A LA MÉMOIRE DE
L’Abbé P. -A. DENIS
Fondateur et premier Curé DE' L’EGLISE SAINT-ÉLOI DE PARIS Chanoine de Montpellier Membre de la Société des Gens de Lettres , etc.
Baptisé dans l'église de Gallardon 10 FRUCTIDOR AN X (28 ROÛt 1802).
ÉGLISE DE GALLARDON
’église paroissiale de Gallardon, dédiée aux apôtres saint Pierre et saint Paul, est située presque au milieu de la ville, sur une place autrefois désignée sous le nom de cloître. Elle passe à bon droit pour un des édifices religieux les plus remarquables de notre Beauce et figure avec honneur sur la liste des monuments historiques du département d’Eure-et-Loir.
Fondée au cours du XIe siècle, par Herbert de Gallardon et consacrée sous le vocable de la bienheureuse Vierge Marie, elle fut en 1118, après avoir été jusqu’alors desservie par des clercs séculiers qui la tenaient à prix d’argent des mains des laïques, concédée par Geoffroy de Lèves, 66e évêque de Chartres, en présence et du consentement de Guy de Gallardon, à l’abbaye de Saint-Florentin de’Bonneval. Sous son vocable primitif, tout en lui conservant son titre et ses privilèges d’église paroissiale à laquelle, vers la fin du XIIe siècle, une nouvelle consécration1 at tribua comme patrons définitifs saint Pierre et saint Paul, et qui fut jusqu'en 1664 desservie par deux curés portionnaires et depuis cette époque jusqu’à nos jours par un seul curé. Les religieux de Bonne val y établirent un prieuré conventuel de l’ordre de Saint Benoist dépendant de leur abbaye2 et contribuèrent, par la
1 Le 2 5 juin i525, à la suite d’importantes réparations nécessitées par les ravages des nombreux sièges que subit Gallardon, au cours de la guerre de Cent ans, elle fut de nouveau consacrée et bénite en l’honneur de la sainte Trinité, de la bienheureuse Vierge Marie et des Apôtres saint Pierre et saint Paul par l’évêque de Chartres, Louis Guillard, qui le même jour y consacra deux autels.
* La ville de Gallardon s'étant trouvée en partie ruinée sous les règnes de Charles VT et Charles VU, cette petite communauté devint un prieuré simple, mais
ÉGLISE DE GALLARDON
suite, avec l'aide des seigneurs et des habitants du lieu, à sa reconstruction et à ses embellissements successifs.
Malgré l’état défectueux de conservation de certaines de ses parties trop longtemps négligées , l’église de Gallardon, dont les gros murs construits en blocage sont formés d'assises de pierres dures du pays, cailloux, grès et meulières, plus ou moins régulièrement appareillées , et solidement reliées entre elles par un mortier très résistant, et dont les angles, les contreforts et toutes les baies sont en pierres de taille provenant des carrières de Germon val1, offçe tous les caractères d’une construction soigneusement étudiée et habilement exécutée.
En forme de croix latine dont le sommet, légèrement incliné vers le nord, regarde l’Orient d’été, elle se compose d’une nef de cinq travées, à la partie supérieure de laquelle deux chapelles d'inégale grandeur forment à droite et à gauche des bas-côtés, d’un vaste transept, d’un chœur de deux travées avec un sanctuaire en rond-point, de sept travées autour duquel, continuant les bas-côtés de la nef, règne un collatéral ou déambulatoire sur lequel s’ouvrent trois chapelles absidales.
Au-dessus du collatéral, dans l’angle formé par le transept et le chœur du côté du nord, s'élève un clocher, haut de 76 mètres environ, renfermant la sonnerie de l’église. Un second clocher de moindres proportions, récemment démoli, où se trouvait logé le timbre de l’horloge, s’élevait autrefois au-dessus du chœur.
Dans toutes ces diverses parties, l’église de Gallardon résume tant au dehors qu’au dedans les plus belles époques de l’art architectural chrétien dont elle forme dans son ensemble un harmonieux mélange.
toujours dépendant de l’abbaye de Bonneval. Plus tard, la modicité de son revenu lut cause que les religieux le résignèrent au curé de la ville pour s’acquitter envers lui de la portion congrue qu’ils étaient tenus de lui payer et s’affranchir des réparations du chœur de son église et du prieuré, ainsi que des décimes qui en absorbaient le revenu. La nomination de ce prieuré et de cette cure continua néanmoins à rester dans la dépendance de leur abbaye.
1 \ Germonval, hameau de Gallardon, existaient autrefois d’importantes carrières, aujourd’hui épuisées, qui fournissaient une pierre dure, analogue à celle des carrières de Bcrchèrcs-l’Evêque, d’où fut tirée la majeure partie des matériaux nécessaires à la construction de la cathédrale de Chartres.
KG LISE DE GALLARDON