‹ Églises & chapelles du diocèse de ChartresChapitre 41 sur 65 · INTÉRIEUR · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR

ous entrons dans 1 église de Gallardon par sa porte principale. Dès les premiers pas , l’œil embrasse un ensemble architectural imposant qui éveille dans l'esprit un sentiment analogue à celui qu’on éprouve au dehors en contemplant sa merveilleuse abside.

Les proportions harmonieuses de ses diverses parties, la hauteur de ses voûtes soutenues en avant par les murs de la nef, au fond par des piliers qui forment autour du chœur une majestueuse clôture, l’heureuse distribution de son éclairage, l'élégante décoration du chœur, digne, malgré les mutilations qu'elle a subies sous prétexte d'embellissement de son architecture extérieure, impriment à l’ensemble du monument un caractère de gravité religieuse que ne possèdent pas nombre d’églises situées dans des localités beaucoup plus importantes que Gallardon.

Bâtie selon toute probabilité pour une population plus nombreuse que celle qui la fréquente de nos jours, l’église de Gallardon couvre dans son œuvre une superficie de 1500 mètres carrés environ.

Divisé de la porte d'entrée au sommet de l’abside en trois parties : nef, transept et chœur, l’intérieur de l’église, qui présente comme l’extérieur, suivant l’époque à laquelle appartient la construction de ses diverses parties, de notables différences au

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point de vue architectonique, mesure 69 mètres de longueur : sa largeur et sa hauteur varient avec ses diverses parties.

Les parements intérieurs de l’église, autrefois recouverts d’un affreux badigeon diversement coloré, ont été depuis quelques années l’objet d’une importante réfection : grâce à l’abbé Marie, ceux de la nef et du collatéral du chœur, repris à deux époques différentes, ont reçu un nouvel enduit figurant un appareil régulier d’assises plus en rapport avec la dignité du lieu, quoique on puisse regretter les dissemblances qu’il présente dans ces différentes parties.

La nef, à l’entrée de laquelle nous retrouvons de chaque côté de la porte et au bas des rrfurailles latérales dans toute la longueur de la première travée une série d’arcatures romanes semblables à celles que nous avons décrites sur la façade occidentale de l’église, délimitant le narthex ou vestibule de l’église romane primitive1, forme un vaste parallélogramme de 37 mètres 20 de longueur, en y comprenant la croisée du transept qui lui fait suite, sur 12 mètres 10 de largeur.

Percés au nord de deux petites fenêtres à plein-cintre de 3 mètres 90 de hauteur sur 1 mètre 20 de largeur, garnies de verre blanc en losanges, et au sud de quatre fenêtres semblables, les murs latéraux de la nef soutiennent une voûte ogivale, construite en charpente et lambrissée de douves de merrain, qui mérite par son ampleur, sa légèreté et son ornementation l’attention des curieux et des archéologues. C’est en effet un des plus importants et des plus remarquables spécimens de voûte en bois du commencement du XYd siècle qui subsiste encore dans le pays chartrain.

La charpente qui supporte l’ensemble de cette voûte et dont les extrémités s’appuient sur les pignons de la façade et du chœur est d’un travail soigné et d’une conservation parfaite.

Les sablières formant entablement au dessus des murs laté-

1 Dans scs Essais historiques sur le marquisat de Gallardon, Saunier signale les vestiges de ce vestibule qu’il appelle l’église des catéchumènes. Dans les premiers temps de la chrétienté, cette partie des lieux saints était effectivement réservée aux catéchumènes, c’est-à-dire à ceux que l’Eglise n'avait point encore reçus dans sou sein ou qu'elle en avait provisoirement exclus.

Pl. VII. — Eglise de Gallardon. Chevet,

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raux de la nef, profondément moulurées, sont reliées entre elles par dix entraits transversaux également moulurés dont les extrémités, ornées de têtes monstrueuses qui semblent vouloir les dévorer, reposent sur des modillons ou consoles en bois sculpté présentant une grande variété de forme et d’ornementation.

Décorées en avant et en arrière de chacun de leurs points de jonction avec les entraits de têtes analogues à celles de l’extrémité de ces entraits, les sablières présentent, en outre, au milieu de l’espace compris entre deux entraits, deux têtes semblables que sépare une troisième figure monstrueuse ou grotesque faisant en dehors de l’entablement saillie dans le vide en forme de gargouille.

Sur le milieu de chaque entrait s’élève un poteau vertical ou poinçon, diversement ornementé, dont l’extrémité supérieure va soutenir la poutre faîtière élevée au-dessus du niveau du sol de la nef de plus de 20 mètres et, comme toutes les autres pièces de cette admirable charpente, chargée de moulures.

Au niveau de leurs points d’assemblages avec les poinçons les entraits sont décorés sur chacune de leurs faces transversales de branches chargées de feuilles et de fruits entrelacés largement exécutés et sur leur face inférieure de pendentifs dont l’ornementation varie avec chacun d’eux.

Formés de deux écussons adossés, les deux premiers de ces pendentifs, en partant du bas de l’église, sont timbrés, l’un de... à six burelles de... chargées d'un lion passant de .. brochant sur le tout, l’autre de. . h six quinte feuilles de... posées 3, 2 et 1 . Malgré de nombreuses recherches nous n’avons pu jusqu’à présent découvrir à quelles familles appartenaient ces armoiries dont les dernières sont surmontées d’une crosse tournée à gauche. De larges feuilles profondément découpées forment en s’imbriquant le troisième pendentif. Le quatrième, disposé comme les deux premiers, présente sur ses deux faces un écu aux armes de France : d'azur a trois fleurs de Ig s d'or, 2 et 1, soutenu par un ange debout. Les deux suivants sont formés par des animaux fantastiques aux postures grotesques. Le septième et le huitième sont terminés l’un par deux figures de moines, l’autre par deux têtes d’animaux monstrueux. Enfin le neuvième et le dixième, qui présentent la même disposition que les deux premiers, sont ornés sur chacune de leurs faces, l’un de figures

en pied représentant selon toute probabilité d’un côté saint Pierre et de l’autre saint Paul, l’autre d’un simple écusson aux armes de France.

La voûte en berceau qui cache les chevrons de la toiture etles pièces secondaires de la charpente est formée de douves de merrain dont les points de jonction sont recouverts de tringles de bois mouluré divisant la voûte en bandes verticales symétriquement disposées. Au commencement du XVIIIe siècle, l’ensemble de cette voûte a été décoré1 de peintures de divers tons dont les couleurs aujourd’hui atténuées par le temps s’harmonisent heureusement avec l’architecture de la voûte. Ces peintures régulièrement divisées par panneaux représentent les unes de simples motifs d’ornementation, les autres des tiares, des crosses et des chaînes ou l’épée et la clef en sautoir, emblèmes des patrons de l’église et le monogramme du Christ IHS.

De nombreuses dates peintes à la base des poinçons de la charpente et les inscriptions suivantes en partie mutilées se lisent sur le lambris delà voûte au milieu d’élégants cartouches

qui leur servent d’encadrement : L'an 1709 et gagers Jacques

Everard, Simon Lonqueue et Jean Genevé , cette traverse du lambris a été faite et peinte. — L'an 1 709,.. et gagers Jacques Bellier, Pierre Moreau et Jean Lehoucq , ce lambris a été fait et peint — L’an 1 73.2, ce lambris a été refait et achevé par moy, Jacques... nous font connaître l’époque à laquelle fut établie cette décoration, ainsi que celle d’une de ses restaurations antérieures à notre temps.

