ARMOIRIES DANS L’EGLISE DE LOIGNY
1. — ^ « D’azur à la fasce d'argent accompagnée de 3 étoiles d'argent à ô rais , en chef , et d'un lion d’or en pointe. » Couronne de comte; soutiens deux lions. Armoiries gravées sur un tableau à la tribune de l’église. — De Sonis.
2. — « De gueules à la croix ancrée d'argent. » Couronne de comte, devise: « A vero hello Clïrisli ». Armoiries peintes dans les vitres de la chapelle du Sacré-Cœur. — De Bouillé.
3. — « Ecartelé au /er et au 1* de gueules au lion d'or ; au ,2e et 3e échigueté d'or et d'azur. » Couronne de comte. Armoiries peintes dans les vitres de la chapelle du Sacré-Cœur. — De Verthamond.
4. — « Parti, au /Hl d azur à trois bandes d'argent , au 2e d'azur au chevron d'argent , accompagné de 3 roses d'or. 2 en chef et J en pointe. » Armoiries peintes sur un ancien tableau du maître-autel, aujourd'hui conservé au presbytère. — Anciens seigneurs de Goury.
EGLISE DE VICHÈRES
Yichères, petite bourgade à 14 kilomètres de Nogent, sur l’ancienne route de Beaumont se trouve située à mi-côte et se présente sous un très joli aspect. L’église de Yichères date des XVe, XVI'' et XVIIe siècles. Avant 1790, cette église, ainsi que la chapelle de Saint-Médard qui y était réunies, était de l’archidiaconné de Chartres et du doyenné du Perche. Le grand archidiacre de Chartres en était collateur. Elle était d’un revenu de 1200 livres en 1608. La paroisse était du baillage de Bellême et de l’élection de Mortagne.
L’église de Yichères fut reconstruite en 1541. Pour donner une suite à notre modeste description, nous ferons d’abord le tour extérieur de l’église, puis nous pénétrerons dans l’église par sa porte en ogive sise sous la grosse tour servant de clocher.
Des fouilles récentes destinées à supprimer l’ancien cimetière ont permis de baisser le niveau du sol et de mettre complètement à jour l’ensemble d’une ancienne porte dont le sommet seul était visible. Cette porte est surmontée d’un écusson en forme de triangle. Les sujets sont abîmés, mais nous avons tout lieu de penser que ce sont deüx agneaux.
Au-dessous nous lisons :
« regina celi lelare allaquia quem mervi- « sti porare , alla resurrexit sicut dix- « it alla ora/p(ro) nohis Deu(m) altâ.
Nous avons respecté religieusement l’orthographe et la place exacte de chaque mot.
En haut, du côté gauche, un ange à genoux ; adroite, un autre ange accroupi.
Cette porte a son histoire, une légende ou plutôt deux légendes.
En effet, la première légende attribue cette porte à Mme de Riantz, ancienne châtelaine de Vichères,dont le castel était à l’entrée du village. La seconde légende l’attribue à la châtelaine de Bure. Yoici à titre de curiosité ces deux légendes :
Première légende.
« La dame de Riantz, dont le mari avait été en Palestine, obtint « le droit d’entrer dans l'église de Yichères dans une voiture « traînée par deux ânes. »
Et ce pourquoi je n’ai jamais pu l'approfondir.
La seconde légende est plus explicite.
Seconde légende :
La châtelaine de Bure (Bure ancienne demeure seigneuriale sur la route de Beaumont), voulant montrer à ses féaux que tout lui était permis, entra un jour dans l’église de Yichères dans une voiture traînée par un âne (grand émoi et indignation). Peu de temps après cette dame vint à mourir; elle fut apportée jusqu’à l’église par ses fidèles serviteurs qui placèrent le cercueil devant la porte particulière de la digne châtelaine, mais il fut impossible de faire entrer le corps dans l’église. Ce cercueil était devenu d’une dimension telle que par aucune porte il ne put pénétrer dans l’église. Dieu ne voulant pas, dit la légende, que celle qui avait souillé son sanctuaire put y pénétrer. On dut donc enterrer la digne dame sans cérémonie religieuse.
