EXTERIEUR
La façade occidentale, soutenue dans presque toute sa hauteur par quatre puissants contreforts à un seul ressaut formant pilastres et terminés en pyramide à leur sommet qui la divisent en trois parties égales, et au devant de laquelle s’étend la place du cloître ou parvis, appartient par son architecture à deux époques bien distinctes. Sa partie inférieure, divisée en trois grandes arcades à plein-cintre, est de la fin du XIe siècle ; sa partie supérieure , percée de trois fenêtres en tiers-point et surmontée d’un gable ou pignon triangulaire à rampants lisses, est du commencement du XIIIe siècle.
Au milieu de la façade, entre deux fausses arcades à pleincintre en pierre de taille, noyées dans la maçonnerie et formant arcs de décharge, dont la base est décorée d’arcatures romanes (PL VI) supportées par des piliers dont les chapiteaux (PL XI, n°4) et les bases sont caractéristiques de l’ère romane secondaire ^ s’ouvre, sous une
troisième arcade à plein cintre mesurant 5 mètres de hauteur et 2 mètres 65 de largeur, la porte principale de l’église, exhaussée sur la place par un perron extérieur de dix marches.
Son ornementation porte la trace des diverses modifications qu’elle a subies. Seule, son archivolte décorée de moulures toriques et de deux rangs concentriques d’oves et de billettes, reposant par son cintre extérieur sur des pieds-droits faisant corps avec les contreforts centraux de la façade et par sa voussure intérieure sur deux colonnettes dont les chapiteaux romanobyzantins sont fort curieux, appartient à l’architecture primitive de l’église.
EGLISE !,)E G ALLAH DON
Le tympan du portail en retraite, soutenu par une arcade en accolade du XVe siècle, décorée de moulures à nervures prismatiques qui se continuent sur les pilastres qui la supportent, est orné en son milieu d’une niche moderne sculptée dans le style du XVe siècle. (PI. Y).
Malgré les nombreuses réparations dont ils ont été l'objet et qui en font presque une restitution, les vanteaux en bois de chêne qui ferment cette porte constituent un intéressant spéci-
sautoir et d'une épée posée en pal, la pointe en l'air, emblèmes des patrons de l'église1.
Au devant de ces portes s’élevait autrefois un porche ou chapitreau en appentis dont on voit encore au-dessus du linteau du portail l’arasement du faîte et sur lequel se trouvaient en 1772,
men de la menuiserie au XVe siècle.
Heureuse réminiscence des tentures qui fermaient autrefois les lieux saints, des draperies sculptées sur des panneaux de bois, réunis par des traverses, en font le principal ornement.
Au milieu des deux vanteaux, le montant formant battement , dernier vestige des portes primitives, est orné d'un pilastre en forme de contrefort décoré de crochets et couronné d’un pinacle, et porte en son milieu un écusson chargé de deux clefs passées en
i Sur un sceau ayant, croyons-nous, appartenu à l'un des titulaires du prieuré-cure de Gallardonau \VIIIe siècle et dont nous avons retrouvé la matrice originale en cuivre à Gai lardon chez un de nos parents, ces mêmes emblèmes sont semblablement représentés sur champ de gueules au centre d’un cartouche surmonté à droite d’une mitre et à gauche d'une crosse.
ÉGLISE DE GALLARDON
nous apprend Saunier dans ses Essais historiques sur la ville et le marquisat de Gallardon , des armoiries en plomb écartelées de France et de Dauphiné1.
Au-dessus des trois arcades du portail, s’ouvre un triplet romano-ogival formé de trois larges fenêtres à arcades en tierspoint, sans ornements extérieurs et dont les meneaux et les nervures prismatiques formant en haut des compartiments de style flamboyant sont modernes. L’ouverture de Ja fenêtre centrale mesure 9 mètres de hauteur sur 3 mètres de largeur ; celle des fenêtres latérales 7 mètres de hauteur sur 2 mètres de largeur.
Un pignon triangulaire, s’appuyant sur la charpente du comble de la nef, termine le frontispice. Ses rampants sont lisses ou unis, ce qui prouve qu’il a été achevé avant 1228 ; après cette époque ses rampants auraient été décorés de crosses ou de crochets sculptés incrustés en rainures.
