‹ Église de Notre-Dame de JosaphatChapitre 38 sur 42 · SIÈCLE · texte numérisé non relu

SIÈCLE

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cueillies dans les fouilies ou dispersées dans les propriétés voisines, offraient un caractère singulier de richesse artistique. |

« L'étude de ces bases (1), de ces chapiteaux, de ces

füts de colonnes, de ces claveaux d’arcs-doubleaux et de nervures de voûtes, de ces morceaux de bandeaux moulurés, devait nous guider dans l'essai de restitution de l’église abbatiale de Lèves.

« La gravure du Monasticon Benedictinum, dont l'ensemble est assez conforme au plan des fouilles que nous avons relevé, le plan par terre de 1728, plus petit et peu détaillé, nous montrent l’état de l’abbaye au XVIII siècle. On ne pouvait donc s’en servir que dans une certaine mesure pour en restituer l’état primitif du XIIe siècle. Cependant, d’après ce qui en a été retrouvé, il est assez probable que cette abbaye de Leves fut en ce temps un des beaux monuments de la région.

« Lèves étant situé entre la vallée de la Loire et l'Ile-de-France, il est naturel que l’abbaye de Josaphat ait subi les influences de ces deux écoles. Nous avons donc cru nécessaire, dans notre restitution, de nous inspirer des plus beaux monuments religieux du XII° siècle de ces deux régions et même de ceux de la Bourgogne. particulièrement de Cluny. On peut citer les églises abbatiales de Notre-Dame de la Couture, au Mans, XI° siècle: Saint-Martin à Tours, X[I° siècle, l’abbaye mixte de Fontevrault, Saint-Laumer de Blois, XII° siècle, Cluny et Paray-le-Monial. Il en est même d’autres en Poitou, Saint-Savin, XI° siècle, le Dorat,

(1) Nous nous sommes appuyés, pour faire ce travail, sur les dessins conservés dans les Archives des Monuments Historiques, et principalement sur les ouvrages de Viollet-le-Duc, Enlart et Planat.

XIIe siècle, et jusqu'à Saint-Sernin de Toulouse, XII° siècle. Nous nous sommes efforcés d'en appliquer les principes, tant au point de vue de la construction et de la conception générale qu’à celui de la décoration.

« L'architecte primitif, se conformant à la pensée du fondateur, a pu s'inspirer également du plan cruciforme du Saint Sépulcre de Jérusalem.

« Avant tout une chose est à remarquer dans notre plan, ce sont les chapelles carrées, à droite et à gauche de celle du fond. Cet exemple assez rare se rencontre à l’église abbatiale de Saint-Philbert de Tournus, en Bourgogne, qui est également du commencement du XII° siècle. Encore à Tournus, la chapelle du fond estelle aussi carrée, tandis que la nôtre est à abside circulaire. On voit aussi à Tournus deux chapelles carrées et orientées donnant sur la première travée du déambulatoire de chaque côté. Cet exemple peu fréquent se retrouve dans notre plan, mais ces mêmes chapelles orientées sont ici terminées par des absides circulaires. Cette différence est probablement causée par le changement de principe dans le voûtage entre Tournus et Lèves. | |

«Non moins singulière l’inclinaison du mur du déambulatoire dans sa première travée avant de commencer à tourner. Pareille inclinaison se constate à l’église abbatiale de Morienval en Ile-de-France, mais elle n’est guère visible qu à l’extérieure.En tous cas, cette inclinaison est assez rare. Dans notre plan, nous avons même relevé la déviation des deux gros piliers d'angle du chœur qui se tournent l’un vers l’autre à partir de leurs axes ; c’est là une particularité qui dénote une certaine recherche.

« Ces gros piliers (PI. XXV et XXX VII ont la vraie

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