Quelle foi ajouter à ces deux légendes, je laisse à mes lecteurs le soin de l’apprécier. Je raconte ce que j’ai pu apprendre, mais sans pouvoir l’affirmer, n’ayant trouvé nulle part trace de ces deux histoires.
Pénétrons si vous le voulez bien dans l’église et admirons la vieille tour en ogive et la porte en vieux chêne qui ferme l’entrée de l’église.
Sur les murs, sur le sol, rien ni comme inscriptions, ni comme tombeaux ; une seule inscription à demi effacée se trouve à gauche en entrant.
V an mil sis cent
av moys d’apvril
A. faicl . . . . .
Yci les
A quoi se rapporte cette inscription, nous l’ignorons, car rien dans les archives ne nous en indique le sens ; nous ne trouvons absolument que : « le 22" jour du moys d’apuril 1618 fut beniste la grosse cloche de l’église de Yichères et fut nommée Blaize par
noble homme René de Barat, seigneur de Brunelle et par damoyselle Loyse de Certieux, fille de défunct noble homme Charles de Certieux, seigneur de la Manorière. »
Pénétrons plus avant dans l’église et admirons la voûte renaissance de 1 autel de la sainte Vierge qui devrait bien servir de modèle aux restaurateurs des voûtes de nos églises, car tout est du style le plus pur. Dans le chœur proprement dit nous remarquons un vitrail portant l’inscription :
inter natos mu lier um non surrexit major Johanne Baptista 15U1.
Ce vitrail est fort bien conservé, la beauté et la finesse du coloris en font l'admiration des connaisseurs.
Nous voyons au-dessous de ce vitrail un vieux banc seigneurial restauré par les soins de M. l'abbé Toury, curé de Vichères. Les croix et le croissant nous laissent penser au temps des Croisades et nous nous demandons si ce banc n’appartenait pas à un châtelain de Vichères, celui de Riantz ou de la Manorière.
A côté de ce banc se trouve la crédence aux burettes. Une petite merveille en pierre ciselée, remontant pour nous à la même époque que la voûte de la chapelle de la Vierge. Le chœur a dû être exhaussé depuis car on ne peut apercevoir le bas de cette petite niche.
Puis nous arrivons à l’autel et au superbe retable en bois sculpté.
Admirons les deux portes en vieux chêne situées de chaque côté de l’autel, les vieilles colonnes en bois sculpté ; cet autel mérite l’attention par sa richesse et le fini des sculptures.
Ce qui nous a le plus surpris, c’est de voir que tout le chœur est de la même époque.
Dans le chœur, aucune trace de l'inhumation d’anciens seigneurs ou curés de la paroisse ne subsiste, mais nous pensons que si le niveau du chœur était baissé et mis comme il devrait l’être, en se basant sur la crédence aux burettes, on retrouverait trace de ces sépultures. Pour nous, comme du reste nous l’avons dit déjà, le chœur a dû être surélevé.
Nous trouvons à propos de sépultures dans les archives :
« Le 15 juin 1651 fut ensepulturé en et au dedans du cœur de l’église de séans (Yichères) venerable et discrette personne maistre Pierre Azau, en son vivant, presbtre et curé de séans. » « Le 2° jour de juin 1652, fut inhumée dans le cœur de l’église damoyselle Anne de Certieux, aagée d’environ 18 ans, femme en son vivant de Jean de Marvillier, chevalier, seigneur de Viabon ».
