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NU RORRRRE R R Tant pour cent des dépenses d’une famille
avec un revenu de ARTICLES DES DÉPENSES | 1.225 à 1.500 | 2.250 à 3.000 | 8,750 à 5.500
par an par'an par an
1#Subsistan ce nm ee ctet 62 0/0 55 0/0 50 0/0 2. ENétements issues ie 16 ns 0/0 18 on 0/0 18 0/0 0,85 0/0 SPopementaneterece ren 12 0/0 12 0/0 12 0/0 k, Chauffage et éclairage... .... 5 0/0 5 10) 5 0/0 5. Education, œuvres religieuses | 2 0/0 3,50/0 | 5,50/0
étC eee Ce rte raser terre 6. Protection légale (affaires ju- |
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eticorporelle tree at | lat .] 2,50/0 3, 0/0
Il est évident que certaines dépenses varieront selon les pays, « mais la principale déduction, qui est, connue en économie politique, sous le nom de « loi de consommation d'Engel », est aussi universelle que la nature humaine... Les quatre premiers articles renferment les dépenses qui satisfont aux nécessités animales du corps : nourritude, logement, chauffage. Les quatre autres satisfont aux besoins les plus élevés. La proportion dépensée dans le premier groupe diminue avec l’augmentation du revenu, tandis que les dépenses du second groupe s’accroissent avec lui. Dans le premier groupe, la moyenne dépensée par le logement, le chauffage et l’éclairage est la même pour toutes les classes ; il en est presque de même pour le vêtement. Mais la moyenne dépensée pour la nourritude est beaucoup plus élevée chez les familles les plus pauvres. Le corps humain a d’impérieuses exigences pour sa subsistance et ne peut être satisfait au-dessous d’un certain minimum. Si le revenu est petit, il sera presque entièrement englouti pour chauffer la machine humaine, et les besoins plus élevés de
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la nature sociale, intellectuelle et religieuse ne pourront être satisfaits. »
Ces explications, quoique un peu longues, étaient nécessaires pour nous faire comprendre que si « un ouvrier gagnant un salaire moyen donne la dime de son revenu, il est digne du plus grand respect. C’est un don héroïque qu’il fait ». Lorsque, par conséquent, nous engageons nos paroissiens et nous les pressons de donner la dime de ce qu’ils gagnent à l’œuvre de Dieu, nous commettons une grave injustice à l’égard des membres pauvres de nos Eglises.
L'inégale distribution de la richesse tend à priver parfois nos Eglises de leurs membres les plus pauvres. Car ceux-ci se trouvant dans l’impossibilité de payer une cotisation même très minime, par un sentiment de respect à l’égard d'eux-mêmes, ne demandent pas leur admission au sein de nos communautés religieuses.
Mais la répartition actuelle de la richesse, menace encore l'Eglise d’un autre danger. Si une paroisse se compose d’un grand nombre de salariés et de quelques families riches, les contributions de ces dernières seront d’une grande importance pour la marche de Ia communauté. Le départ d’une seule famille fortunée peut suffire à mettre l'Eglise dans l'impossibilité de payer son pasteur ou de subvenir à son entretien. Un tel état de choses engendre presqu’inévitablement une certaine déférence à l’égard de ces paroissiens aisés. De plus, « il serait étrange que ceux qui sont les appuis financiers de l'Eglise n’aient pas le sentiment que leurs désirs doivent être décisifs au sujet de la nomination et du départ du pasteur ainsi que sur d’autres questions touchant à la vie spirituelle ». Mais alors, nous nous heurtons à une difficulté autrement grave, c’est que bien souvent les gens riches préfèreront comme pasteur un courtisan à un saint. Les difficultés les plus variées assailleront l'Eglise ; pour les vaincre, elle ne doit avoir confiance que dans la fidélité et la foi de ses membres. :
Cette situation donne au problème de la dépendance une plus grande importance encore. Car les Eglises pauvres dé-
pendent forcément des paroisses riches. Si une petite communauté devient la « mission » d’une Eglise opulente de son voisinage, elle n’a plus aucune entrave financière dans son activité, mais elle perd son indépendance et un peu de sa virilité. Même parmi les Eglises qui se suffisent à ellesmêmes, beaucoup n’équilibrent leur budget que grâce à quelques grosses souscriptions, à la merci desquelles elles sont.
