MONUMENT DU DUC DE LUYNES A NONNEVILLE
Le jeune duc de Luynes était capitaine d'une compagnie du 33e de Marche (les mobiles de la Sarthe)* sous le commandement de l’amiral Jauréguibery.
Ils étaient alors campés entre Nonneville, Villepion et Faverolles ; l'amiral ordonne d’enlever une batterie ennemie postée entre la Maladrerie et Loigny. Lejeune duc entraîne ses soldats; ensemble ils font tout d’abord reculer les Bavarois, et pendant une heure gagnent du terrain ; mais décimés par l'artillerie, ils sont obligés de se replier, lentement toutefois et « les rangs
i M"1" Ferron a dignement complété son œuvre par une donation de 10200 fr. pour la fondation à perpétuité d’un service solennel le 2 décembre, et de 2'i messes par an pour les soldats tués à Loigny.
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formés comme à la manœuvre, dans si un bel ordre que l’amiral s’en émeut et pour ainsi dire s'en étonne. Souvent on reprend la marche en avant, on essaie l’offensive, et l’ennemi cède aussitôt. Dans un de ces moments héroïques où le régiment brave les boulets innombrables des Allemands, le jeune duc de Luynes excite avec gaîté la compagnie dont il est capitaine à ne pas baisser le front devant la menace : « Allons, dit il à ses soldats, en leur montrant de son épée les obus qui volent dans Pair, ça ne fait pas de mal ! en avant ! » Comme il venait de parler, un de ces obus qu’il défiait lui enlève la tête. Dans la mort il n’a pas eu le temps de sentir qu’elle fait mal. Trépas digne, au reste, de son grand nom ! Sacrifice douloureux et noble ! M. de Luynes avait quitté une femme et deux enfants, et près de lui, sous le drapeau du même régiment, servait son père, Paul de Chevreuse, et son beau-frère, M. de Sabran»...
Après la bataille, quand on s'occupa de donner une sépulture aux morts gisants sur la plaine ensanglantée, le corps de l’illustre et vaillant capitaine des mobiles de la Sarthe, grâce à l’alliance qu'il portait au doigt et sur laquelle étaient gravés ses noms, fut reconnu, par un des habitants du hameau au moment d’être déposé dans une fosse commune. Ce dernier alors, dans l’intérêt de la noble famille si honorablement connue dans la contrée, se chargea d’inhumer lui-même dans sa propriété privée le corps du capitaine qu’il emporta chez lui. Après la paix, par les soins de Madame la duchesse, sa veuve, le corps fut enlevé de cette sépulture provisoire et déposé dans le caveau de famille.
a Lejeune duc, dit M. H. de la Combe dans son opuscule sur « le champ de bataille de Loigny, est venu mourir presque chez « lui, sur une terre de famille, dans ce comté de Dunois « qu’avaient recueilli ses ancêtres1, et dont ils portaient le titre, « si fameux contre l’étranger. Les inscriptions funéraires du « monument ne disent rien de tout cela, elles se contentent de « rappeler ce qui a fait la gloire immortelle de cette mort en ce « monde et pour l'autre. »
< Le Comté de Dunois est entré dans la maison de Luynes en 1710, par le mariage du duc de Luynes avec la dame de Bourbon-Soissons, comtesse de Dunois.
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