A. l’entrée de la nef, masquant en partie les arcatures romanes que nous y avons signalées , une construction moderne en briques, revêtue de plâtre et surmontée d’une balustrade en menuiserie forme à sa partie inférieure le vestibule de l’église, accompagné de chaque côté d’une chambre servant de remise

1 Peu de temps avant l’établissement de cette décoration, le laml ris de la voûte avait été l’objet d’une réfection partielle comme nous l’indique l’acte suivant . Le dimanche i3 juillet 170/1, h l’issue des Vespres sous le chapiteau de l’église a esté fait marché avec Malhurin Jannet, menuisier, pour faire environ deux toises de lambris de bois à la charpente qui est directement au-dessus de l'autel saint Jacques, depuis l’appuy de la charpente jusqu’au pi 1 lier de pierre qui soustient le pignon du chopur en hauteur et depuis ledit pignon jusques à la première poutre ou traverse, lequel lambris sera de bois de marin neuf assemblé à grain d’orge et sans aubier avec des rambourdes de trois pouces de large sur chaque pièce, à cause qu’on ne pouvait plus y dire la messe en este à cause des chauve-60uris qui y faisaient leurs nids et en hiver à cause des neiges.

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pour le mobilier hors d’usage de l’église, et soutient la tribune des orgues qu’éclaire le triplet romano-ogival de la façade occidentale garni de grisailles modernes dans le style du XVe siècle.

Dans le haut de la nef s’ouvrent à droite et à gauche les chapelles latérales formant basses-nefs.

La chapelle de droite, dite chapelle du Rosaire1, en partie contemporaine de l’église primitive, communique avec la nef par une arcade à plein-cintre, mesurant 7 mètres 30 de hauteur et 5 mètres 50 de largeur, dont l’archivolte formée de moulures à nervures prismatiques s’appuie sur des pilastres cantonnés en* avant d’une demi-colonne et sur leurs côtés de colonnettes engagées dont les chapiteaux sont ornés de feuillages variés ou de moulures et dont les bases quadrangulaires sont décorées de pattes sculptées.

Cette chapelle qui mesure 7 mètres de longueur sur 4 mètres 90 de largeur, aujourd’hui fermée à la rencontre du transept par un mur sur lequel s’appuie le retable en menuiserie moderne de l’autel de la Vierge, se terminait autrefois de ce côté par une arcade ogivale soutenue par des pilastres, semblables à ceux de l’entrée du côté de la nef, dont on retrouve du côté du transept en partie cachées dans la maçonnerie du mur de clôture les colonnettes latérales ainsi que leurs chapiteaux.

La voûte d’arête à plein-cintre de cette chapelle, haute de 7 mètres 30, construite en blocage, et dont les arceaux moulurés s’appuient sur des colonnettes dont les chapiteaux présentent une grande variété d’ornementation, était autrefois décorée de peintures médiocres, restituées d’après d’anciens fragments de fresques de la fin du XVIe siècle.

L’intérieur de cette chapelle, éclairé par une seule fenêtre ogivale garnie d’un vitrail moderne n’ofire rien de remarquable en dehors d’un intéressant retable d’autel du XVIIe siècle en pierre sculptée, dernier vestige de l’occupation de cette chapelle par la

1 La confrérie du Rosaire à laquelle cette chapelle servait de lieu de réunion fit imprimer en 1780 pour son usage un petit livre in-iG de io/» pages intitulé : Mystères et cantiques pour le rosairq de Gallardon : Chartres, de l’imprimerie de Deshayes, imprimeur de M«r l’Evèque, dont nous possédons un des rares exemplaires.

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confrérie des Trépassés représentant , outre divers attributs funéraires, la Foi et la Charité, encastré dans le mur qui fait face à l’autel de la Vierge.

A gauche, la chapelle seigneuriale formant aujourd’hui la chapelle des Fonts-Baptismaux, bâtie en 1556 par la famille de Refuge qui possédait alors la seigneurie de Gallardon, communique avec la nef par deux grandes arcades à plein-cintre de la Renaissance, mesurant 8m65 de hauteur et 5m50 de largeur, soutenues par des pilastres ornés de moulures et de chapiteaux. Une arcade semblable termine au levant cette chapelle à sa rencontre avec le transept.

Cette chapelle, qui mesure 12ra80 de longueur sur 4m70 de largeur et dans laquelle on accède du dehors par une porte revêtue d’un tambour en menuiserie moderne et un perron intérieur de six marches, est éclairée au nord par deux belles fenêtres à pleincintre subdivisées par des meneaux quadrangulaires en trois parties, terminées elles-mêmes à leur extrémité supérieure par des arcades également à plein-cintre et dans lesquelles on retrouve encore divers fragments de vitraux anciens.

La voûte de cette chapelle, haute de 8m50 au point le plus bas de ses clefs-de-voûte en pendentifs, construite en pierre détaillé et soutenue par des arcs-doubleaux et des formerets à plein-

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cintre, est formée de deux travées d’égale grandeur. Divisée dans chacune de ces deux travées en caissons ou voûtains triangulaires par des arceaux sobrement moulurés dont les ramifications affectent la forme d’une étoile à quatre branches et dont les extrémités s’appuyaient autrefois sur des culs-de-lampe sculptés en forme de mascarons dont on ne retrouve plus aujourd’hui qu’un seul à l’entrée du transept, cette voûte au niveau de chaque point de jonction de ses arceaux est décorée, au milieu d’une clef-de- voûte en pendentif ornée de feuillages et sur les côtés de rosaces variées. Deux de ces rosaces, dans la travée la plus rapprochée du bas de l’église, formées, l’une d’un écusson aux armes de la famille de Refuge et de gueules de cinq pièces, à deux guivres de sinople affrontées posées en pal , l’autre des Trois croissants entrelacés qu’avait adoptés pour em- élever cette par-

blème le roi Henri II, nous rappellent le souvenir de la famille seigneuriale qui fit

Fascé d'argent

tie de l’édifice ainsi que l’époque de sa construction.

Le long des

murs de cette chapelle et sur les piliers qui la séparent de la nef sont encastrées de belles pierres tombales avec effigies, ainsi que diverses épitaphes et inscriptions intéressantes pour l’histoire du pays et de l’église.

Les fonts baptismaux situés dans cette chapelle sont formés d’une belle cuve en pierre de Tonnerre sculptée, reposant sur un socle moderne en pierre. Ornée en son milieu d’une guirlande de feuilles de laurier et à sa partie inférieure de larges feuilles d’eau, elle présente en avant une surface ovale, martelée, à l’époque de la Révolution, où se trouvaient vraisemblablement sculptées les armoiries de la famille Hurault de Cheverny, entourées du collier de l’ordre de Saint-Michel dont on aperçoit encore des traces, sur chacun de ses côtés un écusson représentant l’épée et la clef en croix, emblèmes des patrons de l’église, et enfin sur sa face postérieure l’inscription suivante : 1586. —

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IE : F VS : PAR : MRES : I : DVGVE : D : LEVASSORT : I : BOVDON : ET : P : COVLDRE : GAGIERS : POSE : P : S : Ligien

Le sol de la nef et des bas-côtés, autrefois bouleversé par de fréquentes inhumations est aujourd’hui recouvert par un dallage en pierre établi de 1768 à 1770.

Le 6 février 1768, les gagers de la paroisse firent un accord

avec Noël Ledru, sculpteur marbrier demeurant à Paris, rue de la Roquette, par lequel celui-ci s’obligeait de faire scier les tombes de l’église deGallardon selon les échantillons nécessaires pour le carrelage en dalle de l'allée principale de la nef, d’en faire le posage à ses frais pour la somme de douze sous du pied carré, et ce pour le jour des Rameaux sans plus tarder; ledit ouvrage bon et solide à dire d’ouvriers et sujet à visite : lesdits gagers de leur côté s’obligeant de payer la somme due selon le toisé, lors de l’ouvrage totalement fait et de fournir la chaux et le sable nécessaires, ledit Ledru fournissant à ses frais le mastic convenable

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pour rendre l’ouvrage parfait et se réservant en outre huit pieds de pierre de l’épaisseur de la plus belle tombe.