Ces quelques remarques « suffisent à montrer que la prospérité financière des Eglises est liée à la santé économique de la société et que les périls d’une paroisse croissent à mesure que la richesse s’accumule en quelques mains et que les extrêmes sociaux s’éloignent davantage l’un de l’autre. »
Il est de toute nécessité de développer l’activité des laïques dans les paroisses et de donner aux fidèles la possibilité d’expérimenter leur foi religieuse dans une œuvre chrélienne. Il faut laïciser le travail de l'Eglise. C’est ce but qu'ont en vue tous les mouvements qui, dans ces dernières années, ont été créés au sein de nos Eglises et en particulier les Sociétés d’activité chrétienne. La pédagogie vous apprend, en effet, que l’on profite davantage de ce qu’on dit soi-même ou de ce qu’on fait que de ce qu’on vous dit. Il est, par conséquent, important pour les Eglises de posséder des femmes et des hommes intelligents et compétents qui ont des loisirs et des forces à consacrer au travail de la paroisse.
Mais, comme le fait judicieusement remarquer Rauschenbusch, si ces auxiliaires volontaires travaillent dans les usines ou les ateliers pendant de longues heures, soumis à des conditions hygiéniques déplorables, il n’est pas étonnant qu’ils soient incapables de consacrer à leur activité religieuse toutes les forces physiques et mentales nécessaires. « Pendant leur jeunesse et tant que leur santé
résiste, ils peuvent s’y vouer ; mais quand la vieillesse survient et que la mauvaise santé épuise leur vigueur, ils devront conserver leurs forces pour gagner leur vie. Ils viendront désormais à l'Eglise pour être encouragés et aidés, mais nullement pour y déployer plus longtemps leur activité ! Si une jeune fille est debout toute la journée du samedi et jusque très tard dans la soirée, son groupe à l’école du dimanche en souffrira. Ainsi les Eglises sont intéressées aux heures et aux conditions du travail. L’épuisement du peuple prive les Eglises. de leur aide dans son activité. »
Les qualités requises des laïques pour mener à bien leur activité dans la paroisse sont : une intelligence vive, la capacité de diriger, une grande ingéniosité. Il s’ensuit tout naturellement que les professions qui développent ces qualités fournissent les travailleurs les mieux qualifiés pour l'œuvre que l'Eglise leur confiera. « Les hommes d’affaires, les docteurs, les instituteurs forment des directeurs parfaits d'école du dimanche. » Aussi longtemps que notre vie industrielle continuera à faire de certains hommes de véritables machines et par là oubliera de développer leurs facultés mentales, elle les empêchera de devenir des travailleurs au sein de leurs Eglises. Il résulte de ces considérations que plus les membres qui se rattacheront à une paroisse seront situés au bas de l’échelle sociale, moins celle-ci pourra trouver d'hommes susceptibles de lui venir en aide. Voilà pourquoi, il est de son devoir de s'intéresser plus qu’elle ne le fait d'ordinaire au travail dans les manufactures et aux loisirs accordés aux ouvriers.
« Tel prêtre, tel peuple, » dit-on souvent. « L'état de l'Eglise dépend du caractère du ministère et l’état de celuici de la santé sociale du peuple. » Le pastorat se recrute surtout parmi les enfants de la classe moyenne, rarement dans les familles riches ou très pauvres. En général, les étudiants en théologie viennent de la campagne ou de la petite
ville, car là les saines conditions de la vie persistent plus longtemps.
