XVI. DE LA CLASSE POPULAIRE
Toute la portion de la population libre qui n'appartenait ni à la caste sacerdotale, ni a la caste militaire, com-
f osait en Égypte le troisième ordre de état, la caste populaire. L'agriculture, l'industrie et le commerce lui furent spécialement attribués par les règlements généraux et par un usage que fortiflèrent le temps et l'habitude. Le peuple néanmoins exerçait une autorité politique dans deux des occasions les plus importantes pour l'état , à l'élection et à la mort des rois. L'élection ne fut pratiquée qu'aux plus anciens temps de la monarchie; pour les époques postérieures, tout au plus aux changements de dynastie ; et à cet égard les rapports de l'histoire nous laissent dans une profonde incertitude.
Au contraire, l'autorité populaire à la mort des rois s'exerça aussi longtemps que dura l'antique constitution de l'empire égyptien. Après l'expiration du temps prescrit pour la durée du deuil public , la momie royale était portée en grande pompe à l'entrée du tombeau ; elle y restait exposée aux regrets ou aux malédictions du peuple assemblé ; chacun avait la liberté de reprocher hautement au roi mort ses fautes et ses mauvaises actions. Un prêtre venait ensuite prononcer le panégyrique du prince , rappeler ses services et ses bienfaits. L'assemblée prononçait alors un jugement sans appel; des applaudissements nombreux accordés au panégyrique absolvaient le roi de tout reproche, et les suffrages du peuple accompagnaient sa dépouille dans le lieu préparé pour son éternelle demeure. Si la désapprobation populaire condamnait la mémoire du roi , il était privé de funérailles pompeuses, et l'autorité du juge s'étendait jusqu'au droit de faire effacer des monuments et des annales nationales le nom du roi frappé par ces solennelles condamnations.
Long-temps après la mort de IMénès, fondateur de la monarchie égyptienne, sa mémoire fut proscrite , à cause du grand luxe qu'il avait introduit dans les habitations domestiques. Sa gloire
et sa renommée s'affaiblirent dans l'opinion; une imprécation contre son nom fut tracée en caractères sacrés dans le sanctuaire même du temple d'Ammon à Thèbes. Ce ne fut pas le peuple qui porta ce jugement contre le roi ; mais ii le confirma par une tacite adhésion. Il nous reste d'ailleurs, des preuves plus concluantes de l'autorité redoutable que la constitution avait déférée à la caste populaire en Egypte, et des témoignages de l'usage qu'elle ne manqua pas d'en faire à l'égard de ceux de ses souverains qui, oubliant ou méprisant leurs devoirs, s'étaient justement attiré l'anijnadversion publique.
« C'est dans la vallée de Biban-el- Molouk, à Thèbes, dit ChampoUion le jeune , que sont les tombeaux des rois de la XVlir et de la XIX" dynastie.
J'y ai visité ces princes dans leurs demeures funéraires; ces aj^artements y sont couverts de sculptures et de peintures , pour la plupart d'une étonnante fraîcheur ; mais j'y ai vu un tombeaude roi, may-teléd'un bouta l'autre, excepté dans les parties oîi se trouvaient sculptées les images de la reine sa mère et celles de sa femme , qu'on a religieusement respectées , ainsi que leurs légendes. C'est, sans aucun doute, le tombeau d'un roi condamné après sa mort. » Le même voyageur a vu , dans la vallée d'El-Assassif, territoire de Thèbes, un édifice où une légende rovale a été systématiquement martelée dans une foule de bas-reliefs de ce temple , et ii a reconnu que cette légende fut celle d'un Améoenthé, tuteur du roi Mœris pendant sa minorité, et en qualité de mari de la sœur du roi, appelée par son âge à précéder son frère sur le trône de leur père; et que, parvenu à sa majorité, Mœris, à qui la mémoire et l'autorité de son tuteur étaient odieuses , fit effacer son nom des monuments publics , avec le concours de l'autorité, qu'on invoquait dans ces solennelles circonstances. De notre temps , il y a de cela plus de 3500 ans.
On voit aussi au musée de Turin une statue en très-beau grès rougcâtre ,
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d'eiiviron quinze pieds de hauteur ; c'est celle d'un Pharaon debout , dont le nom s(î lit sur l'agrafe de la ceinture qui lui serre sa tunique sur les reins. 11 tient de la main gauche une grande enseigne sacrée, et son nom est encore gravé en beaux hiéroglyphes sur le bâton de cette enseigne ; il se lit jusqu'à sept fois sur les diverses parties de ce même colosse. Une autre statue du même roi est au musée britannique; un second colosse, semblable à celui de Turin, a été acheté à Rome et transporté au musée égyptien du Louvre ; c'est toujours le nom de ce même Pharaon qui se trouve répété sur les statues de Londres et de Paris. On l'a remarqué aussi sur les différentes portions du palais de Karnac à Thèbes ; on le retrouve enfin sur le bel obélisque de la porte du Peupie à Rome : ce nom est celui du Pharaon Mandouëi , de la XVIir dynastie égyptienne; mais partout où ce nom existe, soit sur les images de ce roi , soit sur les édifices qu'il éleva, ce nom est soigneusement martelé, effacé, quoiqu'il soit exprimé par la figure même du dieu Mandou , dont le Pharaon portait le nom. La suppression systématique du nom de ce roi sur tous les monuments publics ne peut être expliquée que comme l'effet d'un de ces jugements sévères portés par le peuple égyptien contre ses méchants rois, "au moment de leur mort.
Sur le palais de Louqsor, le nom du roi éthiopien Sabaco a été également proscrit et martelé ; celui de Taraka , autre Éthiopien, fut également martelé à Medinet-Habou. Sous la domination romaine, cet usage subsistait encore, et l'autorité qui avait succédé à celle du peuple, succéda aussi à ses attril)utions dans le jugement du mérite des princes. Ce n'était plus, il est vrai, l'intérêt national qui s'exprimait dans ces solennelles circonstances : les passions de l'empereur remplaçaient les doléances du peuple. On lisait sur le temple d'Esnéh les noms des empereurs Septime-Sévère et Géta; Caracalla fit assassiner son frère Géta; sa méujoire et son nom furent proscrits |vir l'autorité iiii|i('riale dans toute l'é-
tendue de l'empire; cette proscription les atteignit jusqu'au fond de la Tliébaïde : les cartouches contenant le nom propre de Géta sur le temple d'Esnéh sont aussi régulièrement martelés.
