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Christ. Que cette venue marque la fin de notre époque, les chrétiens d'aujourd'hui le pensent encore, mais les vingt siècles qui viennent de s’écouler leur ont appris à compter sur de longues périodes de temps. Cette attente ne constitue donc plus un empêchement à la lutte en faveur des réformes.
De nos jours, nous croyons à l’immortalité, mais nous ne sommes pas las de ce monde. Le salut a pris pour nous un autre sens, car il ne signifie plus échapper à l’enfer, mais remporter une victoire complète sur ses péchés. Dès lors, la vie terrestre n’est plus mesquine, inutile, méprisable, mais elle est au contraire le lieu de notre perfectionnement.
L'idéal monastique et ascétique disparaît de plus en plus de notre horizon. Nous ne prêchons plus la virginité, mais les saintes joies de la famille. La pauvreté n’est plus un idéal vers lequel nous devons tendre. Au lieu de faire des discours sur la mortification de la chair, nous engageons les jeunes gens à entrer dans les Unions Chrétiennes dans lesquelles ils trouveront des gymnases et des salles de bains pour fortifier leur corps. La religion ne prône plus le retrait du monde, mais, au contraire, sa pénétration complète par l'esprit du Christ. Le monde est, désormais, ouvert aux chrétiens, car c’est là que se trouve le champ d’activité de leur Maître.
La Réforme a détruit le ritualisme qui existait dans la religion. Le prêtre meurt de plus en plus dans toutes les dénominations religieuses; c’est au prophète à se lever et à faire entendre son message.
Il est facile de constater que le Christianisme est moins dogmatique que dans les premiers siècles ; et, par conséquent, une de ses principales forces anti-sociales a disparu.
De plus, dans le passé l'Eglise était le centre de la religion ; elle absorbait la dévotion aussi bien que la richesse de ses membres. Certes, on peut encore avouer que, pour la grande majorité des hommes, la religion se confine trop dans les étroites limites d’une Eglise. Cependant de plus en plus on se réjouit de voir les chrétiens travailler en dehors
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des Eglises à la venue d’une ère nouvelle pour l’humanité, au service de la justice et de la bonté. Pour nos contemporains « la religion est moins considérée comme une institution et plus comme une énergie qui doit se répandre partout ». C’est en poursuivant cette évolution que le Christianisme se rendra de plus en plus apte à accomplir son devoir à l’égard de la société.
Dans le passé l'Eglise donnait une place prépondérante x son clergé ; elle était monarchique. À notre époque la hiérarchie est brisée et le laïque commence à prendre sa place -dans la vie paroissiale,
La science elle-même vient au secours du Christianisme pour proclamer que les conditions économiques peuvent changer, que les relations sociales sont variables. Nous pouvons, donc, espérer transformer la société, si nous le voulons.
En résumé, nous pouvons dire que : « nous sommes les acteurs d’un grand drame historique. C’est à nous de décider Si une nouvelle ère va poindre avec la transformation du monde en Royaume de Dieu, ou si la civilisation d’Occident va descendre au cimetière où reposent les civilisations mortes et si Dieu devra recommencer son œuvre. »