La diminution des vocations pastorales est due à des causes multiples : à l’enseignement théologique actuel, à la situation religieuse dans notre pays, aux luttes et aux querelles ecclésiastiques, à la dépréciation du ministère dans les classes riches, au manque de foi chez les jeunes gens (1). Mais une des causes principales est la diminution de la classe moyenne. « Il en est de même d’une fontaine lorsque le rocher qui lui envoie son eau est détruit. »
L’inégalité de la richesse fait encore sentir ses funestes effets sur l’esprit du ministère. L'Eglise riche, la plus égoiïste, peut offrir un traitement plus élevé et de plus grands avantages sociaux que la simple paroisse ouvrière très généreuse. « La douceur et la grâce élégante peuvent compter beaucoup plus que le zèle et la spiritualité. L’enthousiasme prophétique peut même être considéré comme un défaut ! L'ambition et l’arrivisme naissent partout et menacent d’envahir la plus noble et la plus sublime des professions ! Quand nous nous apercevons que des éducateurs, des docteurs ont été « commercialisés » pour leur perte, nous nous demandons avec angoisse si le ministère aura assez de souffle divin pour échapper à cette influence ambiante !
« Mauvaise santé, changement de croyances, pénibles expériences dans le pastorat….. font souvent désirer au pasteur de gagner sa vie autrement. » Parfois il reste dans
(1) Cf. sur cette question l’enquête intitulée : La rareté des vocations pastorales, publiée par Le Christianisme au xx° siècle, 10 déc. 1909 au 11 mars 1910. Seulement, comme le manque d'étudiants dans les Facultés de Théologie est un fait général — en Suisse : diminution de 50 0/0 ; aux Etats-Unis sur 4.000 étudiants en 1894 il n’y en a plus aujourd’hui que 3.300 ; au Canada même situation ; en Angleterre des cris de détresses se font aussi entendre ; en Allemagne sur 4.190 étudiants en 1890, en 1909 il n’y en avait que 2.200 ; — il est nécessaire de chercher à ce fait général une cause universelle.
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le ministère parce qu’il ne trouve pas un autre gagne-pain, et il se remet à son travail « avec la conscience d’une contrainte économique ». « Pour l'esprit du ministère il est désirable que la porte de sortie soit largement ouverte. La vieille formule : « Une fois prêtre, toujours prêtre », est une antique relique de la religion sacerdotale.
Ainsi les vocations dépendent beaucoup de l’état de la société. Quant à l'esprit du ministère, le pasteur sent que souvent son indépendance tient à l’état social de son milieu.
A l'égard de la pauvreté, l'Eglise ne peut rester indifférente. Le nom même de chrétien serait une accusation contre elle, si elle ne s’intéressait pas aux malheureux.
Dans cette intention, on a organisé en Amérique surtout et sur une plus vaste échelle (1) que partout ailleurs, ce qu’on appelle les Eglises institutionnelles. « Si j'avais à les définir, dit le Rev. Dickinson, pasteur de Berkeley- Temple à Boston, je dirais que ce sont des organisations destinées à atteindre tout l'homme et tous les hommes par tous les moyens. (2) » Ces Eglises, avec toute leur organisation, « essaient de faire pour ceux qui vivent dans des conditions anormales ce qu’ils feraient eux-mêmes s'ils étaient soumis à des conditions normales ».
« Mettre en contact l'Eglise du Christ et les populations
(1) Voici quelques-unes de ces Eglises américaines avec la valeur de leurs bâtiments et leurs dépenses annuelles : Berkeley Temple à Boston : bâtiments : 500.000 francs ; dépenses : 25.000 ; Pilgrim Church Institute de Cleveland : bâtiments : 750.000 francs, dépenses : 10.000 francs ; St-Bartholomew’s. Parish House à New-York : bâtiments : 7 millions 500.000 francs , dépenses : 500.000 ; Baptist Temple à Philadelphie : bâtiments : 3 millions 650.000 francs, dépenses : 750.000. (Cf. une visite à St-Bartholomew’s. Parish dans La religion dans la société aux Etats-Unis, par Henry Barë&y, p. 229).
(2) Bziss. — The new Encyclopedia of social Reform, article sur Institutional churches.