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DES CINQ-FONTS A AUTHON

Le village de Saint-Lubin doit son nom au saint évêque de Chartres, qui passa cinq ans dans sa solitude, et y opéra plusieurs miracles, avant d'être appelé à diriger l’abbaye de Brou.

C’était autrefois une paroisse située dans un charmant vallon, d’où s’échappent cinq fontaines qui lui ont donné son surnom (Saint-Lubin-des cinq fonts). Son église, dont il ne reste plus que le chœur converti en chapelle, était une des plus spacieuses et des plus remarquables de la contrée. Elle devait son origine aux seigneurs de l’endroit, Gautier de Saint-Lubin, l'un d’eux, ayant renoncé au monde pour se faire moine à Thiron, en fit don à cette abbaye (Cart. de l’abbaye de Thiron, année 1128).

Ceci explique pourquoi saint Bernard, dont il fut un des premiers disciples, vint plusieurs fois visiter Saint-Lubin et les Motais, apanage de Robert, frère aîné de Gautier, de qui relevait le fief de Saint-Lubin. A l’un de ces voyages, on lui présenta un enfant venu au monde avec une tumeur cancéreuse, qui allait en se développant et finissait par couvrir entièrement un de ses yeux. Le saint abbé traça le signe de la croix sur le front du petit malade, et aussitôt la tumeur disparut (Abbé Haye Martyrologe de l'Eglise de Chartres).

Cinq siècles plus tard, le village de Saint-Lubin était le théâtre d’un tout autre événement. La secte protestante, assez répandue dans la contrée d’Authon, comptait plusieurs adhérents, et des plus notables, parmi les habitants de Saint-Lubin. Or, le 1er décembre 1604 qui était un dimanche, après la messe, Antoine des Marais, seigneur de Beauregard, qui avait provoqué les catholiques, fut massacré par eux à la porte de l’église. L’année suivante, à la même heure, Charles de Rousseau, seigneur de Rougemont, avait le même sort.

La paroisse de Saint-Lubin subsista jusqu’à la suppression

du culte, vers la fin de l’année 1792. Supprimée au Concordat, elle fut réunie à celle d’Authon, dont elle est maintenant un hameau. L'église abandonnée tombait en ruine, lorsque en 1864 Mme la comtesse de Chamoy, propriétaire de la Goguerie, château de Saint-Lubin, obtint de la commune d’Authon l’autorisation de l’abattre, à l’exception du chœur, qu’elle se chargea de faire restaurer, et qui est devenu la chapelle d’aujourd’hui.

On a conservé à l'autel principal un ancien tabernacle en bois, qui n’est pas sans mérite. La cloche du modeste campanile, qui surmonte le pignon de ladite chapelle, remonte à l’an 1761. Elle porte les noms de Renée-Madeleinc-Jeanne , et eut pour parrain René Ursin Durand de Pisieux, seigneur de Mongraham, et pour marraine Madeleine Durand de Pisieux, épouse de Jean- Alexandre de Rohard, seigneur de la paroisse.

Le culte de Saint-Lubin est demeuré en honneur dans la contrée. Deux fois par an, le 14 mars et le 15 septembre, d’assez nombreux habitants des paroisses voisines s’y rendent en pèlerinage, ce qui est pour le pays l’occasion d’une double fête.

CHAPELLE DE MONTUEL

Ce petit monument, du plus beau style ogival flamboyant, avec ses contreforts surmontés de pyramides fleuries, ses pignons aigus ornés de crochets, ses fenêtres à meneaux et trèfles offre un ensemble gracieux que le cadre enchanteur des grands arbres entoure d'ombre et de mystère.

On pénètre dans la chapelle par une porte surmontée de deux écussons, gravés lors de la dernière restauration. L’un porte : « De gueules à la croix d'argent » qui est de la Religion, d’après l’opinion erronée que le château voisin aurait appartenu dans l'origine à l'ordre des Templiers ; le second porte : « De gueule * à la bande d'argent chargée de trois cloches de sinople » surmonté d'un casque taré de profil, avec ses lambrequins Ce sont les armoiries des Bouchet de Montuel. Elles furent enregistrées Je 12 juillet 1G67 par arrêt du parlement de Rouen ».

Les vitraux qui garnissent les baies sont dignes d’attention, «ffls datent de 60 ans environ et reproduisent exactement les bas-reliefs de la porte de bronze de Florence». La fenêtre du fond est consacrée à la vie de saint-Jean-Baptiste en neuf tableaux : Naissance de saint Jean ; Baptême de Notre-Seigneur ; Conseils de saint Jean à Hérode; Saint Jean en prison ; Festin d’Hérode ; Danse d’Hérodiade ; Saint Jean décapité; Hérode reçoit la tête de saint Jean dans un plat; Hérodiade l’offre à sa mère. Dans les flammes supérieures, la sainte Vierge, assise en majesté, est vénérée par deux anges. C’est à la sainte Vierge d’ailleurs que la chapelle est dédiée.

Le maître-autel, scellé en dessous, est en pierre, deux colonnes de marbre avec chapiteaux de cuivre doré soutiennent la table du tombeau. Il a été consacré par Mgr Mollien, évêque de Chartres, le 24 octobre 1897. Il est accompagné, à gaiîche et à droite de statues et de tableaux, l’un de ceux-ci, d'un style oriental, repré sente la Vierge et l’enfant Jésus bénissant trois anges à genoux. A remarquer également deux petits tableaux en bronze figurant en relief Jésus guérissant les malades sur les rives du lac de Tibériade, et le repas de Jésus chez Simon avec Madeleine aux pieds du Sauveur. Ils sont signés : F. Levastre, 1853.

Au fond de la chapelle se voient plusieurs épitaphes gravées en creux et dorées. Les voici par ordre de date :

« Louis-Claude Boucher de Montuel, ancien député, chevalier des ordres de Saint-Michel et de la Légion d'honneur, 30 septembre 1854, 77 ans. »

— « Louis-Philibert- Jules Perret, 23 juillet 1860, 74 ans. »

— « Marie Dupré de Billy, veuve de Louis-Claude Boucher de Montuel, 20 décembre 1867, 84 ans. »

— « Louis- Antoine-Edmond Bouchet de Montuel, maire de Montigny, 16 décembre 1890, 81 ans. »

Une très belle lithographie, due au crayon de M. le comte de Courteilles, représente cette, chapelle et le vieux manoir, pris de la vallée de l’Avre. La gravure ci-jointe est l’œuvre de M. l'abbé Belaue.

ÉG14SK Ü ARKÜL

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