« Le 21 juin 1658, a esté inhumé en l’église de séans Denys de Sersieux, escuier, sieur de la Manoriere. »
« Le dimanche, 28e juin 1699, a esté inhumé dans le chœur de l’église de Vichaire, au costé de l’épistre, maistre Simon Leroy prestre et curé du dit lieu et naguère doien rural de Brou. »
« Le mercredi, 19 novembre 1721, fut inhumée dans la chapelle de saint Biaise damoiselle Marie Chevallier, veufve de feu messire Jean Travers écuyer, sieur des Murs, un des 25 gentilshommes de la garde Ecossoise du Roi. »
Et enfin l’an « 1754, le 15 aoust, j’ai ynhumé dans le cœur de cette église le corps de maistre Charles Travers des Murs, curé de cette paroisse. »
Nous avons jugé utile, bien que n’ayant trouvé aucune part trace de ces sépultures, de les citer.
Deux cloches existaient jadis à l’église de Yichères ou du moins nous trouvons mention de deuxbaptêmesde cloches, l’une dontnous avons parlé au commencement de cette petite étude, et l’autre que voici : « le dimanche 1er septembre 1720 a esté béniste la grosse cloche de cette église nommée Marie- Renée. Le parrain messire Guillaume de la Goupillière chevallier seigneur de Dollou, Saint-Germain des Coudrais, Boissai-le-Sec, et Bretigny en Dunois ; la marraine damoiselle Marie-Renée de Gouin, fille de Jacques Antoine de Gouin écuyer, seigneur de Brunelle, Chanromps, Coucé, Yichères et autres lieux. »
Deux cloches existent encore actuellement.
La première porte 4 inscriptions latines : la première au-dessous d'un Christ en croix entouré de cinq têtes d'anges :
Beata eu jus hraehiis seeli pependit pretium.
La seconde au-dessous d’une figure de la Sainte Vierge.
Auxilium christianorum or a pro no bis.
La troisième au-dessous d’une image de sainte Blaize.
Sancte Blase or a pro no bis .
La quatrième au-dessous d’une image de saint Médard.
Sancte Medarde ora pro nobis .
Nous avons tout lieu de penser que cette cloche est celle qui fut bénite en 1618.
La seconde cloche plus récente porte deux inscriptions françaises.
La première : « L’an de J. -C. 1850, j’ai été bénite par M. Louis- Jacques Brière. curé de Notre-Dame de Nogent le-Rotrou, et nommée Marie par mon parrain Charles-Théophile Rigot de Bur et par ma marraine Louise-Célestine Brûlé de Beauchene. »
« Me Jean-Baptiste Charade, curé.
<( Me Pierre-Denis Garmier, maire.
a MM. Charles-François Morice, Charles-Eloi Rigot, Joseph Lecomte, Joseph Germond, François Enault, marguilliers. »
La deuxième inscription au bas.
Mahuet père et fils , fondeurs à Dreux,
Poids 1 066.
Au point de vue des inscriptions sur les cloches, nous aurons occasion d’en reparler à propos de l’église Saint-Hilaire de Nogent et de sa cloche Angélique.
Pour terminer disons que la fête patronale de leglise de Vichères est le 15 août, fête de l’Assomption et que les saints patrons de l’église sont saint Blaize et saint Médard.
Des pèlerinages ont lieu pour la guérison de différentes maladies :
1° Aux fêtes de Vierge ;
2° A la Saint- Blaize, le 3 février, pour les maux de gorge ;
3° A la Sainte- Anne, le 26 juillet, pour les douleurs.
Dessins de M. Deroy ). Lucien Devaux, O. A.
ÉGLISE DE V1EUVICQ
ÉGLISE DH VIEUVICQ
Combien modeste est l’édifice laissé par les moines de Marmoutier ! Construit au XIIe siècle, comme le prouvent le sanctuaire en hémicycle et quelques vieilles fenêtres romanes, il a subi quelques légères modifications qui ont fini de lui enlever le peu de caractère de la construction primitive. La principale addition fut celle d’un bas côté, à gauche, s’ouvrant sur la nef principale par trois arcades du XIIIe siècle soutenues par deux gros piliers, l’un rond et l’autre carré ; le sanctuaire semble ainsi s’incliner sur le côté, comme la tête du Christ sur la croix.
