CHAPELLE DE L’HOTEL-DIEU
Cette chapelle qu’on aperçoit dans le plan de Chastillon au point F , est sous le vocable de la Sainte-Trinité. Sa construction remonte au XIIIe siècle, ses colonnes, ses voûtes et ses fenêtres sont du style le plus pur.
L’autel moderne en pierre, richement sculpté à jour, est sorti des ateliers de M. Lanson, d’Orléans, de même que la table de communion finement ciselée. Trois statues ornent l’autel : Notre-Dame des Victoires, au milieu ; saint Joseph et saint Antoine, de chaque côté ; chacune dans une niche ajourée surmontée d’un clocheton. Les trois verrières du fond ont été peintes par M. Lorin, de Chartres. Une somme d’environ 8,000 fr. donnée par l’empereur Guillaume à la mère Saint-Henri, en reconnaissance des soins dévoués donnés aux blessés prussiens, a été consacrée à l’ornementation de cette chapelle.
Des peintures artistiques y ont été exécutées en 1872-1874, par M. Turpin, de Lille, aux frais de madame de Verthamon, en souvenir de son mari mort à Janville, à la suite du combat de Loigny, le 2 décembre 1870.
On conserve dans cette chapelle un grand nombre de saintes reliques, en voici la liste :
SS. Anastase, Agathe, André, Anne. Antoine, Béatrice, Bénigne , Catherine de Sienne , Charles Borromée , Clotilde, Dominique, Elisabeth, Félix, Fortunat, Henri, Jean-Baptiste, Joseph, Laurent, Louis de Gonzague, Marc, Marguerite-Marie, Paul, Pierre, Rose de Viterbe, Vincent, la B. Vierge et parcelle de la Vraie- Croix.
Cet hôtel-Dieu avait été fondé dès avant le VIIIe siècle, il fut saccagé pendant les guerres des Normands. Au XIIIe siècle, il était desservi par des chanoines, mais les religieux du prieuré Notre-Dame en conçurent quelque ombrage et obtinrent du pape Innocent III une bulle que Manassès, évêque d’Orléans dût exécuter en 1215 ; une partie des biens furent donnés aux
religieuses de Veisins, et le reste abandonné pour l’entretien des pauvres malades. D’après la charte, la chapelle était alors en construction « ceperat edificari capella » elle ne fut pas achevée, les ressources devenant insuffisantes. D’ailleurs cette chapelle « fut brûlée, comme tant d’autres édifices religieux, par les protestants, pendant les guerres de religion ; mais elle ne fut pas entièrement détruite par l’incendie; le feu avait seulement laissé, sur la voûte et sur les murailles, des traces qu’on a retrouvées lors de la restauration de l’édifice. »
Cet hospice, desservi par les religieuses de Sainville,aujourd’hui de la Présentation de Tours, a perdu sa destination première, il y a quelques années. L’école communale des filles et l’asile y ont été établis et l’Hôtel-Dieu transféré dans la verte maison élevée sur l’emplacement de l’ancien château du roi.
« L’an 1757, le 21 . novembre a été faite la bénédiction d'une cloche de l’Hôtel-Dieu de cette ville, laquelle fondue à Orléans, s’est trouvée peser 203 livres et a été nommée Antoine par maistre Jean Charles Petit, conseiller du roy, controlleur ancien au grenier à sel de cette ville, administrateur honoraire dudit Hôtel-Dieu et par dame Marguerite Agathe Grandvaux, épouse de maître Louis-Thomas Amy, conseiller du roy et de S. A. S. Monseigneur le duc d’Orléans, premier prince du sang, lieutenant général au baillage et châtellenie royale de cette ville. » La gravure représentant l’intérieur de la 'chapelle a été dessinée par M. l’abbé Belaue.