ÉGLISE DE MANOU
Cette église, consacrée à S. Pierre et à S. Paul, remonte au XIIe siècle. Elle conserve de cette époque quelques fenêtres romanes, à plein cintre. De larges contreforts la consolident de toutes parts Elle fut souvent remaniée depuis, aux XVIe et XVIIIe siècles et tout récemment encore. Les derniers travaux lui ont donné à l’intérieur un caractère plus moderne ; les voûtes, les embrasures des fenêtres, et, à l’extérieur, le nouveau clocher affectent le style ogival. L’ensemble est gracieux, agréable, et fait honneur à tous les promoteurs et entrepreneurs de cette restauration. Mais nous aurions préféré voir respecter le style primitif.
Le plan de l’église est actuellement d'une régularité parfaite, en forme de croix. Les dimensions sont les suivantes: longueur, 35 mètres ; largeur, dans la nef, 6 mètres ; dans le sanctuaire, 5 mètres ; hauteur de la voûte, 9 mètres au-dessus du pavé. Les chapelles mesurent 6 mètres de profondeur et 8 mètres de largeur, avec une voûte élevée de 6 mètres au-dessus du sol.
On remarque à la voûte de la nef un écusson, peut-être simple fantaisie du peintre. Il n’en est pas de même d’un autre écusson gravé sur la porte d’entrée de l’église. Il est parti au 1tr semé de croisettes au chef emmanché , et au 2e semé d'annelets au chef trilobé. Au-dessous, des feuillages finement sculptés semblent le soutenir. Ce sont les armoiries de la famille d’O, alliée à la famille d’Illiers, bienfaitrice de l’église.
Les dernières restaurations furent commencées en 1870 par M. l’abbé Pelletier, curé. On lui doit la voûte de la chapelle de la sainte Vierge, une sacristie bien meublée, et en 1875, la chapelle saint Joseph, la reconstruction du sanctuaire et la plus grande partie des voûtes.
Le devis de ces derniers travaux s’élevait à 14700 francs. Cette somme fut couverte par l’administration fabricienne, par des souscriptions recueillies dans la paroisse, par des offrandes de personnes généreuses, et par des subventions du Département et de l’Etat.
Il s’agissait, dit le devis, dressé le 1er février 1875, par M. Piébourg, architecte à Chartres, de procéder à des travaux de restauration et d’agrandissement.
« Les travaux d’agrandissement projetés comprendront 1° la « construction de la chapelle Saint-Joseph, en pendant à celle « de la Vierge existant déjà ; 2* en la démolition de la clôture « séparant le chœur de l’ancien sanctuaire qui serait rendu à sa « destination primitive. »
« Les travaux de restauration consistent principalement en « réfection du bardeau, de la voûte et du carrelage du chœur et « du sanctuaire et de la chapelle de la Vierge, et agrandissement « des fenêtres de la nef principale. »
Le 14 mars, la fabrique approuvait ce devis : les 23 mai et 22 juillet 1875, le conseil municipal donna son avis favorable « à l’érection de la chapelle et à la restauration du sanctuaire. » Ces travaux furent exécutés dans les deux années 1876 et 1877-
L’ancien autel en bois, orné d’un immense rétable à tableau, fut démoli et remplacé par un autel en pierre, style ogival, l’ancien sanctuaire fut reconstruit et agrandi .
Les fenêtres de ces trois parties furent garnies de vitraux sortis des ateliers de M. Duhamel, d’Evreux, et offerts généreusement par les plus pieuses familles de la paroisse. Il suffira de nommer MM. Goupil, conseiller d’Etat et conseiller général d’Eure-et-Loir, propriétaire du château de Manou, Collin, baron de la Perrière, trésorier générai d’Eure-et-Loire, Raton de la Goupillière, marquis de Reverseaux, M. Régnard, etc.
Les sept verrières du sanctuaire représentent le Sacré-Cœur^ la tradition des clefs à saint Pierre, saint Jean-Baptiste dans le désert, saint Paul devant l’Aréopage, saint Louis avec Blanche de Castille, exécutés en 1878 ; Jésus bénissant les enfants, saint Michel terrassant le démon, 1880.
Dans la chapelle de la sainte Vierge, une Vierge à la chaise ? et Marie avec saint Joachim et sainte Anne.
Dans la chapelle de saint Joseph, la mort de ce bienheureux
patriarche, et une scène d’intérieur de la sainte Famille: la Vierge file sa quenouille, Jésus et Joseph taillent une croix. 1876.
En 1895, l’œuvre fut reprise par M. l’abbé Geslin, curé, d’après les plans de M. Piébourg, architecte à Chartres. La nef fut voûtée, deux nouveaux vitraux peints furent placés, consacrés à sainte Anne et à sainte Claire
Mais la principale entreprise fut la construction du clocher. L'antique flèche en bois qui s’élevait au milieu de la toiture avait
dû disparaître avec les entraits, et aiguilles de la charpente qui la soutenaient, enlevés lors de la confection de la voûte.
- Une tour, haute de 16 mètres, fut construite au-devant de la porte d’entrée, en pierre de roussard bien appareillée, extraite de la forêt de Senonches.
Les baies ogivales, les moulures. la rosace, la flèche haute de 14 mètres, l'escalier hexagonal situé à droite, forment un ensemble d’un aspect sombre sans doute mais artistique et monumental.
La première pierre, contenant un écrit relatant les noms des bienfaiteurs et des autorités, fut bénite le 6 juin 1896.
On a réservé dans cette tour une tribune ouvrant sur l’église par un jour spacieux ménagé dans l’ancienne fenêtre du pignon. La cloche nommée Marie-Françoise a été bénite le 12 juillet 1812. On voit dans le sanctuaire, derrière l’autel deux pierres tombales, l’une de Nicolas de Manou, datée de 1271, 1 autre de dame Hélène d’IUiers, épouse de Jean d’O, conseiller du roy, capitaine des gardes françaises, décédée en mars 1602. A 1 angle supérieur de celle-ci, à droite, on distingue un écusson semé de six annelets posés 3,2,'/ .
Nous devons le dessin de cette église à M. Emile Boursier.