Ancienne église
Charbonnières semble avoir été autrefois un centre jouissant de quelque notoriété et donnant son nom à un territoire assez étendu. Les Bollandistes, pour désigner l’endroit, situé au-delà d’Authon, où saint Lubin vécut dans la solitude avant d’être abbé de Brou et. évêque de Chartres, disent qu’il vint s’établir dans le pays, ou, pour citer exactement, dans le désert de Charbonnières.
L’église actuelle de Charbonnières date de 1837. Celle qu’elle a remplacée devait être fort ancienne. Elle se composait de deux parties distinctes, le vaisseau principal, de l’époque romane, et un bas-côté du XVIe siècle Le docher qui en a été conservé et fait partie de la nouvelle construction, porte la date de 1784.
On a peu de renseignements sur cette ancienne église. Les parties qu’on en a utilisées, ainsi que le présent dessin, en donneraient une idée assez favorable. Mais d’autre parties procèsverbaux de plusieurs délibérations du conseil de fabrique, nous la montrent laissant à désirer sous plusieurs rapports.
Dans une demande adressée en 1813 par les administrateurs de la fabrique de Charbonnières à M. le Président du conseil ecclésiastique, il est dit : « Nous avons l’honneur de vous
exposer :
« Que le sanctuaire de l’église est extrêmement humide; les murs sont verts et semblables à un caveau où l’on met les morts.
« Quel a sacristie est non seulement trop petite, mais que si, par des temps de pluies, on n’y mettait pas des planches, il serait impossible de l’habiter.
« Que les terres du cimetière surpassent de quatre pieds et font pourrir les linges et ornements de manière que les revenus de la fabrique suffisent à peine pour les entretenir.
« Que messieurs les ecclésiastiques se sont toujours plaints que cette humidité du sanctuaire était pernicieuse à leur santé.
ÉGLISE DE CHARBONNIÈRES
Nous pourrions citer un exemple bien récent, puisqu'il est vrai que nous avons perdu deux pasteurs en dix-huit mois, qui, d’après la déclaration de leur médecin, ont puisé le germe de leur maladie à confesser dans cette sacristie.
« Que le mur qui soutient l’autel s’écroule.
Dans une autre délibération en 1836, où il s’agit de remplacer la vieille église par une neuve, il est dit qu’elle tombe en ruine.
N’avait-on point forcé quelque peu la note pour les besoins de la cause ? Il est permis de penser qu’un des torts de cette église et non le moindre était sa situation qui opposait un très grand obstacle aux projets d’embellissement du château.
M. le comte de Chamoj s’offrit de la démolir et d’en construire une autre plus loin à ses frais et dépens.
Cette proposition fut acceptée avec empressemeut à la condition toutefois d’assurer à la fabrique de Charbonnières une rente de 100 francs.
La démolition eut lieu en 1837.
A cette occasion une note fut consignée sur le registre paroissial dont nous extrayons ce qui suit :
« Cette église était située en dehors des fossés qui entouraient « le château de Charbonnières. Elle n’avait qu’un bas-côté com- « posé de quatre arcades Dans ce bas côté était l’autel de la « sainte Vierge.
« Sur le pilier qui séparait le sanctuaire du bas-côté, il y avait « une pierre carrée sur laquelle on avait marqué l’année 1558: « ce qui fait présumer que le bas-côté avait été bâti à cette « époque.
« Cette église avait pour seul et unique patron saint Jean-Bap « tiste. Lu pierre supposée angulaire de cette ancienne église a « été déposée dans le maître-autel de la nouvelle.
« Dans la démolition du bas-côté et .sous l’autel de la V ierge « on a trouvé une multitude de pierres d’une moyenne grosseur « sur lesquelles étaient marqués le nom adorable de Jésus-Christ « et celui de la Très Sainte Vierge.
« Dans la fouille des tombeaux on n’a rien trouvé de remar- <• quable. Dans un on a trouvé huit petites bouteilles de terre « dans lesquelles il ne restait plus que quelques charbons et une « matière calcinée. Dans un autre on a trouvé une petite croix « en plomb dont le Christ est bien conservé. »
ÉGLISE ACTUELLE DE CHARBONNIÈRES
ÉGLISE DE CHARBONNIÈRES