L'autorité morale du peuple égyptien sur la renommée de ses rois ne saurait donc être mise en doute, et peutêtre peut-on dire que quelque sagesse se révélait dans cette institution politique, parce que tous les citoyens en jugeant et maudissant le roi mort sur le seuil de son tombeau , étaient appelés à exercer sur le roi vitant, sans l'embarrasser, une influence qui ne pouvait être dédaignée.
On ne saurait dire à quelle époque des annales de l'Égypte se rattache cette singulière institution politique , ni par quelle voie la caste populaire réussit à conquérir ces privilèges.
Le gouvernement théocratique repoussait de sa nature la concession d'un pareil avantage; le prêtre était tout dans cet ordre de choses, et le peuple n'avait à montrer que de la piété et de l'obéissance. Ce privilège indiquerait donc un temps où des circonstances critiques auraient porté le sacerdoce égyptien à octroyer au peuple cette part morale dans "les affaires publiques ; et comme l'histoire n'a conservé le souvenir d'aucune lutte entre l'autorité théocratique et toute autre autorité rivale , si ce n'est celle où i\Iénès força la tiare à s'abaisser devant l'épée, époque où le gouvernement, de sacerdotal qu'il était, devint inopinément civil et militaire, il est permis de conjecturer que Ménès, pour consolider les immenses résultats de sa périlleuse entreprise, s'allia avec le peuple, en se livrant à lui après sa mort ainsi que tous les rois ses successeurs, et s'en fit un utile auxiliaire au moyen d'une concession toute nouvelle qui investissait la caste populaire d'une intervention puissante , propre peut-être à la garantir des mauvaises passions des rois et des mauvais conseils de leurs ministres. S'il en était ainsi , ce ne serait qu'un exemple de plus , bien ancien à la vérité , de. la bienveillance attentive des barons de tous les pays
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pour les pauvres ccmmunes quand ils avaient besoin d'elles pour lutter avec succès contre la couronnne. Quoiqu'il en soit , le droit attribué à la caste populaire, de juger les actes des rois , de condamner leur mémoire, et l'inévitable effet de ces jugements , ne sauraient être mis en doute : toutefois l'histoire a trop négligé les preuves qu'on aurait pu recueillir pour l'utilité de tous, de l'ancienneté et de l'efficacité de cette singulière institution politique de la vieille Égygte.
L-a fertilité extraordinaire de la terre, un climat bienfaisant, de bonnes lois que l'expérience avait élaborées, et que le temps sanctionna; une administration active et bienveillante sans cesse occupée à établir et à consolider l'ordre public dans les champs comme dans les cités ; l'influence inévitable de la religion sur un peuple naturellement pieux , d'un caractère facile, et qu'Hérodote considèrecomme les plus religieux des hommes, permettent de penser qu'en Égypte la classe populaire fut heureuse, et que, occupée et laborieuse, modérée dans ses mœurs et dans ses vœux , elle trouva dans son travail les sources d'une aisance générale, et qui fut de longue durée.
Les familles y étaient habituellement nombreuses ; on voit dans les monuments les plus simples , peints sur un panneau de bois ou sculptés sur une dalle de pierre calcaire , et i-eprésentant les devoirs funèbres rendus aux chefs d'une famille par tous ses enfants , que leur nombre pour les deux sexes s'élève de huit à douze et parfois au-delà ; et si le luxe de ces monuments désigne des familles plus distinguées et des classes supérieures , ils rendent à l'égard de ces familles le même témoignage quant au grand nombre des enfants qui appartenaient à chacune ; les tableaux sculptés à Thèbes nous donnent la liste de neuf descendants mâles de Rhamsès-Méiamoun, et d'un nombre encore plus considérable de filles. L'ancienne société égyptienne différa en ce point essentiel de l'état des sociétés modernes.
La classe populaire avait générale-
ment pour vêlement une courte tunique de lin , nommée Calasiris , serrée par une ceinture au-dessus des hanches , ayant parfois de courtes manches et garnies de franges par le bas. La chaussure était en papyrus ou en cuir, mais elle était \Taisemblablement réservée aux classes supérieures. La tête était habituellement découverte ; la chevelure était frisée ou nattée; un manteau de laine était parfois jeté sur la tunique , et ils le quittaient à l'entrée des temples. Les femmes portaient avec la tunique d'amples vêtements en lin ou en coton, à larges manches, unis ou rayés, blancs ou de couleur unie; leur chevelure était artistement soignée ; leur tête, leurs oreilles et leurs mains étaient ornées de bandeaux, de boucles et d'anneaux. Une chaussure légère enveloppait leurs pieds ; elles sortaient le visage découvert, accompagnées de quelques femmes de service, qu'elles avaient en assez grand nombre dans leur maison. Habillées aussi avec d'amples robes d'étoffes rayées, les suivantes avaient leurs cheveux tressés et tombant sur leurs épaules ; elles portaient de plus un large tablier de même étoffe que leur robe , point de bijoux ni autres parures , et se tenaient dans une situation très-respectueuse en présence de la dame de la maison. Les filles sorties de l'âge de l'enfance étaient habillées comme leur mère , à l'exception des ornements de la tête ; et les enfants des deux sexes n'avaient pour tout habillement ou parure, durant les sept à huit premières années , que des boucles d'oreilles.
La race était belle, d'une haute taille, un peu grêle en général, et vivant long-temps , comme le prouvent celles des inscriptions funéraires où l'âge des défunts dépasse quatrevingts ans. Du reste, toutes les exceptions à ces données générales se rencontraient dans la population égyptienne comme dans toutes les autres :
nous ne réunissons ici que les traits principaux de sa constitution physique, d'après les monuments d'accord avec les récits de l'histoire. Du reste. Hérodote , qui a vu l'Égypte avant sa
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décadence entière, assure qu'après les Libyens , les Égyptiens étaient en général les plus sains des hommes. Le grand nombre de momies d'hommes ou de femmes , qui ont été ouvertes , corrobore ces divers témoignages.
L'intérieur des familles dénote des' mœurs douces et des habitudes d'affection. On voit un de ces intérieurs peints dans un des tombeaux de Gournah. Une mère de famille rentre chez elle avec ses trois flll-es d'âges différents , suivies d'un vieux serviteur et d'une servante d'un âge mi1r. Après avoir traversé une première pièce, elles se trouvent dans la seconde, qui en précède plusieurs autres ; trois jeunes femmes de service viennent au devant d'elle, et lui présentent respectueusement des fruits et des rafraîchisse- 'ments; dans l'antichambre, une des trois filles se désaltère , pressée par la soif, tandis que la servante distribue des fleurs et des joujoux à une petite fille età un petitgarçon sans vêtements, accourus vers la porte à la rencontre de leur mère. L'autorité paternelle fut toute- puissante en Egypte par les mœurs plutôt que par lès lois : la vieillesse était vénérée; lorsque des jeunes gens rencontraient un vieillard, ils lui cédaient le chemin et se rangeaient de côté. De tels sentiments ne révèlent-ils pas une culture attentive des affections de l'ame ? Les habitudes qu'elles imprimaient se réalisaient surtout dans l'intérieur des familles.
