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II. — Nouvelle église

L’église actuelle de Charbonnières a été bénite et inaugurée le jour de la Toussaint 1837. Mgr Clausel de Montais l'a consacrée l’année suivante. Elle est dédiée à la sainte Vierge avec saint Jean-Baptiste comme second patron.

Sa longueur totale, compris nef, chœur et abside, est de 27 mètres, sa largeur est de 9 mètres. Deux chapelles parallèles, de 8m50 sur 4 mètres, lui donnent la forme d’une croix. Chacune de ce s deux chapelles, a deux arcades séparées par un pilier, ouvrant l’une sur le chœur, l’autre sur la nef.

Les arcades sont en plein cintre, les fenêtres et les portes extérieures ont la forme ogivale. La chapelle de droite est dédiée à la sainte Vierge, celle de gauche est sous le vocable de saint Augustin, patron de M. Auguste de Chamoy qui a construit cette église. C’est la chapelle du château.

En entrant dans cette jeune et coquette église de campagne on éprouve une très heureuse et très agréable impression. Il y a dans sa disposition intérieure, dans ses proportions, dans son ameublement quelque chose de réussi qui flatte l’œil et satisfait la piété. Il est regrettable que la voûte, qui d’ailleurs produit un assez bon effet, ne soit qu’un lattis revêtu de plâtre et donne à craindre pour sa durée.

Le maître-autel placé entre Je chœur et une abside circulaire est tout en marbre antique et a vraiment grand air. Il est accompagné, ainsi que les autels des chapelles, d’une riche garniture. La chaire, élégante, couverte de sculptures avec pinacle ajouré, est très admirée. Le banc-d’œuvre, ancien banc seigneurial de la famille de Lesseville, est remarquable avec ses palmes, ses roses, ses guirlandes de lierre fouillées en plein cœur de chêne. Les bancs des fidèles, qui avaient été apportés de 1 ancienne église et rajustés au mieux, ont dû être renouvelés dernièrement. Les nouveaux bancs, tout en chêne également, sont un beau travail de menuiserie qui peut figurer avec assurance à côté des autres pièces de l'ameublement.

Au fond de l’abside et au-dessus de l’entrée des chapelles

ÉGLISE DE CHARBONNIÈRES

quelques boiseries, palmiers avec leur tronc et guirlandes, méritent de fixer l’attention. Les huit fenêtres sont garnies de vitraux, les uns avec personnages dans leur grandeur, les autres avec médaillons. Les armes de Chamoy et de Saint-Pierre au bas des vitraux du chœur, les armes de Eranqueville et de Boisvillette dans les vitraux des chapelles sont un témoignage de l’attachement traditionnel des châtelains de Charbonnières pour leur église. Les tableaux du Chemin de la Croix, artistement peints sur toile avec large et riche encadrement, forment sur les murs un heureux décor complété par un certain nombre de statues. Plusieurs de ces statues, celles du Sacré-Cœur, de la sainte Vierge, de saint Joseph de sainte Anne, de saint Pierre , de saint Jean-Baptiste, de sainte Emérence, ont tout le charme et la finesse que l’art moderne réussit à donner à ses compositions; les autres sont recommandables surtout par la vénération et la confiance accordées par les pèlerins aux saints qu’elles représentent.

On a ménagé à l’entrée de l’église nouvelle une place pour la Vierge de l’ancienne église. Détail à noter : l’enfant Jésus qu’elle porte en ses bras semble jouer avec un oiseau qu’il tient dans ses mains.

C’est de préférence devant cette statue que les pèlerins aiment à s’agenouiller pour implorer la protection et les faveurs de la toute-puissante mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Disons en passant que l’église de Charbonnières est un lieu de pèlerinage à sainte Anne, à saint Jean-Baptiste, patron du lieu et de l’ancienne église, à saint Ambroise, à saint Julien, à saint Roch, à saint Jovin, à sainte Emérence et particulièrement à Notre-Dame de Pitié ou des Sept-Douleurs Chaque année la fête de la Compassion y est célébrée avec grand concours des mères de la contrée conduisant leurs enfants ou les portant sur leurs bras. La messe solennelle, pendant laquelle les assistants se font bénir par la récitation de l'évangile de Marie au pied de la Croix, est suivie d une procession aussi poétique que religieuse. Tous avant de se retirer tiennent à passer pieusement sous la chasse où l’on conserve avec un très grand respect une parcelle du voile de la sainte Vierge.

La flèche aiguë qui s’élance au-dessus de l’église abrite deux cloches pesant la plus grosse 1120 et la plus petite 886 livres. La

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