Dans son milieu, ce pignon est percé d’un œil-de-bœuf au-dessous duquel est fixé le cadran moderne de l’horloge.
Couronnant le pignon, une croix moderne dont le style ne rappelle en rien celui de la façade tient la place de l’ancienne antéfixe dont un croquis relevé peu de temps avant sa disparition nous a conservé le souvenir.
Les façades latérales, à peu près symétriquement disposées, comprennent de chaque côté les gros mfcrs de la nef, en partie masqués du côté sud par diverses constructions particulières qui s’y adossent, une chapelle formant bas-côté, d’époques différentes, le croisillon du transept, le chœur et son collatéral avec les chapelles absidales. Chacune d’elles dans la partie qui s’étend jusqu’au transept présente diverses particularités intéressantes pour l’histoire architectonique du monument.
' Sur l’emplacement de cechapitreau où jusqu’à la Révolution se délibérèrent les affaires de la ville, la municipalité de Gallardon avait conservé jusqu’en ces dernières années l’antique coutume de faire publier à son de tambour, à l’issue de la messe paroissiale, par le cricur public les bans de mariage, avant leur affichage.
ÉGLISE DE GALLARDOX
Comme la partie inférieure du portail occidental, les murs de la nef, dans la maçonnerie desquels on trouve en maints endroits de grandes parties construites en appareil dit en feuilles de fougère, appartiennent à l’église romane primitive .
Les fenêtres de la nef, en pierre de taille sans ornements extérieurs, sont au nombre de six, quatre au midi et deux au nord, deux des fenêtres de ce côté s’étant trouvées murées lors de la construction du bas-côté. Par leur arcade à plein-cintre ces fenêtres appartiennent également à la construction primitive de l’église.
Les contreforts à un seul ressaut terminés en haut par un rampant incliné s’élèvent jusqu'à l’entablement.
Formé d’une simple table de pierre cet entablement, soutenu dans toute sa longueur par des modillons dont quelques-uns sont ornés de figures sculptées (PL XI, n° 5), reçoit la base du comble à deux versants de la nef recouvert d'ardoises dont la charpente en chêne du XVe siècle est un véritable chef-d’œuvre de menuiserie plutôt que de charpenterie.
Le bas-côté sud de la nef, dont la toiture à double versant couverte d’ardoises est perpendiculaire à celle de la nef, est percé dans son pignon d'une fenêtre à arcade en tiers-point du XIVe siècle sans ornements extérieurs dont les meneaux et les compartiments ont entièrement disparu.
Dans la cour de la maison adossée au mur méridional de la nef on remarque, outre un pan de muraille en ruines continuant le mur du pignon de ce bascôté, de nombreuses pierres d’attente et des amorces de voûte indiquant que cette construction devait dans l’origine être prolongée du côté de l’ouest, ou que peut-être à une époque qu’il est difficile de préciser elle fut en partie ruinée et démolie. En faisant, il y a quelques années, dans cette même cour des fouilles pour l’établissement d’un puisard, on a mis à découvert, outre de nombreux fragments de pierres taillées et moulurées, un intéressant chapiteau du XIIe siècle qui fait aujourd’hui partie de la collection d’antiquités chartraines de notre parent, M. Gillard, de Nogentle-Roi.
Le bas-côté nord, construit au XVIe siècle en pierres meu-
Eglise de Gallardon — Crête de la chap. des Fonts
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lières avec angles et soubassement en pierre de liais, est percé de deux grandes fenêtres à plein-cintre et à meneaux de la Renaissance, dont les ébrasements et les archivoltes sont ornés de moulures, et au-dessous desquelles dans presque toute l’étendue de la façade de ce bas-côté on retrouve des traces d’une litre ou ceinture funèbre.
La toiture de ce bas-côté couverte en ardoises forme deux élégants pavillons dont la charpente est parallèle au comble de la nef et dont les quatre arêtiers viennent se réunir deux-à-deux au faîte que surmonte une crête en plomb formée de figurines d’un curieux travail, accompagnée à ses extrémités par des épis de même matière, en forme de vases terminés à leur sommet par des croissants (PL IV.)