Ce que nous en savons à l'égard des Égyptiens nous montre cet intérieur en possession de tous les biens qui peuvent; faire croire au bonheur, charmer l'homme fidèle à ses devoirs sociaux, et le consoler parfois des peines qu'ils peuvent engendrer.
Les habitations particulières étaient vastes et à plusieurs étages. Les chambres qui ./is composaient avaient des destinations analogues aux usages modernes. On voit, d'une part, de grands approvisionnements de comestibles variés, empilés sur des tablettes ; d'un autre côté , le sol est couvert par une natte tressée en joncs de couleurs diverses ; de petites fenêtres grillées
éclairent les pièces du rez-de-chaussée; et au premier étage, habitation pour la nuit, on ne voit, comme on l'observe aujourd'hui dans toutes les villes d'Égypte, que de très-petites croisées.
Les couleurs de la peinture qui nous fournit ces détails indiquent que ces fenêtres étaient à deux vantaux , garnis de carreaux en verres de couleur.
Un grenier ouvert sur les côtés et une terrasse découverte terminaient ce bâtiment. Un jardin était une dépendance des maisons de cet ordre ; des arbres fruitiers en plein vent , et parmi lesquels on distingue le grenadier et le citronnier; des arbres d'agrément de forme pyramidale, des bosquets de verdure et des berceaux en vigne, en faisaient une possession à la fois utile et agréable. Ces vignes étaient régulièrement arrosées; on vendangeait pour cueillir les raisins que la consono ination journalière avait épargnes; le raisin coupé était transporté avec des paniers dans une euve placée entre deux palmiers; le raisin y était immédiatement foulé par des hommes qui se soutenaient à une corde tendue d'un palmier à l'autre. On emportait aussi du raisin pour l'approvisionnement de la maison; on prenait note du nombre de paniers; on infligeait une bastonnade au domestique qui, durant les vendanges, n'avait pas été sobre et fidèle. Il y avait dans !a maison des pièces destinées à serrer toutes sortes de provisions en fruit, "in, pains et gâteaux; en poisson, volaille et gibier salés. Xes viandes fraîches de bœuf, de chèvre et de monton , étaient d'un usage général. La viande de porc était proscrite ; cet animal était considéré comme immonde , au point, dit Hérodote , que si un Égy ptien touche en passant un de ces animaux, même seulement par ses vêtements , il court sur-le-champ vers le fleuve et s'y plonge. Aussi était-il interdit aux gardiens de porcs d'entrer dans les temples, et ces hommes, rejetés même des rangs les plus infimes de la société , ne trouvaient à se marier çju'avec les filles de leurs pareils. L'interdiction religieuse de la viande de porc
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fut une mesure diététique et sanitaire assez répandue en Orient, et ce ne sont pas les Égyptiens seuls qui , pour cette raison , auraient refusé de baiser un Grec sur la bouche, ou de se servir de son couteau , de sa broche ou de sa marmite : de tels scrupules subsistent encore de nos jours ; des pratiques utiles seulement en Orient servent encore en Occident de symboles religieux , et témoignent de quelque fidélité à un culte particulier, dans un pays qui les respecte tous. L'usage des" fèves était aussi expressément défendu; on n'en semait point, et les plants qui pouvaient naître par hasard étaient soigneusement arrachés. Ce légume était déclaré impur.
Hérodote rapporte que les Égyptiens prenaient leurs repas hors de leurs maisons ; mais il ne reste sur les monuments connus aucune preuve d'un tel usage.
La nourriture ordinaire de la population entière était le pain fait avec la farine du grain qu'Hérodote nomme sorgho , et qui est le doura , espèce de maïs d'un usage encore général dans l'Egypte moderne. Hérodote ajoute que les pains faits de sorgho étaient appelés Cyllètes; il nous est parvenu quelques-uns de ces pains , recueillis , comme tant d'autres objets, dans les tombeaux ; ils sont d'espèces et de formes différentes ; on en voit des ligures non moins variées sur les monuments.
Outre les viandes et les poissons, le miel et plusieurs sortes de fruits entraient aussi dans la nourriture habituelle des Égyptiens ; de ce nombre étaient le raisin, la grenade, les dattes, la figue, la banane, plusieurs espèces de melons et de pastèques , l'oignon et les autres légumes dont le climat permettait la culture. On voit aussi dans nos musées quelques-unes de ces productions, qui nous sont parvenues, après avoir séjourné bien des siècles dans les sépultures ; on y remarque le fruit du palmier doum , les myrobalans ou bélanites, les raisins de Damas et de Corinthe , le fruit du lotos qui, selon Homère , faisait oublier leur patrie aux étrangers qui en goûtaient,
le citron et la grenade, le mimusops el engi , originaire de l'Inde ; le ricin qui fournissait une huile à brûler; les dattes du palmier ordinaire; le fruit de l'acacia hétérocarpe ; le blé commun ; la figue du sycomore , et parmi les autres productions d'un emploi fréquent dans les usages domestiques, la cire, la gomme résine, le vernis, composé avec la résine du cèdre , le baume funéraire, qui est un mélange d'asphalte ou bitume de Judée avec des substances aromatiques , analogues au gingembre et à l'amomum ; la gjpmme arabique conservant encore touTes ses propriétés ; enfin le beurre de muscade ou cinnamomum des anciens. Le feu et l'eau étaient aussi , comme de notre temps, les grands agents pour la composition des mets variés , produits de Tart culinaire en Égypte. Ses artistes, qui semblent s'être attachés à ne rien omettre dans leurs ouvrages de ce qui se faisait dans leur pays, n'ont pas dédaigné la représentation des détails intérieurs des cuisines, et du service des repas selon les formes reçues dans les classes auxquelles la richesse, ou au moins une grande aisance , permettait de rechercher toutes les commodités et toutes les satisfactions que procurent la variété des mets . le luxe du mobilier , et des serviteurs habiles et nombreux.
