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ÉGYPTE
vers dialectes de la langue égyptienne , qui étaient précisément caractérisés par la permutation réciproque de ces mêmes lettres. Un phénomène d'une
f>lus grande portée encore existe à 'égard de l'écriture chinoise ; la même phrase est lue par des peuples qui parlent des idiomes différents : c'est le propre de toute écriture idéographique ; l'idée est une, mais les mots qui l'expriment diffèrent selon la nature des idiomes :1e signe figuratif arbre donnera à tous l'idée d'un arbre; mais cette idée sera exprimée , et ce signe sera lu au moyen d'un mot qui différera dans chaque pays.
On a déjà vu sur là planche 22 l'alphabet égyptien tel qu'il fut découvert et publié au mois de septembre 1822, par Champollion le jeune ; il fut tiré spécialement des monuments de l'époque grecque et de l'époque romaine ; appliué ensuite aux inscriptions du temps es pharaons, cet alphabet s'accrut d'un certain nombre des signes de même nature, et enfin il a été publié complet en 1836, dans la Grammaire égyptienne, des pages 35 à 46, et tel que l'a déterminé l'étude attentive des monuments de toutes les époques, soit en Égypte même, soit dans les collections tonnées en Europe.
Notre planche 22 représente à la fois
cet alphabet en caractères hiéroglyphiques, tels qu'on les retrouve sur des monuments de tout ordre et dans fa première partie de l'inscription de Rosette; et en caractères démotiques ou populaires , qui étaient employés dans les contrats civils, les lettres , les affaires domettiques , les actes administratifs d'un intérêt général , comme on en voit tant d'exemples dans les nombreux manuscrits sur papyrus recueillis en Égypte, sur des stèles funéraires, des inscriptions vulgaires, enfin dans la partie intermédiaire de l'inscription de Rosette, et son texte
Srec nomme ce caractère enchorial ou u pays. Ces signes démotiques donnent aussi l'idée de la forme des signes hiératiques ou sacerdotaux , d'où les démotiques avaient tiré leur origine.
Enlin on voit par la colonne de gauche de notre planche, à quelle lettre de l'alphabet grec répond phonétiquement chaque sigue démotique et chaque signe hiéroglyphique; à la différence près des formes, ces signes s'employaient comme s'emploient les lettres de notre alphabet.
Pour ne rien laisser à désirer, nous citerons ici deux lignes d'une inscription en caractères hiéroglyphiques, d'une haute antiquité , et dont voici l'explication graphique et grammaticale.
Cette inscription doit être lue de droite à gauche; nous avons déjà dit que toute inscription en caractères hiéroglyphiques se lit en commençant par le coté vers lequel regardent les têtes d'hommes ou d'animaux qui font partie de l'inscription.
Celle-ci se compose de huit groupes
K 15e Livraison. (Égypte.)
de signes séparés les uns des autres , et de quatre signes isolés qui sont quatre particules nécessaires pour la construction de la phrase.
Le premier groupe est composé de deux signes; l'un est la figure même du dieu Chons, reconnaissable à ses insignes particuliers ; cette figure est