Une porte cintrée en pierre de taille, dont le claveau central porte la date de 1556, pendant longtemps murée1, donne aujourd’hui accès à l’intérieur de ce bas-côté (PI VI.)
Au-dessus de cette porte, dans un élégant encadrement de pierre sculptée, un écusson, martelé à l’époque de la Révolution, représentait selon toute probabilité les armoiries de la famille de Refuge, à la générosité de laquelle on doit l’édification de ce bas-côté.
Les deux croisillons du transept, couverts en ardoises, et dont les façades affectent en de moindres proportions la même forme que celle du portail principal, sont à peu près semblables comme dimensions et comme disposition générale extérieure , mais différent par le style de leurs ouvertures.
Le pignon du croisillon sud, dont les rampants en pierre ont été supprimés, lors d’une maladroite réfection de sa toiture, montre dans sa maçonnerie les traces de nombreuses reprises. La porte en grès du pays qui en occupe la base et dont le tympan en retraite, encadré dans un arc ogival mouluré, est soutenu par un second arc déprimé, orné de moulures à nervures prismatiques qui se continuent sur les pieds-droits qui le soutiennent jusqu’à leur base, appartient au XIVe siècle, ainsi que la fenêtre
Dans le blocage de maçonnerie qui murait autrefois cette porte, se trouvait scellée une pierre sculptée aujourd’hui conservée à l’arsenal delà ville représentant, entourées du cordon de l’ordre de Saint-Michel, les armoiries de la famille Hurault de Cheverny : d'or à la croix d'azur , cantonnée de quatre ombres de soleil de gueules ,
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à arcade en tiers point qui la surmonte, divisée en trois lancettes trilobées par deux meneaux moulurés et ornée à sa partie supérieure de compartiments en forme de cœur.
Le pignon du croisillon nord, mieux conservé, recouvert de rampants unis en pierre et'terminé à son sommet par un chapiteau qui supportait autrefois une antéfixe disparue, présente, comme les murs de la nef, de notables fragments construits en appareil, dit en feuilles de fougère, et comme eux appartient à la construction primitive de l’église. Dans le voisinage du pieddroit de ce pignon le plus rapproché du bas-côté de la nef s’ouvrait autrefois une porte, aujourd’hui murée, qui donnait accès dans l’église par un escalier intérieur de neuf marches. Par son arcade en tiers-point formée de deux rangs de claveaux en retraite cette porte appartient à l'époque ogivale de transition ; la fenêtre percée au milieu du pignon, divisée en deux lancettes trilobées et surmontée d’une rosace à quatre lobes, appartient au milieu du XIII* siècle.
Malgré l'intérêt architectonique que présentent ces diverses constructions, la partie la plus remarquable des façades latérales est sans contredit celle qui s’étend au-delà des croisillons du transept et forme le chevet de l’église. De quelque point en effet qu’on se place pour étudier cette partie du monument, l’œil est agréablement charmé par l’aspect architectural imposant et gracieux qu’elle présente.
Ses multiples fenêtres à meneaux terminées par des roses du XIIIe siècle, ses contreforts à pinacles et à gargouilles, ses doubles arcs-boutants projetés dans le vide, la frise sculptée sur laquelle s’appuie la haute toiture du chœur que couronnait na guère si élégamment une flèche légère à claire voie, construite en bois et recouverte de plomb, la haute tour du clocher avec la tourelle de l’escalier qui l’accompagne forment au-dessus du collatéral du chœur et de ses chapelles absidales d’architecture et de forme différentes un ensemble harmonieux et imposant qui de tout temps a justement mérité d’attirer 1 attention des touristes et des archéologues et dont chaque partie est digne d’une étude spéciale.
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Continuant au-delà des croisillons du transept les bas-côtés de la nef, le collatéral da chœur sur la courbure duquel s’appuient les trois chapelles absidales, appartient par sa construction générale au XIIe siècle ou du moins les fenêtres qui l’éclairent, situées entre les chapelles et les contreforts, semblables à celles de la nef, appartiennent à cette époque. Un entablement simplement mouluré, soutenu par de simples modillons, maladroitement exhaussé du côté du midi à une époque récente et surmonté du côté opposé d’une balustrade moderne en pierre composée d’arcades trilobées évidées appuyées sur des montants carrés dont les arêtes sont abattues, reçoit la base du comble à un seul versant couvert en ardoises récemment établi au-dessus de ce collatéral et dont l’extrémité supérieure prend son point d’appui sur les murs du chœur au-dessous des fenêtres.