Du temps d'Hérodote , une sorte de vin tiré de l'orge était la boisson ordinaire des Égyptiens; l'historien ajoute qu'il n'y avait pas de vignes en Égypte. Les monuments démentent cette dernière assertion d'Hérodote; non seulement l'offrande du vin aux divinités est très-fréquemment figurée dans les représentations religieuses , ce qui prouve que le vin n'était pas fort rare, mais encore on retrouve très-fréquemment, parmi les travaux des champs et ceux de la récolte , la culture de la vigne, la vendange et la fabrication du vin , qu'on enferme ensuite dans de grandes jarres qui sont bien bouchées et rangées dans des caves. On voit aussi sur les monuments la fabrication du vin cuit ; le raisin est déposé dans un grand vase placé sur un fourneau al-
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lumé; lorsqu'il a suflisanitiieiit bouilli, le moût et son marc sont mis dans une toile, d'où le vin darilié s'échappe dans des vases , au moyen d'une forte torsion donnée à cette toile avec des leviers mus à force de bras d'bommes.
Il est très-vraisemblable que la bière de grains était d'un usage plus ordinaire dans la classe laborieuse; il en était là comme dans toutes les autres sociétés assez policées pour être divisées en classes de condition inégale; la meilleure ou la plus agréable nourriture était et devait être non pas un droit , mais un privilège pour la éortune.
Du reste, l'eau du Nil était d'un usage universel , et si les anciens divinisèrent le fleuve comme le créateur et le père nourricier de l'Egypte , ils ne lui devaient pas moins de gratitude pour les qualités essentiellement bienfaisantes de ses eaux. Cette précieuse propriété était connue de tous dès la plus haute antiquité; Hérodote avait appris que lorsque le grand roi , celui de Perse, se mettait en campagne, on amenait pour lui, outre les approvisionnements en viandes et en grains nécessaires à sa consommation personnelle, l'eau même dont il aurait besoin pour toute la campagne ; que cette eau était tirée du Choaspe, qui traverse la ville de Suze ; que c'était la seule dont le roi fît usage, et qu'un grand nombre de chariots à quatre roues , tirés par des mulets, portaient dans des flacons d'argent cette eau , qu'on avait fait bouillir auparavant.
On ignore si les Pharaons, dans leurs voyages ou leurs guerres hors de l'Égypte et loin du Nil , faisaient apporter avec eux leur approvisionnement d'eau de leur fleuve sacré ; ce qui est certain, c'est la juste renommée dont cette eau n'a pas cessé de jouir depuis les premiers temps historiques jusqu'à nos jours. Les voyageurs anciens et modernes sont unanimes sur ce point ; et tous nos contemporains y ajoutent leur suffrage d'une expression non équivoque. L'analyse chimique a donné les raisons d'un tel phénomène , et a fait reconnaître que l'eau du Nil est d'une
rande pureté ; (ju'elle paraît tresonne pour la préparation des aliments, et même pour les arts chimiques, où elle peut remplacer l'eau de pluie, dont le pays est privé , et l'eau distillée , difficile à obtenir en grande quantité dans un pays où les combustibles sont rares. Elle" est surtout bienfaisante et salutaire pour l'espèce humaine; elle est peut-être la plus saine de toutes les eaux de la terre; et sans lui attribuer les vertus surnaturelles dont une longue tradition , à peine éteinte, la dotait sans hésitation , d'unanimes louanges lui sont accordées par ceux , soit étrangers, soit naturels, qui en ont fait usage dans toutes les saisons , et l'on croira sans peine qu'il en existe à Constantinople un approvisionnement pour l usage du grand-seigneur et celui de sa famille.
Les anciens Égyptiens ne négligèrent pas de chercher le moyen de rendre toujours potable cette' eau si nécessaire, et que les effets de l'inondation rendent , pendant trois mois de l'année , trouble , rouseâtre , épaisse , à force d'être chargée de limon, et réellement dégoûtante , toutefois moins au goût qu'à la vue. Ils y parvinrent, et découvrirent que pour "clarifiercette eau à toutes les époques de l'année , il suffisait de frotter avec des amandes ainères broyées, les bords ou les parois intérieures du vase où Peau est contenue.
C'est le même procédé que les Égyptiens de nos jours emploient au même effet, et avec un succès constate par quelques milliers d'années. Rien n'est plus commun dans les représentitions des usages antiques de l Égypte , que d'y voir, dans l'intérieur des habitations . comme au milieu des champs , dans les jardins, aussi bien que dans les lieux de travail , des jarres remplies d'eau , posées sur des trépieds en bois, dans les coins les plus abrités des habitations, à l'ombre d'un arbre dans la campagne ou en plein air, rafraîchies par des serviteurs qui agitent l'air autour avec des éventails. On ne peut douter, au surplus, que les anciens n'aient devancé les modernes dans une précaution si indispensable pour l'ap-
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provisionnement d'eau dans les villes situées à quelque distance des bords du Nil, au moyen de quelqu'une de ses branches ou de "ses canaux : l'inondation était régularisée en effet de telle sorte que le fleuve, soit par son élévation, soit par des canaux, allât remplir les citernes destinées à cet approvisionnement usuel; et si l'on se souvient de la forme singulière de la vallée du Nil , sa superficie étant semblable à celle d'un dos d'âne, dont le fleuve occupe le point le plus élevé, on voit dès lors avec quelle facilité, et presque sans travail dans un terrain limoneux, les eaux du Nil pouvaient être conduites dans les lieux habités les plus éloignés des limites oii parvient l'inondation, et comment ce ileuve, répandant ses bienfaits sur toute l'Egypte , fécondant son sol , pourvoyant avec largesse à l'une des plus impérieuses nécessités pour la vie des hommes, ce fleuve célèbre mérita les autels et le culte qui lui furent décernés par la reconnaissance d'une nation illustre et puissante.
Tous ses monuments nous révèlent cette puissance par le luxe des habitations particulières , et celui du mobilier dont elles étaient garnies. Outre l'intérieur déjà décrit plus haut {pl. 53), on voit dans un autre tableau peint la façade d'une de ces habitations (pl. 54) : c'est un pavillon fort élevé, flanqué à droite et a gauche de deux corps de bâtiment, composés de deux galeries l'une au-dessus de l'autre, soutenues par des piliers à chapiteaux , qui en font des salles à jour dans toute leur hauteur ; des tables chargées de fruits , des trépieds garnis de jarres d'eau, y sont symétriquement placés. Ces galeries , ouvertes sur le devant, pouvaient servir de salle à manger ; et c'est peutêtre ce qui aura fait dire à Hérodote , comme on l'a vu plus haut, que les Égyptiens prenaient leurs repas en public.