La nef est éclairée par trois fenêtres, dont deux plus petites, et par un oculus dans le pignon , le sanctuaire a été déshonoré par deux grandes baies carrées de l’effet le plus disgracieux
La voûte en bardeau a été refaite récemment, grâce à la chrétienne générosité de M. le marquis de Maupeou, châtelain d’Eguilly.
Feu M. Chevrier avait recueilli, sous l'attribution de Vieuvicq, un écusson en bois, de forme ovale, où l’on voit les pièces suivantes : parti au premier d’azur au cigne d’argent, au chef de gueules, une étoile à cinq raies accostées de deux tourteaux ou besans posés sur la ligne d’intersection ; au second : d’argent à deux écureuils passant l’un sur l’autre en sens opposé. Cet écusson devait orner la voûte avant la Révolution, comme té moignage de la munificence d’un seigneur du pays bienfaiteur insigne de l’église .
A l’extérieur, l’église est peut-être plus pauvre encore. Quelques contreforts dont les pierres de grison sont à peine scellées ; trois soutiennent le mur branlant du sanctuaire, où l’on voit au milieu deux fenêtres romanes murées, cachées à l’intérieur par le tableau de l’autel. A côté de l’église se trouvent les bâtiments de l’ancien
ÉGLISE DE VIEUVICQ
prieuré ; de la cour, les moines pénétraient dans la basse nef par une petite porte aujourd hui murée mais dont le linteau porte la date de 1754
La petite flèche en charpente renferme une cloche qui porte l’inscription suivante : L’an 1828, j’ai été bénite par M. Marie- Marc Cochin, curé desservant de la commune de Vieuvicq, et nommée Jules-Marie par M. de la Bréverie, propriétaire au Buisson, et par dame Victoire-Louise Brochard de la Garanchère, épouse de M Auguste Mélin, chevalier de l’ordre royal de la légion d'honneur, M. S. P. Farault, maire, M. de Beausse, adjoint. M Coudray, M. Morin, M. Lesieur et Huard, M. Hallouin, greffier, Husson et Cancel fondeurs .
Les registres contiennent deux actes de bénédiction des cloches.
En 1762, le 17 août, fut bénite une cloche nommée Marie- Françoise par Pierre Rocheron et Catherine Crevel de la Chapelle, son épouse, en présence de Marie Catherine Marie, épouse de Mathurin Crevel de la Chapelle, maître perruquier à Chartres, de maître Nicolas Corrigoust, avocat en parlement, etc.
— L an 1785, le 8 novembre, baptême de deux cloches, la grosse appelée Sophie par Louis Lelardeur, fermier du prieuré, représentant de messire François Dagoust, aumônier de feue Mme Sophie de France, vicaire général du diocèse de Toul, prieur commendataire du prieuré royal de Vieuvicq (1) et Fouville, son annexe, paroisse de Dangeau, et par Mllü Anne-Armande-Sophie Le Maire, épouse de messire Clément Cugnot de Lépinay (2>, escuyer, seigneur châtelain de Vieuvicq, Mottereau, la Moutonnière, Sainte-Radegonde, l'un des fermiers généraux de Sa Majesté, demeurant ordinairement à Paris, rue de la Jussienne, paroisse Saint Eustache, de présent député par le gouvernement dans les provinces méridionales pour affaires relatives à l'administration des finances du roi..., la petite nommée Françoise par
(1) Son prédécesseur fut messire Jean Raymond de Petity, seigneur et prieur de Vieuvicq. qui lut enterré dans le cimetière de ladite paroisse, le 10 septembre 1780, par Rocheron, curé dudit Vieuvicq.
(2) 11 avait acquis la seigneurie de la Moutonnière de Paul J. -B. de Bargol, comte de Bonie pour 115.290 livres. Il fut arrêté le 8 mai 1794 et guillotiné sur la place de la Révolution à Paris avec 25 autres fermiers généraux, laissant un fils Armand Thomas de Lépinay, mort en laissant 4 filles qui furent : la marquise de Varembron, la comtesse de la Saussaye, la baronne de Guenet et la baronne Pron.
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