Le comble qui recouvrait précédemment le collatéral et dont la charpente modifiée supporte le comble actuel était construit à deux pentes d’inégale longueur et couvert en tuiles.
Des trois chapelles absidales dont l’entablement se continue avec celui du collatéral, celle du chevet, de forme polygonale, bâtie en pierres meulières avec contreforts à un seul ressaut à chacun de ses angles, et surmontée d’un toit pyramidal à six versants couverts en ardoises appartient au XIIIe siècle : les cinq fenêtres dont elle est percée sont à arcades en tiers-point et sans ornements extérieurs. Les deux autres chapelles appartiennent au XIIe siècle : celle du sud, de forme circulaire, bâtie en pierres meulières avec contreforts en pierre de taille à deux ressauts, est surmontée d’un toit conique moderne couvert en ardoises, et percée de trois fenêtres à arcade à plein-cintre. Son parement extérieur est en très mauvais état et ses contreforts primitifs menaçant ruine ont dû être renforcés à une époque déjà ancienne de nouveaux contreforts. Celle du nord, revêtue d’un parement en partie moderne en pierre de taille, présente le meme aspect que celle du chevet, mais ses cinq fenêtres sont à arcade à plein-cintre et son entablement présente plusieurs modillons décorés de figures sculptées.
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Au-dessus du collatéral, dans l'angle formé par le croisillon nord du transept et le chœur s’élève un clocher haut de 76 mètres se composant de deux parties bien distinctes : d’une tour carrée en pierres, et d’une flèche en. bois recouverte d’ardoises.
La tour carrée construite en blocage et renforcée dans toute sa hauteur à chacun des angles de ses façades par des contreforts en pierre de taille dont les ressauts et les saillies correspondent aux divisions intérieures de la tour, et terminés par des rampants fortement inclinés, se compose de trois étages au-dessus du rez-de-chaussée.
Malgré les nombreuses réparations et modifications dont il porte les traces, le gros œuvre de ces différents étages nous paraît appartenir à la construction primitive de l’église.
Le rez-de-chaussée, autrefois masqué à l’extérieur par une construction du XVe siècle aujourd’hui démolie qui servait de sacristie, forme à l'intérieur la première travée nord du collatéral dont la voûte est traversée par les cordes destinées à mettre en branle les cloches et qu’éclaire une fenêtre à plein-cintre semblable à celles de la nef et aux autres fenêtres du collatéral, mais qui se trouve au dehors cachée par une fenêtre moderne de même grandeur et de même forme.
Le premier étage est à l’extérieur d’une grande simplicité : son parement nu se continue sans aucune ligne de démarcation avec celui des étages inférieur et supérieur.
Au dedans il forme une chambre de quatre mètres carrés environ dont l’état d’entretien laisse beaucoup à désirer et dont la voûte d'arête à plein-cintre construite en blocage traversée par les cordages des cloches est en partie défoncée. Cette chambre, qu’éclairait autrefois du côté du nord une fenêtre à plein-cintre dont l’embrasure extérieure se voit aujourd’hui murée au-dessus de la fenêtre moderne du rez-de-chaussée, communique avec l’intérieur de l’église par une porte également à plein-cintre qui s’ouvre dans la galerie du triforium et avec l’étage supérieur par un escalier à vis en pierre à-demi ruiné construit dans l’épaisseur de la muraille et d’un des contreforts de l’angle nord-ouest de la tour.
PL VI. — Église de Gallardon
P Arcatares de la façade seplentrionnale.
2° Ecusson de la porte du bas-côté sud.
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Le second étage, à l’intérieur duquel il est difficile de pénétrer à cause du mauvais état de l’escalier qui y conduit, forme une chambre non voûtée et dont le plafond est formé desolives recouvertes d’un parquet grossier en planches. Cet étage qu’éclaira'it autrefois sur chacune de ses faces extérieures une fenêtre formée de deux arcades à plein-cintre géminées, aujourd’hui murées , se termine au dehors par un bandeau en forme de larmier qui se continue sur les faces des contreforts et indique la hauteur de cet étage et l’arase du sol de l’étage supérieur.