Si nous insistons sur ces détails domestiques, que le lecteur nous le pardonne ; c'est la partie la plus nouvelle de l'histoire ancienne de l'Égypte. Il n'y a pas long-temps encore qu'un des écrivams les plus distingués de l'Alle-
12° Livraison. (Egypte.)
magne, M. de Heeren , disait à ce sujet : « Si l'historien s'enquiert des bas reliefs historiques ou ethnographiques, et des scènes domestiques ou sont peintes les représentations des mœurs et des usages de la nation, il demande précisément les objets qui sont le moins éclaircls.-» Les détails dans lesquels nous entrons sur cette partie de l'état civil de la nation égyptienne satisfont donc à un vœu généralement exprimé, remplissent une lacune généralement remarquée; et ce sont les matériaux recueillis avec un admirable discernement dans l'Égypte entière par Champollion le jeune, qui servent a enrichir l'histoire de ces faits, réellement nationaux à l'égard de chaque peuple ancien ou moderne, les plus
Propres aussi à nous faire apprécier intelligence, la raison et le goût de chacun d'eux , non moins décisifs enfln que des batailles et des contjuêtes.
Un vaste jardin était une dépendance ordinaire d une habitation égyptienne complète {pl. 55). Il était carré; une palissade en bois formait sa clôture ; un côté longeait le Nil, ou unde ses canaux, et une rangée d'arbres taillés en cônes s'élevait entre le Nil et la palissade. L'entrée était de ce côté, et une double rangée de palmiers et d'arbres de forme pyramidale ombrageait une large allée qui régnait sur les quatre faces. Le milieu était occupé par une vaste tonne en treilles , et le reste du sol par des carrés garnis d'arbres et de fleurs , par quatre pièces d'eau régulièrementdisposées, qu'habitaientaussi Ati oiseaux aquatiques ; par un petit avilfon à jour, espèce de siège omragé ; enfin , au fond du jardin , entre le berceau de vignes et la grande allée, était un kiosque a plusieurs chambres, la première fermée et éclairée par des balcons à balustres; les trois autres,
?[ui étaient à jour, renfermaient des ruits , de l'eau et des offrandes. Quelquefois ces kiosques étaient construits en rotonde à nalustres surmontés d'une voûte surbaissée.
Des peintures à fresque décoraient l'intérieur des habitations ; leur composition , toute d'ornement , était ex-
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trémement variée ; les couleurs les
{(lus briliant&s , habilement mariées , brmaient des dessins d'une variété infinie, et que le goût moderne adoptera sans répugnance.
Les meubles en bois communs , en bois rares et exotiques, en métaux ornés de dorures ou ciselés {pl. 23 et 57) ; les étoffes unies, brochées, brodées, teintes et peintes, en lin, en coton ou en soie, produits des manufactures nationales ou étrangères, contribuaient à l'agrément des maisons égyptiennes et aux commodités de la vie intérieure. Les lits, garnis de matelas, avaient extérieurement la forme d'un lion, d'un schacal , d'un taureau ou d'un sphinx debout sur leurs quatre pieds ; la tête du quadrupède, plus élevée , servait de dossier pour le chevet, et l'imitation minutieusede ses divers membres donnait l'occasion d'ajouter au bois , outre les couleurs, l'or et l'émail. On fabriquait avec le même soin les marche-pieds, les lits de repos à dossier et à chevet, les divans, les canapés, les armoires à deux portes, les buffets, tablettes , cassettes et coffrets , et tous les objets de cette nature nécessaires au service de la famille. Les fauteuils à bras , garnis et recouverts de riches étoffes , étaient aussi ornés de sculptures très-variées, religieuses ou historiques : des figures des pasteurs vaincus soutenaient le siège en symbole de leur servitude. Un tabouret était semblable pour l'étoffe et les ornements au fauteuil dont il était l'accessoire. A des sièges pliants en bois, les pieds avaient la lorme du cou et de la tête du cygne. D'autres fauteuils étaient en bois de cèdre , incrustés d'ivoire et d'ébène , et les sièges en jonc solidement tressé. Des guéridons, des tables rondes, des tables de jeu, des boîtes de toute grandeur répondaient par leur matière et leur belle exécution a l'éclat du reste du mobilier. Des nattes et des tapis en couleurs vives et variées, et quelquefois historiées , ou bien des peaux d'animaux sauvages préparées, couvraient l'aire des appartements ou des portions les plus habitées; et des vases en or, en matières précieuses, en
métaux dorés (pl. 44), ornés d'émaux ou de pierres fines, d'un^élégance et d'une variété de formes que les peintures qui nous les ont conservées peuvent seules révéler à notre esprit , après tous les chefs-d'œuvre de 1 art des Grecs, complétaient le mobilier d'une maison égyptienne; et d'après elle on peut juger de la magnificence des palais.
Sans doute ce luxe et cette magnificence étaient inconnus au laboureur, à l'artisan , à la majorité, de la population : mais à l'égard de l'Egypte comme de quelques autres contrées, pour que cette opposition soit moins sensible , considérée surtout dans ses rapports avec les besoins réels de l'homme, avec tout ce qui peut être propice à sa nourriture, à sa santé, ajouter à son existence les choses qui flattent ses goûts, plaisent à son esprit et lui aident a reconnaître et à soutenir sa propre dignité , il ne faut pas oublier qu'un très-haut développement du luxe dans les classes supérieures ne dénonce pas toujours une grande misère dans les classes inférieures ; que s'il peut en être ainsi dans les pays dont les fortunes ne reposent que sur les capitaux et les produits de l'industrie, ou en un jour et par l'effet d'un seul événement la fortune se joue si cruellement de ses plus habituels favoris , et semble élever pour eux de la même main les hôpitaux et les palais ; il en est tout autrement dans les contrées où la richesse publique et celle des citoyens sont fondées sur les bienfaits périodiques de la terre; et aucune ne fiit jamais plus régulièrement prodigue de ses biens que la terre d'Egypte. Cette fécondité sans pareille, l'excellence du climat malgré l'ardeur du désert voisin, une hygiène publique à laquelle 'fis convictions ae l'expérience avaient imprimé une grande autorité, et ce que les profits de l'industrie ou du commerce ajoutaient à tous ces biens essentiels, nous autorisent à considérer la population égyptienne comme ayant été généraleinènt pourvue du nécessaire, et chacune de ses classes comme étant en possession, selon sa place sur l'échelle des richesses, de toutes les commodités etde
ÉGYPTE
tous les agréments de la vie. Les palais avaient un supeffln qu'ils déversaient sur de nobles industries qui honoraient aussi le génie de l'homme, et la maison du laboureur ne manquait jamais du nécessaire; l'argile plus ou moins façonnée ou émaillée y remplaçait la porcelaine peinte pour le service de la table du riche; mais ceci n'intéresse pas de très-près le régime général d'une nation, ses mérites ou sa puissance, et nous savons ce qu'a fait le peuple égyptien avec ses assiettes de terre vernissée , ses corbeilles de jonc , sa simple tunique de lin et sa chaussure de papyrus.