Le 13 mars de la même année, par un nouvel accord avec les gagers, Pierre Fessé et Louis Haye, dit Pontgouin le jeune, maçons et tailleurs de pierre, demeurant à Gallardon s’obligèrent de tirer des carrières de Germonval les pierres nécessaires pour le pavage de l’église, de tailler lesdites pierres proprement et surtout sans qu’aucune d’elles soit écornée, d'en faire le posage bon et solide et ce moyennant la somme de neuf sous du pied carré, s’obligeant en outre de tailler les vieilles pierres et de les poser à la journée ou à tâche selon le prix à faire.

Le dallage de la chapelle des Fonts, en pierre de Germonval, commencé à Pâques 1770, renferme encore quelques pierres tombales sans effigies et dont les inscriptions ont presque entièrement disparu. L’une d'elles est formée par une ancienne table d'autel aux angles de laquelle on voit encore les croix de consécration et au milieu l’emplacement de la cavité qui renfermait autrefois les reliques.

L’intérieur de la nef est occupé par quatre rangées de bancs en menuiserie récemment exécutés par un habile ouvrier du pays et donnés à l’église par une pieuse paroissienne, Mlle Caroline Guillet. La chaire adossée au pilier qui sépare les deux arcades de communication de la chapelle des fonts avec la nef, malgré ses sculptures, n’offre aucun intérêt1 ainsi que le banc d'œuvre qui lui fait face. A l'entrée de la chapelle du Rosaire, un banc, que ses accotoirs sculptés datent du XVIIIe siècle, porte l'inscription suivante en partie martelée : POUR LORS CURÉ GEORGES DARBLAY ET POUR GAGERS....

Les murs de la nef sont en outre ornés d’un beau chemin de croix offert en 1891 par une habitante de Gallardon, Mme Boudet- Riché

Coupant transversalement la nef et ses bas-côtés en avant du chœur, le transept dont le sol se trouve par un perron de quatre

1 En vertu d’un marché fait le 7 août 1712, l’ancienne chaire de Gallardon que celle ci a remplacée fut surmontée d’un couronnement exécuté parMathurin Jahnet, menuisier, et Louis Daoust, sculpteur, moyennant 35 livres pour le premier et 70

pour le second

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marches en pierre occupant toute la largeur de l’église exhaussé de 65 centimètres au-dessus de celui de la nef et des bas-côtés forme un vaste parallélogramme mesurant 29 mètres sur 8,communiquant par ses faces transversales avec la nef et ses bas-côtés d’une part et d’autre part avec le chœur et son collatéral.

La croisée ou partie centrale du transept, dont la voûte se continue directement avec celle de la nef, n’est en réalité que le prolongement de cette partie de l’édifice dont rien en dehors de la différence de niveau du sol ne la distingue.

Les croisillons ou transepts latéraux communiquent avec la partie centrale par de vastes arcades à plein-cintre, mesurant 9 mètres de hauteur et 6 mètres 70 de largeur, dont les pieds-droits s’appuient d’une part sur le mur de clôture du chœur et se confondent d’autre part ainsi que leurs cintres avec les gros murs de la nef.

Leurs voûtes, formées chacune de deux travées et disposées perpendiculairement à celle de la nef, sont comme celle-ci construites en charpente avec poinçons et entraits ornementés, deux du côté du nord, un seul du côté du midi, lambrissées de merrain et décorées de peintures : mais beaucoup moins élevées, elles ne mesurent pas plus de 14 mètres environ de hauteur.

Les entraits de ces deux voûtes, ornés à leurs extrémités de têtes monstrueuses, sont en leur milieu décorés, ceux du croisillon nord, le premier de feuillages entrelacés sur ces deux faces, le second d’un côté de deux figures de dragons affrontées et de l’autre de rameaux entrelacés, celui du croisillon sud d’un côté d’un masque grotesque et de l’autre d’un écu aux armes de France soutenu par deux anges couchés. Dans la voûte du croisillon nord, on remarque en outre une inscription, en partie détruite par l'humidité, analogue à celles qui se lisent sur la voûte de la nef.

Eclairé à chacune de ses extrémités latérales par une fenêtre à meneaux dans lesquelles on retrouve des fragments de vitraux anciens, le transept communique avec le dehors par une porte pratiquée à la base du pignon sud revêtue à l’intérieur d’un tambour en menuiserie du XVII0 siècle à la partie supérieure duquel on lit l'inscription suivante : M. R. THIERRY. M. MULLOT. 1 JANET. M. GUINEVILLE. GAGERS. 1646.

PL IX. — Eglise de Gallardon. Vue intérieure.

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Du côté opposé le transept communiquait également autrefois avec le dehors par une porte aujourd’hui murée à laquelle on accédait à l’intérieur de l’église par un haut perron en pierre qui a été démoli ainsi que sa rampe de bois à balustres et son tambour de menuiserie, lors des réparations faites dans l’église de Gallardon en 1887 par l’abbé Marie, et sur l’emplacement desquels se dresse aujourd’hui, au-dessous de la fenêtre, un grand Christ en croix en terre cuite qui se trouvait auparavant placé au fond du sanctuaire, derrière le maître-autel. Séparé du chœur et de son collatéral par une muraille de clôture dont la partie médiane, soutenue par deux puissants contreforts à deux ressauts en pierres de taille divisant en trois parties sa façade correspondant à la nef centrale, est terminée en haut par un gable ou pignon triangulaire qui dépasse de 9 mètres le faîte du grand comble de la nef, et s’appuie sur leformeret de la voûte du chœur, le transept communique avec ces parties de l’édifice par trois grandes baies ogivales pratiquées à la base de ce mur.

Occupant, au milieu de ce mur tout l’espace compris entre les deux contreforts, l’entrée du chœur, exhaussée par un perron en hémicycle de quatre marches en pierre1 , est formée par une vaste arcade en pierres de taille, mesurant 10 mètres 50 de hauteur et 5 mètres 90 de largeur, dont l’archivolte et les pieds-droits sont ornés de moulures toriques identiquement reproduites sur les deux faces de l’arcade et interrompues à la naissance de l'ogive par un annelet mouluré formant chapiteau.

Au-dessus de cette arcade on voyait autrefois un écusson en

un

monogramme accompagné de la date 1630. De moindres dimensions, les arcades qui donnent accès dans le collatéral mesurent 7 mètres 65 de hauteur et 3 mètres 20 de largeur. Construites en pierres bien appareillées, elles sont ornées, celle de droite d’une archivolte à deux

1 L’an 1767, les mardi s du choeur et des ailes du tour du chœur de Gallardon ont été faites par Jumentier, dit La Pierre, d’Aunay.

pierre sur lequel était sculpté

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rangs de moulures toriques soutenue de chaque côté par un pilastre composé d’une colonne engagée accompagnée de deux colonnettes dont les chapiteaux accouplés ne présentent pas la même ornementation, celle de gauche d’une archivolte à trois rangs de claveaux en retraite soutenue par des pilastres composés de dedans en dehors d’une colonne engagée, d’une colonnette et d’un pieddroit uni disposés en retraite et dont les chapiteaux accouplés sont formés de feuilles à crochets.

Les bases des colonnes composant les pilastres de chacune de ces arcades sont formées de deux rangs de moulures toriques séparées par une scotie peu profonde et reposent sur des piédestaux quadrangulaires auxquelles elles se relient par des pattes sculptées.

De chaque côté de l’entrée du chœur, séparant l’arcade du collatéral du contrefort correspondant, s’élève dans le transept un autel en menuiserie moderne dans le style du XIIIe siècle, en arrière duquel on voit encastré dans le mur de clôture du chœur un contre-retable en pierre de taille moulurée surmonté, celui de gauche de deux niches ogivales, celui de droite d’une seule niche semblable. Ces autels dédiés l’un à saint Mathieu et à saint Vincent, l’autre à sainte Julienne ont remplacés deux autels en menuiserie du commencement du siècle dédiés le premier à saint Mathieu, le second .à saint Vincent.

