II. - CHAPELLE DE SAINT NICOLAS ET DE SAINT-SANCTIN
Non loin de cette chapelle et de l’église paroissiale, sous les murs de l’enceinte du château, était établi à l’intérieur de la ville un Hôtel-Dieu de fondation très ancienne, dit l’Aumône de Saint Nicolas et de Saint-Sanctin, destiné à recevoir les pauvres malades de Gallardon et sur l’histoire duquel nous possédons peu de renseignements.
La rue dans laquelle cet établissement charitable occupa successivement divers emplacements et dont la pente assez rude conduisait de la rue de la Mercerie (aujourd’hui rue de la Cordonnerie) à la poterne par laquelle on pouvait du château communiquer avec la ville, a conservé jusqu’à nos jours, quoique depuis longtemps déjà l’hôpital qui a succédé à cet ancien Hôtel-Dieu n'en occupe plus la place, le nom de rue de l'Aumône ou de l’Hôtel-Dieu qu’elle portait au siècle dernier.
A l’angle de cette rue et de la rue de la Mercerie, la chapelle de l'Hôtel-Dieu, comme lui sous l’invocation de saint Nicolas et de saint Sanctin, occupait une place désignée dans les titres que nous avons pu consulter, comme celle de l'ancien lieu et maison de l'Hôtel-Dieu. Cette chapelle dont, le 5 août 1685, François Lonqueue, vigneron à Baglainval, fit au terrier du marquisat de Gallardon la déclaration, en qualité d'adjudicataire du revenu temporel de l’Hôtel-Dieu par acte en date du mois d’août 1681, rendu par M. le lieutenant général du baillage de Chartres, juge subdélégué de Messieurs de la chambre de Réformation des hôpitaux et maladreries de France, touchait d’un côté au logis prieural qu habitèrent plus tard les curés de Gallardon, et de l’autre à une maison dépendant de l’Hôtel-Dieu qui servait à loger les chapelains de cet établissemeut et les prédicateurs qu'appelaient les curés de Gallardon pour prêcher dans leur paroisse les stations de i’Avent et du Carême, et près de laquelle on voyait encore au commencement du XVIIIe siècle des arcades de pierre de taille qui y étaient de temps immémorial et où, d’après les inventaires de l’Hôtel-Dieu, il paraît que cet établissement qu’on dit avoir brûlé pouvait être anciennement.
CHAPELLES DE GALLARDON
En 1729, le pignon de cette chapelle qui était sur la rue fut en partie abattu, parce qu’il surplombait de dix-huit à vingt pouces et était en danger de tomber en s’écartant et d’entraîner avec lui toute la charpente de la chapelle. Lors de cette réparation qui entraîna une dépense de 150 livres, on ôta la cloche qui se trouvait au milieu du pignon. Cette cloche fort ancienne et dont on ne put alors déchiffrer l’inscription qu’elle portait fut transportée dans la chapelle de Saint-Mathieu où elle fut mise en place en 1739.
En 1743, vu l’état de délabrement de la chapelle de Saint- Nicolas, on établit dans l’enceinte de l’Hôtel-Dieu au-dessus de la chambre qu’occupaient les prédicateurs une chapelle provisoire dans laquelle en 1755 un décret épiscopal autorisa le transfert de la chapelle de Saint-Nicolas et de Saint-Sanctin dont les bâtiments furent affectés au logement des vicaires de la paroisse. La nouvelle chapelle, lambrisée, décorée et pourvue d’ornements noir et blanc en 1756, fut le 6 décembre de la même année bénie par Mr, Georges Darblay, prieur et curé de Gallardon.
Pour la décoration et l’ameublement de cette chapelle où l’Hôtel-Dieu ne posséda jamais de calice, d’aubes, etc., la fabrique de Gallardon fit abandon d’un vieux tabernacle, du lutrin qui était auparavant dans l'église paroissiale avant l’acquisition de l’aigle de Sainte-Geneviève-des-Ardents et d’un débris de l’autel de Marcoussis acheté en 1750 par Georges Darblay pour l’église paroissiale qu’on transforma en retable, et l’Hôtel-Dieu fit emplette de chandeliers de bois à la vente faite après la destruction des Ursulines de Chartres et de menus linges à la vente des Jésuites de la rue Saint-Jacques.
Au-dessus de cette chapelle, on établit, en 1764, un clocher dans lequel fut placée, en 1768, une cloche pesant 104 livres fondue à Meslay-le-Grenet par un fondeur de Lorraine qui reçut pour la fonte 30 livres, et bénite le 12 juin de la même année sous le nom de Nicolas par le curé Georges Darblay.
Malgré le zèle déployé au XVIIIe siècle, par les curés de Gallardon, cette chapelle où s’acquittaient les fondations religieuses de l’Hôtel-Dieu et où se célébraient en outre le 9 mai, le 2 novembre et le 6 décembre de chaque année un office solennel, et dont les habitants de la ville ont perdu, de nos jours, tout souvenir, a disparu au cours de la tourmente de 1793.
CHAPELLES DE GALLARDON