Pour compléter ce curieux tableau des usages domestiques et de la vie intérieure des Égyptiens , nous croyons à propos de présenter, comme en étant ^a plus précise description, une liste abrégée des meubles, ustensiles, objets d'habillement ou de parure, qui, tirés des tombeaux et provenant des fouilles faites dans divers lieux antiques de l'Egypte , se montrent à nous comme des révélateurs naïfs des plus intimes usages de la plus illustre des nations anciennes. Les faits nombreux et importants qui résultent de tels monuments sont les seuls à l'abri des incertitudes ou des passions de l'histoire : la variété des matières , soigneusement indifjuées, n'étonnera pas moins que la variété même des objets énumérés. On s'y fera aussi une idée de l'étonnante perfection de l'industrie égyptienne , qui savait mettre ces matières en œuvre bien des siècles avant le temps que notre Europe assigne avec tant de confiance aux plus utiles ou aux plus rares inventions dans les arts ; et nous n'indiquons dans cette nomenclature, véritablement historique au plus haut degré , que les objets que nous avons eus sous les yeux.
Objets d'habillement. — Tunique en toile de coton très-fine , avec des ourlets et des reprises selon l'usage moderne. — Toile de lin. Grande pièce de toile, ayant pu servir de manteau , terminée, aux deux extrémités, par des franges en cordelettes. — Idem. Pièce de toile frangée à effilés, ayant servi
au même usage que la précédente.
— Cuir maroquiné. Bandelettes et ornements , avec des sujets frappés sur gomme jaunâtre et représentant plusieurs noms de Pharaons. — Feuille de palmier ou jonc. Chaussures nommées Tabtebs en langue égyptienne , espèce d'espardilles en feuilles de palmier tressées, arrondies par le bout, imitant la forme de la plante des pieds , avec les restes des cordons destinés à les fixer. — Tabtebs terminés en pointe. Deux paires sont faites avec des feuilles de palmier teintes en rouge. — Tabtebs terminés par de longues pointes qui, se recourbant sur lecoude-pied,servaientde défense naturelle aux orteils. — Feuille de palmier ou jonc. Tabtebs , avec ou sans pointe, ayant un quartier et les parties latérales de l'empeigne. — Cuir ou cuir maroquiné rouge. Sandales d'enfant.— Gomme odorante et cuir maroquiné vert ; cuir maroquiné rouge.
Soulier d'enfant avec quartier et empeigne. — Cuir peint. Soulier de femme avec ornements peints en jaune. — Cuir maroquiné pourpre. Paire de pantoufles doublées en maroquin rose, rosettes dorées sur le coude-pied et entre-semelles de papyrus. — Cuir. Sandales d'homme. — (jomme odorante et cuir. Sandales de diverses grandeurs.
— Une paire de demi-bas à jour. Sabot en bois avec une bride en fer.
Ustensiles de toilette. — Bronze et bois. Miroirs en métal poli , avec manche en bois imitant une fleur de lotus. — Bronze. Miroirs de métal , dont le manche représente, soit une femme la tête surmontée d'une fleur de lotus, soit la déesse Hathôr (Vénus) tenant une colombe dans sa main gauche. — Bois. Peignes simples. L'un d'eux est orné d'une gazelle agenouillée. — Grands et petits peignes doubles.— Perruques en cheveux, volumineuses , tressées et nattées. — Diverses portions de chevelures , parmi lesquelles on remarque plusieurs tresses parfaitement conservées. — Ivoire ou os. Épingles à cheveux, terminées en forme de grenade ou par un uraeus dressé. — Bois. Épingles à cheveux plus communes. — Bronze. Épingle
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ordinaire conservant des restes de dorure.— Petit panier renfermant de petites olives en terre glaise enfilées et groupées de manière à imiter une masse de cheveux. — Serpentine et albâtre oriental. Vases à collyre, de grandeurs diverses, destinés à renfermer de l'antimoine en poudre, ou toute autre préparation analogue au surmé des Orientaux. — Terre émaillée ^ bois dur, serpentine et albâtre. Étuis a collyre de diverses formes, ou composés de plusieurs canons de roseaux réunis
Ear une bandelette de toile. — Bois, ématite et bronze. Styles pour l'application du collyre sur le prolongement de l'angle externe des yeux. — Basalte et albâtre. Molettes et pierres à broyer le surmé ou autres cosmétiques.— Bronze. Instruments pour la préparation des collyres et autres cosmétiques. — Terre émaillée, émail et albâtre oriental de diverses nuances.
Vases ungueutaires destinés à contenir des huiles, onguents ou parfums liquides. — Albâtre et brèche. Petites amphores et vases ansés de diverses formes. — Terre émaillée, émail et albâtre oriental. Vases balsamaires avec ou sans oreilles (masdi), et de formes variées. — Terre émaillée, émail, albâtre et bronze. Vases ampulloïdes , ou ampoules destinées à contenir des parfums liquides, ou des huiles parfumées; parfois avec une inscription hiéroglyphique. — Terre émaillée et albâtre.
Vases en forme de gourdes, avec ou sans anses. Il y en a dont le goulot est formé par une fleur de lotus , et les anses par deux singes accroupis , avec des inscriptions hiéroglyphiques sur la panse , telles que celles-ci : Que le dieu Phtha accorde d'heureuses années au possesseur de ce vase ! Que le dieu Ammon et la déesse Mouthis accordent d'heureuses années ! Que le dieu Phtha et la déesse Koht accordent d'heureuses années ! etc. — Albâtre oriental et terre émaillée. Vases de formes diverses, ayant servi à contenir différents genres de cosmétiques.
Il y en a avec des légendes royales. — Verres et émaux de couleur. Petits flacons et vases destinés au même usage
que les précédents, mais remarquables par la variété des verres de couleur entremêlésdont ils sont formés. — Terre émaillée, albâtre et lapis. Petites coupes et tasses de formes variées , et petits ustensiles à transvaser ou à préparer des parfums liquides.