Au-dessus de ces autels, lors de la réfection de l’enduit de cette partie de l’église, nous avons découvert en grattant le badigeon , aux places qui nous semblaient de couleur plus foncée que les parties avoisinantes, deux fragments d’une ceinture funèbre dont nous avons vainement demandé la conservation, ornés d’un grand écusson : Ecartelé au 1 et 4 d'azur à trois fusces ondées d'argent au lion naissant d'or , qui est Bullion, aux 2 e ^ 'A d'argent à la bande de gueules accompagnée de 6 coquilles du même en orle , qui est Vincent, et entouré des colliers des ordres du roi.

En avant de l’entrée du chœur, aujourd’hui fermé par une grille moderne en bois sculpté sans intérêt (œuvre d’un ouvrier du pays, ainsi que les deux troncs en forme de consoles appliqués en avant de chacun des contreforts) s’élevait autrefois un jubé sur lequel nous ne possédons aucun renseignement et que Sau-

nier dans ses Essais historiques sur la ville et le marquisat de Gai lardon se contente de qualifier d'antique et qui fut abattu la seconde semaine du Carême en 1744.

Le sol du transept, dont l'ancien pavage en terre cuite du pays1 a été récemment remplacé par un dallage en pierre de liais, grâce au zèle pieux de MUe C Guillet, présente en son milieu, en avant du perron du chœur, une large partie dallée formée de quatre pierres tombales de grande dimension dont les effigies et les inscriptions sont entièrement effacées, sur laquelle se dresse, lors des enterrements, le catafalque et à laquelle en raison de cet usage les habitants du pays ont donné le nom de Pierre des Morts.

Primitivement réservé aux religieux chargés de desservir le prieuré de Gallardon, le chœur de l’église dont certaines parties, hélas! trop rares, ne le cèdent guère en antiquité à celui de la cathédrale de Chartres, rappelle par certains détails de son architecture intérieure celui de l’église Saint-Père de la même ville.

Comprenant dans sa longueur deux travées parallèles et le rond-point qui en compte sept en pourtour, et divisé dans sa hauteur en trois parties : les grandes arcades par lesquelles il communique avec le collatéral, la ga’erie ou triforium et le fenestrage ou claire-voie, il mesure dans œuvre 18 mètres 50 de longueur sur 13 mètres de largeur.

Son sol, élevé au-dessus de celui du transept par un perron de quatre degrés et recouvert d’un pavage en mosaïque formé de dalles octogonales en pierre de liais et de carrés de marbre noir, se trouve encore à l’entrée du sanctuaire exhaussé par trois degrés qui occupent toute la largeur de l’édifice ; enfin on monte à l’autel placé au centre du rond-point par quatre degrés. Ces surélévations successives permettent aux fidèles de voir de la plus grande partie des points de l’église l’officiant à l'autel

Au milieu du chœur proprement dit existe un caveau de 8 à 9 pieds de long et de 7 pieds de large bien voûté et pavé auquel

1 En 1675 eut lieu une adjudication de travaux à faire dans l’église de Gallardon pour paver la traverse devant le cr.ucifix.

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conduit un escalier bien établi d’environ 12 marches. L'entrée en est couverte de limandes fortes de chêne, appuyées sur des barres de fer et dessus est le pavé courant.

La partie inférieure du choeur présente les caractères bien prononcés de l’art architectural à la fin du XIIe siècle. Onze grandes arcades dont l’ogive semble se dégager avec timidité des liens du plein-cintre forment autour du chœur une clôture ajourée. Ces arcades, dont les sommets ne s’élèvent pas dans le chœur proprement dit et le sanctuaire à la même hauteur, et dont les points d’appui se trouvent dans le sanctuaire plus élevés de 75 centimètres que dans le chœur, sont décorées sur chacune de leurs faces que sépare une plate-bande unie d’une archivolte composée de deux rangs de claveaux en retraite ornés sur leurs bords d’une forte moulure torique cruement fouillée.

Du sol à la pointe de leur ogive, l’ouverture de ces arcades est dans le chœur de 8 mètres et dans le sanctuaire de 7ra35. Leur largeur varie avec celle des travées qu’elles occupent et surtout avec celle des entrecolonnements qui les supportent.

Des sept travées du rond-point, celle du milieu mesure 3m40 d’entrecolonnement ; celles qui l’accompagnent de chaque côté ainsi que celles de l’entrée du sanctuaire, d’égale dimension, mesurent 2m65 et sont séparées entre elles par une travée dont l’entrecolonnement plus large mesure 3,n40.

Quant aux entrecolonnements des deux travées parallèles du chœur, ils présentent entre eux de notables différences. Ceux de la travée la plus rapprochée du transept mesurent : celui de droite 4m48, celui de gauche 5ra60 ; ceux de l'autre travée formant les portes latérales du chœur mesurent : celui de droite 5m60; celui de gauche 4m25.

Les piliers qui constituent ces divers entrecolonnements affectent suivant la place qu’ils occupent des formes différentes : ceux du sanctuaire sont d une seule colonne, alternativement cylindrique ou polygonale. Un seul d’entre eux, déformé polygonale, est décoré à sa partie antérieure d’un faisceau de colonnettes.

Ceux qui séparent les arcades du chœur et du sanctuaire, sont formés d’un massif rectangulaire cantonné sur chacune de ses faces, d’une colonne de grosseur variée, à demi engagée dans son épaisseur.

Ceux qui séparent entre elles les arcades du chœur ainsi que

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les pilastres adossés au mur de clôture qui sépare le chœur du transept présentent la même disposition, mais de plus sont ornés sur chacun des angles du massif qui les constitue de colonnettes engagées.

Des quatre colonnes engagées sur les faces du massif de ces piliers, deux reçoivent la retombée des arcades de la clôture du chœur, la troisième supporte les nervures et les arcs-doubleaux des voûtes du collatéral et la quatrième placée en avant, s’élevant d’un seul jet jusqu’au-dessus du triforium, va soutenir les arcs- doubleaux de la voûte du chœur.

Les bases, sur lesquelles s’appuient ces piliers, supportées par des socles quadrangulaires , reliés entre eux dans le sanctuaire par un petit mur d’appui, se composent de deux moulures toriques séparées par une profonde scotie ; le tore inférieur est très évasé par rapport à celui du dessus et la scotie qui les sépare forme au pied de la colonne un petit canal dans lequel l’eau peut séjourner. Des pattes sculptées en forme de feuilles rattachent en outre les bases des colonnes du chœur aux angles des piédestaux sur lesquelles elles reposent , cette disposition spéciale n’existe pas à la base des colonnes du sanctuaire. Layés verticalement et formés d’assises de pierre de 25 à 35 centimètres de hauteur, les fûts de ces divers piliers ont une hauteur qui varie avec le niveau du sol des parties auxquelles ils appartiennent. De la base à leur chapiteau, ceux du chœur mesurent 3m25, ceux du sanctuaire 4 mètres.

Quelle que soit leur disposition, isolées, ca ntonnées ou en faisceau, colonnes et colonnettes sont surmontées de chapiteaux appropriés à leur forme et appartenant tous au même t}rpe : l’astragale est formée d’une simple moulure ronde, les corbeilles sont garnies de crochets saillants alternant avec des feuilles appliquées à plat paraissant empruntées pour la plupart à la flore locale ; les tailloirs sont décorés de plusieurs moulures superposées et profondément fouillées. Partout ils remplissent les fonctions de table et servent d’appui à la retombée des arcades de la clôture du chœur ou des nervures de la voûte.

Tout autour du chœur, au-dessus des grandes arcades règne

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entre deux fortes moulures horizontales qui l’accompagnent dans toute son étendue, une galerie composée d’une suite d’arcades trilobées supportées par de petites colonnes en arrière

desquelles elle forme un étroit passage de 75 centimètres de largeur faisant le tour du chœur. Cette galerie ou triforium (comme appellent les archéologues anglais ces sortes de tribunes) comprend dans son ensemble onze travées, d’inégale largeur, séparées les unes des autres par un pilastre. Ces pilastres reliant les piliers de l’étage inférieur aux nervures de la voûte sont formés de trois colonnes accouplées qui vont par leurs extrémités supérieures, celle du milieu couronnée d’un chapiteau à crochets, soutenir les nervures de la voûte et celles des côtés former le cintre des fenêtres supérieures et le formeret de la voûte.