Le troisième étage, duquel on communique directement avec le comblé du chœur, forme à l'intérieur comme les étages inférieurs une chambre que traversent les cordages des cloches, éclairée au nord par un petit jour rectangulaire et dont le plafond est formé par l’enrayure basse de la charpente du beffroi. Il présente au dehors un parement uni, terminé en haut par un bandeau formant entablement qui s’appuie aux angles de la tour sur le sommet des contreforts et dans leur intervalle sur des modifions dont la plus grande partie est décorée de figures sculptées 4
Sur le haut de cette tour, s'élève un quatrième étage en charpente couvert en ardoises en forme de pyramide à base quadrangulaire dont le sommet tronqué surmonté d’une claire-voie verticale, arrive grâce à l’établissement à chacun de ses angles d'un pan coupé oblique de forme triangulaire à sommet inférieur, à s’adapter à la forme octogonale de la flèche à laquelle il sert de soubassement.
L'intérieur de cet étage éclairé par de petites lucarnes triangulaires percées à sa partie supérieure au nombre de deux sur chacune de ses faces correspondant à celles de la tour et d’une seule sur ses faces correspondant aux angles de la tour est occupé par la charpente du beffroi qui supporte les deux cloches composant la sonnerie actuelle de l’église. Sur la plus grosse de ces cloches on lit l'inscription suivante L'an 1 SI d, j'ai été bénite sous l'in-
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vocation de saint Pierre, et sur l’autre : Lan 1813., j'ai été bénite sous le saint nom de Marie1.
La claire-voie verticale de forme octogonale qui surmonte cet étage de charpente et sert de tambour à la flèche se compose de huit fenêtres ogivales géminées garnies d’abat-son en bois. Sur les plombs qui recouvrent l’ébrasement de ces fenêtres, de nombreuses inscriptions datées rappellent les noms de nombreux visiteurs parmi lesquels nous avons noté plus particulièrement ceux de Brisot , anno 1603 — Pierre Gravelle , 1677 — Joseph Boyer, 11 may 1685. — Sarmese, conventûs Annetensis, etc.
Cette claire-voie supportait autrefois une haute flèche dont la charpente construite en spirale pour offrir moins de prise au vent et couverte d’ardoises était citée comme un chef-d’œuvre du genre.
1 Nous possédons peu de renseignements sur l’ancienne sonnerie qui précéda celle qui occupe actuellement l'intérieur du clocher : nous savons seulement qu'à la fin du XVIe siècle elle se composait de trois grosses cloches dont l'une, la plus grosse, fut cassée le ai octobre 1762, et une autre fut bénite en iGoi, comme en fait foi le procès-verbal suivant, extrait des anciens registres paroissiaux de. l’église de Gallardon : « L’an mil six cens et un, le dimanche, vingt deuxième jour de juillet, jour et feste S,e Marye-Magdalaine a esté bénite par moy, Prre Vigoureulx. pbre, curé de la première portion de l’église messieurs sainct Lierre et sainct Loi de Gall, et official de monsieur le grand archidiacre de Chartres en son siège de Gall. la moyenne cloche des troys grosses du grand clocher qui a été nommée Pierre par çeulx-cy après déclarez : c’est assavoir vénérable et discrette psonne mesure Koné Lejars, pbre, desservant le prieuray pour Mre Augustin Dupuis, icelluy l.ejars promoteur des causes de mous eur le grand archidiacre de Chartres en son siège de Gall. et chapellain de la chapelle monsieur Saiuct-Germain en l’église Nre Dame de Chartres, honn. home Me François Polluchc procr au bail!, de Gallardon, Me Michel Mariette aussi procr et tabellion audit Gall , Michel Fénot, l’un des cinq postiers de court et chevaucheur ordinaire de l’écurye du Roy, Me Mathurin Dugué, procr audit bailliage de Gall., M* Jehan Boissin, sergent royal au baill. et siège présidial de Chartres, Claude Le Villain, Symon Leloup, Jehan Leloup , Pasquier Leloup, Georges Chevrier, fils de deflunct noble h. René Chevrier, Philippcs Levacher, fils de dcffunct honn. h. Me Claude