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Il est clair qu'avec des conceptions religieuses semblables « une saine christianisation des relations sociales ne pouvait être entreprise ». Car « aussi longtemps que l’ascélisme gouverna le Christianisme, l'effort de la religion fut d’arracher les hommes à leurs relations sociales au lieu de les placer dans des relations normales ».
Et cependant l'essence du Christianisme est malgré tout sociale. De cette constatation nous avons une démonstration remarquable dans le fait que lorsqu'il voulut échapper à la vie sociale, il ne trouva rien de mieux que d’essayer de construire une autre vie vraiment sociale. « Chaque monastère se proposait d’être une communauté idéale. »
La croyance que la vie est gouvernée par des démons et qu'elle est anti-chrétienne fut abandonnée lorsque l'Etat prit à sa charge l'Eglise. La société s’intitula chrétienne. Le pessimisme primitif ne fut pas, cependant, supplanté par une conception plus véridique de ce monde, mais fut remplacé par un autre pessimisme résultant de la philosophie grecque et des idées bibliques.
La philosophie discourait sur la liberté et légalité de tous les membres de l'humanité primitive, la Bible parlait d’un âge d’or avant la chute : à cette époque, l’homme se trouvait dans la félicité, libre de tout désir sexuel ainsi que de toute convoitise, ne vivant pas en famille, ne possédant pas de propriété privée, ne connaissant pas la distinction entre le riche et le pauvre. La vie idéale consistait donc dans l’abandon de toutes ces institution sociales : de là la création de communautés monastiques.
Mais la fondation des couvents occasionna une perte terrible pour l'Eglise. Car « tous ceux qui voulaient vivre chrétiennement se faisaient moines ». Les meilleurs, par conséquent, se retiraient du monde.
Quoique vivant dans une communauté idéale, les moines ne se souciaient nullement de constituer une société parfaite autour d’eux. Ils aidaient le pauvre, non en tant que pauvre, mais parce que leur ascétisme les y obligeait ; ce n’était pas par zèle missionnaire qu’ils élevaient leurs mo-