Dans le sanctuaire, la base de ces pilastres repose sur un chapiteau ionien encastré en saillie dans la muraille au-dessous de la moulure inférieure du triforium, dans l’axe des piliers du rezde-chaussée.

Dans le chœur, la colonne centrale des pilastres est formée par le prolongement de la colonne antérieure des piliers, tandis que les colonnes latérales sont soutenues par des culs-de-lampe déformés variées posés en encorbellement au même

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niveau que les chapiteaux qui soutiennent la base des pilastres du sanctuaire.

Les travées du triforium n’étant point, comme nous l’avons dit, d’égale largeur, ne comptent pas le même nombre d’arcades : dans le sanctuaire les unes en ont deux, les autres trois ; dans le chœur les travées subdivisées chacune en deux parties égales par un pilastre carré qui soutient le meneau central de la fenêtre qui occupe la partie supérieure de chaque travée en comptent les unes six et les autres quatre.

L’ensemble du triforium comprend trente-neuf arcades supportées par cinquante-deux colonnettes.

Chaque travée du triforium se compose de deux murs, de plusieurs arcades et d’un plafond. Le premier mur regarde l’intérieur du chœur : sa partie inférieure très peu élevée est pleine et unie et sert de stylobates pour les colonnettes sa partie supérieure est ornée de trèfles et de quatrefeuilles moulurés sans ajours : il mesure 3 mètres de hauteur. Le second mur, de même hauteur, primitivement percé de grandes arcades aujourd’hui murées, de dimensions variant avec la largeur des travées qu’elles occupent , et qui selon toute probabilité devaient dans l’esprit du constructeur de l’édifice être garnies de verrières, sert d’adossement au comble du collatéral. Les arcades trilobées ont leur intrados et leurs redents ornés d’une moulure torique et s’appuient sur des colonnettes isolées, toutes surmontées d’un chapiteau du plus beau style et de la plus fine exécution (PI. XI, n° 1), et dont l’ornementation offre une variété de feuillages qui ravit quand on l’étudie. Le plafond est formé de dalles en pierre qui soutiennent les constructions de l’étage supérieur.

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Magnifique spécimen, de l’architecture au commencement du XIIIe siècle, l'étage supérieur du chœur composé de onze grandes fenêtres hautes de 9 mètres dont l’une, du côté du nord, s’est trouvée, lors de la construction de la tour, du grand clocher, aveuglée par le mur méridional de cette tour, mais dont on retrouve en dedans du chœur encastrée dans la maçonnerie la forme en pierre divisée comme celle qui lui fait face en roses et en lancettes, constitue au-dessus du triforium une clairevoie d’un effet grandiose. L’ensemble de ces fenêtres, occupant du triforium à la voûte dont elles prennent comme archivoltes les formerets toute la largeur des travées comprises entre les pilastres qui les séparent et ne laissant entre elles que les points d’appui rigoureusement nécessaires pour porter les voûtes, répond en effet par la simplicité apparente de sa conception, la hardiesse et la puissance de sa construction à l’élégance et à la majesté des parties qui le supportent.

L’aspect intérieur de cette claire-voie, ne différant en rien au point de vue architectonique de celui qu’elle présente au dehors, il nous reste peu de chose à dire à son sujet.

Les verrières qui les ornaient primitivement ont depuis longtemps disparu : quelques fragments assez bien conservés qu’on y voyait encore, il y a vingtœinq ans, et notamment une Vierge debout, de grandeur naturelle, tenant l’enfant Jésus dans ses bras, dont le dessin, la pose et l’expression étaient excellents et les couleurs, quoique un peu vives, très harmonieuses, indiquaient qu’ils appartenaient au XIII0 siècle1.

Les sept fenêtres du sanctuaire sont aujourd’hui garnies de grisailles modernes : celles du chœur de panneaux de verre

1 Au siècle dernier, Tes vitraux de l'église de Gallardon déjà réparés en i53o (minutes notariées) furent à deux reprises victimes de violents ouragans. — Ledimanche 18 juillet 1728 à quatre heures après midy un orage extraordinaire est tombé sur Gallardon et sur tout son territoire, qui a perdu entièrement tous les grains et les vignes et les arbres, cassé toutes les vitres du costé d'occident et du nord d'où venait le vent, l'orage venant par Saint-Prest et Harleville, rempli de grelle grosse comme des œufs et de grosses balles à jouer à la paume qui est tombée pendant une demi-heure de suite avec abondance et un très grand vent qui a aussi cassé les ardoises de la moitié de la couverture du chœur depuis le milieu du rond-point jusques au pignon à refaire à neuf, ainsi que le quart environ des chapelles de Saint-Crespin, du Saint-Sacrement et de Sainte-Marguerite et les pavillons derrière la chaire. — Le n juillet 1769 est venue une grêle épouvantable qui a fracassé bien des vitres du côté du prieuré.

1. Chapiteau du triforium. — 2. Gargouilles. — 3. Consoles d'entablement de la nef. — 4. Chapiteau des arcat. du portail sept, et du narthex.

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blanc en losanges, entourés d’une bordure où l’on trouve de nombreux fragments de vitraux du XVIe et du XVIIe siècles représentant, outre divers monogrammes, des débris du cordon de Saint-Michel, des hermines, des tours, des fleurs de lys, des ombres de soleil, des lions issants, l’épée et la clef en croix, etc, et enfin le chiffre 1568.

Au-dessus de cet élégant fenestrage s’épanouit la haute voûte du chœur, chef-d’œuvre de hardiesse et de simplicité dont l’architecte semble, dans sa construction, s’être inspiré des procédés du maître de l’œuvre de la cathédrale de Chartres.

Cette voûte, construite en blocage et dont l’épaisseur varie de 45 à 50 centimètres, et dont la hauteur du sol à la clef- de-voûte du chœur est de 22 mètres, est soutenue d’une part par des arcs-doubleaux et des arcs-ogives, formés de deux tores séparés par une plate-bande, qui s’appuient sur le tailloir dès colonnes centrales des piliers et des pilastres que nous avons décrits, et d’autre part par des formerets qui continuent les colonnettes latérales de ces mêmes pilastres.

Dans le chœur, cette voûte se décompose en deux plans barlongs qui sont eux-mêmes divisés en huit voûtains triangulaires par les arcs-ogives bandés dans chaque travée.

Dans le sanctuaire, huit arcs ogives réunis autour d’une clefde-voûte centrale forment par leur ensemble au-dessus du maître^ autel une sorte de couronnement.

La clef-de- voûte du sanctuaire a la forme d’une couronne et est décorée de guirlandes de feuillages en relief traitées avec habileté et goût. L'ouverture de son œillard est quadrilofcée ou cruciforme.

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Les clefs-de-voùte du chœur, percées d’un œillard circulaire, sont plus simples et formées d’une seule moulure ; l’une d’elles

rapportée excédant de trois laquelle étaient représentées

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autrefois était ornée d'une pierre pieds le niveau de la voûte et sur les armoiries de la famille H urault de Cheverny : cette pierre , mal scellée sans doute , tomba le 21 mars 1744 et ne fut jamais remise en place.

Le mobilier actuel du chœur et du sanctuaire non seulement n’est point en harmonie avec le style du monument, mais laisse en outre beaucoup à désirer au point de vue de l'art et du goût.

Deux rangées de stalles en bois de sapin , placées en avant des entrecolonnements de la travée la plus rapprochée du transept qu'occupe une rangée de bancs fermés semblablement construits, déshonorent par leur présence l'intérieur du chœur dont elles constituent, avec deux lustres en cristal de l’époque du premier Empire, l’unique mobilier.

