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ÉGLISE DE CHAMPEAUX

(Seine-et-Marne)

Le bourg de Champeaux, Seine-et-Marne, possède une grande et belle église qui mériterait à coup sûr d'être entièrement publiée, mais elle est trop considérable et présente d'ailleurs trop peu d'unité dans son ensemble pour qu'elle puisse faire, dans ce recueil, l'objet d'une monographie. Nous nous sommes donc borné à reproduire une travée détaillée de la nef, qui est du reste la portion la plus intéressante de l'édifice. Cette nef se compose d'une partie centrale divisée par travées carrées correspondant chacune à deux travées des collatéraux, également carrées ellesmêmes ; les voûtes supérieures sont construites sur arcs ogives avec arcs-doubleaux intermédiaires, celles basses sont tracées d'après le même principe mais construites sans arêtiers. Cette disposition se rencontre assez fréquemment dans les édifices de la fin du douzième siècle et du commencement du treizième, mais on la trouve rarement aussi franchement accusée, aussi développée qu'à Champeaux. Ici le système est aussi logique que possible, les formes et les sections des points d'appui sont déterminées en raison de la fonction que chacun d'eux remplit par rapport aux voûtes ; aux arcs-doubleaux principaux correspondent des colonnes cylindriques d'un diamètre relativement assez considérable, tandis qu'au droit des arcs intermédiaires sont placées de petites colonnettes accouplées, qui par leur finesse laissent aux piliers principaux toute l'importance de la fonction qu'ils remplissent ; quant aux arcsboutants, ils sont placés aux points où s'exerce la poussée réelle des voûtes, c'està-dire au droit des arcs-doubleaux principaux et à la rencontre des arcs ogives. Les deux coupes transversales (l'une planche 1, l'autre planche 2) font comprendre cette disposition dans tout son développement; la coupe longitudinale (planche 2) fait voir la composition architecturale de chaque travée et peut donner une idée de l'aspect monumental de cette partie de l'église ; les bas côtés étant d'une largeur

assez considérable, le comble qui les recouvre occupe en élévation une hauteur importante, aussi restait-il entre les appuis des fenêtres supérieures et le sommet des archivoltes de la nef, un grand espace de mur qu'il fallait alléger à l'œil, et qu'il était nécessaire d'évider pour décharger d'autant les points d'appui inférieurs dont les sections sont en réalité assez faibles; le problème a été résolu à l'aide de grandes baies circulaires dont le diamètre prend toute la hauteur disponible sous le comble. Actuellement ces ouvertures sont bouchées par des cloisons en maçonnerie, mais il est facile de voir que ces remplissages sont de barbares adjonctions; bien certainement ces œils étaient occupés dans l'origine par des roses en forme de roues comme le sont les ouvertures pratiquées dans quelques travées des galeries supérieures de Notre-Dame de Paris; aussi les avons-nous restituées dans la coupe longitudinale. Ainsi restaurée, la nef de Champeaux fournit un des exemples les plus intéressants et les plus remarquables des constructions religieuses de la fin du douzième siècle.

Imp. L. Toiuon et C°, à Saint-Germain.

ÉGLISES

DE SERMAISES

(Loiret)

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