‹ Église & Temps PrésentChapitre 11 sur 37 · TOR · texte numérisé non relu

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ai aimés. » Ainsi, l'amour, voilà le remède aux maux présents. Un tel amour est réparateur et s’il s'étend à toute l'humanité, il devient un enthousiasme pour l’humanité.

Puisque nous avons besoin d’un tel enthousiasme, demandons-nous comment il peut être allumé et entretenu. « Nous trouverons le feu sacré et l'huile nécessaire à son entretien là où les premiers chrétiens l’ont trouvé. »

Cet enthousiasme fut allumé en eux par une nouvelle estimation de la nature humaine faite par le Maitre : « Que servirait-il à un homme (même le plus infâme) de gagner le monde entier, s’il perdait son âme. (1) » « Le plus grand honneur qui fût jamais rendu à la nature humaine, la plus noble estimation qui lui fût jamais faite, consista en ce que Jésus goûta la mort pour chaque homme. Il ne mourut pas pour Socrate parce qu’il était un penseur, mais parce qu’il était un homme. Il ne mourut pas pour Charlemagne, parce qu’il était un puissant maître ou un guerrier, mais parce qu’il était un homme. Il ne mourut pas pour Shakespeare, parce qu’il était un génie, mais parce qu’il était un homme. Christ s’offrit lui-même pour ces hommes, non à cause des qualités qui les élevaient au-dessus de leurs contemporains, mais à cause de celles qu’ils avaient en commun avec le mendiant du bord de la route. »

Jésus alluma encore cet enthousiasme par la révélation qu'il fit de la nature humaine. « Quand Il enseigna que l’homme le plus méprisé pouvait participer à sa vie et lui ressembler, alors ses disciples furent capables d’aimer et de vénérer le Christ possible en chaque homme. »

Une autre source de cet enthousiasme fut l’amour inaltérable que les premiers chrétiens éprouvaient pour leur Mattre. L’affection qu’ils avaient pour Lui engloba aussi l’humanité. De plus, Il révéla le Royaume de Dieu et ce royaume était bâti sur l’amour de tous en tous. j

Mais toutes ces sources d'enthousiasme nous les possédons encore. L'enseignement de Jésus sur la valeur de cha-

(1) Marc. 8 : 36,

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que homme était trop paradoxal et profond pour être entièrement compris par les premiers chrétiens. Mais aujourd’hui, les principes qui en découlent constituent les racines de l’individualisme et de la démocratie modernes. Nous pouvons, de plus, beaucoup mieux connaître le Christ à notre époque, car, assistant à une restauration du Christ historique, nous sommes capables d'agir plus conformément à son enseignement. Nous avons, de nouveau, la vision du Royaume de Dieu et nous sommes convaincus que ce Royaume peut se réaliser ici-bas. Nous savons que les classes, les nations sont tellement liées les unes aux autres, qu’il est impossible que l’une se perfectionne sans l’autre : aussi, nous intéressons-nous à toute l’humanité. Par nos faibles efforts nous pouvons hâter la venue d’une humanité meilleure, et cette pensée remplit notre cœur d’une grande espérance et d’une immense joie. Pourquoi ne nous enthousiasmerionsnous pas pour l'humanité comme jadis ?

Cet enthousiasme unit trois qualités excellemment chrétiennes : la foi, l'espérance et la charité. « Une foi ardente en Dieu, une glorieuse espérance pour l’humanité, un amour dévorant pour l’un et l’autre. »

Cet enthousiasme est nécessaire pour Art l’'Eglise et par elle le monde. D'abord un sentiment semblable donne de la vie à la prédication. David Garrick a dit avec justesse : « Nous, auteurs, nous présentons la fiction comme si elle représentait la vérité, tandis que vous, prédicateurs, vous présentez la vérité comme si elle était une fic-

ion: » Une telle ardeur pour les autres doit aussi agir sur le laïque et le transformer en prédicateur. Et de cela résultera le progrès de nos Eglises.

Lorsque nous pensons aux 800.000.000 de païens et que nous réfléchissons à tout le paganisme qui subsiste encore autour de nous, nous sommes tentés de nous décourager. Cette activité missionnaire ne serait pas, cependant, audessus des forces de nos Eglises, si elles voulaient l’accomplir. « Considérez les débuts de l’ère chrétienne, alors que la société romaine n’était plus qu’un immense ulcère aux

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