Le sanctuaire, à l’entrée duquel se trouvent adossées aux piliers qui le séparent du chœur deux élégantes consoles en bois peint de l’époque de la Régence dont les délicates sculptures peuvent, à la rigueur, faire pardonner l’anachronisme, est occupé en son milieu par un autel moderne également en bois en forme de tombeau surmonté, à droite et à gauche du tabernacle^ de deux anges adorateurs en plâtre peint, et accompagné de deux statues en terre cuite représentant les patrons de l’église,, posées sur des piédestaux en bois que relient à l’autel des panneaux de menuiserie disposés en hémicycle.

Cette décoration indigne de l'église de Gallardon a remplacé, lors de la réorganisation du culte, celle que le curé Georges Darblay avait fait établir en 1750, détruite à l’époque de la Ré-

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volution et que nous fait connaître l’acte suivant qui nous donne en même temps de précieuses indications sur la décoration primitive du sanctuaire de Gallardon que nous souhaitons de voir un jour restituée.

« 8 décembre 1 7 5 0 . — Nous, curé, gagers et habitants de la paroisse de Saint-Pierre et Saint-Paul de Gallardon, avons consenti à l’achat d'un autel en bois doré et sculpté provenant de l’église de Marcoussis1 et à l’emplacement d’iceluy dans le rondpoint du chœur de notre église pour y servir de décoration. Comme pour l’aspect et la vue dudit autel, il convient d’abattre la queue de V autel de pierre de notre dit chœur, il faut au préalable déranger saint Pierre et saint Paul et la Vierge qui sont dessus, en outre les piliers de pottin qui forment le thalamus antique autour dudit autel, sommes convenus que la Vierge serait placée, comme patronne du chœur, dans la niche de l’autel du rond-point au dessus du tableau, que saint Pierre et saint Paul seraient mis au milieu des deux arcades à côté et que les anges et pilliers seraient abattus et vendus aux plus offrants pour subvenir aux frais d’une décoration d’autel à la romaine qui réponde à la beauté de notre chœur et de notre sanctuaire. A quoy avons authorisés les gagers en charge ou autres, leurs successeurs, comme aussi pour ce qui pourrait être jugé propre, convenable et nécessaire tant pour les marches du chœur que pour les marches de l’autel même. Si même l’occasion se présente de faire empiète d’un autel de marbre à la romaine pour substituer en place de celui de pierre les autorisons comme dessus pour l’achat dudit autel, pourvu que les fonds, rentes et biens de notre église n’y soient point altérés. »

Complétant les renseignements que renferme cet acte sur la décoration primitive du sanctuaire orné, dit-il, « dans le goût des plus anciennes églises », et qu’il vit modifier quelques années avant qu’il rédigea ses Essais historiques sur la ville de Gallardon, Saunier nous apprend en outre que l’autel n’était point surmonté d’un tabernacle. Comme aux premiers temps de l’é-

1 Œuvre d’un sculpteur de Rouen nommé Sourdit. Ce beau retable en bois ouvragé fut payé 3go livres. En 1767, les colonnes du banc d’œuvre de Saint-Pierre d’Epernon, acheté l’année précédente furent posées à ce retable par Baudon et Auvray, menuisiers à Gallardon.

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glise, l'Eucharistie était conservée dans un vase ou ciboire suspendu au-dessus de l'autel.

De son côté, le sieur de Moléon nous signale dans son Voyage liturgique en France une autre particularité de cet autel « qui, « dit-il, n’a point de parement au devant comme presque parce tout, mais un simple rideau de la même étoffe que les ornements, selon l’ancien usage : car tout le monde sait que les « reliques des saints étaient sous les autels et que, pour em- <> pêcher que la poussière ne gastat les chasses, on mettait une « simple couverture, un rideau au devant de la table d’autel. « C’est pour cela que la plupart des parements ont une frange « par le haut qui était pour cacher la tringle qui les supportait » comme du reste, ajoute-t-il, cela existait aussi à la cathédrale de Chartres.

Avant la Révolution on voyait encore dans le sanctuaire deux châsses renfermant des reliques des saints Félicien, Maxime, Illuminé, Laude, Claire et Victor. Ces châsses, achetées en 1 759 moyennant 90 livres au couvent des Ursulines de Chartres auquel elles avaient été données en 1687 par la sœur Angélique Thérèse Patrizzi, avaient été offertes à l’église de Gallardon par le curé Georges Darblay aux conditions qu'il serait pendant sa vie chanté un libéra à l’issue de l’office des saints martyrs, le dimanche après saint Mathieu, pour ses parents, et après sa mort un libéra à son intention et pour le repos de son âme.

Autour de ce chœur que nous venons de décrire, les bas-côtés de la nef, se prolongeant au delà du transept jusqu’au sommet du rond-point du sanctuaire où ils se réunissent, forment un collatéral ou déambulatoire en fer-à-cheval de 53 mètres 90 de longueur sur 4 mètres 21 de largeur moyenne, communiquant à ses extrémités avec le transept par les arcades que nous avons décrites de chaque côté de l’entrée principale du chœur.

Séparé du chœur et du sanctuaire par les piliers qui forment avec les grandes arcades qu’ils soutiennent l’étage inférieur de ces parties de l’édifice, le collatéral se compose de onze travées, correspondant aux extrémités des deux travées parallèles du -chœur et des sept travées en rond-point du sanctuaire.

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La première travée du côté nord, au-dessus de laquelle s’élève la tour du grand clocher, présente une largeur moindre que le reste du collatéral par suite de la construction d’une arcade de soutènement destinée à supporter la maçonnerie des étages supérieurs de cette tour et appliquée sur la face postérieure des piliers du chœur qu’elle masque entièrement. Cette arcade, dont la voussure obliquement ébrasée du côté du chœur de dehors en dedans est ornée de nervures prismatiques et s’appuie d’un côté sur des pieds-droits unis en retraite surmontés d’un bandeau mouluré formant entablement et de l’autre sur des colonnettes également en retraite surmontées de chapiteaux à crochets, diminue également la largeur de la baie primitive qui sépare cette travée du chœur.

Sur le pilier qui relie cette arcade à celle qui forme l’entrée latérale nord du chœur, on distingue sous le badigeon, en dedans de cette seconde arcade, un fragment de ceinture funèbre sur lequel se détache nettement la forme d’un écusson portant vraisemblablement les mêmes armoiries que celles qui existaient autrefois de chaque côté de l’entrée principale du chœur.

Le gros mur du collatéral dans la partie semi-circulaire duquel s’ouvrent par de grandes arcades les trois chapelles absidales est en outre percé dans chacune de ses parties rectilignes de deux portes sans caractère architectural.

Celles du côté sud s’ouvrent l'une dans le jardin du presbytère, l’autre dans le couloir menant à la nouvelle sacristie. Une des portes du côté nord, aujourd’hui sans usage, mais que garnit encore son battant en menuiserie d’un travail intéressant, conduisait dans l’ancienne sacristie, l’autre surmontée d’un arc de décharge à plein-cintre sert d’entrée à l’escalier de la tourelle du clocher : à côté d’elle une porte semblable aujourd’hui murée communiquait avec l’extérieur de l’église.

Deux de ses travées du côté nord s’étant trouvées, lors de leur construction, masquées l’une par un bâtiment dépendant de la sacristie aujourd’hui démoli, l’autre par la tourelle de l’escalier du grand clocher, le collatéral n’est éclairé directement que par six fenêtres dont l'une même ne recevait autrefois de jour que de l’intérieur de l’ancienne sacristie.

Ces fenêtres, comme celles de la nef, sont à plein-cintre et varient entre elles comme dimensions : les unes mesurent

4 mètres 25 de hauteur sur 1 mètre 10 de largeur; les autres 4 mètres de hauteur sur 1 mètre 50 de largeur.

Celles du chevet sont garnies de grisailles modernes, les autres de panneaux anciens de verre blanc en losanges avec des bordures de couleur où l’on retrouve, outre de nombreux monogrammes, quelques fragments de vitraux anciens semblables à ceux que nous avons signalés dans les fenêtres du chœur.

