par l’harmonie plus lointaine des 8 colonnes rondes de l’abside, à travers lesquelles filtraient les mystérieuses profondeurs des trois chapelles extrêmes, à voûte surbaissée, à une distance de 70 mètres. Ajoutez en pleine lumière les chapiteaux si profondément ciselés étalant, comme en des corbeilles, leurs feuillages bizarres, animés de

couleurs vives et changeantes sous les rayons lumireux des vitraux ; puis dans les ombres, les figures alongées des sépulcres que bénissent les mains levées de nombreuses statues de saints dressées sur les autels ou accrochées le long des murailles.

L'aspect extérieur était sans doute moins saisissant. Toutefois le chevet avecses chapelles rayonnantes, surmontées des fenêtres supérieures du sanctuaire et couronné par le dôme ajouré en forme de « lanterne » du clocher octog'onal, se terminant en pointe aiguë, n'était pas dépourvu de grandeur. Ce cône renversé pendant les guerres des Anglais ne fut pas relevé par les moines et la figure de l’église, représentée dans le Wonasticon, a perdu toute grâce. C’est un long cadavre inerte et sans vie.

L'aspect général de ces ruines est encore imposant PI. LXI, LXIT et LXIID et il serait facile par quelques travaux supplémentaires de leur donner uu relief plus grandiose. La gravure ci-dessus (PI. LXIII) donne la

vue des gros piliers du transept prise du 1° étage du bâtiment voisin de l’Asile.

31°, — Restitution de l’église dans son état primitif au XII‘ siècle par MM. J. Douillardet P. Bion.

Nous sommes heureux de donner ici place à un essai de restitution de l'intérieur de l’église abbatiale au XII° siècle, œuvre de deux jeunes architectes de Paris, M.J. Douillard, qui a si soigneusement relevé le plan de nos fouilles, et de son ami M. P. Bion. Leurs dessins, exposés au salon de 1907, ont été remarqués. Il était juste de leur en demander le mémoire explicatif.

« De nombreuses pierres moulurées ou sculptées re-

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