‹ Église & Temps PrésentChapitre 12 sur 37 · TUE · texte numérisé non relu

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yeux de Dieu, une puanteur sous les cieux. Les fondements et la charpente de la civilisation étaient païens. Les idées, les habitudes, les coutumes, les lois étaient païennes. La littérature chrétienne, qui depuis a enrichi le monde, n’était pas encore née. Le Canon du Nouveau-Testament n’était pas encore fermé. Excepté pour quelques privilégiés, l'Ancien Testament n'existait pas. Aucune institution chrétienne, aucune loi chrétienne, aucune atmosphère chrétienne pour modifier ce qui ne pouvait être transformé. Et c’est à ce monde païen que fut envoyée une petite troupe d’hommes ne possédant pour toute arme qu’un amour infini pour Dieu et pour les hommes, et que l'Evangile qui avait embrasé leur enthousiasme. Contemplez les résultats... Nous, avec une Bible dans chaque maison, notre presse et notre littérature religieuses, nos écoles chrétiennes et nos millions de cœurs chrétiens, nous sommes dix mille fois plus à la hauteur de notre tâche, pourvu seulement que nous ayons un enthousiasme chrétien semblable, transformant la puissance latente de l'Eglise en forces vives. »

Un tel enthousiasme amènerait l'Eglise à voir et à accepter sa mission sociale. Vouloir sauver le plus grand nombre d’âmes individuelles n’est qu’une partie de son programme, mais son activité nouvelle réclame le perfeclionnement de l’humanité, le salut de la société entière. L'Eglise devra, dès lors, s'intéresser au milieu dans lequel elle agit, aux conditions sociales dans lesquelles vivent ses membres. Si

Un tel enthousiasme aura pour résultat de faire disparattre toutes les distinctions de classes et de faire cesser la séparation des masses et de l'Eglise. Car peu à peu la fra- . ternité s’établira. « La caste ne peut pas plus survivre au réveil de l’esprit de l’universelle fraternité que la nuit continuer à l’aurore. »

Cet enthousiasme sera vainqueur de toutes les difficultés qui, certes, ne manqueront pas, mais sont d’ailleurs nécessaires pour progresser.

Cet enthousiasme sera la consécration à Dieu de toute

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notre activité. « Dieu aime à être aidé » dit avec raison un proverbe. La meilleure manière de le servir est de l’aider : perfectionner lhumanité et par là, à hâter la venue du Royaume de Dieu.

Enfin, cet enthousiasme sera pour nous une source de säcrifice qui ne sera plus pour nous quelque chose de difficile, d’impossible. La société et l'Eglise demandent le plus sublime des héroïsmes : celui du sacrifice. C’est ce que le grand chrétien des siècles passés appelait « mourir chaque jour ». Car « il y a beaucoup de chrétiens qui aimeraient mourir pour Christ, mais à notre époque le Maitre demande aux hommes de vouloir vivre pour Lui ».

Si les Chrétiens de nos Eglises se levaient résolument à

l’appel du Christ, une ère nouvelle commencerait pour l’humanité entière ! |

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