Le Vacher, Symon Leloup, fils de deflunt Jeh. Leloup, Loys Gastineau et Urbain Baril ; et honn. femmes Loyse Gauldry, veuve honn. h. Philippcs Ganneau, Dam,le Catherine de Court, femme de noble home Samuel de la Uochelion, varlet de chambre du Boy. honn. f ’ Mathurine Le Febvre, vve Jehan Mariette honn. f. Claude Chevrier, vve, honn. h. Jehan Lebeau, Marie Moreau, femme d’Esprit Baril, Barbe Réveillé, femme de Jehan Delaportë, Anne Chevrier, femme de honn. home Ant. Ileurtault, Jehanne Lesné, vve Macé Lecompte, Macetle Chevrier, femme de Gilles Vacherol et Marie Levacher, fille de honn. h. Charles Levacher et Barbe Foussard, vv« René II u il lier , tous et toutes demeurant en cette paroisse de Gallardon
Après avoir à plusieurs reprises été victime du feu du ciel , cette flèche dont quelques dessins anciens et la vue de Gallardon gravée par Chastillon, nous ont conservé l’aspect particulier, fut renversée parle cyclone du 13 juillet 1788, en dépit des précautions prises pour assurer sa solidité et fut remplacée à la fin de la même année par la flèche octogonale que nous voyons aujourd’hui et dont la hauteur correspond à peu près à celle de la flèche primitive.
Entre les deux contreforts qui soutiennent l’angle nord-est de la tour s’élève une tourelle octogonale couronnée d’un toit pyramidal couvert en ardoises et surmonté d’un amortissement en plomb en forme de fleuron.
Cette tourelle, construite en pierres de taille, dont l’extérieur percé d’étroites meurtrières présente les mêmes divisions que les façades de la tour qu’elle accompagne dans toute sa hauteur, renferme un escalier de 152 marches s’ouvrant à l’intérieur de l’église au milieu de la seconde travée du collatéral nord et donnant accès dans son développement au premier et au troisième étage de la tour du clocher, ainsi qu’aux passages pratiqués tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du comble du collatéral du chœur.
Autour du collatéral du chœur s’élèvent en outre dix contreforts en forme de piliers oblongs de 2 mètres 05 de saillie et de 1 mètre 40 de largeur à leur base : ils montent verticalement et en diminuant sur toutes leurs dimensions. Ils sont ornés de moulures, de larmiers, de gargouilles (PI. XI, nÜS 2 et 3) et de retraits avec glacis et surmontés de petits toits en bâtière dont
1 Le vendredi 7 juillet i74i, à 4 heures du matin, le tonnerre est tombé sur le grand clocher de l’église de Gallardon à un pied au-dessous des yeux de bœuf qui sont en haut dans l’espace qui est du côté du rond-point du chœur et a arraché environ deux pieds d’ardoises, sans entrer dans le clocher ni faire aucun autre dommage. — Le i4 août 1760, le tonnerre est tombé sur le clocher de Gallardon, l’a dépouillé en entier. Il en a coûté près de 1200 livres pour la réparation. — L’an 1701, le i4 aoust, à deux heures après midy, le tonnerre est tombé en boulle de feu sur notre grand clocher et nous, prieur l’ayons vu. Le feu par ce coup a pris presque à la pointe du clocher (à six pieds au bas de la croix) mais heureusement par les soins des habitants le feu après avoir paru à deux fois a esté éteint sans dommage aussi grand qu’on aurait eu lieu de le craindre Signé : G. Darblay, prieur.
ÉGLISE DE GALLARDON
Jes gables sont couronnés de pinacles à crochets. Quelques-uns d’entre eux sont en outre percés à la base du comble du . collatéral d'une baie de communication.
De ces puissants contreforts s'élancent des arcs-boutants, arcades aériennes qui en se multipliant avec une hardiesse pleine de grâce vont neutraliser la poussée des voûtes du chœur.
Les arcs-boutants inférieurs à leur point d’appui contre les massifs qui séparent les fenêtres du chœur sont soutenus par de fortes colonnes détachées qui les soulagent en formant éperon, surmontées de chapiteaux à crochets largement sculptés. Cette disposition était nécessitée par le passage circulaire ménagé autour du chœur sur la corniche établie à la base des fenêtres.
