IT. NÉCESSITÉ DE NOUVELLES MÉTHODES
Il ne faut pas déprécier les méthodes, car elles sont indispensables à tout travail sérieux. Cependant c’est
(1) J. STRONG. — The New-Era, p. 252,
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une grande erreur dans l’activité chrétienne que d’attendre tout de leur efficacité, car on ne peut rien sans puissance spirituelle.
Strong fait remarquer judicieusement que, partout, il ÿ a amélioration des méthodes : en médecine, dans toutes les branches de la science, dans le commerce, dans Part militaire. Mais dans l'Eglise, seule, les méthodes de travail n’ont pas progressé !
Et l’auteur de The New-Era se lamente sur le peu d’influence exercée par les Eglises américaines dans les villes dans lesquelles elles travaillent. Mais, nous aussi, en France, nous pouvons nous attrister en constatant combien maigres sont les résultats de l’activité de nos Eglises. Nombreuses sont celles qui ne s’accroissent pas, qui restent stationnaires, ou pour qui, chaque année marque un nouveau recul ! Même parmi les autres, le résultat répond-il toujours à l’activité déployée, aux efforts accomplis ? Voici, par exemple, une paroisse dans une ville de 30.000 habitants qui compte 263 membres électeurs et qui ne s’accroit, en moyenne, que de 25 membres par an. Dans une autre ville de 125.000 habitants et sur 400 membres se rattachant à l’association cultuelle, l'augmentation annuelle n’est que de 32 nouveaux. Enfin, dans une autre grande cité, sur 408 membres électeurs et sur 527 membres adhérents, il n’y a eu augmentation que de 75 nouveaux membres.
« Pourquoi donc n’y aurait-il pas d'aussi grandes possibilités dans le monde spirituel que dans le monde naturel ? Christ se servait de l’un pour illustrer l’autre et parlait d’un rapport de 30, 60 ou 100 pour un en une année seulement — non pas pour cent, mais pour un. — Trente pour un qu’'Il considère comme le rapport minimum, cela signifie 3.000 pour cent. Par conséquent, chaque membre d'une Eglise devrait amener trente autres adhérents. Il ressort qu’une association cultuelle comptant 263 membres, pour s’accroître selon les règles du Christ, devrait s’augmenter annuellement de 7.890 membres nouveaux ! et une
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autre ayant 408 membres électeurs devrait aussi recueillir dans l’année 12.240 prosélytes ! Quelle est l'Eglise qui peut prétendre qu’elle met en pratique la parabole du semeur ? |
En ce qui regarde l’évangélisation des paiens, nous faisons les mêmes constatations. Ainsi: « La population païenne et mahométane du monde a augmenté de 200 millions depuis cent ans; tandis que les convertis et leurs familles ne s'élèvent pas à 3.000.000 ! (1) »
Devant ces faits angoissants, la conclusion qui s'impose est qu’il faut absolument perfectionner les méthodes de nos Eglises. Celles que nous employons jusqu’à maintenant sont en général par trop insuffisantes et il est temps que nous les adaptions aux nouvelles conditions de notre époque. Il faut que nous fassions la revue des principes de notre activité, car nos Eglises dépérissent rapidement et mourront, si nous ne leur apportons pas immédiatement un remède efficace.
Cette crise que traversent nos Eglises doit produire un retour en arrière et une marche en avant, « un retour à l’enseignement du Christ sur les relations de l’homme avec son prochain, et un progrès dans l'application du Christianisme à la vie organisée de la société ».
La meilleure méthode à employer par les Eglises — à part celle des Eglises institutionnelles qui, vu les dépenses auxquelles elles entraînent, ne peut être appliquée que par les paroisses fortunées — est celle qui a pour fondement ces deux principes : d’abord il faut que chaque membre de lEglise prenne nettement conscience de la tâche qui lui incombe ; il faut ensuite que l'Eglise s’organise.
Le premier principe est bien rarement mis en pratique dans nos Eglises. Elles prennent en général un pasteur qui à leur place aime et sauve les hommes. Ainsi les parois-
(1) Rev. James JOHNSTON. — À century of protestant missions p. 9.
siens en arrivent à penser qu'ils peuvent se dispenser de toute activité grâce à l’argent. Le pasteur, payé par eux, est chargé de faire à leur place le travail religieux ! Ils ne disent plus : « Me voici, Maître, envoie-moi, » mais « il est mon mandataire, je l’enverrai à ma place ». Ils n’agissent plus, comme le Bon Samaritain qui prit soin lui-méme du blessé. Eux, ils se contentent d'envoyer un billet de banque, chaque année, aux œuvres d’évangélisation et ils estiment avoir rempli tout leur devoir à l’égard des incrédules qu’ils rencontrent tous les jours !
Mais il faut aussi reconnaître que parfois, si les laïques sont oisifs dans une paroisse, c’est la faute du pasteur qui n'a pas su discerner en eux des collaborateurs. Il est indispensable que le pasteur se fasse aider. Comme l’a dit un chrétien « le pasteur ne doit pas faire le travail de dix, mais il doit mettre à l’œuvre dix personnes ». L’Eglise doit ressembler à une ruche où chacun a son activité.
Il faut remarquer que tous les maux dont souffre notre société : criminalité, alcoolisme, immoralité, ont une même cause : la désorganisation et souvent la destruction du foyer. La tâche urgente, par conséquent, de notre époque, est de réorganiser le home : là, l’action de l'Eglise pourra s’exercer par les visites à domicile. Mais ce travail est trop considérable pour le pasteur seul, il a besoin de l’activité des laïques. Jadis les maisons de commerce attendaient que les acheteurs viennent à elles, mais maintenant elles ont des employés qui vont chercher les commandes. Il faut que l'Eglise entre dans cette voie.
Mais si l'Eglise accepte cette tâche, il sera nécessaire qu’elle s’organise fortement. Tout autour de la paroisse se combine, s’unit ; la force ne se trouve que dans une solide organisation. Il faut que l'Eglise, elle aussi, fasse de même. Mais sur quelle base pourra-t-elle le faire ? En appliquant le principe du contact personnel et celui de Îa coo-
pération.
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