CROIX DU GÉNÉRAL DF SONIS
ravement tombé à la tête de ses soldats, la première pensée du général de Sonis, après qu’il fut retiré du champ de bataille^ avait été de marquer la place où il échappa si miraculeusement à la mort, par une croix commémorative, en témoignage de sa reconnaissance; et ce fut pour répondre à ce désir, qu'il connaissait, que M%r Baunard, recteur des Facultés catholiques de Lille, et auteur de la vie du général, fit ériger la croix monumentale dont nous donnons, page 33,1a reproduction.
C’est une croix de pierre, haute de 4,n50, sur laquelle se déploie l’étendard du Sacré-Cœur ; ses plis laissent apercevoir une palme, symbole du triomphe que la France catholique a fait dans son cœur reconnaissant aux glorieux vaincus de Loigny. Les quatre faces du piédestal portent quatre inscriptions qui rappellent avec le seul titre que le général ait voulu sur sa tombe :
« Miles Christi » les angoisses et les ravissements de la nuit douloureuse qu’il passa sur le champ de bataille. Voici ces inscriptions d'un laconisme si éloquent :
LOIGjN Y
Croix du duc de Lijynes à -Nonne ville.
LOIGNY, ÉGLISE ET MONUMENTS
JIeic
Pro Deo et patria Sub Christ: signo Cecidit magnanimus Miles Ciiristi
JIeic
In oratione Dei pernoctans
CœLI DELIC1AS PLENO CORDE IlAUSIT
Miles Christi
Heic
IIeic
Immaculatam
Se Cordi Christi SS,n0
IIabuit sibi
JIOSTIAM DICAVIT
Præsentissimam
Acceptissimam
Miles Christi
Miles Christi.
Enfin, sur la pierre qui forme le socle du monument, on lit :
« A la mémoire du général Gaston de Sonis, tombé glorieusement en ce lieu, le 2 décembre 1870. »
Ce fut M>r Baunard lui-même qui , après avoir retracé en quelques pages émouvantes la vie si chrétienne, si française du général, inaugura et consacra, par les prières liturgiques, ces pierres qui couvriront désormais ce sol inondé du sang d’un brave, disons mieux, d’un saint. Cette bénédiction eut lieu le 15 août 1891, au milieu d’un nombreux clergé venu de Chartres et d'Orléans, en présence de toute la famille de Sonis. Une foule de fidèles des paroisses de Terminiers et de Loigny s’y étaient rendus processionnellement.
MONUMENT DE YILLOURS
A un kilomètre environ du bois des Zouaves, près de la ferme de Villours, une carrière a reçu les corps de 134 officiers et soldats, zouaves pontificaux, francs-tireurs de Tours et de Blidah, qui, après avoir partagé les mêmes périls et mêlé leur sang, partagent ici la même tombe. Parmi eux se trouve M. Fernand de Ferron, capitaine aux zouaves pontificaux. Mme de Ferron, sa veuve, après avoir obtenu la douloureuse certitude, par des preuves certaines, que son mari avait été déposé en ce lieu, voulant abriter ses chères dépouilles et celles de ses braves compagnons d’armes sous l’ombre de la croix, a eu la pieuse pensée de leur élever ce monument. Par ses ordres, un sculpteur de Lannion tailla dans le granit cette croix monumentale qui fut ensuite, à grands frais, amenée sur le terrain. Sur le piédestal sont gravés
LOT GIN Y, EGLISE LT MONUMENTS
les noms de ceux que l'on a pu reconnaître ou du moins les noms des corps auxquels ils appartenaient. Des textes des Livres Saints complètent ces inscriptions. Au-dessus, et dominant la plaine, s’élève la croix dont la hauteur est d’environ 10 mètres. Autour du fût serpente un lierre finement sculpté, sj^mbole de la faiblesse,, qui s’appuie sur la croix ; une couronne d’épines, fouillée à jour, en plein granit enlace les deux bras de la croix. Ce monument a été béni solennellement le 30 janvier 1872 par M. Marchoisne, curé doyen de Terminiers, sur la paroisse duquel, se trouve le monument. Il y vint processionnellement de Terminiers, avec une nombreuse assistance à la tê/te de laquelle marchait M. le maire de Terminiers revêtu de ses insignes.
De leur côté, les paroissiens de Loigny, non moins nombreux, s’y étaient rendus de la même manière. Dans les rangs des fidèles étaient Mmc de Ferron, et ses parents : les trois frères de Mme de Ferron, dont un officier de marine, et les deux autres, officiers de l’armée de terre. C’est après une chaleureuse et patriotique allocution, dans laquelle il développa ce texte : « Non contristemini sicut cœteri qui spem non hahent » queM. le doyen de Terminiers, au milieu de la foule émue et attendrie, procéda à la bénédiction du monument et d'une pierre tumulaire, aussi en granit, avec une croix en relief, posée au-dessus de l’endroit même où repose le capitaine de Ferron1.