Les arcs-boutants supérieurs à leur point de contact avec le mur du chœur au-dessous de l’entablement trouvent également des colonnes engagées qui les soutiennent
Entre ces arcs-boutants, occupant tout l’espace compris entre les piles sur lesquelles ils viennent s’appuyer et formant une claire-voie d une construction hardie et puissante, une série de fenêtres à lancettes, types du style ogival, constitue la clôture extérieure du chœur, véritable dentelle taillée dans la pierre.
Toutes ces fenêtres, dont les arêtes des assises sont comme celles de toutes les autres fenêtres de l’église simplement biseautées, sont encadrées dans un arc en tiers-point dont la voussure est décorée d'un tore unique s’appuyant par ses extrémités sur des chapiteaux et des colonnettes qui se prolongent jusqu’à la base des fenêtres.
Les trois fenêtres centrales du chevet sont divisées en deux lancettes surmontées, dans celle du milieu d une rosace quadrilobée et dans les deux autres d’un simple oculus.
La fenêtre qui de chaque côté les accompagne occupant une travée plus large est divisée en trois lancettes surmontées de deux rosaces quadrilobées et d’un oculus; enfin les deux autres fenêtres du chevet sont comme celle du milieu divisées en deux lancettes et surmontées d’une rosace quadrilobée. Les meneaux prismatiques de ces sept fenêtres, sans ornements extérieurs, sont tous modernes.
Église de gallardon
Les fenêtres du chœur, plus larges que celles du chevet en raison de la largeur plus grande des travées qu’elles occupent sont au nombre de trois, deux au midi et une seule au nord, l’emplacement de la seconde fenêtre de ce côté se trouvant masqué par la tour du clocher. Tout en présentant les mêmes caractères architectoniques, elles diffèrent cependant de celles du chevet par leur disposition intérieure.
' Dans chacune de ces trois fenêtres, l’ogive principale embrasse une rosace à huit lobes en fer à cheval et deux ogives secondaires dont les proportions varient avec la largeur de la baie qui les contient et la hauteur du point de naissance de l’arcade primitive. Ces ogives secondaires, séparées par un meneau formé d'une colonnette à chapiteau semblable à celles des pieds-droits de la fenêtre, sont elles-mêmes subdivisées par un meneau semblablement ornementé en deux lancettes surmontées dans les fenêtres qui touchent au chevet par un simple oculus et dans la troisième par une rosace quadrilobée.
Couronnement digne de cette clôture, une corniche sculptée composée de trois assises, une assise de feuilles à crochets entablées, et deux assises de larmiers, supporte la base du comble à deux versants du chœur couvert en ardoises dont le faîte dépasse de plus de 9 mètres celui du comble de la nef.
Terminé à son extrémité orientale par une croupe à pan coupé dont l’amortissement en forme de fleuron est surmonté d'une pointe effilée, le comble du chœur dont la charpente est aussi remarquable que celle de la nef, s’appuie à son extrémité opposée sur un gable ou pignon triangulaire à rampants lisses dont le sommet supportait autrefois une statue et soutenu par des contreforts analogues par leur disposition, quoique différents par leur structure, à ceux de la façade occidentale de l’église. Dans la maçonnerie de l’un de ces contreforts, du côté du midi, on retrouve l’amorce d’une fenêtre, indiquant qu’un moment on avait songé à établir au-dessus de la nef un fenestrage du même style que celui du chœur.
Au-dessus du chœur, sur la charpente duquel il prenait
ÉGLISE DE GALLARDON
appui, s’élevait autrefois un élégant clocher octogonal en bois, revêtu de plomb, de 14 mètres de hauteur, construit vers la fin du XIVe siècle et qui renfermait la sonnerie de l’horloge dont le cadran se voit à la partie supérieure de la façade occidentale de l’église.
Sa base à claire-voie, formée de deux étages superposés d'arcades trilobées de hauteur différente et couronnés d'un bandeau décoré sur chacune de ses faces d’un 'médaillon en relief représentant le buste d’un prophète, supportait une flèche pyramidale recouverte d’ardoises, entourée à sa base de huit pinacles à crochets en plomb et terminée par une croix en fer surmontée d’un soleil en cuivre.