Bijoux et objets de pabube. — Ornements rf'orei//e4'.— Coquilles fixées à un cordon , et ayant servi d'ornements d'oreilles. — Or.Bouclesd'oreilles terminées par des têtes de bœuf, de lion ou de gazelle. — Argent et bronze. Boucles d'oreilles, dont une est terminée par une tête de bœuf. — Boucles et pendants d'oreilles en or, verre doré, or et saphir d'eau , bronze doré et verres de couleur. — Pendants d'oreille en bois , terre émaillée , émaux ou verres de couleur. — Ornements d'oreilles formés de grains de verroterie ou de cornaline , d'anneaux d'ivoire et de petites grenades en terre émaillée verte. — Ornements d'oreilles formés d'un cordon passé dans divers amulettes en terre émaillée, et représentant le poisson latus, une grenouille, une espèce de chenille, des scarabées ou des têtes symboliques de la déesse Hathôr. — Ornements d'oreilles formés de fleurs variées en terre émaillée. — Ornements d'oreilles en terre émaillée, cornaline et lapis, représentant des grenouilles, le poisson latus, des scarabées, une sauterelle, une mouche, des cygnes, des cynocéphales, un lion , des hippopotames, des gazelles, un lièvre, des chats, un hérisson, des têtes humaines, ou des têtes symboliques de la déesse Hathôr.
Colliers. — Collier formé de coquillages naturels. — Bois. Olives striées et peintes en rouge, provenant d'un collier. — Colliers formés d'annelets d'ivoire ou entremêlés de grains de cornaline. — Colliers ou portions de colliers formés de lentilles, petits disques, grains ou olives et demi-olives en terre émaillée. — Colliers ou portions de colliers formés de petits disques en terre émaillée ou en émail de diverses couleurs, alternés ou entremêlés. — Autre formé de scarabées portant gravés sous leur base des ornements variés ou des
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symboles. — Autres formés de petits chats, d'un petit naos renfermant l'image de la déesse Bubastis, de petits yeux symboliques en terre émaillée,ou de plaques carrées portant le nom hiéroglyphique d'Osiris. — Terre émaillée. Lentilles, disques, annelets, cylindres et amulettes provenant de colliers. — Autres formés de globules en terre émaillée, montés en or. — En grains d'émail vert pomme ou bleu cé- Teste. — De grains et d'olives en pâte d'émail, en émaux et en verre de couleur. — Grains , olives , perles et autres pièces en émail mosaïque , provenant de colliers , et très-remarquables sous le rapport du travail et de la variété des couleurs. — Colliers formés de pièces de corail pâle; — ou en grains et cylindres de spath vert ; — ou en prime d'améthyste ; — ou en cornalines , d'une forme variée , et entremêlées d'amulettes de diverses manières.
— Grains, olives et perles en jaspe, agate, chalcédoine, lapis, grenat, sardonyx , granit, etc. , provenant de colliers. — Autre collier formé de perles hexagones en argent massif; — formé d'une baguette de bronze plaquée en argent, et dans laquelle sont passées des sonnettes en argent , ou des amulettes en bois ou en cornaline; — composé de petites pièces en argent représentant des yeux symboliques entremêlés de perles d'argent doré et de petits amulettes en terre émaillée ; — formé de plusieurs centaines d'annelets en argent de 2 lignes et demie de diamètre sur un tiers de ligne d'épaisseur, passés dans une tresse de cheveux ; — en argent , composé d'amulettes représentant la partie supérieure du coquillage nomme porcelaine ; — imitation en or du coquillage nommé porcelaine. — Pièce en or imitant la partie supérieure du même coquillage, et yeux symboliques en cornaline. — C-olliers et portions de colliers formés de petites pièces d'or en forme d'olives, d'annelets, de perles, perles à jour, sauterelles , grenades , etc. , etc. , entremêlées de petits amulettes en cornaline ou de scarabées montés en or.
— Collier complet à trois rangs : le
premier formé d'olives en or; le second de vases à libations , de fleurs de lotus, de lézards et de poissons latus , alternés et également en or ; le troisième rang est composé de grains d'agate , avec une plaque représentant la tête du bélier symbolique. — Collier en or formé d'une double chaîne en gourmette , garni d'un fermoir à trois chaînettes , portant une fleur de lotus et deux poissons binni. — Collier en or de même travail, mais plus finement exécuté ; dans la chaîne est passée une bélière à laquelle on a suspendu une plaque représentant des deux côtés un épervier vu de face et travaillé à grains.
— Or. Fermoir d'un collier à six rangs.
— Or. Fermoir d'un collier orné de deux chaînons terminés par deux poissons latus. — Émail. Franges de fermoirs de colliers. — Or. Fleur de lotus, Jadis incrustée d'émaux, provenantd'un collier. — Œil en lapis monté en or, provenant d'un collier.
Anneaux et bagues. — Bague avec chaton carré en bois doré. — Émail et terre émaillée. Anneaux portant au chaton des images de divinités en relief, telles que Atmou, Phtha, Horus, Hathôr, etc. — Bagues portant au chaton des images en relief de divers animaux sacrés, des fleurs de lotus; des yeux symboliques ; des figures d'uracus, de nilomètre, de divinités ou des légendes hiéroglyphiques. — Bagues avec chaton, ornées de sujets variés travaillés à jour. — Doubles bagues portant au chaton des bustes en relief de Neïth , d'Isis et du dieu Khons. — Bagues à chaton carré avec inscriptions exprimant un souhait d'heureuses années. — Bronze. Bagues portant des inscriptions hiéroglyphiques ou des images de divinités gravées en creux sur le chaton. — Bague en fer. — Argent massif. Bagues à chatons ovales portantdes inscriptions pieuses ou des noms de rois. — Argent. Bagues portant des têtes symboliques. — Electrum. Chaton de bague avec inscription hiéroglyphique.— Ôr. Anneau travaillé à jour et orné d'amulettes en matière dure, enchâssés dans le métal. — Or massif. Bagues à chatons portant les
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noms , les titres et les symboles de plusieurs divinités. — Doubles bagues à doubles chatons offrant l'image d'une jeune fille adorant successivement Osiris, Isis et Nephtys. Ces bagues sont des bijoux funéraires provenant des momies. — Or. Doubles bagues portant sur leurs chatons les images de dieux gravées en creux. — Bagues à chatons décorées d'ornements incrustés en émaux de couleur. Il y a sur un chaton deux petits chevaux de plein relief et d'un travail très-fin. — Bague à triple anneau avec un chaton orné d'une demi-olive en cornaline. — Or. Anneaux portant au chaton des yeux symboliques en cornaline , un scarabée , ou une grenouille, soit en pâte d'émail, soit en terre émaillée. — Serpent roulé en spirale pour servir de bague. — Bague à triple anneau portant en chaton les bustes en relief d'Osiris, d'Isis et de Nephtys. — Idem. Bagues à chatons ronds ou carrés sans gravure. — Lapis. Bague à chaton carré sans gravure.
