ÉGLISE DE GILLES
Cette église, placée sous le vocable de saint Aignan, est bâtie en moellons calcaires tirés des carrières d'Oulins, et flanquée à l’extérieur d'élégants contreforts en grès, à ressauts et larmiers. Elle mesure 23 mètres de longueur sur 9 mètres de largeur.
La nef, longue de 17 mètres, a une voûte en plein cintre enduite de plâtre, moins élevée que celle du chœur, et supporte un petit clocher, octogone, dont le dôme, de forme peu usitée dans le pays, se rapproche du style bysantin. Elle est éclairée par trois fenêtres romanes du XIIe siècle, dont l'une est munie d'une grisaille, avec un médaillon représentant sainte Geneviève. Au dessus de la grande porte d’entrée, également n plein cintre (ainsi que la petite porte à droite) a été ouverte, en 1894, aux frais de M. de Bouffé, une rosace du meilleur effet.
Le chœur et le sanctuaire, de construction plus récente, ont 12 mètres de longueur sur 9 mètres de large. Cette partie reçoit la lumière par six fenêtres ogivales, probablement du XIVe ou XVe siècle, munies de vitraux sortis des ateliers de M. A. Bergès, de Toulouse, où sont représentés le bon Pasteur, les quatre Evangélistes et sainte Renée, patronne de la donatrice, Mmc de Launay de Bouffé. On voit également quelques vestiges d'anciens vitraux, non sans mérite, sur l’un desquels on lisait l’inscription suivante-: « M10 Loys Le Jardinier, grand vicaire de Mons. I Evêque de Séès, natif et curé de Gilles, a donné cette vitre. 1559. »
La voûte est en bardeau. Celle de la nef a les filières et les entraits ornés d’animaux fantastiques, celle du chœur fut peinte en 1761, parles soins de M. Antoine David, curé.
L’autel et son retable sont de style grec, le tableau du milieu représente saint Louis, recevant la couronne d'épine ; il fut placé vers 1772, du moins on refit alors « le fronton du maître-autel et on décora le contretable. »
Au sud a été construite, en hors d'œuvre, une chapelle dédiée à la sainte Vierge, mesurant 11 mètres sur 6 mètres. Elle s’ouyre sur la nef par deux lourdes arcades peu élevéees, soutenues
par deux pilastres et une énorme colonne. Dans l’une des deux fenêtres est représentée la Vierge tenant l’enfant Jésus sur ses bras. Sur le retable de l’autel est une statue de sainte Barbe assez appréciée. Sur une pierre tombale est gravée la figure d’un seigneur du pays, malheureusement l'inscription est effacée
Avant la Révolution, le clocher avait trois cloches. La plus grosse fut transportée à Dreux ; la seconde est encore à Mondreville (Seine-et-Oise) ; elle porte l’inscription suivante que nous complétons d’après le procès verbal de sa bénédiction. « L’an 1788, j’ai été bénite par messire Gadeau, curé de cette paroisse, et nommée Louise par messire Anne Lucien (Marie) de Launay, ancien mousquetaire de la seconde compagnie de la garde du roy, seigneur de Gillebois et des Routis, et par demoiselle Catherine Julie Gadeau (fille majeure de feu M. Bonaventure Louis Gadeau, vivant seigneur de Gohory et de Courtipele, et de feue demoiselle Marie Louise Gohory, vivante dame de Vieuvic, à cause du fief et seigneurie de Lépinay.) »
Sur la cloche actuelle on lit : « J’ai été bénite en décembre 1808 par Claude-René Gendrel, desservant, et j'ai été nommée Henriette par M. Antoine-Jacques Faustin Léger et madame Marie- Henriette Besnard, épouse de M. Jérôme Carnet. M. Charles Delépinay et M. Jacques Delahaye, administrateurs de la fabrique. Les Thériot frères m’ont fait. »
Une pierre incrustée dans la muraille rappelle une fondation de messe faite par messire Jean Maignan, curé de Gilles, le 10 octobre 1644.
Le dessin de l’église est de M. Duflo.
EGLISE DE BRUNELLES
EGLISE DE BRUNELLES
L’église de Brunelles toute entière, sauf sa tour et sa charpente, date du XVe ou du XVIe siècle.
Restaurée en grand en 1867 par M. l’abbé Brunet, elle ne montre qu’aux connaisseurs les traces certaines de sa légère antiquité.
Elle semble avoir été construite en deux fois : le chœur paraît plus ancien que la nef ; en tout cas le chœur et la nef font deux parties bien distinctes à peu près égales, séparées par un mur à large baie.
Elle mesure intérieurement une longueur totale de 31 mètres, y compris la tour, sur 8 mètres 90 de large.
Le chœur est voûté en pierres sous les entraits et n’a que 6 mètres de hauteur.
La voûte est en plein cintre et porte à une des clefs des armes effacées, probablement celles des seigneurs de Brunelles. Le chœur a 12 mètres de long ; il est éclairépar deuxfenêtres en style flamboyant dotées de grisailles d’un goût qui a vieilli. Une fenêtre bouchée, de style semblable, existe derrière le rétable du maître-autel.