La voûte du collatéral de forme ogivale, bandée sur des arcades de même forme dont quelques-unes sont accompagnées en avant et enarrière d'arcs-doubleaux formés d'une plate bande unie, est construite comme celle du chœur en blocage et présente à peu près la même épaisseur.-

Cette voûte, dont les arêtes entrecroisées ne sont ornées ni d'arceaux moulurés ni de clefs-de-voûte, mesure du sol à l'intersection des arêtes 7 mètres 80 de hauteur moyenne et s’appuie d'une part sur des colonnes monocylindriques appliquéescontre le gros mur du collatéral, surmontées de chapiteaux sculptés présentant une grande variété de forme et d’ornementation et dont les bases offrent les mêmes caractères que cellesdes colonnes des arcades d'entrée du collatéral, et d’autre part dans ses parties rectilignes sur les chapiteaux des colonnes engagées à la face postérieure des piliers qui soutiennent les grandes arcades du chœur et dans sa partie curviligne, tantôt sur des chapiteaux qui leur sont communs avec les grandes arcades du sanctuaire, tantôt sur des chapiteaux sculptés en encorbellement sur la face postérieure des colonnes de la clôture du sanctuaire.

Le sol du collatéral, recouvert de dalles en pierre de liais disposées dans sa partie curviligne en groupes réguliers de forme rayonnante, présente par rapport à celui du transept les mêmes différences de niveau que ceux du chœur et du sanctuaire et déplus dans toute l’étendue de ses parties rectilignes à la base du gros mur une nouvelle surélévation d’une marche où l'on remarque, surtout du côté du midi, de nombreux fragments de pierre tombales, servant de soubassement à des bancs mobilesen bois sur l’un desquels est gravé l'inscription suivante : JEAN RONTERRE. 1739.

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Derrière Je sanctuaire, les chapelles absidales s’ouvrent dans le collatéral par trois grandes arcades à plein-cintre. Ces trois arcades dont les voussures formées d’une plate-bande unie reposent sur des colonnes monocylindriques, dont les bases sont reliées à leurs piédestaux quadrangulaires par des pattes sculptées et dont les chapiteaux offrent une grande variété d’ornementation, présentent les mêmes dimensions : leur hauteur est de 7 mètres 50, leur largeur de 4 mètres 80.

La chapelle du milieu, qui forme le point culminant de l’abside , autrefois consacrée au Saint- Sacrement est aujourd’hui sous le vocable du Sacré-Cœur de Jésus. Par son style architectural, elle appartient à la même époque que le chœur de l’église. Sa profondeur est de 7 mètres, sa plus grande largeur de 6 mètres 90 et sa hauteur de 8 mètres 25 sous clef- de-voûte.

De forme polygonale, elle est éclairée par cinq fenêtres de forme ogivale, garnies de verrières modernes. Sa voûte d’arête, de forme ogivale, dont les arceaux en ogive formés de trois moulures toriques, une petite entre deux plus fortes, et réunis par une clef- de voûte sculptée représentant un agneau nimbé entouré d’une guirlande de feuilles et de fruits et portant encore des traces anciennes de peinture, repose sur des colonnettes dont tous les chapiteaux ont été remplacés.

Un bel autel moderne en pierre dans le style du XIII* siècle orne le fond de cette chapelle.

Les deux autres chapelles absidales, de construction plus ancienne, appartiennent par leur architecture et leur ornementation au XIL siècle.

Celle de gauche , de forme polygonale , est consacrée à sainte Marguerite. Sa profondeur est de 6m,15, sa plus grande largeur de 7m,05 et sa hauteur de 8m,15 sous clef-de-voûte. Elle est éclairée par cinq fenêtres à plein- cintre comme celles de la nef et du collatéral, garnies de vitraux modernes. Sa voûte d’arête à plein-cintre, dont les arceaux entrecroisés sont formés de moulures semblables à celles de la chapelle du Saint-Sacrement

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et réunis par une clef -de-voûte sculptée représentant un agneau nimbé, soutenu par deux anges, est supportée par des colonnettes dont les bases sont ornées de pattes sculptées et dont les chapiteaux sont décorés de deux rangs de feuilles à crochets. Les fûts de ces colonnettes étaient autrefois, vers la moitié de leur hauteur, ornés d’un annelet en pierre aujourd’hui détruit.

L’autel de cette chapelle, à droite duquel se trouve une crédence avec piscine sans ornementation extérieure , est en menuiserie moderne décorée de peintures.

La chapelle de droite, autrefois dédiée à saint Crépin, est aujourd’hui sous le vocable de saint Joseph. Sa profondeur est de 4m,75, sa plus grande largeur de 6in,05 et sa hauteur de 8ra,25 sous clef-de-voûte. De forme semi-circulaire, elle est éclairée par trois fenêtres à plein-cintre garnie de vitraux modernes.

Sa voûte à plein-cintre soutenue par quatre arceaux entrecroisés reliés par une clef-de-voûte moderne repose sur des colonnettes à bases ornées de pattes sculptées et dont les chapiteaux sont remarquables par la richesse et la variété de leur ornementation végétale.

Un autel1 et une crédence semblables à ceux de la chapelle Sainte-Marguerite occupent le fond de cette chapelle.

Le sol de ces trois chapelles, exhaussé d’un degré au-dessus de celui du collatéral, est recouvert d’un pavage en mosaïque moderne : enfin des grilles modernes en fer forgé, dans le style du XIIIe siècle, séparent ces chapelles du collatéral.

L’intérieur de la sacristie actuelle de l’église, qui s’ouvre comme nous l’avons dit dans le bas du collatéral sud, ne renferme aujourd’hui rien d’intéressant au point de vue artistique, à l’excep-

* En 1766, fut acheté le vieux banc d’œuvre de Saint-Pierre d’Epernon pour 43 livres et dudit banc d’œuvre fut fait le retable de Saint-Crépin et laditte chapelle fut boisée par Baudon et Auvray, menuisiers à Gallardon.

PL XV, — Une des pierres tombales de l’église de Gallardon,

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tion d’un remarquable tour de dais du XVIIe siècle en soie brodée d’applications de velours et d’un beau lustre en cristal taillé de la même époque, malheureusement en mauvais état. Cependant si nous en croyons ses annalistes, l’église de Gallardon fut autrefois richement dotée de magni fiques ornements et de vases précieux qui ont disparu, par suite du malheur des temps.

Au cours des guerres de religion, l’armée huguenote, conduite par le prince de Condé passant, dans les jours qui précédèrent la bataille de Dreux, à Gallardon dont on lui refusa d’ouvrir les portes, força la place, maltraita les habitants jusqu’au point de condamner au dernier supplice les auteurs de ce refus et saccagea la ville. Les soldats campés dans l’église renversèrent les autels dont ils profanèrent les reliques, mirent en pièces les images, brisèrent les pierres tombales et pillèrent les vases et les ornements sacrés dont, nous dit Saunier, il ne reste plus un seul de précieux antérieur à cette funeste époque.

Dans les années de calme qui suivirent, grâce aux libéralités des seigneurs de Gallardon et des habitants de la ville, le trésor de l’église se reforma petit à petit. A l’époque de la Révolution qui le vit de nouveau disparaître, il se composait d’un assez grand nombre d’objets précieux parmi lesquels nous citerons, d’après Saunier, un crucifix d’albâtre échappé aux ravages du temps et de l’armée huguenote, et d’après les inventaires des meubles de l’église et de la confrérie du»Rosaire dressés en 1700 parles soins du curé Jean deTurmenyes et déposés aux archives départementales d’Eure-et-Loir :

« Un calice d’argent doré garni de sa patène, sur lesquels sont gravez les instruments de la passion ; un autre calice d’argent doré dans la coupe avec des figures d’anges relevées en bosse au pommeau ou milieu dudit calice garni pareillement de sa patène doré en dedans ; un autre calice d’argent doré dans la coupe et entièrement en dehors avec des figures de la Passion sur le pied garni de sa patène, pareillement dorée partout ; un soleil d’argent doré en quelques endroits, sur le pied duquel sont gravés les armes de M. le marquis de Bullion.

