VI. UN ENTHOUSIASME POUR L'HUMANITÉ
Une des principales découvertes de notre époque est d’avoir trouvé le « sens de l'humanité ». La civilisation moderne rend les relations tellement étroites et solidaires entre les nations, les classes et les individus que l’on peut dire qu’il sera désormais impossible « aux hommes heureux et pacifiques de vivre dans la paix et la joie sans que les autres soient pacifiques et heureux. »
De plus, nous sommes responsables de nos descendants. Chaque génération est l’enfant de celle qui l’a précédée mais elle est aussi la mère de celle qui suivra. Nous sommes très redevables à nos ancêtres. « Si, longtemps avant notre naissance nos aïeux ont influencé nos vies en bien ou en mal beaucoup plus puissamment que celles de leurs contemporains qui habitaient à l’autre extrémité du monde, nous en concluons qu’ils sont beaucoup plus responsables de nous que de ces derniers. »
De même nous aussi, nous sommes infiniment plus responsables du caractère de nos descendants que des païens du centre de l’Afrique. Nous avons donc des obligations à l’égard des générations futures.
Aussi, malgré les divergences qui apparaissent entre les classes et les nations, se manifeste l’unité de la race. La science et le commerce même obligent les hommes à accepter dans un but intéressé et égoïste ce que le Christ enseigna comme l'idéal à atteindre : la fraternité de la race. Seulement « la civilisation nous oblige à entrer en rapport avec les autres dans notre propre intérêt. Le Christ, lui, nous demandait de nous préoccuper des autres dans leur propre intérêt ». « Mais si l'Eglise accomplit sa tâche sociale en appliquant les principes de l'Evangile au salut de la société, son amour doit se mesurer, non à la loi de la justice: « comme soi-même » — mais à la loi du sacrifice: « comme je vous
(1) Josiah STRoNG, — The New-Era, p. 342,