Le sanctuaire est à trois pans coupés, l’autel est muni d’un rétable en pierres de style renaissance ; il est accompagné de deux petits autels servant de crédence.
La nef qui mesure 15 mètres de longueur a une voûte en bois et plâtre à l’imitation de la vieille voûte du chœur ; elle a été faite aussi sous les entraits en 1867, et n’est pas plus élevée que celle du chœur. Le bardeau existe encore au-dessus ; il ne date que de cent trente ans.
La nef est éclairée de trois fenêtres de chaque côté, toutes de style flamboyant.
M. Garancher, en 1893, pour que tous les fidèles aperçoivent le tabernacle et aussi pour donner plus de jour au chœur, a fait
enlever les deux petits autels et leurs rétables en pierre qui fermaient en partie l’entrée du chœur. Il a sagement disposé en biais les tombeaux des autels déplacés.
Ces deux anciens autels de même style que celui du sanctuaire avaient été posés en mars 1674 par maître Jean Sortais, curé de la paroisse pendant cinquante-huit ans.
La tour de Brunelles a 30 mètres de haut ;c’est une construction carrée à trois étages avec de minuscules ouvertures, surmontée d’un dôme assez réussi.
La première pierre de cette tour a été posée le 9 juin 1768 par messire J. B. Gouin, écuyer, seigneur de Brunelles, Champrond, Yichères et autres lieux.
Cette tour remplace une flèche, élevée sur le bas de la nef, qui fut incendiée par le feu du ciel le 21 juillet 1767.
Les trois cloches baptisées en 1724, la charpente toute entière et l’église furent détruites en ce violent incendie.
A la fin de 1771 eut lieu le baptême de quatre cloches dont trois pour l’église paroissiale et la quatrième pour la chapelle de la Madeleine, près du hameau des Vieux-Murs.
Pour la première cloche, le parrain fut Je seigneur de Brunelles et la marraine Marie-Magdeleine de Barnevalle, abbesse de l’abbaye de Notre-Dame du Val d’Arcisses.
En ce siècle, le 14 octobre 1855, il y a eu une nouvelle bénédiction de deux cloches, faite par M. Brière, curé de la cathédrale de Chartres.
La première cloche, appelée Louise-Anna-Marie , eut pour parrain le R. P. Hue, missionnaire apostolique, et pour marraine la comtesse de Mons.
La deuxième, appelée Alexandrine-Désirée, eut pour parrain M. Lepoivre, maire de Brunelles, et pour marraine Mü0 Sortais, sœur du maire de Champront.
En reconnaissance de l’honneur qui leur avait été décerné, les deux maires de la paroisse payèrent de leurs deniers à l’église le chemin de la croix actuel, qui fut érigé le 28 octobre de la même année par M. Durand, curé de Saint-Denis d’Authou :
Récemment (1897 et 1898) des travaux d’embellissement ont été exécutés dans l'église par M. Fr. Debray, habile menuisier au bourg. Les autels déplacés par M. Garancher ont été refaits et surmontés de niches gothiques d’un bel effet ; enfin un beau
confessionnal et une nouvelle chaire complètent l'ameublement de l’église.
La paroisse de Brunelies possède depuis deux cents ans les reliques de saint Alexandre, martyr, un des sept fils de sainte Félicité. Avant les jours néfastes de 1793, l’abbaye d’Arcisses, située sur la paroisse, possédait ce précieux corps tout entier. C’était un don de M. de Chaumont, ambassadeur de France à Rome (de 1690 à 1697), à sa sœur Jeanne de Chaumont, deuxième abbesse d’Arcisses. Lorsque l’abbaye fut détruite à la Révolution, les reliques furent transférées solennellement en l’église paroissiale. Aujourd’hui la communauté de l’Immaculée-Conception de Nogent possède la moitié de ce corps saint après l’avoir possédé tout entier de 1826 à 1858; et cela, par un abandon coupable du conseil de fabrique à M. l’abbé Beulé, l’habile diplomate de Bonaparte près du Saint-Siège.
Un procès fameux qui dura de longues années se termina comme le jugement de Salomon et fit rentrer la paroisse de Brunelies en possession de la moitié des reliques seulement du jeune martyr.
Elles sont aujourd’hui tantàNogent quaBrunelles renfermées dans de magnifiques reliquaires en cuivre verni. A Brunelies une belle statue du jeune saint surmonte l’autel où est vénérée sa tête tranchée pour le Christ.
E. Humily,
Curé de Brunelies.
EGLISE D OIN VILLE-S A1NT-LIPH A RD
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ÉGLISE D’OINVILLE-SAINT-LIPHARD
Citée déjà au Xe siècle1, l’église actuelle d’Oinville ne remonte pas cependant au-dela du XIIe siècle, à son déclin, ou au commencement du XIIIe siècle. Le sanctuaire n’a plus la forme ronde, mais il est à pans coupés ; les fenêtres ne sont plus à plein cintre, mais elles n'ont pas encore la lancette bien formée et l’ogive apparaît indécise. Deux énormes contreforts, évidemment postérieurs, flanquent les deux angles du sanctuaire ; la tour carrée, accolée au côté gauche, en hors-d’œuvre, est massive et soutenue d’une part par l’église et à l’extérieur aux deux angles par des contreforts en pierres taillées et à plusieurs retraits, s’élevant quasi jusqu’au sommet. La partie supérieure est éclairée sur les quatre côtés par deux fenêtres géminées, surmontées de moulures, accompagnées de colonnettes avec chapiteaux.
