‹ Églises & chapelles du diocèse de ChartresChapitre 42 sur 65 · I. - CHAPELLE DE LA TRINITÉ · texte numérisé non relu

I. - CHAPELLE DE LA TRINITÉ

Dès les temps les plus reculés, dans l’enceinte du château-fort dominant la ville et dont il ne reste plus aujourd’hui, avec quelques fragments de ses remparts, que ce curieux pan vertical du donjon du XIIT siècle connu dans toute la région sous le nom d’Epaule de Gallardon, exista une chapelle fondée par les plus anciens seigneurs qui l’avaient dotée de rentes et de biens.

On ne connaît plus aujourd’hui l’emplacement de cette chapelle dont la tradition même s'est perdue dans le pays. Etait elle

CHAPELLES DE GALLARDON

dans l’intérieur de la cour du château ou dans l’une de ses tours ? nous ne saurions le dire. Les vues gravées de Gallardon par Chastillon, Tassin et Coronelli, ainsi que les anciens dessins que nous avons pu étudier ne nous fournissent aucune indication au sujet de cette chapelle dont le Pouillé du XIIe siècle, publié par le savant éditeur du Carlulaire de Saint-Père de Chartres , ne fait point non plus mention, quoique pourtant elle exista encore à l’époque où il fut composé,

Par un acte du 19 mars 1316, nous savons en effet que Jeanne, alors dame de Gallardon, demanda et obtint du Chapitre de Chartres, (le siège épiscopal étant vacant), la permission de doter la chapelle qui était bâtie d 'ancienneté au chastel de Galardon sous l’invocation de la Sainte-Trinité et d’y affecter comme revenu le quart des dîmes de vin qui se percevaient sur le territoire de Gallardon valant vingt livres de rente pour l’entretien d’un chapelain. Par ce même acte la fondatrice fit réserve auprès du grand archidiacre pour elle et ses héritiers ou ayant-cause de tous droits de collation, patronage, institution et destitution dudit chapelain dont cependant elle partageait alternativement avec l’évêque de Chartres le droit de présentation. Cette fondation fut en 1334 confirmée par Marguerite, dame de Gallardon, fille de la dite fondatrice.

Comme celles des châteaux-forts de Chinon, Falaise, Etampes, etc., contemporains de celui dont subsistent les restes à Gallardon, il est probable que cette chapelle se trouvait dans la cour même du donjon et dans le voisinage de celui-ci1.

Détruite lors du siège de Gallardon en 1442, en même temps que le donjon qui trop longtemps avait servi de refuge aux Anglais pendant la guerre de Cent ans, cette chapelle ne fut point relevée de ses ruines par la famille d’Alençon qui possédait alors Gallardon, ni par les seigneurs qui possédèrent après elle cette terre où jamais ils n’établirent leur résidence et dont ils se contentaient de toucher les revenus.

ï Dans la vue de Chastillon : La ruisne du chas l eau de Gallardon que nous reproduisons (PI. XVIII), l’emplacement de cette Chapelle nous paraît figuré à gauche du donjon, par une colonne dont le chapiteau est surmonté d’un bloc de maçonnerie.

CHAPELLES DE GALLARDON

Page 1