Bracelets. — Bracelets tressés en feuilles de palmier-, en corne ou en écaille; en ivoire de divprses grandeurs; en bronze; en papillon doré; en fer; fragments de bracelets en argent ; en feuilles d'or , ornes de deux yeux symboliques. — Or. Bracelet d'enfant décoré d'ornements gravés en relief. — Bracelets en or combiné avec de petits anneaux de beaux lapis ; en or décoré de bouquets de lotus des deux espèces, et d'un lion assis, travaillés à jour, et dont tous les détails intérieurs étaient incrustés de lapis et de pierres ou d'émaux de diverses couleurs; en or d'un travail analogue à celui du précédent , orné d'un griffon et de bouquets de lotus; en or massif, formés chacun de deux serpents entortillés et affrontés.
Bijoux de formes variées.— Argent.
Petit étui avec couvercle à bélière. — Plaque d'or. La vache symbolique de la déesse Hathôr, nourrissant un enfant. Bijou funéraire. — Argent. Petite égide à la tête de lionne. — Plaque d'or. Une femme vêtue de la calasiris, adorant la déesse Hathôr Bou-
céphale. — Argent doré. Figurines représentant un dieu. — Argent. BJjou représentant un petit contre-poids de collier, terminé par une tête de déesse. — Or. Un lion en repos. — Plomb , étain et bronze. Petits éperviers, les ailes éployées. — Or. Deux grappes de raisin , de travail égyptien. — Argent.
Un petit aigle. — Or. Battants de porte d'un petit naos, décorés d'une figure de femme debout , portant des fleurs et des offrandes.
Ustensiles domestiques. — Vases. — Bois. Forme de vase à anse en bois. — Terre cuite. Petits vases de formes diverses, enduits d'un vernis de couleur, peints ou non vernissés.
— Terre cuite peinte. Bardaques d'une forme encore usitée en Égvpte. — Grands vases d'une forme analogue à celle des bardaques, avec cols plus ou moins évasés. Ornements peints en bleu. — Terre cuite peinte. Grands vases en forme de pomme de pin , décorés d'ornements ou de fleurons de couleur bleue, rouge ou noire. — Idem. Vases à deux anses, ornés de palmettes et feuillages tracés en noir. — Grandes amphores en terre cuite. — Vases à huile, avec couverte en jonc natté. — Vases domestiques de formes variées en serpentine , calcaire blanc , granitbrèche et granitelle.— Albâtre oriental.
Grand vase balsamaire à anses , avec couvercle. — Idem. Vases en forme de cornet , et du genre nommé cadus par les anciens Romains. — Bronze. Vases de diverses formes et autres ustensiles domestiques. — Vase en verre blanc, orné de cordons. — Coupes en terre émaillée bleue, ou bleu perse, ornées d'étoiles , de bouquets de lotus , ou de poissons binni tracés en noir. — Coupes en albâtre oriental. — Coupes en bronze, d'un métal très-remarquable par la bonté de son alliage, et le son pur et prolongé que rendent ces coupes lorsqu'elles sont frappées. Le pourtour est quelquefois décoré d'une inscription hiérogljphique. — Coupe en or, dont le fond est orné de poissons binni se jouant parmi des fleurs de lotus.
Sur le pourtour, une inscription hié roglyphique. — Grands bassms en al-
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bâtre oriental.— Bassin en verre blanc, avec le panier qui le renfermait dans un tombeau de Thèbes, où il a été trouvé. — Albâtre oriental. Cassolettes à puiser des liquides , imitant la forme du poisson latus. — Patères et simpulum en bronze.
Meubles. — Bois dur. Fauteuil à pieds de lion, avec dossier orné de marqueteries en ébène et en ivoire d'hippopotame. Le siège était formé par un treillis en cordelettes qui existe encore en partie. — Bois. Dossier de fauteuil, avec scène d'adoration peinte.
— Bois. Tabouret dont le siège est recouvert en jonc natté. — Coffrets décorés d'ornements peints de diverses couleurs, couvercle à charnière, avec inscription hiéroglyphique. — Paniers de formes variées en jonc ou en feuilles de palmier. — Paniers de formes variées , tressés en jonc coloré. — Nattes en jonc et autres objets de vai> nerie.
Instkumknts bt pboduits des AKTS ET MÉTiEBS. — Amies. — Arcs en bois, conservant quelques débris de la corde à boyau. — Flèches de chasse, jonc, armées de fragments de silex :
quelques-unes sont barbelées. — Os et bronze. Pointes de flèches et de javelines, triangulaires ou en forme de carreau.
Instruments de musique. — Tambour à timbre et à double peau tendue au moyen de lanières de cuir, sur une caisse en bois, de forme bombée, et composée de petites douves. — Tympanum très-analogue à nos tambours de basque. — Tambour en forme de demi-poire avec les restes de la peau dont il était recouvert. — Manches de sistres, ornés de la téte symbolique de la déesse Hathôr. — Une harpe a cordes nombreuses , recouverte de maroquin vert, décorée en-dessous de fleurs (le lotus découpées à jour. — Sambuca ou petite harpe portative à quatre cordes. Débris d'un instrument semblable. — Roseau percé en forme de flûte.
Tissus. — TJne poignée de fil teint au henné. — Écheveau de fil très-fin.
— Morceaux de toile de lin, avec franges de diverses e.«:pères. — Vingt échan-
tillons de toiles de lin égyptiennes antiques. — Tissu quadrille remplissant l'effet du tissu moderne nommé Louisine. — Tissu du même genre, un peu plus fin. — Tissus rayés par l'ourdissage. — Tissu de lin "d'une grande réduction , à lisière rayée bleue. — Toile de lin avec frange très-fournie à la lisière, formée par un broché lié dans cette lisière et produisant l'effet d'une bordure cannelée. — Tissu rayé par l'ourdissage, dont la trame est entièrement recouverte par la chaîne. — Toile peu fournie en chaîne , teinte au henné. — Toile de lin avec un chef rouge de l'Inde. — Tissu très-fin, présumé coton, de la réduction de la tur-
3uoise. — Autre plus fin que le précéent. — Vingt échantillons de toiles égyptiennes de coton, de laine, etc.
— Mousselines variant de finesse. — Tissu imitant la mousseline des Indes.
— Tissu peluché, raffiné par la chaîne sur fond toile. — Tissu broché , produisant le travail des Gobelins , par la réunion des deux fils travaillant isolément dans la toile. — Turquoise brochée dans le principe des Gobelins , avec quelques parties de broderies au petit point. Les caractères brochés sur ce tissu forment le prénom et le nom propre d'un Pharaon.
Objets belatifs aux jeux et