Sur les lames de plomb qui recouvraient tant à l’intérieur qu’à l’extérieur les diverses parties de cet édifice , nous avons recueilli, lors de notre dernière visite au moment de sa destruction 1 , un certain nombre d’inscriptions analogues à celles que nous avons signalées sur les fenêtres du grand clocher et parmi lesquelles nous citerons les suivantes qui nous ont paru, à
1 C’est en 1886-87 que les habitants de Gallardon virent disparaître ce petit clocher qui, depuis de longues années réclamait de sérieuses réparations. Le Conseil municipal, alors composé de MM. Ilautefeuillc, maire, P. Denis, adjoint, Bréant,
ÉGLISE DÉ GÀLLAHDON
cause des noms qu’elles nous rappellent , présenter le plus d’intérêt. — P. Desessarts, faict le VIe octobre 1542. — H. Guiblet, 1658. — Levéville, chirurgien, 1617. — Jehan Méry 1631.
— Jean de la Croix. — Ma-
1711. — Jean - Nicolas Bri-
thurin Janet,
Tullout, 1730.
sot, etc.
A l’intérieur de ce petit clocher se trouvait autrefois une cloche destinée, ainsi que le constatent l’absence de battant et surtout l’inscription placée à sa partie supérieure, à servir de timbre d’horloge et à sonner l’heure aux habitants de Gallardon.
Placée aujourd'hui à. l’intérieur du comble de la nef, elle remplit encore cet office d’une façon tout-à-fait harmonieuse : le son en est clair et s’entend au loin dans la vallée. Cette cloche, de forme gracieuse, mesure 65 centimètres de hauteur , compris ses anses et 60 centimètres de largeur à sa base. Malgré ses petites 'dimensions , elle est remarquable à plus d’un titre :
c’est en effet une des plus anciennes cloches que l’on
connaisse dans le département d’Eure-et-Loir. L'inscription suivante en relief :
Goussard, Boudet, G. Besnard, D. Brillot Daniel, H. Martin, Tredhan, Brunet et I. Ménard, après avoir voté en principe la réfection des parties les plus endommagées de cet édifice, confia la direction de ces travaux à M. Henri Mouton de Chartres, architecte diocésain Celui-ci, au cours des démarches entreprises par la municipalité pour obtenir du ministère des Beaux-Arls une subvention, fit démonter pièce à pièce le petit clocher. Quelques mois après, la réponsedu ministre des Beaux-Arls, n’ayant point été, par suite de cette démolition intempestive, favorable à la demande de subvention, le conseil municipal à son tour refusa dans sa séance du 24 mai 1887 de voter les fonds nécessaires au rétablissement de l'état primitif des choses. En prévision d’une reconstitution désirée ;\ Gallardon de ce petit clocher, toutes les parlies artistiques en plomb utilisables ont été par les soins de l’administration municipale déposées Ù, l’intérieur du comble du chœur.
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Bourgons de Oklardon la contrer
disposée sur deux lignes concentriques, qu'elle porte à Sa base du cerveau, fait remonter l’époque de sa fonte aux premières années du XVe siècle. De plus son exécution est des mieux
réussies : tous les fins déliés de l'inscription, le petit ornement qui termine la première ligne, les couronnes renfermant de petites cloches, la croix elle-même qui est très ornée sont bien visibles et parfaitement venus ; cette perfection porte à croire que la matière de cette cloche est extrêmement pure.
L’armature qui maintenait en place ce timbre dans le petit clocher et qui a été conservée, lors de sa nouvelle installation,
ÉGLISE DE GALLARDON
ainsi que le marteau qui frappe les heures sont de la même époque que cette cloche et que le clocher qui les renfermait primitivement.
Pour ne rien omettre, nous nous contenterons en terminant la description extérieure de l'église, de signaler la sacristie moderne bâtie, dans le style du XIIIe siècle, dans l'angle formé par le transept et la première travée sud du collatéral du chœur, pour remplacer l’ancienne sacristie qui se trouvait du côté opposé et qu'on a démolie pour des raisons de viabilité.