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« CJn grand ciboire d’argent entièrement doré en forme de coupe antique au dehors et un fond plat en dedans sous le pied duquel sont gravez les armes de M. le marquis de Bullion et de Mme Anne Rouillé son espouse ; un autre ciboire d’argent doré dans sa couppe sur le pied duquel sont gravez les armes de M. le marquis de Bullion ; un autre ciboire moyen d’argent qui sert pour la suspension du Saint-Sacrement dans le chœur avec un anneau en haut pour l’attacher et une petite chaisne d’argent tenant une éguille d’argent pour le fermer.

« Une grande croix que l’on porte ordinairement aux processions couverte de lames d’argent, garnie d’un Christ d’argent doré et des figures des quatre Evangélistes relevées en bosse d'un costé, d’une image de la Vierge aussi d'argent doré et des figures de quatre Pères de l’Eglise de l’autre costé, avec une pomme et une douille de cuivre en bas ; une petite croix d’argent doré portée par un ange ; une petite croix d’ébenne noire garnie d’un crucifix d’argent, des armes de saint Pierre et de saint Paul, de fleurs de lys aux trois bouts, le tout d’argent ; une croix d’argent garnie d’un Christ seulement d’un costé, sans image de la Vierge de l’autre, avec trois fleurs de lys aux trois bouts et d’un baston pareillement d’argent fleurdelisé sur la douille de laquelle croix sont gravées les armes de saint Pierre d’un costé et les noms des gagers en charge de l’autre, etc., etc.

« Une . image d’argent de la sainte Vierge, haute d’environ un pied, garnie de deux petites couronnes d’argent, l’une de la Vierge et l’autre de l’Enfant Jésus, attachez avec des visses, posée sur un pied-d’estaii d’ébenne noire garnie de fleurettes d’argent, d’un reliquaire par devant et les armes de Saint Pierre par derrière le dit pied-d’estail, le tout monté sur six petites pommes d’argent.

« Une croix d’argent que l’on porte en procession, garnie de son bâton de bois peint sur laquelle est enchâssé un reliquaire dans lequel il y a du bois de la Vraye Croix, tiré de la Sainte Chapelle de Paris et des cheveux de la sainte Vierge, donnée en 1680 par madame de Loffroy ;

« Deux chandeliers d’argent hauts de 13 pouces et demy ;

« Un rosaire à gros grains de cristal ayant un reliquaire d’ébenne au bout en forme de croix qu’on met dans la main de l’image de sainte Anne.

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« Deux parements de damas rouge anciens, garnis l’un de l’image de la Vierge et l’autre des images de saint Pierre et de saint Paul, qui ont servi autrefois au grand autel et servent maintenant aux autels de saint Joseph et de saint Jacques.

« Une bannière de damas rouge pour servir aux processions, garnie des images de la Vierge d’un costé et de saint Pierre et de saint Paul de l’autre, parsemée de fleurs de lys et bordée d’un petit mollet de soie rouge. »

Malheureusement l’église de Gallardon ne souffre pas seulement de nos jours du dénuement dans lequel l’a laissée la perte des richesses artistiques que lui avaient léguées les siècles passés : mais ses diverses parties réclament tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de sérieuses réparations. Si les travaux exécutés depuis quelques années, tels que la couverture de ses divers combles et notamment des bas-côtés et des chapelles absidales, ainsi que la réfection des enduits intérieurs de la nef et du collatéral, quoiqu’ils n’aient point été faits avec le soin et le caractère qu’ils comportaient, ont contribué à sauvegarder certaines parties de ce bel édifice, on n’a jusqu’à présent rien entrepris pour la restauration de ses parties monumentales altérées.

L’extérieur du chœur réclame une restauration importante et complexe. Au droit de chacun des contreforts, les deux arcsboutants superposés contre-buttant la poussée des voûtes paraissent à première vue avoir été placés trop haut et trop bas ; leur inclinaison n’est pas suffisante et un seul arc plus incliné eut suffi à neutraliser cette poussée. Toutefois, les contreforts n’ayant pas bougé, non plus que les voûtes, et l’adoption d’un seul arc-boutant entraînant une modification de l’état des choses actuel, on pourrait se contenter de donner plus d’inclinaison aux arcs à reprendre en agrandissant un peu leur rayon et en reportant leur centre vers l’intérieur de l’édifice.

Le grand arc-boutant placé au droit du mur-pignon séparant la nef du chœur du côté du sud est complètement déformé et menace ruine. Aucune poussée ne paraît s’être exercée sur ce point et c’est son peu d’inclinaison et son propre poids qui ont amené sa déformation.

Quoique les arcs-boutants soient couronnés de caniveaux, les eaux du grand comble du chœur s’égouttent actuellement par les larmiers sur les combles des bas-côtés. Pour obvier à ce grave

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inconvénient, on pourrait facilement, sans chercher à rétablir le cheneau primitif ( dont la réfection entraînerait le remaniement de la couverture et peut-être de la charpente du chœur), disposer au pourtour de ces larmiers des gouttières avec raccords au droit de quelques arcs-boutants, utiliser les caniveaux de ces arcs et de là conduire les eaux jusqu’au sol ou jusqu’à la toiture du bascôté au moyen de tuyaux de descente placés sur la face postérieure des contreforts. La disposition vicieuse de l’écoulement des eaux des grands combles est en grande partie la cause du mauvais état des murs et des fenestrages qui nécessiterait d’importantes réparations.

Les parements extérieurs des murs de ce bas-côté et ceux de la chapelle absidale circulaire sont en très mauvais état. Enfin les abords de l’édifice devraient être dégagés de tous les gravois qui l’obstruent, et un pavage établi le long de ses murs.

En dedans de l’église, le lambris de la charpente de la nef et du transept a besoin en plusieurs endroits d’être réparé. D’autre part, l’ensemble architectural du chœur ne rappelle plus que de loin son aspect primitif : la galerie du triforium, lézardée en plusieurs endroits devra être reprise ; de plus non seulement les verrières gothiques qui tamisaient autrefois la lumière et harmonisaient entre elles les lignes architecturales ont disparu et ont été remplacées par des grisailles modernes qui elles-mêmes demandent à être remplacées, mais sous prétexte de consolidation, les arcades du sanctuaire, dont une des piles retaillée ou remaniée au XIVe siècle paraît ainsi que quelques chapiteaux complètement à refaire, ont été aveuglées par un mur en maçonnerie qui les réunit toutes entre elles et à la surface duquel s’étalent des peintures d’un déplorable effet. L’intérieur du chœur gagnerait en outre à être débarrassé de l’affreux badigeon de couleur jaune qui le recouvre du sol au sommet des voûtes.

Aussi faisons nous des vœux pour que l’administration municipale, soucieuse de la conservation d’un monument qui fait le plus grand honneur à la ville, prenne l’initiative de ces diverses réparations pour lesquelles, nous en sommes convaincu, ne lui feront pas défaut le concours du département et de l’État et la bonne volonté des gens de cœur et de goût.

Fl. XVII. — Vue de Gallardon au XVII1' siècle, par Coronelii.

LES CHAPELLES DE GALLARDON

nis entre eux par cette foi profonde dont les manifestations font la gloire des siècles passés, les habitants et les seigneurs de Gallardon ne trouvèrent point , dans les nombreux sacrifices qu’ils durent s’imposer pour aider à la construction de leur église paroissiale, une satisfaction suffisante pour leur pieuse ardeur. Grâce à leurs largesses, sur le territoire de Gallardon s’élevèrent, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de la ville, d’autres édifices religieux dépendant d’établissements charitables ou consacrés à des dévotions spéciales, dont il ne reste plus aujourd’hui. à l’exception d'une seule chapelle, qu'un vague souvenir ou des murs en ruines.

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