A droite une chapelle, profonde de 6 mètres et large de 6 mètres 60, possède également des contreforts à chacun de ses deux angles extérieurs.
L’église, en œuvre, est longue de 28 mètres 40 et large de 8 mètres 15, elle se rétrécit insensiblement jusque dans le sanctuaire où elle n’a plus que 7 mètres 80 de large.
Nous laissons à un conférencier de 1869 le soin de poursuivre cette description.
« L’église n’a de voûtées que deux petites chapelles latérales à droite et^à gauche du sanctuaire, dont l’une sert de passage du presbytère à l’église et l’autre de sacristie.
« La nef est voûtée en berceau d’un mauvais bardeau recouvert d’un badigeon, sans moulures ni peintures quelconques On aperçoit aux alentours du chœur des colonnes assez basses aux chapiteaux grossièrement sculptés, de style roman, qui attendent encore les arceaux d’une voûte future. Parallèlement au chœur,
i Vers 1155, Isembard de Broyés, évêque d'Orléans, donne à l'église de Chartres l’église d'Ingré ; Agobert, évêque de Chartres, abandonne au chapitre de Saint-Liphard de Meung l'église d’Oinville-en-Beauce, qui prit dès lors le nom d’Oinville-Saint-Liphard (Cariai. de N.-D. de Chartres , ch. XVI).
derrière la chapelle de droite est un enfoncement ménagé pour une chapelle. Un plancher très simple, composé de deux poutres et de leurs solives, recouvertes de planches aujourd’hui en mauvais état forment toute l'architecture de cette chapelle. Néanmoins, aux angles, s’élèvent des colonnettes attendant leurs nervures. Pas de cintre qui donne communication de la grande nef à l’intérieur de la chapelle, une simple poutre, jetée sur les deux prolongements du mur principal, malgré une assez grande portée. Je penserais que cette chapelle a été ouverte après coup; elle présente bien peu de caractères à l’archéologue pour qu’on puisse lui assigner une date, néanmoins les colonnettes semblent signaler le commencement du XIIIe siècle. »
Depuis cette époque, sous prétexte de restauration « on a abattu entièrement un bas-côté ; on a baissé la charpente et par là même la toiture de l’église à l’extérieur; à l’intérieur on a fait, au-dessous de l’ancien bardeau, une espèce de plafonnage, en anse de panier, composé de lattes, le tout recouvert de plâtre. » « Les fenêtres du chœur sont ornées de verrières consacrées au Sacré-Cœur, à saint Liphard et à saint Firmin. »
La tour, sans flèche, couverte en bâtière, contient deux cloches, bénites en 1808 par M. Théodore Auger, curé d’Oinville; l’une, nommée : Louise-Madeleine-Joseph, par M. de Romanet, général de brigade et maire d’Etampes, et par Mme de Sabrevois, épouse de M. Michel-François Groult de la Planche, ancien capitaine d’infanterie, maire d’Oinville; l’autre nommée Jacques- Adélaïde, par M. Baron, propriétaire de la terre de Champilorj et par Mm* Baron, sa fille, épouse de M. de la Croix de Castries. La première pèse 1018 livres et donne le sol; la seconde pèse 725 livres et donne la note la.
La porte d’entrée est précédée d’un porche.
Signalons deux particularités.
En 1761, fut enterré dans l’église, Philippe-Charles Racle, conseiller honoraire du Parlement de Metz et seigneur de Melleray, âgé d’environ 79 ans, lequel « attendu les très honorables et qualités personnelles du défunt, toujours autant utile au temporel des habitants que pour le spirituel . . . eut sa sépulture dans le chœur, du côté de l’Evangile, au bas de son banc... et pour le privilège et droits de fabrique furent donnés, au lieu de 50 pavés d’un pied carré pour être tant sur sa fosse que où il convient
placer, selon l'usage, 24 livres, laquelle somme a servi à payer partie des carreaux d’ardoises et autres qu’on mit au chœur en 1761. »
En 1763, une ordonnance fit défense aux jeunes gens « qui s'immiscent de s’assembler et de s’attrouper avec fusils et autres armes à feu, lorsque le sieur curé d’Oinville administre soit le sacrement de batesme, soit celuy de mariage et les fiançailles qui le précèdent, et tirent inconsidérément avec lesdites armes à feu aux portes de ladite église, mesme jusque dans icelle, ce qui occasionne un scandale des plus grands, eu égard au lieu saint, et trouble même le sieur curé dans les fonctions du sacré ministère... sous peine de 20 livres d’amende pour la première fois et de plus grande peine en cas de récidive... »
Docteur Or. GILiLARD