PAT AVES
cipes de cette Union, (1) tels qu’ils ont été votés à la # conférence générale, tenue à Tolédo (Ohio), en mai 1909 : « Comprenant que le message social de Jésus, appliqué à l'ère du machinisme industriel, aboutit au socialisme, nous définissons comme suit le programme de notre Union : proclamer le socialisme dans les Eglises et les autres organisations religieuses ; montrer que le socialisme est nécessaire au triomphe complet du Christianisme ; mettre fin à la lutte des classes par l'avènement de la démocratie industrielle et politique ; hâter le règne de la justice et de la fraternité — le Royaume de Dieu sur la terre. » Une quarantaine de groupements locaux existent à l’heure actuelle, avec plus de 1.100 membres et agissent sur les Eglises et sur les foules. Ce mouvement possède un organe vaillant, The Christian Socialist, rédigé par E. Carr, journal paraissant tous les quinze jours à Chicago, et qui est une mine inépuisable de renseignements et d’idées ; de temps en temps il donne une édition catholique ou luthérienne, rédigée uniquement par des membres du clergé romain ou par des pasteurs luthériens. Signalons, enfin, que, à l’exemple de l « Institut du service social » qui publie des leçons pour les adultes des Ecoles du Dimanche sur les questions sociales, The Christian Socialist va entrer dans cette voie et faire paraître un cours approprié aux enfants de ces mêmes Ecoles.
La caractéristique de ces trois mouvements américains que nous venons d’esquisser est de mettre à la base de leur activité l’idée du Royaume de Dieu sur la terre. C’est aussi cette vision prophétique et chrétienne au premier chef que nous retrouverons dans notre étude sur « The New- Era », de Strong et sur « Christianity and the social crisis », de Rauschenbusch.
Il est intéressant, pour nous, de nous rendre compte des
(1) Cf. Nouvelles d'Amérique, par W. Moxop, dans l’Avant-Garde, 15 oct. 1907. — Entre socialistes chrétiens, par W. Monop, dans l’Avant-Garde, 15 avril-15 juin 1909.
ser
idées de ces deux auteurs, car ils nous paraissent être des hommes « représentatifs » de notre époque, comme les appelleraient les Américains. Ils nous montrent les chemins nouveaux dans lesquels l'Eglise devrait s'engager pour exercer une influence toujours plus grande et plus bienfaisante sur les masses. D'ailleurs, si l'Eglise veut reprendre son action sur les individus, comme aux siècles passés, il lui faut se remettre en contact avec les aspiralions, les préoccupations de notre génération, donner sa solution aux questions angoissantes que se posent les consciences modernes, et pour cela suivre la direction proposée par Strong et Rauschenbusch. À ce point de vue, nos deux penseurs nous paraissent être les prophètes de l'Eglise de l'avenir !
Nous avons cru devoir rapprocher nos deux écrivains, parce qu’il nous a semblé que leurs livres se complétaient admirablement — l’un, étudiant particulièrement l'Eglise dans son activité spirituelle et dans ses rapports avec les autres communautés — le second, nous la montrant en contact avec le système économique actuel et avec le socialisme. L'Eglise dans son activité intérieure et extérieure, voilà donc les deux faces de la même question successivement envisagées dans les deux livres qui font l’objet de notre travail.
Nous nous sommes, par conséquent, simplement appliqués, dans les quelques pages qui suivent, à exposer les idées de Strong et de Rauschenbusch sur le sujet palpitant de l'Eglise. Chemin faisant, nous hasarderons, parfois, quelques remarques inspirées par la situation assez précaire de nos Eglises et par notre profond amour pour elles.
Par cela même, on pourra reprocher à ce travail de n'être pas assez personnel. Mais ce défaut tient à la nature même de notre sujet. De plus, comment pourrait-on s'attendre à ce qu'un étudiant, qui finit à peine ses années de Faculté, et qui est par conséquent sans une grande expérience encore, émette des idées neuves sur un sujet aussi important et aussi vaste. Ce que nous avons simplement voulu faire, c’est indiquer une orientation nouvelle.
Hs
D'ailleurs, ce sujet mérite d'attirer l'attention des chrétiens de nos Eglises protestantes. Une autre thèse sur le Christianisme Social de Rauschenbusch se prépare à Genèéve. Et, une traduction du beau livre « Christianity and the social crisis » paraîtra dans quelques mois.
Pour nous, nous nous sentons reconnaissant envers ces deux chrétiens sociaux, car dans leur commerce nous avons pris conscience une fois de plus de la tâche sublime réservée à l'Eglise, si elle est fidèle à sa mission. Nous n’aurions nullement travaillé en vain si ces pages conduisaient quelque lecteur à étudier la pensée si forte et si originale de Rauschenbusckh et de Strong.